Comment détester malin – Reloaded

Date de la dernière mise à jour : le 11 novembre 2017


Introduction

Je n’avais pas tout dit lors du dernier épisode (cf. Comment détester malin : tous nos conseils et astuces), il était temps de rattraper ça. Comme précédemment, il s’agira d’analyser ce qui a tendance à m’agacer, de comprendre ce que ça signifie (si tant est que ça signifie quelque chose) et d’en tirer les bonnes leçons. Et aussi de rigoler un peu, c’est jamais perdu dans ce monde de brutes. Au passage, même si j’ai parfois la tête dans les nuages, semblable à  la foudre, je ne frappe pas deux fois au même endroit, donc vous pouvez respirer si vous faites de la macro.

Mettez la ceinture de sécurité, mangez léger, et ça devrait bien se passer.

Le landscape nude

Illustration – Novartiste

J’avais déjà parlé du travail de Sebastien Roignant dans le précédent opus, et je ne compte pas revenir sur ce que je disais. Une fois que j’ai dépassé mes a priori, je reconnais que le projet a un propos, un style et se tient. Ce n’est pas le sujet de ce paragraphe, le propos ici étant d’ordre général, ne portant pas sur un artiste en particulier. Ce qui me titille plus, c’est que ce qui était un projet devient un genre (De l’art de l’édition : Genre, style & projet), et que du coup, je me demande ce qu’il peut bien avoir à raconter de plus, concrètement.

Illustration – Thanh Tung Nguyen

Je veux dire, le principe du Landscape Nude, comme du Nurbexc’est de dire que l’on va prendre deux genres, les coller ensemble et espérer que ça fasse un truc encore mieux. Dans le genre, je pourrais vous faire gagner dix ans de recherche en proposant les styles suivant : Street Photography Nude, FoodNude, MacroNude, Macro-street-photo-nude (bon courage pour celui là !), etc.

Trêve de plaisanterie, je le rabâche souvent, l’ai démontré en long en large et en travers (ici : La démarche photographique), la photographie étant une discipline artistique, elle ne fait sens, en tant que telle, que si elle porte des projets éminemment personnels (ça ne veut pas dire raconter sa vie hein, simplement être propre à soi). Et logiquement, si tout le monde produit la même chose, il est difficile d’être personnel, et donc d’avoir une démarche artistique. Pour le dire plus prosaïquement si les photographies Ikea qui ornent vos toilettes ne suscitent pas la moindre once d’émotion chez vous, c’est parce qu’elles sont génériques, plates, vides, ne disent rien de quoi que ce soit.

Le cadre KATEBO ne vous fait pas vibrer ? C’est normal.

Mais si vous avez encore des doutes, on va prendre quelques exemples, histoire de remuer le batteur électrique dans la plaie.

Thurles, Irlande, 1952 – H. Cartier-Bresson

Prenons Cartier-Bresson pour commencer. Dans ses premiers clichés, on sent poindre l’influence d’Eugène Atget (pour le goût de la déambulation et de la sérendipité), mais très vite il trouve ce qui fait battre son petit cœur en fréquentant Max Ernst, et les membres du mouvement surréalistes. Il photographie les corps, les déforme, les découpe. Il malmène l’effigie humaine. Ses photos de vitrines dans les rues parisiennes ressemblent à des natures mortes. Il joue avec les personnages au hasard de ses rencontres. Il s’est toujours considéré comme un peintre utilisant un appareil photo, et non comme un photographe. Son oeuvre est le résultat de son vécu, de ses rencontres et de ses aspirations, il ne s’est pas levé un matin en se disant : « Quels styles photographiques je pourrais coller ensemble pour m’offrir un peu d’originalité ? ». D’ailleurs, vous remarquerez que le surréalisme est un courant artistique, et qu’en cela il ne dit rien du contenu des images (du genre « mettez des nus dans les bois, et c’est réglé ! »), mais décrit seulement un procédé de création et d’expression utilisant toutes les forces psychiques (automatisme, rêve, inconscient , etc.) libérées du contrôle de la raison et en lutte contre les valeurs reçues.

Genesis – S. Salgado

Il en va de même pour Sebastião Salgado, l’auteur de Genesis (voir ici pour plus d’informations sur le livre). Son projet découle de son vécu personnel. Traumatisé et marqué par des années à officier en tant que reporter de guerre, il se réfugie quelques années dans la ferme, ravagée, de ses parents au Brésil. Là-bas, il décide de replanter la forêt qui avait été détruite (par la surexploitation je crois), et replante des milliers d’arbres. Subjugué par la beauté de la nature, il décide de parcourir la terre de fond en comble, de l’explorer jusque dans ses confins afin d’en ramener un témoignage unique, portant sur les derniers lieux qui n’ont pas été modifiés par l’homme. Encore une fois, il ne s’est pas dit : « Tiens, je vais faire du reportage-paysage-black&white ». 

Fukushima, Fragments – K. Okahara

Quant à lui, Kosuke Okahara décide de rentrer en urgence au Japon suite au séisme qui secoue la côte Pacifique du Tohoku, le vendredi 11 mars 2011, avec pour objectif de prendre « des photos pour l’Histoire ». Pendant quatre ans, muni de son compteur Geiger, il collecte régulièrement des « fragments » photographiques du drame. Okahara a arpenté Fukushima pendant 4 ans. Ses images, véritables documents photographiques, décrivent en monochrome une triste réalité. Winston Churchill a dit un jour qu’un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre. La démarche de Kosuke a pour ambition de lutter contre cette amnésie collective.

J’ai commencé à photographier Fukushima à la fin du mois de mars. A mon arrivée, je fus saisi par le silence absolu. La ville était déserte, mais je percevais pourtant les traces d’une vie récente. En un éclair, tous les habitants avaient disparu. Un film d’horreur ou de science-fiction. Certains endroits connaissent une mort lente, leur population déclinant graduellement au fil du temps. A Fukushima, on aurait dit que tous avaient été kidnappés en quelques secondes.

Kosuke Okahara

Dans ce projet encore une fois, on retrouve une volonté de documenter, de tenir un travail sur le long terme, il n’est encore une fois pas question de reprendre les codes d’un style pour produire une oeuvre. Ceux-ci ne sont que la conséquence des goûts, et des besoins de l’auteur pour tenir son projet.

Photographie – D. Arbus

Enfin, terminons cette série d’exemples par Diane Arbus, une photographe de rue américaine. Elle s’est concentrée toute sa carrière à photographier les marginaux, handicapés, gueules cassées et personnes étranges, tout simplement parce que c’est ce qui l’attirait, elle. Elle photographiait avec une certaine distance, une approche que je qualifierai d’égalitariste. Devant son objectif, toutes les personnes sont regardées de la même façon, on ne cherche ni à attirer la pitié, ni à provoquer la moquerie ou le rire, tout n’est que justesse. D’ailleurs, elle commençait par discuter avec ces personnes, la photographie venant ensuite.

Je pense vraiment qu’il y a des choses que personne n’aurait vues  si je ne les avais pas photographiées.

Diane Arbus

Ainsi, chacun de ces travaux n’est vraiment intéressant que parce qu’il part de la volonté propre et personnelle de l’auteur de créer (soit en trouvant sa place dans un courant artistique et en le développant, en réparant ses plaies, en documentant un événement, ou encore en photographiant ce qui l’interpelle). Aucun d’eux n’applique une recette pour correspondre à un canon et un style qui serait la tendance de son époque, ni sur la forme, et encore moins dans le contenu.

Du coup, on arrive à la question au cœur de ce paragraphe, dont la réponse sera lourde du poids du texte précédent : Si tout le monde produit le même Landscape Nude, la part variant d’un photographe à l’autre étant aussi fine que le propos général, quelle est la part d’art propre à la photographie là-dedans ? Eh bien, aucune. C’est exactement la même chose que pour les couchers de soleil en une des réseaux sociaux photographiques (Flickr, 500px & co), si tout le monde s’y met, applique la même méthode, les mêmes codes et le même style, avec le même contenu, le propos et l’intérêt, eux, disparaissent aussi vite que les Balkany devant un contrôleur fiscal.

Et là où la fête décolle, c’est qu’on vend même des formations pour apprendre à maîtriser cette pratique, avec ce genre d’intitulé (j’en ai pris un au hasard) :

Vous allez découvrir et maîtriser le landscape nude. Vous pourrez photographier des modèles tout nus dans des positions bizarres dans des lieux magnifiques. Et au passage, faire de belles photos !

Intitulé de formation.

Si la première partie me semble honnête, la deuxième me laisse perplexe. Comme on l’a déjà vu (dans La démarche photographique – Le beau et Et si on cassait du cliché à coups de pelle ?), le beau étant par nature impossible à définir, sinon on ne ferait que ça en suivant la recette, ce genre de promesses me semble quelque peu illusoire.

Donc bon, j’ai envie de dire, que si vous n’avez pas d’idées, n’allez pas enquiquiner des demoiselles (ce sont rarement des hommes, le hasard fait bien les choses) en les mettant toutes nues  dans l’herbe, et construisez des projets qui ont du sens. Enfin, vous faites ce que vous voulez hein, mais l’inverse ne servira à rien d’autre qu’à étaler votre absence de réflexion, ce qui est moins cool, avouons le.

Laurent Baheux

Ha… que serait ce genre d’articles si on ne lâchait pas quelques noms hein ? Un petit plaisir coupable, qui passe beaucoup mieux quand il est argumenté et justifié. Ce qui sera le cas ici, rassurez-vous, ce n’est pas le bar du village non plus ce Blog.

Laurent Baheux est un photographe animalier, ce qui n’est pas vraiment ma tasse de thé, mais vous me direz, je peux apprendre à vivre avec ça. Non, le problème est plus son utilisation des robots sur les réseaux sociaux, qui est agaçante au plus haut point. Je vous en avais déjà parlé, il y a de bonnes façons, non-intrusives et utiles d’utiliser les robots (cf. cet article), et bah là, on est clairement dans l’inverse. Il utilise un script qui suit sur Twitter toute personne utilisant certains mots-dièses, comme #photographie par exemple. L’idée étant que la personne suive son compte réciproquement (le fameux follow-back pour les gens du métier). Mais du coup on aboutit à une situation un peu absurde, qui montre bien que le petit robot n’a pas bien compris comment fonctionne la mesure de l’intérêt sur les réseaux sociaux.

Pour évaluer l’intérêt d’un compte quelconque, sur n’importe quel sujet, il faut regarder le ratio entre personnes suivies et personnes suivantes. C’est un indice générique, qui permet d’avoir une idée, par une valeur absolue et fiable hein ! Le fonctionnement est assez logique : si je m’intéresse à 50 personnes, et que 5 000 s’intéressent à moi, c’est que quelque part ce que j’ai à dire est intéressant, intéresse les gens (c’est un exemple). Donc prenons quelques exemples, Barack Obama est abonné à 684 000 personnes et suivi par 94 000 000, ce qui fait un ratio de 137 entre personnes suivies et suivantes. Plus proche de notre centre d’intérêt, Apprendre-la-photo c’est un ratio de 14, et le mien (pour la forme) 4,5. Celui de Laurent Baheux, est de… 1,46. Donc on est en train de dire que le bonhomme spamme tout le monde (j’ai déjà eu droit à une dizaine de follow/unfollow) juste pour souligner qu’il n’est pas intéressant. Well done bro’. Si ça vous amuse, vous pouvez utiliser la petite box ci-dessous :

Mais bon, encore une fois, les plus lucides d’entre-vous me répondront que bon, c’est internet, sans doute la faute d’un community manager sur-alcoolisé ou sous-payé, et qu’on s’en fout, et ils n’auraient pas tort. J’ai envie de leur répondre : c’est là que la fête commence. Parce qu’à force de notifications, j’ai été voir le travail du monsieur, et je pense qu’il doit rendre Nick Brandt très heureux, d’avoir un admirateur aussi assidus à le copier. En effet, c’est tellement pompé que j’ai l’intime conviction que le gars est capable d’aspirer une balle de golf à travers un tuyau d’arrosage. S’il n’arrive pas à vivre de sa photographie, je lui suggère vivement d’envoyer une candidature chez Konica-Minolta, célèbre fournisseur de photocopieurs. Sans déconner, ne me dites pas que vous ne voyez rien :

Photographie – N. Brandt

Photographie – L. Baheux

Photographie – Nick Brandt

Photographie – L. Baheux

Photographie – Nick Brandt

Photographie – L. Baheux

Photographie – Nick Brandt

Photographie – Laurent Baheux

Et pour finir le petit bonus, avec une subtilité, c’est repris d’Ansel Adams et le titre est inversé :

The Tetons and the Snake River – Ansel Adams

Snake River Grand Teton – Laurent Baheux

Remarquez, je tiens quand même à souligner sa créativité implicite. Parce que bon, moi j’aime bien William Eggleston, et bah, j’achète ses livres. Il ne me serait jamais venu à l’esprit de tout rephotographier moi-même, c’est futé. Bien joué Lolo.

Ha, et pour les petits malins qui pourraient lui accorder une quelconque forme de crédit / autorité parce que bon « il est diffusé par Yellow Korner« , on va prendre un peu de temps pour en parler. Honnêtement, Yellow Korner, à mon humble avis, c’est de la photographie-décorative pour chiottes, ou bureau de directeur de banque, les deux ayant une marge de manœuvre artistique assez limitée. Le pire, c’est qu’ils sont quand-même assez adeptes du « tiens c’est bien, on va trouver quelqu’un qui fait pareil pour moins cher et le revendre. Vous aimez Nick Brandt ? On a Laurent Baheux ! ». Et les exemples sont légion, je vous laisserai le plaisir de jouer au jeu des paires, je vous en donne juste une pour la route :

Bibliothèque de l’Hôtel de ville – F. Bohbot

Bibliothèque – C. Hofer

Au passage, Candida Hofer est une photographe issue de l’école de Dusseldorf, élève des Becher et reconnue internationalement(1). Quelqu’un connaît Frank Bohbot ? Non ? Voilà. Et pour la forme, les seuls éditeurs de monographie auquel je fais confiance les yeux fermés sont : Thames & Hudson, Taschen, Steidl, Xavier Barral, Phaidon, Aperture, Actes sud, les éditions muséales (Jeu de Paume, Maison Européenne de la Photographie, Centre Pompidou, etc.). Méfiez vous du reste.

Au fait, vous voyez, quand je vous dis que le premier qui me fait de l’ad hominem dans les commentaires, il a son nom dans un billet ? Eh bien, ça ressemble à ça.

La photographie de rue à distance

Ce coup de gueule sera sans doute le plus doux de ce billet, principalement parce qu’il n’y a pas vraiment de problème en soi, il s’agit plus de tracer des lignes entre les pratiques, ou du moins de les interroger.

J’ai toujours eu du mal à comprendre ce genre de photographies de rue :

Illustration

In love, Dublin, Irland – Giuseppe Milo

On les voit fleurir sur le net, prises à distance, mettant en avant les silhouettes et l’aspect graphique, mais disant assez peu de choses des sujets et du monde dans lequel ils évoluent. Alors certes, la photographie de rue est un genre bâtard, à la croisée du documentaire, de l’humaniste, du portrait, et du reportage, sans définition précise, mais le contact humain y est – quoiqu’il en soit – au cœur. Qu’il soit assumé ou non d’ailleurs, certaines photographes préférant jouer la discrétion quand d’autres assument et vont interagir avec leurs sujets.

Kiss me, stupid – J. Meyerovitz

Kiss me, stupid – J. Meyerovitz

Happy Chihuahua – E. Erwitt

Photographie – G. Winogrand

Coney Island, NY. 1959. From Brooklyn Gang – B. Davidson

Photographie – W. Klein

Prenons les quelques images ci-dessus, icônes parmi les icônes de la photographie de rue.Chacune présente une certaine proximité, une certaine forme de contact avec leur sujet, en sacrifiant parfois la forme (je pense à William Klein, qui le fait volontairement en opposition à la photographie européenne, qu’il juge classique, type Cartier-Bresson / Doisneau) pour s’approcher au plus près du fond. Du coup, je m’interroge un peu sur les images citées précédemment, les distantes. A part leur aspect esthétique, elles ne racontent pas grand chose, et semblent assez loin de ce que l’on peut attendre d’un photographe de rue, d’où le fait que leur  accoler cette étiquette me dérange un peu. C’est sans doute une question de vocabulaire à ce stade.

Je sais que j’ai dans mes lecteurs des personnes qui aiment/pratiquent/veulent faire ce genre de photographies, je les invite à s’exprimer dans la boîte à commentaires pour y continuer le débat.

Ne pas lire

Je pense que l’on pourrait résumer 90% de mes réactions sur ce que j’entends/lis sur la photographie par cette jolie maxime :

Ouvrez un livre avant d’ouvrir vos g*****.

T. Hammoudi

Alors, c’est certes pas la plus élégante des formules, mais elle traduit une certaine vérité. Parce que, sans déconner, quand j’entends des gens dire : « Nan, mais la photographie ça retranscrit la réalité. Moi je n’utilise jamais les modes automatiques justement, pour me rapprocher au plus près de la réalité, capturer l’âme de mes modèles », j’ai des palpitations. Et c’est une vraie citation, issue de la vraie vie, par l’homme au plus beau mulet qu’il m’ait été donné de voir (y aurait-il un lien entre les deux ?).

Et je ne suis pas en train de prôner une invention miraculeuse, novatrice, et hors de prix, c’est tout l’inverse. Je veux dire, ça ne date pas d’hier la lecture, l’histoire du livre a commencé avec l’invention de l’écriture entre le IXe et le IVe millénaire av. J.-C. Ce qui fait très longtemps avant nos naissances à tous. Les premiers supports utilisés pour conserver durablement des textes ont été la pierre, les tablettes d’argile (comme celles du IIIe millénaire av. J.-C. retrouvées en Mésopotamie) et le bois.  D’ailleurs, notez que les mots qui signifient « livre » en grec ancien et en latin (biblos et liber) ont pour sens premier l’écorce intérieure d’un arbre ; en Chine, les tablettes de bambou et la soie ont également servi de support à l’écriture. Quandtaux bibliothèques, le concept remonte également à la haute Antiquité : on a ainsi retrouvé 22.000 tablettes datant du VIIe siècle av. J.-C. qui appartenaient à la bibliothèque des rois d’Assyrie. Voilà, c’était la petite minute histoire, offerte par la maison.

Alors oui, je veux bien que ce savoir ait été réservé à une élite (capable de lire, écrire, disposant de temps pour se rendre dans les bibliothèques ou d’argent pour se procurer les ouvrages) mais ça n’est plus le cas depuis belle lurette. Entre l’Encyclopédie de Diderot, les lois Jules Ferry, les bibliothèques publiques, Internet, ça fait un bon siècle que la démocratisation de la connaissance est en marche et qu’il ne reste que la mauvaise volonté comme excuse de ne pas s’y intéresser. Pour le dire clairement, je pense que si tous les photographes/passionnés de photographie avaient lu les 2 ouvrages ci-dessous(2), 50% des billets du Blog n’existeraient pas car ils n’auraient pas été nécessaires (des billets comme Et si on cassait du cliché à coups de pelle ? ou Pour en finir avec les clichés sur la photographie).

A la limite, j’ai envie de dire que le seul article vraiment important de ce Blog, c’est la bibliographie. 95% de ce que j’écris et de ce que vous lisez découle de là, je vous le dis, knowledge is power. D’ailleurs, si vous avez un brin de flemme ou que vous voulez gagner un peu de temps, il y a les Fiches de lecture.

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Image à imprimer et coller à côté de l’ordi, pour se la rappeler toute sa petite vie.

Bon, je mets juste un bémol à tout ça : quand je dis lire, je parle sur la photographie, de la photographie, des ouvrages de photographe, de la philosophie dessus, etc. La bibliographie vous donnera plein de pistes. Il ne faut pas tomber du mauvais côté de la force et se barder de connaissances techniques en imaginant devenir meilleur. Le calcul de la profondeur de champ, le fonctionnement exact de la matrice de Bayer ou du capteur Fovéon, du cercle de confusion, et j’en passe, ne vous apporteront jamais rien, à part devenir un petit physicien de la photo : vous en connaissez qui ont marqué l’histoire de la photo grâce à ces brillantes connaissances ? Non ? Moi non plus.

D’ailleurs, Laurent Breillat en parle très bien dans cette vidéo :

Les groupes Facebook

Avant d’entrer dans le vif du sujet, il va falloir enfoncer quelques portes ouvertes, il est parfois bon de rappeler certaines évidences. Est-ce que vous connaissez la différence entre des processeurs informatiques et des neurones ? Leurs points communs sont très clairs : ils gèrent tous les deux une masse d’informations considérable, rapidement. Pour l’un, c’est du calcul, pour l’autre, le fonctionnement d’un être bio-chimique complexe. Mais quelles sont les différences, mise à part leur nature (biologique vs. organique) ?

Eh bien… la puissance de calcul des processeurs s’ajoute de façon cumulative, alors que pour les neurones, ça n’est pas le cas. Cela veut dire, que si vous combinez 64 processeurs (comme sur l’image ci-dessus) vous avez 64 fois la puissance de calcul initiale (en réalité un peu moins, mais vous avez compris) alors que si vous mettez 64 débiles dans une pièce, vous avez toujours le niveau de réflexion (la puissance de calcul) d’un débile. Vous voyez où je veux en venir ?

Alors, je ne veux pas généraliser, je me doute qu’il y a un ou deux groupes où vous trouvez votre bonheur, loin de moi l’idée, mais quand même, il existe quand même une grosse tartine de groupes qui ont l’utilité d’une crème solaire à Dunkerque. En vrac, plusieurs éléments qui m’y posent problème :

  • On ne va pas se mentir, beaucoup de personnes y traînent pour y prendre leur dose de validation sociale quotidienne. Il s’agit d’asséner les conseils à coups de « moi j’aurais fait ça »« moi j’aurais fait comme ça », partant du principe que le « moi » derrière ces conseils est tant expérimenté qu’avisé, et que ses conseils sont à prendre tel un 11e commandement.
  • Honnêtement, qui en a quelque chose à carrer que Jacky37 du Calvados trouve une balance des blancs à chier ? Et d’ailleurs c’est qui ? Il sort d’où ? Ce que je veux souligner derrière ce trait d’humour, c’est que même si la démocratie c’est une bonne chose, dans la critique artistique c’est vraiment la plaie. Il vaut toujours mieux avoir un avis tranché et définitif d’une personne d’expérience (avec une vraie connaissance de la photographie, de ses enjeux et de sa pratique) plutôt que 10 qui se contredisent, mais qui sont là, parce que bon, internet est ouvert à tous.
  • La modération y est ingérable. Les outils sont assez foireux (pas d’édition en masse, pas d’alerte programmable, ni de quelconque forme d’intelligence automatisable), les modérateurs sont des bénévoles qui s’appuient sur des règles (chaque groupe ayant sa petite table des lois), qu’ils interprètent chacun à sa façon. Facebook s’améliore sur ce point, mais en l’état, même la meilleure équipe motivée, ou la pire brochette d’incompétents ne donneront que des résultats moyens. Si vous voulez une idée du bazar que ça peut être, filez de l’ecstasy à des chatons, et essayez de leur apprendre à danser Casse-Noisette. Voilà.
  • Du fait des points précédents, il est difficile d’y obtenir de vrais conseils, on a beaucoup, beaucoup de bruit. Sur Facebook, on peut poster des commentaires plus vite que n’importe qui peut les lire/modérer et y répondre. J’ai fait quelques tentatives, mais je ne compte plus les fois où j’ai demandé : « est-ce que A+B c’est bien ? Qui a testé ? » et qu’on me répond « Moi j’ai C, c’est bien aussi »‘Ah bah moi j’ai détesté C, j’ai préféré le D… », etc.

A la place, je ne pourrais vous conseiller qu’une seule chose : rencontrez des vrais gens. Si si, les trucs avec 2 bras, 2 jambes et qui sentent le jambon après 3 bières. Plus sérieusement, c’est un vrai moyen de progression souvent négligé, allez aux Centres photographie (ils dépendent souvent des Frac), visitez les musées, galeries ou tout autre lieu d’exposition près de chez vous. Participez à des lectures de portfolios, à des clubs, à des séances de critique, bref, tout ce que vous trouverez, même si c’est juste une connaissance qui s’y connaît mieux que vous. Rappelez-vous une chose, ça fait des dizaines de milliers d’années qu’on vit en société, les gens savent s’y comporter. Internet, et ses 30 ans, c’est encore une jungle sauvage et sans règles.

Au passage je signale qu'Aurélien Pierre a écrit un excellent billet au sujet des forums photo, dont la plupart des remarques peuvent s'appliquer ici.

Confondre opinion, goût et argument

« Argumenter avec des idiots c’est comme jouer aux échecs avec un pigeon : peut importe à quel point vous êtes bon, quoiqu’il arrive l’oiseau va finir par chier sur le plateau et se pavaner comme s’il avait gagné. »

  • Une opinion est un jugement, avis, ou sentiment qu’un individu ou un groupe émet sur un sujet, des faits, ce qu’il en pense. Ce que dit cette définition, implicitement, c’est qu’une opinion n’est pas nécessairement soutenue (dans un contexte argumentatif) par des faits objectifs, neutres, démontrables et reproductibles. Par exemple, les deux phrases suivantes sont toutes deux des opinions :
    • « Je n’aime pas la glace, parce qu’elle finit toujours par fondre » (= 1 opinion + 1 argument)
    • « Je n’aime pas la glace, ça n’est pas bon » (= 1 opinion basée sur un ressenti personnel).

Dans l’absolu, il n’y a rien de mal à avoir une opinion et à la partager, c’est juste que, toujours, dans l’absolu, et dans un contexte argumentatif, ça n’a pas vraiment de valeur. Donc la prochaine fois qu’on vous sort « Ta série, elle est vraiment pas terrible » (= jugement), bah dites-vous juste qu’entre ça et pisser dans un violon, il n’y a pas vraiment de différence. Enfin, ce n’est pas pour autant qu’il faut aller pisser dans les violons hein, ce sont de beaux instruments, foutez-leur la paix.

  • On peut définir le goût comme étant une attirance pour un aliment, une boisson, quelque chose ou quelqu’un. Ce qu’il est important de comprendre du goût, c’est qu’il est plus ou moins inné. Je veux dire par là, qu’on peut le travailler, l’affiner et l’enrichir (tant d’un point de vue artistique que gustatif) mais que vous ne pouvez pas décider consciemment d’aimer ou non quelque chose. Personne ne se lève un matin en se disant « Ok, à partir de maintenant j’aime le café, les chiwawas et Patrick Fiori« . Pour ma part, je préfère le Mouton-Cadet ou le Saint-Emilion au Corbières, le bleu au jaune, et le Deathcore à la Pop. C’est comme ça, je n’y peux rien, et comme pour le point précédent, c’est totalement ok. C’est juste qu’encore une fois, ça ne vaut pas un argument, même si bien dit, ça passe socialement beaucoup mieux qu’un opinion. On préférera toujours un « Ce genre de photographies, ça n’est pas mon truc » à un « C’est quoi cette merde ? ».
  • Quant à l’argument, il s’agit d’un raisonnement ou d’une preuve destinés à appuyer une affirmation (voire une opinion). Idéalement, ils sont objectifs (non influencés par l’avis personnel de leur auteur), neutres (non influencés par le contexte), et reproductibles (il y a plusieurs cas similaires, voire une infinité). Ainsi dire : « L’appareil photo est un objet important dans l’histoire de la photographie, car tous les photographes en ont un« , est un argument recevable, car il répond à tous les critères ci-dessus. Alors que « La marque X est meilleure que la marque Y, parce que Monsieur Z les utilise« , est honnêtement, un argument composé de selles, dit « de merde », car biaisé par l’avis personnel de son auteur, et non reproductible (Qu’en est-il des messieurs A, B, C… ? ).

Donc pour mélanger un peu tous ces points, dire « La photographie de rue, ça n’est pas ma tasse de thé, l’auteur l’influence beaucoup (Araki, Gilden, Petersen), et manquant de neutralité ça ne m’intéresse pas », c’est ok. Alors que dire « La photographie de rue, c’est facile, suffit de descendre en bas de chez soi, moi aussi je peux le faire » c’est débile. Essayer de garder ça en tête, ça peut vous éviter de passer pour l’idiot du village, ou de vous attirer inutilement les foudres de vos compères.

Conclusion

Bon, encore une fois, pour ceux qui n’ont pas lu La règle du Game, je rappelle que ce Blog est avant tout personnel, et subjectif, même si les idées présentées sont argumentées et défendues, elles ne reflètent que mon propre opinion. Ainsi, il faut vous sentir libre de faire l’inverse de ce qui est dit, ou tout simplement de venir en discuter dans les commentaires, c’est toujours plus marrant quand il y a un peu de contestation.

La suite au prochain épisode.


Notes : 

(1) Voir cet article : Les bibliothèques de Candida Hofer, pour plus d’informations sur ce travail. (retour au texte)

(2) Sachant que l’ouvrage de Taschen, c’est 15€, on ne parle pas de l’investissement d’une vie là, juste de renoncer une fois à un MacDo pour accéder au grand temple de la culture photographique. (retour au texte)


J’ai écrit ce billet en écoutant ces deux albums :

 


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16 Comments

  1. Bonjour,

    Encore un bien bon article…Je pense être un photographe « banal »…Je pratique le noir et blanc (depuis toujours…en passant au numérique, j’ai testé la couleur…Mais je fais de la dyschromatopsie…je confonds les couleurs. Le daltonisme en est une forme. J’avais parfois de beau ciel couchants…roses (Serge, si tu nous regardes…) dont je ne percevais pas le rendu qui choquait les autres…). Du coup, ayant appris la photo en péloche noir et blanc, j’y suis revenu. Je ne sais pas si mon style ressemble à un « connu ». Pour être honnête, je m’en tape…Je fais ce qui me plaît (et pas ce qui plaît aux autres) et voilà ! Après…Je voue une passion à ma chère cité de Carcassonne, mon cher canal du midi…photographiés de millions de fois par an par les touristes…Difficile d’être original…Sauf que moi, je suis là 365 jours par ans…Edward Weston (à confirmer…) disait, il me semble donc, que les plus belles images sont celles que vous ferrez près de chez vous…Mais je m’égare dans le sujet…

    Bref, les forums me font gerber, je lis des livres, visites des expos…Mais je ne m’en inspire pas…Enfin je crois…je reste juste admiratif des fois…si le sujet me tape à l’oeil, je peux y passer des heures…Mais je ne chercherais pas à faire pareil…Enfin… je crois…

  2. À cette honorable liste, on peut/doit rajouter Fstoppers/Petapixels/Iso1200 et tous leurs articles de merde avec « 5 astuces pour améliorer vos photos ».

    Aucune astuce, jamais, nulle part n’améliorera rien pour personne. Les astuces sont des raccourcis qui permettent de gagner du temps, souvent au détriment de l’originalité.

    Je suis tanné de lire des webmarketeux déguisés en photographes de mariage du fond du Kansas m’expliquer comment avoir du succès en reproduisant la même merde stéréotypée qu’eux, à base de règle des tiers, de bokeh à couper au couteau, de golden hour sursaturée et de color-grading cyan/orange. Tout ça en suçant Peter Hurley de façon très dérangeante comme si c’était un nouveau Avedon messianique, alors qu’il est au portrait ce que Amazon est au packshot.

    Bordel je supporte pas les gens 😀

  3. (Il a beau faire son chacal des réseaux le Laurent, n’empêche que les photos de Nick Brandt restent bien meilleures! 😉 )

    Pour la rue de loin, sérieux, on appelle ça de la photo de rue? Ca raconte rien, c’est vide… Prendre de la distance pourquoi pas, histoire de rajouter des éléments de l’environnement ou lorsqu’on est timide en photo, mais là, rien à dire dessus. Sérieusement, on dirait des gens rajoutés sur Photoshop dans des photos de Ramelli passées au N&B!

    Sinon, j’ai pas bien compris l’intérêt de parler de puissance de calcul pour les groupes Facebook. On est bien d’accord sur le fait que c’est régulièrement le festival des egos et des questions qui ne mènent à rien, mais quel rapport avec le calcul? Surtout que le non-cumul ne se limite qu’au calcul, justement : si tu mets 64 personnes dans une personne pour résoudre un problème ou monter un projet tu obtiendras quelque chose de bien plus abouti qu’en ayant 64 clones!

    Au sujet de l' »histoire de la photographie » de Taschen que je suis en train de lire en ce moment… Personnellement j’ai un avis très mitigé : le livre est très intéressant mais en même temps très rébarbatif et très centré sur la maaaaaaaaagnifique collection du musée George Eastman (Kodak quoi.). Ce qui explique que je mette autant de temps à le finir d’ailleurs le bougre (j’en suis à la fin du chapitre sur les débuts, talbotypes et tout ça)!

    PS : « Un peu » dans la même veine musicale, je te recommande Chad VanGaalen. Ca fait longtemps que j’ai pas écouté d’ailleurs, m’en vais remédier à ça!

    • Pour le calcul, c’était pour souligner que ce n’est pas forcément en se mettant à plusieurs qu’on obtient un meilleur résultat.
      Taschen, c’est normal, c’est lié à leur modèle économique. Ils privilégient les collections publiques, les artistes tombés dans le domaine public & cie pour avoir moins de frais et des tarifs plus attractifs.
      15€ l’histoire de la photo, aussi documenté, c’est donné. Par contre, je suis d’accord, c’est écrit par des allemands, pour des allemands ! Haha.

      Je vais aller nourrir mes esgourdes de ce bon conseil alors. 🙂

    • Haaaaaaaa !!! Le lapsus…je voulois dire N. Brandt bien sûr !!!!

      • MDR.
        J’ai vu le truc je me suis dit « Bon… bah ok ». J’suis gentil avec mes lecteurs (qui ont la patience de me lire), donc j’ai rien dit.
        Mais j’avoue avoir été un peu déçu qu’après avoir lu le billet, c’est Baheux qui vous inspirait haha.

  4. Merci Thomas pour cet article. Comme toujours des réflexions argumentées saupoudrées d’un humour qui me plaît bien!
    Et cet article (comme d’autres d’ailleurs) me fait me sentir plus à l’aise avec mes photos.
    Et Sigur Ros c’est bien chouette 😉

  5. Rich Lem

    Bonsoir !

    Habituellement d’accord avec pas mal d’idées, il y en a une, je trouve, un peu trop stéréotypée ici : la photo de rue « à distance ». J’y pense car j’en ai prise une ressemblante il y a peu, et que Baptiste dans les commentaires dit « Sérieusement, on dirait des gens rajoutés sur Photoshop dans des photos de Ramelli ». Alors non, tout de même, c’est l’inverse du HDR puisque là les basses lumières le restent et les hautes lumières aussi. Et même Serge serait d’accord. Enfin je ne vais pas vendre des presets lightroom de sujets loins et contrastés. Enfin si certains veulent m’en acheter je pourrais faire un effort.

    Néanmoins cela m’a vexé, je me suis dit qu’en plus de faire dans la facilité j’ai usé d’un post-traitement plouc.

    Les arguments de Thomas sont si j’ai bien compris que cela raconte « moins » une histoire, en résumant la chose. Or la photographie de Klein montre 4 personnes. Fin. La photographie de Giuseppe Milo montre deux personnes, qui marchent, à Dublin, sur une route, la nuit, à une époque correspondant aux voitures et à l’architecture. J’ai là tout un tas de données spatio-temporelles et environnementales qui cadrent l’histoire. Pour l’analogie culinaire, afin de changer des analogies musicales que j’apprécie beaucoup sur ce blog, je pourrais presque dire que Klein fait de la sauce tomate quand Milo fait des Lasagnes.

    L’autre argument est la timidité possible de l’auteur qui ne ferait que cela. Alors à quelle distance la photo n’est plus « à distance » ? Là aussi c’est peu quantifiable, c’est un peu comme si une recette de lasagnes demandait « beaucoup de sauce tomate ». Les timides en mettraient deux cuillères à soupe, d’autres trois louches.

    Cela permet d’aller vers une sorte de minimalisme qui peut être efficace. Reprenons le couple à Dublin. Imaginez la photo prise à 50 centimètres en pleine journée, ben on aurait la même photo que Klein, avec juste deux têtes.

    Alors oui, j’suis un peu de mauvaise foi, vous me rétorquerez qu’il vaut mieux une bonne sauce tomate de Klein que des Lasagnes industrielles de Milo, j’en conviens.

    Enfin, plus sérieusement, je pense que ce type de photos est la frontière entre le paysage urbain et la photo de rue comme couramment imaginée. Inclure du vivant dans un paysage peut être bénéfique non ?

    • Hello Richie !

      Alors, je suis d’accord avec toi, ce n’est pas du HDR. Mais je pense que ce qui est dénoncé, entre les lignes, c’est plutôt les traitements très esthétisants qui ne collent pas vraiment avec l’histoire de la photographie de rue (qui peut évoluer certes, mais ça n’est pas directement le sujet là).
      Autre point, ma critique porte principalement sur deux points, qui ne sont pas directement ces images :

    • Je doute que l’on puisse vraiment qualifier ces images de photographies de rue, car comme je le dit dans l’article, elles s’éloignent assez de son fonctionnement
    • Comme pour le Nurbex, Landscape nude & cie : si tout le monde fait les mêmes (ce qui est le cas, d’un producteur de ces images à l’autre, il y a peu de variations), quel est le message ? La vision de la photographie que j’ai (et que je défends ici) c’est celle d’une photographie personnelle. Pas qualitative, pas magnifique, mais avant tout, personnelle. Et c’est incompatible avec ça. Je ne dis pas qu’il faut forcément innover pour être intéressant, chercher à être original, mais simplement être soit (et normalement l’innovation en découle, chaque personnalité étant unique).
    • Enfin, la timidité ne rentre pas vraiment en ligne de compte. Il y a plein de façons de faire des photographies en étant très proche des gens, sans se faire remarquer 🙂

      Enfin, plus sérieusement, je pense que ce type de photos est la frontière entre le paysage urbain et la photo de rue comme couramment imaginée. Inclure du vivant dans un paysage peut être bénéfique non ?

      Je suis d’accord, et on en revient à ce que je disais, ce n’est pas vraiment de la photographie de rue, et ça me gêne un peu de voir ça tagué ainsi 😉

      Bonne journée !

  • re !
    c est mon deuxieme articles et je me dis que j ai bien fait
    de m abonner je vais avoir de la lecture interessante moi !
     » A part leur aspect esthétique, elles ne racontent pas grand chose, et semblent assez loin de ce que l’on peut attendre d’un photographe de rue  »

    je trouve cela assez faux car on attend d un photographe de rue tellement de chose. et dire  » a part l esthetique…  » oui mais ce st pas rien ! : )
    surement une question d attente et de point de vue.

    Ahh ma terrible deception a propose de L.Baheux…
    si esthétique justement . Merci le blog il faut rendre a Cesar…
    totalement dingue !

    ahh le mode auto et l envie de retranscrire la realité !! merci car ayant des palpitations moi aussi avec ce genre de phrase je me suis dit  » cardiologue ou pas…?  » ; )) c est bon pas besoin.

    et parler de A. Pierre un des rares qui a un cerveau dans la photo, il me fait rire qd meme me souvien dune video
    avec son coté jai ma meche bien coiffé et j’aime le piano,
    mais il est intéressant !

    allez bon vent !
    )

    • Content de vous trouver parmi nous alors 🙂
      Meyerovitz dit qu’une bonne photographie de rue est : « dure à faire, dure à comprendre, dure à aimer ». Là on tombe dans la facilité esthétique et donc… Tout l’inverse. 😉

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