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La sélection de livres photo de la rentrée (2021)

Introduction

Oui, me revoilà par ici. D’ailleurs, en entamant les premières lignes de cet article, je me suis fait une remarque assez étrange. Et comme toute remarque étrange, elle fera sans doute un bon démarrage à ce billet. J’allais commencer par écrire « Bonjour à tous », sauf que je ne dis pas « Bonjour » au début des articles du Blog. Je commence les vidéos YouTube par des salutations de rigueur, les newsletters aussi, mais pas les articles. Je ne sais d’ailleurs pas s’il existe des règles en la matière, autre que mes habitudes. Bref, ces demi-salutations étant faites, passons au sujet du jour.

Comme je l’ai dit plusieurs fois sur la chaîne, les éditeurs photo m’envoient régulièrement leurs dernières parutions. Soit on en discute avant, on se met d’accord sur une sélection et ils me font un envoi, soit je reçois les publications au fil de l’eau. Bien évidemment, je lis, triture, analyse, regarde tout ce qu’on m’envoie, et quand certains ouvrages me plaisent bien, je les partage avec vous ici ou sur la chaîne. Partager ce qui me plaît, c’est et ça restera un des moteurs de ce Blog, d’ailleurs. J’aime bien ce système, ça me permet de découvrir et faire découvrir des publications, d’enrichir ma bibliothèque, et de faire bénéficier les titres qui me plaisent de mon audience pour les aider un peu, à mon échelle. Seulement…

Seulement voilà, je suis assez lent pour produire des vidéos. Enfin, disons que comme je produis souvent un trimestre de vidéos d’un coup, si j’ai envie de vous parler d’un livre, je n’aurais de la place dans le calendrier que quelques mois après. On a vu plus réactif. Du coup, comme j’avais envie de vous parler des quelques livres composant cet article… me revoilà par ici. Il s’agit d’une sélection de livres assez récents pour la plupart, composant une « sélection de la rentrée », et ça aurait été un peu dommage d’en parler en fin d’année.

Vous y trouverez de tout dedans : des titres qu’on m’a offerts, d’autres que les éditeurs m’ont envoyés, ou certains que j’ai achetés. Je reste toujours impartial et objectif dans la sélection que je présente, la preuve étant : vous seriez sans doute bien incapable, après avoir lu ce billet, de dire quel livre relève de quelle catégorie. 😃

Ceci étant dit, commençons à faire grossir des wishlists.

Les livres

McLaren, S. & Bruycker, D. (2020). Magnum et la street photography. Arles, Actes Sud.

On va commencer par du lourd, sorti chez Actes Sud : Magnum et la street photography. C’est un livre qui, comme son nom l’indique subtilement, va se concentrer sur l’agence Magnum photos et les travaux qui ont pu être réalisés tout au long de son histoire en photographie de rue. Bon, ici, le terme « photographie de rue » est à entendre au sens large : cela inclut parfois des travaux faits lors de reportages (mais dans l’espace public). On ne trouvera pas que des travaux de flâneurs, faits pour le pur plaisir de l’image dans la rue, comme ont pu le faire Vivian Maier ou Gary Winogrand. Mais étant donné que ça nous donne une double dose d’images, on ne s’en plaindra pas.

Aussi, et avant de continuer, je préfère prévenir : ce livre n’est pas à mettre entre toutes les mains. Si vous avez déjà un des deux livres ci-dessous, passez votre chemin. L’approche est certes différente (l’un présente des planches contacts, et l’autre une histoire de l’agence), mais vous retrouverez peu ou prou les mêmes travaux dedans, et ça risque de faire doublon.

Le livre a été écrit par Stephen McLaren, qui est aussi photographe, et à qui on doit le génial Street Photography Now, dont j’avais adoré la lecture. Thames & Hudson (les éditeurs originaux du titre, traduit par Actes Sud) ont donc fait appel à un expert qui maîtrise le sujet.

On notera au passage que ça change du pitoyable livre Penser comme un photographe de rue de Matt Stuart, qui dès les premières pages explique que la photographie de rue est illégale. Ce qui est d'une idiotie totale et preuve de la méconnaissance des auteurs du droit français en la matière. Bon, après, dans le cas présent, je pense que la faute est plus à rejeter sur l'éditeur (Pyramid en France) qui n'a pas fait son job, que sur Matt Stuart dont j'apprécie beaucoup les images et les conseils en photographie de rue par ailleurs. 

Bref, brûlez-moi tous les exemplaires de cette bouse, merci et tant pis pour l'odeur.

Au-delà de l’écriture, c’est un livre richement documenté et illustré qui, comme d’autres de cette sélection, fait la part belle aux images. Et c’est une bonne chose, on l’achète pour ça, allier conseils et exemples concrets.

Il est vendu 49 €, ce qui est à mon sens une affaire, vu le nombre d’artistes que l’on peut y découvrir (compiler autant d’images et d’informations vous-même dans votre bibliothèque vous coûterait bien plus !). D’ailleurs, en parlant du menu, on y retrouve :

Abbas, Christopher Anderson, Eve Arnold, Olivia Arthur, Jacob Aue Sobol, Bruno Barbey, Jonas Bendiksen, lan Berry, Werner Bischof, René Burri, Robert Capa, Henri Cartier-Bresson, Chien-Chi Chang, Antoine d’Agata, Bruce Davidson, Carl De Keyzer, Raymond Depardon, Bieke Depoorter, Carolyn Drake, Thomas Dworzak, Nikos Economopoulos, Elliott Erwitt, Martine Franck, Stuart Franklin, Leonard Freed, Cristina García Rodero, Jean Gaumy, Bruce Gilden, Burt Glinn, Jim Goldberg, Harry Gruyaert, David Alan Harvey, Thomas Hoepker, Sohrab Hura, David Hurn, Philip Jones Griffiths, Richard Kalvar, Hiroji Kubota, Sergio Larraín, Guy Le Querrec, Herbert List, Constantine Manos, Peter Marlow, Steve McCurry, Susan Meiselas, Inge Morath, Trent Parke, Martin Parr, Paolo Pellegrin, Gueorgui Pinkhassov, Mark Power, Raghu Rai, Eli Reed, Marc Riboud, George Rodger, Moises Saman, Alessandra Sanguinetti, Ferdinando Scianna, David Seymour, Alec Soth, Chris Steele-Perkins, Dennis Stock, Newsha Tavakolian, Peter van Agtmael, Alex Webb, Patrick Zachmann.

Je vous ai mis en gras mes préférés, qui à mon avis justifient à eux seuls l’achat du livre, quasiment. Et ci-dessous, un diaporama, pour que vous puissiez vous faire une idée de la mise en forme.

Petite précision avant de partir, si la photographie de rue vous intéresse, vous pouvez retrouver tous mes articles sur le sujet ici :

Les nouveautés chez La Martinière

Passons maintenant aux triplets de cette sélection, les 3 premiers livres de la nouvelle collection Percevoir de chez La Martinière. Avant d’en parler plus en détail, je précise : j’ai déjà parlé de 3 de leurs titres (sur des auteurs classiques) sur la chaîne, si c’est votre came, c’est par ici :

Donc, revenons-en à nos moutons. Percevoir, c’est quoi ?

C’est la nouvelle collection qui va me ruiner. J’ai eu les 3 premiers tomes, et comme j’ai du mal à n’avoir qu’une partie d’une série de livres, je sens que mon portefeuille va souffrir. Après Des Oiseaux chez EXB, et les Photo Poches chez Actes Sud, c’était exactement ce qu’il me fallait, merci. 😃

Percevoir, c’est un peu ce qu’il manquait dans ce genre d’éditions sérielles de livres photo. Il faut voir ça comme des Photo Poche sous stéroïdes et centrés sur les jeunes photographes. Les livres sont assez grands, 17 x 24 cm (les Photo Poche font 12 x 19 cm), et font la part belle aux images. On retrouve une sélection de 70 photographies pleine page et un court texte à la fin présentant l’artiste. Des images, des images et encore des images, et ça, ça me plaît beaucoup. C’est sans doute un cliché un peu éculé, mais à l’heure des réseaux sociaux où l’on scrolle un feed sans fin en n’accordant que 2 secondes d’attention à chaque photographie, une collection de livres qui invite à se poser et à profiter de bons travaux photographiques : ça fait plaisir.

La direction de la collection est faite par Simon Baker, directeur de la Maison européenne de la photographie. La collection entend « revenir aux sources de la photographie en donnant à voir les œuvres d’artistes portant un nouveau regard sur notre quotidien » (selon le communiqué de presse). Autre différence majeure avec Photo Poche : là où eux se concentrent sur les artistes historiques (les derniers titres étant Sabine Weiss et Helen Levitt par exemple), Percevoir s’intéresse à de jeunes artistes, encore au début de leur carrière. Une visibilité bienvenue.

Trois premier titres sont parus à la fin du mois d’août 2021, portant sobrement le nom des artistes mis à l’honneur. On retrouve :

La légende raconte que trois autres livres suivront l’année prochaine, j’ai hâte (mon compte en banque, moins).

Bayard, P. (2007), Comment parler des livres que l’on n’a pas lus, Paris, Éditions de Minuit.

Passons maintenant à un livre que les abonnés à la newsletter connaissent déjà sans doute, étant donné que j’en ai parlé pendant la petite série de mails que j’ai faite cet été (à la place de publier des vidéos, pour que vous puissiez lire ça plus tranquillement à la plage, disons). Il s’agit du livre, au titre très paradoxal, Comment parler des livres que l’on n’a pas lus, de Pierre Bayard.

Le livre est composé, grossièrement, de deux parties : une première partie où l’on aborde les différents types de non-lectures, et une deuxième où l’auteur, un professeur de littérature à l’université, explique comment s’en sortir dans différents types de situations où l’on doit parler d’un livre que l’on n’a pas lu.

Trois éléments que je retiens, pour commencer et se décoincer un peu :

  1. Vous ne lirez jamais tout. Donc, mécaniquement, choisir de lire un livre, c’est ne pas lire les autres. À chaque fois que vous en lisez un, ce sont des dizaines de milliers d’autres que vous n’ouvrez pas pendant ce temps-là. Quoi que vous fassiez, il y aura toujours plus de livres que vous n’avez pas lus que de livres que vous avez lus, donc ça n’est pas bien grave de ne pas en connaître un de plus ou de moins.
  2. Il y a différents degrés de non-lecture. Il n’y a pas juste : lu ou pas lu. L’auteur évoque différentes nuances : les livres inconnus (ceux dont on ne sait rien), les livres évoqués (ceux dont on nous parle), les livres parcourus (ceux qu’on a lus par bribes) et les livres oubliés (ceux qu’on a lus, mais oubliés). On peut acquérir de la connaissance sur un ouvrage sans forcément le lire en entier, donc (ou ne rien retenir en le lisant !).
  3. De son expérience, ne pas avoir lu un livre n’est pas bloquant pour en discuter. En effet, il discute souvent de livres avec ses élèves (et il sait pertinemment qu’ils ne les ont pas lus) et pourtant les questions et les échanges peuvent être riches. Vous pouvez ne pas avoir lu Barthes, regardez ma vidéo sur le sujet, et poser plein de questions intéressantes quand même.

Au-delà de ça, il y a évidemment un aspect social lié à la lecture (dont l’auteur parle, mais que je ne vais pas détailler ici), mais tout ça pour dire que : ça n’est pas bien grave de ne pas avoir lu un livre, pas bien bloquant pour en discuter, et qu’on gagnerait sans doute tous à être plus ouverts et détendus sur le sujet.

Cela étant dit, il y a deux autres idées que je retiens de ce livre, et qui changent pas mal de choses dans ma perception de la lecture et de la culture.

  1. Premièrement : on ne garde qu’une image fragmentaire de ce qu’on a lu. Évidemment, on ne retient pas un texte du premier au dernier mot, mais on retient des idées, des notions et ainsi de suite. On se constitue une image intérieure du livre (c’est comme ça que Bayard l’appelle). Et cette image-là peut être très différente d’une personne à l’autre. C’est pourquoi il conseille, quand on discute avec l’auteur d’un livre, de simplement lui dire que c’est bien et de ne pas s’embêter à lui faire une analyse détaillée. Déjà parce qu’il ne l’attend pas, mais aussi parce que votre livre intérieur pourrait être très différent du sien et le vexer un peu (il pourrait se rendre compte que son œuvre n’est pas du tout perçue comme il le souhaitait !).
  2. Deuxièmement, et c’est l’idée majeure du livre je trouve : être cultivé, ça n’est pas connaître en détail une ou plusieurs œuvres, c’est savoir se repérer dans ce qu’il appelle la « bibliothèque collective ». La bibliothèque collective, c’est l’ensemble des œuvres qui forment la culture ; la notion s’oppose à la bibliothèque intérieure : l’ensemble des livres qui forment votre culture. C’est pour cela que si votre bibliothèque intérieure est la même que celle d’une autre personne, vous avez plein de choses à vous raconter : vous partagez pas mal de références ensemble. D’ailleurs, l’auteur prend un exemple fictif (issu d’un roman) d’un bibliothécaire qui refuse de lire les livres, qui ne lit que les tables des matières, pour justement savoir se repérer sans tout connaître, dans cette bibliothèque collective.

Je n’y avais jamais vraiment pensé comme ça, mais l’idée est très juste. Avec toutes les pelletées de livres que j’ai lus, je n’ai pas l’impression d’en connaître beaucoup en détail. Si vous me donniez 100 images d’Henri Cartier-Bresson, je ne serais pas capable de vous dire lesquelles sont, ou non, dans Images à la sauvette. En revanche, ces lectures m’ont appris à me repérer. Par exemple, Richie m’a aussi offert le livre FAR de Ekin Küçük : eh bien, en le parcourant rapidement, je sais tout de suite d’où il tire ses influences et où il se place dans les différentes pratiques photographiques. Et c’est comme ça pour la plupart des livres qui me passent entre les mains : je sais si je vois du neuf ou de la redite assez vite, et quelles sont les influences.

C’est, je pense, inconsciemment ce que je tente de transmettre dans mon contenu jusque-là : permettre aux lecteurs/abonnés de pouvoir eux aussi se repérer dans la bibliothèque collective. Personnellement, je m’en contre fiche que vous aimiez ou non les titres que je présente, ce qui me fait plaisir c’est quand ça vous aide à vous repérer et aller vers ce qui vous plaît vous. C’est ce que je dis souvent : mon contenu est une carte, et grâce à ce livre, je comprends un peu mieux pourquoi et quels sont les mécanismes derrière.

Les nouveautés chez Les Éditions de Juillet

Comment ? Qu’ouïe-je dire ? Vous ne connaissez pas Les Éditions de Juillet ?

Bon, vu qu’il n’y a aucune méconnaissance ne pouvant se rattraper, vous pouvez corriger ça en regardant la vidéo ci-dessous. J’y parle d’une première sélection de livres qu’ils m’avaient envoyés.

Et si je dis « première », vous vous en doutez, c’est parce qu’ils ont remis ça. D’habitude, je ne présente que ce que j’aime dans ces sélections, mais on va faire une petite exception. Il y a un livre que j’ai un peu moins aimé, mais un peu quand même. Je ne sais plus. Bref, on en discute ?

Giri giri

Boyer, N. & Parmentier, A. (2021). Giri giri. Berlin, Germany et Chantepie, France: Hatje Cantz et Les Éditions de Juillet.

L’expression giri giri (ぎりぎり), selon le site Kotoba, peut signifier 3 choses :

  1. Un crissement provoqué par deux choses qui s’entrechoquent violemment
  2. Employer beaucoup de force en serrant (corde, lacet…)
  3. Lorsqu’on est au bord de la rupture, de justesse

Je pense que la plongée dans le Japon offerte par Nicolas Boyer dans ce livre est un savant mélange du premier et 3e sens (voire un peu du 2e s’il a bien serré ses chaussures pour se balader et faire ces photographies).

C’est bien ça qui caractérise ses photographies, le fait que dans l’image se retrouvent, de justesse, deux choses un peu incongrues dont les écarts nous saisissent. Comme cette femme dans un kimono flamboyant, descendant ces escaliers semblant anciens et marqués par le temps, que vous pouvez voir dans l’extrait ci-après. La présentation de l’ouvrage définit le livre comme « Une série de clichés sur les clichés de l’imaginaire « exotique » qui s’est construit depuis plus d’un siècle à la suite de l’ouverture de l’époque Meiji ». Mais il va un peu au-delà.

On retrouve un regard sur le Japon, et de nombreux textes accompagnant l’œuvre. Histoires, essais, présentation des villes, de quoi se plonger dans le pays sans bouger de son canapé, et aller plus loin que les images.

À défaut d’avoir pu y aller moi-même (fichu COVID-19), je savoure d’autant plus.

Le Cirque Bidon

Lesaing, B. (2021). Le Cirque Bidon. Chantepie: Éditions de Juillet.

Ce livre, c’est celui qui m’a laissé le plus perplexe. Au début je ne l’aimais pas, et maintenant, beaucoup plus. Je vous raconte.

En le découvrant, je me suis dit : « Tiens, les Éditions de Juillet vident leurs archives ? » La maquette me semblait un peu vieillotte, d’un autre temps. Surtout avec ses images « qui prennent toute la place possible sur le papier », un peu au détriment de l’élégance. Je le pose dans un coin, je lis les autres, il passera en dernier.

Et finalement, c’est plutôt chouette quand on a compris ce que c’est. Ce livre, c’est la réédition (à l’identique) d’un livre paru 40 ans plus tôt et épuisé depuis. D’où le côté désuet, qui est volontaire : il est sorti comme ça, on le refait comme ça. Si ça n’est pas un livre que je conseillerais à quelqu’un débutant sa collection (il y a plein de pièces plus iconiques à acquérir avant), c’est sans doute une pièce originale à mettre dans une plus avancée.

Oui, étant arrivé à 399 livres photo dans ma bibliothèque, j'ose enfin appeler ça une collection, le seuil de la stricte nécessité me semblant avoir été légèrement dépassé.

Donc, ça parle de quoi ? Eh bien, d’un instituteur et d’un agriculteur, qui, après avoir creusé un puits (ça ne s’invente pas), se disent que ça serait plus marrant de faire un cirque et… le font. Et photographie après photographie, on peut les suivre dans cette aventure humaine.

PS : Paolo Wood et Gabriele Galimberti se sont lancés dans Les paradis : rapport annuel, eux aussi sur une blague similaire !

Au final, les images fonctionnent bien, et on prend plaisir à redécouvrir cette époque. C’est frais, un peu lointain de nous, mais très optimiste. Un optimisme et une envie de se marrer sans doute bienvenus cette année.

Tarifa Tanger

Ce livre, c’est mon coup de cœur de la sélection (je mets même un cœur pour l’occasion : ❤). Si vous ne devez en prendre qu’un de cette sélection, prenez celui-ci. Et on va voir pourquoi.

Lécuyer, M. & Breton, D. (2021). Tarifa Tanger. St Jacques de la Lande: Editions de Juillet.

Tout d’abord, comme le livre suivant et Farewell Capetown (dont j’ai parlé dans la vidéo ci-dessus), le livre fait partie de la collection des carnets de bords des Éditions de Juillet. Alors, j’appelle ça des carnets de bord, je ne sais pas si pour eux la collection existe et sous ce terme, mais : ils ont tous le même petit (et adorable) format, présentent des œuvres portant sur le voyage avec une belle couverture en tissu représentant une carte.

Et sur la forme, c’est quelque chose que j’adore. Autant j’aime parfois les livres photo très imposants (voir cet article à ce sujet), pour leur côté majestueux, autant les livres petits et intimistes ont aussi facilement mes faveurs.

Le livre met face à face, comme son titre l’indique, les villes de Tarifa et de Tanger, chacune d’un côté de la Méditerranée. C’est coloré, chaud (et n’est pas sans me rappeler certains travaux de Didier Ben Loulou sur le pourtour méditerranéen). Il s’accompagne d’un texte de Lebreton, racontant le hors-champ des images de la photographe : les conditions de traversée des migrants, entre ces deux villes.

Mais le vrai tour de force réside plus dans les images : il s’agit de multiples expositions. Je ne sais pas si elles ont été faites à la prise de vue ou après, si elles opposent systématiquement Tanger et Tarifa ou non. Mais on s’en fiche : ça marche diablement bien. Étonnamment, les contours deviennent flous, les images sont parfois difficiles à lire, ni vraiment réelles ni non plus irréelles, mais on ne voit jamais aussi bien cette région. Comme si parfois, on percevait mieux avec moins et que la précision était l’ennemie de la justesse.

Donc pour moi, c’est le carton plein : une belle forme pour l’objet, un sujet bien traité sur le fond et la forme, une unicité dans le procédé photographique. C’est largement validé ✅

Par le miracle de la photographie, en superposant toujours deux images, Marine Lécuyer relie les deux rives. Afrique et Europe, Maroc et Espagne n’ont soudain plus de frontières, plus de gardes ou de policiers. Elle réunit les mondes pour conjurer l’horreur des naufrages, et rendre propice le fait d’aller d’un lieu à l’autre. 

David Le Breton

Un voyage en hiver

Keler, A. (2021). Un voyage en hiver. St Jacques de la Lande: Editions de Juillet.

Plus sombre, plus dur et en noir et blanc cette fois, Un voyage en hiver est aussi au format des petits carnets. Le livre est un véritable carnet de voyage (d’un village de Slovaquie, jusqu’à Venise pendant le carnaval), et contient les notes du carnet de l’auteur. On est donc au plus proche de lui.

Ni vraiment un reportage, ni vraiment un journal intime (mais sans doute un juste milieu entre les deux), le livre se penche sur la communauté des Roms, un sujet intéressant l’auteur depuis plusieurs années.

Pour l’anecdote, les photographies du livre ont été entièrement faites au smartphone (si vous vous posiez la question, vous avez la réponse, c’est un vrai appareil photo).

Un livre sans doute un peu trop sombre pour moi, mais dont j’ai apprécié la forme et les paradoxes (des images à l’apparence de l’ancien et de l’argentique, mais réalisées avec l’appareil le plus moderne et commun qui soit).

Crépuscules : Irène Jonas

Jonas, I., Toledo. & Keler, A. (2020). Crépuscules : Irène Jonas. Chantepie: Éditions de Juillet.

Et enfin, finissons cette sélection bretonne par Crépuscules d’Irène Jonas. Et commençons par lui donner la parole :

Née à la fin des années 50, je n’ai connu de la guerre que ce qui en était évoqué et peu raconté. Elle était pourtant encore très proche, peut-être trop, dans les esprits. Enfant, lorsque le rectangle blanc faisait son apparition sur le téléviseur, m’y interdisant l’accès, je fréquentais assidûment le trou de la serrure. Les premières images de cette guerre et des camps, c’est seule dans le couloir, l’œil rivé sous la poignée de porte, que je les ai vues. Puis, il y avait ces visages graves et parfois douloureux des adultes qui se taisent quand je rentrais dans la pièce, puis des phrases qui sont arrivées par bribes au fil des ans. Des noms et des lieux qui se sont inscrits avant même que je ne sache à qui ou à quoi ils correspondaient. Des peurs aussi, totalement irrationnelles, qui faisaient que je préparais tous les soirs sans rien dire ma petite valise, au cas où… Ce n’est que bien plus tard qu’il a été possible de faire le lien entre la petite histoire et l’Histoire avec un grand H.

Irène Jonas

Ce livre est issu d’un projet mené de 2018 à 2020, pour, comme elle le dit, concilier l’histoire familiale et la grande histoire. Il l’a emmenée à Munich, Dachau, Prora, Nuremberg, Prague, Terezin, la Tanière du Loup, des lieux marqués par les heures sombres du XXe siècle.

Les photographies sont produites à partir d’un tirage en noir et blanc retravaillé à la peinture à l’huile (dont le rendu final rappelle celui des tirages Fressons). Ce travail autour des images les détache un peu du temps. Elles ne sont plus vraiment actuelles avec leur apparence du siècle dernier, ni non plus passées avec leurs sujets bien au XIXe siècle. D’ailleurs, en ouvrant le livre pour la première fois, je me suis demandé si ces images n’étaient pas des images d’archives !

Un livre audacieux sur un sujet personnel (et en même temps universel et historique), donc j’ai apprécié le travail expérimental et original sur les images.

PS : là aussi, le livre me fait penser dans l'esprit au livre Après on oublie de Bruno Dubreuil et Claire Jolin. Lui aussi se penche sur une partie sombre de l'histoire, liée à la mémoire familiale, tout en travaillant beaucoup la forme (les pages sont découpées au milieu). J'en avais parlé sur Instagram, les vrais savent.
À lire aussi si c'est votre came, donc.
PS² : Irène Jonas est aussi l'autrice du rapport Et pourtant elles photographient, commandé par le collectif La part des femmes. Il regroupe plein de témoignages de femmes sur la pratique de leur métier, dans un monde encore très masculin. Une très bonne lecture sur le sujet, bien qu'elle manque un peu de statistiques & données, à mon goût.

Béchet, J.-C. & Decklerck, S. (2021), Acquérir une culture photo, Paris, Eyrolles.

Il est temps de passer à un gros morceau de cette sélection : Acquérir une culture photo, le dernier livre de Jean-Christophe Béchet et Samuel Decklerck.

C’est la suite de son livre, Petite philosophie pratique de la prise de vue photographique, dont j’avais parlé il y a environ 100 ans (dans cet article) et sans doute 2 500 fois partout ailleurs.

Bon, on va commencer par la seule chose que je n’ai pas appréciée dans ce livre : son titre. Le livre ne permet pas « d’acquérir une culture photo », mais de penser sa pratique de la photographie. Cela aurait sans doute été un titre plus juste, mais beaucoup moins vendeur, j’en conviens. Je peux comprendre la décision de l’éditeur sur ce point, mais je préfère prévenir, le titre ne rend pas vraiment hommage au contenu du livre et induit un peu en erreur. Certes, la culture est présente, les échanges entre les deux auteurs sont riches de références, et chaque chapitre se conclut par une sélection de livres à lire, mais si on l’achète pour « acquérir une culture photo », on risque d’être un peu déçu et de passer à côté du vrai sujet. Ce n’est donc pas un livre d’histoire de la photographie, qui analyserait l’histoire des pratiques et des grands courants (comme Tout sur la photo peut le faire).

Ceci étant dit, s’il ne permet pas directement d’acquérir une culture photo, à quoi peut bien servir ce livre ? Eh bien, comme le dit le sous-titre, c’est une « exploration des coulisses de la création photographique en 200 questions esthétiques et pratiques ». Le livre se découpe en 4 parties, les voici dans mon ordre de préférence :

  1. Portrait,
  2. Pratiques contemporaines,
  3. Paysage,
  4. Photographie de rue.

La photographie de rue arrive à la fin, tout simplement parce que c’est un sujet qui m’intéresse déjà beaucoup, que je pratique (pratiquais ?) et que forcément, j’ai moins appris dans celle-là que dans les autres. Mais je pense qu’un débutant aura plein de bons conseils à en tirer. J’ai beaucoup apprécié la partie sur le portrait, m’y intéressant de plus en plus, sans oser franchir le pas encore, l’expérience et les idées étaient bonnes à prendre. De même, la partie sur la photographie contemporaine a le mérite d’en parler simplement, sans ce que j’appelle le Bullshit photo, et de dédramatiser un peu cette branche de la photographie, dont on a une image trop guindée.

Bien évidemment, et ça ne serait pas un livre de Jean-Christophe sans cela, on retrouve une belle collection de taquets et punchlines qui ne manquent pas de rendre la lecture tant pétillante que savoureuse. Morceau choisi :

Même si certains grands noms, très rares, ont pu vendre leurs images de rue en galerie. La plupart d’ailleurs sont morts avant que leurs tirages prennent de la valeur ! En revanche, la pratique du reportage, au sens du photojournalisme, est un vrai métier : il faut travailler soit avec les rares agences qui existent encore, soit en indépendant avec certains magazines. Ou encore espérer gagner un prix lucratif ! On ne peut plus vraiment être un reporter amateur, c’est devenu trop risqué, sauf si on a vingt ans avec la foi chevillée au corps et l’envie de devenir pro. D’ailleurs, je vois là aussi une vraie différence entre ces deux pratiques, car la photo de rue – du moins la « bonne » – nécessite un peu de bouteille et de connaissance du monde, on a vite fait sinon de tourner en rond en multipliant les petites images graphiques et coloristes qui sont aujourd’hui trop nombreuses, et qu’on oublie quinze secondes après les avoir vues…

Jean-Christophe Béchet

La clique Sixstreetunder, Josh K. Jack et Cie, en prend donc pour son grade, cadeau de la maison.

C’est un livre que je conseille de mettre entre toutes les mains des lecteurs passant ici (si vous ne pratiquez ni le paysage, ni le portrait, ni la photographie contemporaine ou de rue, il ne doit rester que l’animalier, la macro et l’urbex, et je doute que vous me lisiez, du coup). C’est riche, ça fait réfléchir, ça aide à prendre du recul sur sa pratique, à l’inscrire dans une histoire, des courants, et ça donne des idées de lecture pour poursuivre ; bref, allez-y.

Au passage, l’éditeur, Eyrolles, a mis à disposition un extrait du livre sur son site, vous pouvez le télécharger ci-dessous pour vous faire une idée de la qualité du contenu, voir la table des matières et lire les premières pages :

Chéroux, C. (2019), La voix du voir : les grands entretiens de la fondation Henri Cartier-Bresson, Paris, Xavier Barral Éditeur.

J’aime beaucoup ce que fait Clément Chéroux, je ne suis jamais déçu de ces lectures. Par exemple, j’avais déjà parlé de son livre Vernaculaires, dans l’article ci-dessous. C’est très intelligent tout en restant très lisible, souvent drôle, toujours précis, bref, chaque lecture d’un de ses livres me convainc toujours d’en lire un autre.

Et justement, aujourd’hui, on va parler d’un livre où il n’a pas la parole, mais où il la gère comme un chef d’orchestre, il s’agit de La voix du voir : les grands entretiens de la fondation Henri Cartier-Bresson.

L’ouvrage rassemble une sélection de 13 entretiens menés par Clément Chéroux à la Fondation Henri Cartier-Bresson à Paris entre 2012 et 2016. Ils constituent un état des lieux de la photographie contemporaine qu’elle soit documentaire, journalistique ou conceptuelle, par la diversité des profils présentés. Clément Chéroux explique au début du livre comment il s’y est pris : il a beaucoup préparé les entretiens pour arriver en connaissant parfaitement et très précisément son sujet. Il avait bien conscience que ces entretiens passeraient à la postérité et serviraient sûrement aux historiens, donc il a souhaité les rendre les plus qualitatifs possible. Cette préparation se sent dans le texte : chacun commence par une présentation de l’auteur, suivi d’une série de questions assez précises et justes. On ne trouvera donc pas la pire question qui soit : « C’est quoi ton appareil photo ? »

Les entretiens ont ensuite été repris et remaniés sous forme de texte quelques années après, et publiés en 2019.

Si vous n’arrivez pas à lire la couverture, voici les photographes prenant la parole dans ce livre :

  • Christian Boltanski,
  • Sophie Calle,
  • Raymond Depardon,
  • Samuel Fosso,
  • Graciela Iturbide,
  • Alfredo Jaar,
  • Josef Koudelka,
  • Susan Meiselas,
  • Jean-Luc Moulène,
  • Patrick Tosani,
  • Sophie Ristelhueber,
  • Denis Roche,
  • Agnès Varda.

Le livre est plein de réflexions, anecdotes, histoires de tous ces photographes. J’ai particulièrement apprécié celle-ci, de Raymond Depardon, quand on lui demande ce qu’il retient d’Henri Cartier-Bresson :

 Je dirai d’Henri, du photographe aussi bien que du personnage, que c’était vraiment quelqu’un d’extraordinaire. Il me disait : « Raymond, il faut que tu continues à écrire ! »

C’était très flatteur. C’est quand même quelqu’un qui m’a poussé en me disant : « Raymond, tu as peut-être une façon de regarder, et c’est la tienne, assume-la, mais sois content, sois heureux. Tu ne vas pas faire la même photo que moi, tu ne prendras peut-être pas les mêmes personnages que moi, et peut-être que tu te placeras davantage de dos… »
Je dis cela parce que je vois que je suis beaucoup plus de dos que lui et, sur ce plan-là, je me référerais plutôt à Robert Frank. Mais, en disant cela, je n’oppose pas Robert Frank à Henri, simplement la roue tourne. Et puis, avec tout mon matériel, je suis tout le contraire d’Henri. D’ailleurs il m’a souvent mouché. Je me souviens qu’à l’enterrement de De Gaulle, j’avais un 800 mm, un énorme téléobjectif. Il a traversé la place et, devant tout le monde, il m’a dit : « Raymond, ça, ça ne sert à rien. » J’étais habillé pour l’hiver ! Cette photo que j’ai faite, je ne sais même pas où elle est. Henri, lui, il se baladait tranquillement sur la place devant Notre-Dame avec un Leica, et il avait raison.  

RAymond Depardon

Mais clairement, toutes méritent qu’on s’attarde un peu sur les propos de l’auteur. D’ailleurs, une autre idée dans le livre m’a bien plu. Elle est de l’artiste Christian Botlanski, j’en ai parlé dans une des newsletters de l’été que vous pouvez consulter ici :

Conclusion

Et nous voilà arrivés à la fin de cette sélection. Je voulais que cet article paraisse à la rentrée, pour vous permettre de démarrer l’année (scolaire si vous êtes calé sur ce rythme), sous les meilleurs auspices. J’espère que vous trouverez dans cet article des livres vous faisant envie et vous en mettant plein les mirettes. Si vous trouvez qu’il manque un titre qu’on devrait tous lire en cette rentrée, n’hésitez pas à le dire en commentaire.

De même, si vous avez apprécié la lecture de ce billet, n’hésitez pas à le partager (cela sauve la vie d’un chaton) :


Ah, et pour terminer, voici la playlist que j’ai écoutée en écrivant cet article, en attendant impatiemment le prochain album d’Underoath.

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Date de la dernière mise à jour : le 10 septembre 2021


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14 Comments

  1. Cher Thomas
    Encore merci de nous faire profiter d’informations toutes fraiches.

    Toutes fraiches sur des ouvrages, pas tous frais. « Comment parler des livres que l’on n’a pas lu » a déjà quelques années, mais peu aider des plus jeunes que toi (que nous), qui préparent des oraux pour les concours des grandes écoles.

    J’ai eu la surprise de découvrir que tu parlais des ouvrages de la « New » collection aux éditions de la Martinière: « Percevoir » que j’ai achetés (3X 20€90).
    (Etant donné que tu parles du communiqué de presse, je ne suis pas sûre que c’est ton cas.)
    Chaque exemplaire est plein de reproductions jusqu’au bord des pages; mais j’ai un peu de mal avec les textes et la présentation des plasticiens. Je suis resté sur ma faim. Si Elsa & Johanna avaient déjà le même âge en 1969, elles ne sont plus si jeunes que cela, mais c’est peut-être pour nous tromper?
    Thomas Mailaender, me faisait penser à l’espace consacré à Martin Parr à Arles aux R.I.P. il y a quelques années et où M. Parr présentait ses collections.
    L’ensemble de la collection me semble marqué par la photo d’outre Atlantique.

    Tu parles d’un nouveau regard, mais tous les ans sortent 2 monographies pas vraiment plus dispendieuses, celles des lauréats de la Fondation HSBC.
    Autrement , dans un esprit magazine, tu as REPORTERS SANS FRONTIERES qui présentent ou des oeuvres d’un photographe, ou d’un collectif, (Voir d’illustrateur;Sempe) Il est vrai que ce sont généralement des personnes connues.

    Avec « la voix du voir », j’avoue que je me suis régalé vu la facilité de lecture: un jour/un artiste et le sérieux de la rédaction des textes.

    Deux ouvrages pou finir que j’ai pris plaisir ces derniers temps à parcourir

    1) » L’odeur de la nuit était celle du jasmin »
    Photos de Flore / Ecrits de Marguerite Duras
    Ed° E F 2021(2°Ed.) (Prix Nadar 2020)

    2) »SOMEWHERE »
    Photos de Stéphane Mahe / Ecrits Arnaud Le Gouefflec
    Les Editions de Juillet 2019 (C’est un éditeur qui me dit quelque chose!…)

    Question: les ouvrages dont tu nous parles, les aurais tu achetés si tu n’avais eu que tes yeux pour les voir et tes doigts pour les parcourir sur l’étale d’un libraire? Ne deviendrais tu pas un peu malgré toi « influenceur », car « Magnum: street photography » fait réchauffé et on cherche à nous servir une n ième fois la même série de photos de photographes, disparus pour certains; loin d’un regard neuf, (mais qui ont un oeil qui a fait ses preuves).

    Continue de nous faire rêver et si tu as fait ta liste pour la rentrée, quand nous fais-tu ta liste pour « Noël »?
    En toute amitié photographique
    Philippe

    • Merci pour les refs, je les mets dans un coin.

      Elsa & Johanna sont un tout petit plus jeunes que moi, du coup je pense que c’est plus pour tromper en effet. Pour la collection, je ne sais pas si on peut dire que c’est marqué par la photographie outre-Atlantique, vu que les 3 premiers auteurs sont… français. Après oui, les textes sont un peu comme dans les Photo poches : aléatoires, dispensables et pas vraiment l’essentiel. C’est vraiment le fait de mettre l’image au cœur du livre qui m’a plu.

      Je connais le prix HSBC ! J’ai ceux de l’année dernière, j’en avais même fait une présentation sur YT (la première vidéo de la rentrée). Je n’ai pas acquis ceux de cette année, pas plus tenté que ça (et surtout après je collectionne, et ça devient une horreur. Je lutte déjà avec la série « Les oiseaux » de EXB !). Reporters sans frontière je n’ai jamais accroché (sans doute le format magazine, je me lasse tout le temps).

      Pour les livres de l’article : j’en ai acheté une bonne partie . Et je peux te répondre l’inverse : on m’en envoie beaucoup et souvent, et plein ne finissent pas ici parce que je ne les trouve pas terribles. Pour Magnum: Street photography, je ne suis pas d’accord, mais c’est tout bête. C’est un truc que j’ai mis un peu de temps à comprendre : il faut accepter que certains livres soient biens, même s’ils ne s’adressent pas à nous. Comme les « Masterclass » de Watson et Meyerowitz d’Eyrolles, qu’on pourrait trouver un peu légères, mais qui feraient beaucoup de bien à un débutant.
      Là, c’est pareil : ni toi ni moi ne sommes dans le public cible. C’est pour quelqu’un qui débute (ou commence à s’intéresser à) la street photo. Qui ne connaît pas ou peu Magnum. Et là c’est vraiment top je trouve.

      Pour Noël, je l’avais déjà fait. Je vais y réfléchir !

      • Cher Thomas
        Merci de ton retour qui m’a donné l’envie de reprendre les ouvrages de la collection « Percevoir  » en main et de les « relire » dans un autre états d’esprit.
        Tu dis que toi et moi ne sommes pas dans le public cible, ce que je ne crois pas: il y a toujours un petit quelque chose à prendre et qui reste.
        Ta collection de bouquin grossira bien plus vite que la mienne que j’ai acquis en quelques 40/50 ans à raison d’environ un ouvrage par mois. (Sans vraiment faire attention aux collections et aux éditeurs)… Et en plus j’adore les bibliothèques municipales (ou universitaires… où les rayons Art, Culture, Histoire y sont plus denses…), mais ce qui fait collection, c’est que certains photographes sont présents par la multiplication des titres (5 – 6 auteurs et je me retrouve avec une centaine d’ouvrages) sur mes étagères
        Grace à toi (et Laurent…) j’ai appris à sortir de ma caverne et aller voir d’autres photographes plasticiens et photographes de rue… à me diversifier dans mes lectures (pourvu que le texte soit en français).

        Un clin d’oeil: je ne peux pas ne pas penser à W. Eggleston et « Spirit of Dunkerque » et les associer aux photos de Marguerite Bornhauser.
        Il y a aussi un autre jeune photographe français dont je ne me souviens plus du nom, qui lui a peut-être été faire de la photo « américaine » dans d’anciens territoires français des Amériques.
        En toute amitié photographique
        Philippe

  2. Frederique

    Bonjour et merci beaucoup pour vos conseils de lecture….articles et vidéos toujours très intéressants.

  3. Merci pour ces conseils de lecture! Par contre, mon compte en banque ne te remercie pas de m’avoir fait découvrir les éditions de juillet ! J’ai adoré giri giri, Tarifa Tanger et un voyage en hiver, j’ai d’ailleurs bien envie de compléter la collection avec farewell cape town et St Nazaire 😉
    Jai récemment acheté gant[t] de Stéphane Lavoué et j’ai beaucoup aimé, ce livre aurait pu faire partie de la sélection!

  4. genevieve rousseau

    Bonjour Thomas
    Je pense que je vais mettre un certain temps pour lire tout ce que tu as écrit .Merci beaucoup car ,je pense ,comme d’habitude cela sera très très intéressant

  5. Bonjour Thomas,
    Intéressant et pertinent comme souvent. Quelques auteurs dans ma bibliothèque et d’autres à venir.
    Merci

  6. Bonjour Thomas. Merci pour ce tour d’horizon des livres qui t’ont plu dernièrement. Je reviens des rencontres photographiques d’Arles avec un sac de livres dont le poids est inversément proportionnel à celui de mon porte-monnaie : « Emotions » de Sabine Weiss, « Magnum et la Street Photography », tous deux encore sous plastique mais que je me réjouis d’enfin ouvrir, « La voix du voir » de Clément Chéroux que j’ai quasi fini et adoré. Et puis « Borders » de Jean-Michel André et « Américaines solitudes » de Jean-Luc Bertini. Je ne sais plus si c’est toi ou Richie qui en avait parlé. Et enfin… »Concevoir un portfolio de photographie » de Jean-Christophe Béchet et Sylvie Hugues, tout à fait passionnant. Me manque encore « Acquérir une culture photo » et je n’achète plus rien jusqu’à l’année prochaine !

    Bref, je maudis le jour où je suis tombée sur ton blog et ai commencé ma collection de livres photos. J’étais bien, avant, à me payer des fringues et des sorties ! 😉

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