Et j’ai quitté les internets

Date de la dernière mise à jour : le 3 septembre 2017


J’ai assisté récemment à une scène assez surréaliste sur les réseaux sociaux. On y trouvait de jeunes photographes vantant la qualité d’autres photographes en fonction du nombre de leurs likes et de leur place dans le classement des réseaux sociaux photographiques. Alors, je veux bien faire preuve de tolérance, être ouvert d’esprit et prompt à l’écoute, mais il y a un moment où il vaut mieux arrêter les carabistouilles.

D’où l’idée le titre de l’article. Comme on va le voir, les raisons ne manquent pas de se détacher des internets. Cela me fait penser à la chaîne « Dans ton flux » éditée par Klaire : elle y relève les stupidités du web, et fini toutes ses vidéos par le désormais mythique « et j’ai quitté internet » (regardez-en 2/3 avant de vous lancer, je vous promet, c’est marrant).

Du like, encore du like

Le culte du like est apparu il y a une dizaine d’années avec les réseaux sociaux, et comme je le disais, dans cet article, il faut bien se rappeler que si vous y mettez vos photographies, c’est que personne n’a encore vu l’intérêt de vous éditer. C’est la dure réalité, mais restons un peu modeste. Et puis, je vous rappelle qu’aucun des grands photographes
(1)
 n’a de page sur ces plateformes (500px, Flickr, Facebook…). Je ne veux pas faire d’élitisme, ni vous barder de chiffres, mais on peut quand même constater que Sebastião Salgado et  Robert Doisneau (deux références plutôt solides, avouons-le), ont moins de ces fameux likes que Dani Diamond et Sean Archer (22k et 4.5k contre 68k et 33k). Est-ce que c’est cela qui permet de définir lesquels sont les plus intéressants ? J’ose à peine poser la question tant la réponse semble stupide.
Internet avait un potentiel merveilleux, le like et les chatons ont tout tué. Et comme le dit si bien notre ami Ultron :

« The most versatile substance on the planet and they used it to make a frisbee ».

Ultron – Avengers : Age of Ultron.

 

Ultron, himself.

La promotion du vide et de l’ennui

Disons-le clairement, internet est rempli d’une photographie à 90% ennuyeuse à mourir, sans inspiration, et qui ne consiste qu’à ré-appliquer les mêmes recettes pour répondre au même cahier des charges. On prend la page  « populaire » 500px du jour pour rigoler un peu?

La fameuse une de 500 px

La fameuse une de 500 px

Alors, dans le palmarès du jour on a : 5 photographies prises à la golden hour (merci les tutoriaux internet), 4 portraits aussi inspirés que le discours d’inauguration du gymnase d’Aurillac, et 1 mention spéciale aux paysages presque aussi intéressants que des fonds d’écran Windows. La palme d’or revient au portrait sous l’eau, moitié noyé, moitié « je suis là encore« . Si elle avait été floue je l’aurais attribuée à Thanh NGuyen « Flou sentimental« , mais elle me fait plus penser à celle ci-dessous de Sébastien Roignant. Je ne sais pas vraiment qui manque le plus d’inspiration, ou si simplement de jeunes dames sont régulièrement présentes dans les lacs en attente de photographes, mais convenons-en, tout ça ne vole pas bien haut.

Et là, on a le doigt en plein dedans : si ces photographies sont sur la page d’accueil, c’est parce que ce sont les préférées de ces réseaux sociaux (on aurait trouvé pareil sur Flickr).

Photographie - S. Roignant

Photographie – S. Roignant

Si vous avez encore un peu faim, on peut repartir pour un tour, avec 3 photographes régulièrement en tête du top 500px : Георгий Чернядьев (Georgy Chernyadyev)Lisa Holloway et Paul Zizka.

Photographie – G. Chernyadyev

Photographie – L. Holloway

Photographie – P. Zika

On a donc, encore une demoiselle dénudée dans l’eau (sérieusement, c’est quoi le délire avec ça ?), un photo à la golden hour, et un dernier paysage-fond-d’écran pour la route. Toutes ces images répondent au même cahier des charges, afin de plaire aux réseaux sociaux et aux internautes : faible profondeur de champ pour les portraits, beaucoup de piqué, règle des tiers, noirs débouchés, couleurs saturées, et j’en passe. Toutes visent la même notion du beau, atteignent le même canon, au détriment de l’originalité, de la créativité, et surtout du bon sens.

Et l’argent vous sauvera

Autre point, et cette fois plus spécifiques aux plateformes de type blog ou test de matériel : on vous y promet que l’argent résoudra tous vos problèmes (type recherche d’inspiration, d’un projet intéressant, limitation matérielle). C’est malheureusement aussi idiot que faux.

Pour faire les photographies dont vous rêvez, c’est ça qu’on va vous présenter :

  • Voyagez à New York : « Allez-y, tel photographe y a fait de si belles images ! C’est si photogénique.« 
  • Achetez tel matériel : « Avec autant de FPS impossible de rater son sujet ! Et tous ces pixels… »
  • Changez d’objectif : « Il est si piqué dès l’ouverture et le bokeh est tellement beau ! »

Sur l’échelle de la bêtise, on n’est pas loin du top (que l’on atteindrait plus facilement si la place n’était pas trustée par Donald Trump). Rappelez-vous toujours une chose sur internet : si un contenu est gratuit, c’est que c’est vous le produit. Vous, le consommateur potentiel. C’est pareil dans le cas présent : en photographie, rien de ce que vous achèterez ne pourra régler un de vos problèmes. A bien réfléchir, vous avez déjà la solution à tout ça, elle se situe entre vos deux oreilles, et n’a besoin que d’un peu de café (3.34€ les 250g de Jacques Vabre) pour tourner à plein régime : c’est votre cerveau.

Je peux reprendre une tonne d’exemples (j’en parle un peu ici), de William Eggleston, à Eugène Atget, en passant par Saul Leiter ou Vivian Maier. Tous ont photographié leur environnement le temps d’une vie, y ont trouvé l’inspiration et de quoi satisfaire toutes leurs envies, souvent en restant sur le même matériel.

Vous n’aurez jamais besoin de rien d’autre que de consulter quelques livres et de vous creuser un peu les idées, si internet vous dit le contraire, coupez la page.

Être rattrapé par le temps

Rappelez-vous que la photographie se passe sur le temps long. Cela n’est pas à mettre sur le compte d’une histoire héritée de l’argentique, où il fallait attendre un certain temps avant de voir ses images. Mais comme pour tous les arts majeurs, dont la photographie fait heureusement partie, il faut du temps pour constituer un travail sérieux et cohérent. Cela est totalement incompatible avec la précipitation vers lequel nous pousse internet, principalement à cause du point précédent. Par exemple Facebook me fait toujours grincer des dents, quand le petit message suivant s’affiche à ma connexion : « vous n’avez rien publié depuis X temps« . Bien sûr j’ai conscience que c’est un message générique, et que si ma page portait sur les tondeuses australiennes j’aurais le même, mais ça ne me pousse pas dans le bon sens.

Rien ne presse jamais, n’accélérez jamais votre travail pour alimenter un flux internet quelconque. Pensez aux photojournalistes : par exemple Depardon, qui  quand il partait en reportage, emportait ses pellicules et son appareil, et ne revenait parfois que plusieurs mois après. Alors, oui, parfois les photographes de presse envoyaient leurs pellicules aux rédactions des journaux, mais ce n’était pas toujours le cas (essayez de trouver un bureau de poste au milieu des montagnes afghanes par exemple).

Beyrouth 3 – R. Depardon

Et même sans aller jusqu’à photographier la guerre aux confins du monde, beaucoup de photographes utilisent le temps comme un outil. Cela peut juste permettre de prendre du recul sur son travail en laissant décanter les images, ou être un véritable outil créatif. C’est ce que fait Craigie Horsfield : il développe ses photographies plusieurs années après les avoir prises (parfois jusqu’à 10 ans), une pratique complètement à l’opposé de l’instantané photographique. Cela fait de ses images des créations modernes, très influencées par le passée.

Photographie – C. Horsfield

Fuir son public

Live at Slane Castle – RHCP

Enfin, dernier exemple et non des moindres : John Frusciante. J’en avais déjà un peu parlé ici. Rappelons qu’initialement je viens de la musique et que j’ai passé une bonne décennie à la décortiquer dans tous les sens pour en revenir à la photographie un peu plus tard, et pendant tout ce temps-là, le travail de Frusciante a été une grande source d’inspiration.

John Frusiciante a été le guitariste des RHCP de 1988 à 1992 puis de 1997 à 2008 environ. Il a finalement quitté le groupe – l’annonce a été faite en 2009 – car il ne s’y sentait plus à sa place, pris entre le star système et une célébrité qui l’empêchait de faire ce qu’il voulait. C’est là un des revers de la médaille, comme il le disait sur son blog, il n’aimait pas l’influence que le public avait sur lui pendant les concerts, qui le poussait à aller là où il ne voulait pas forcément pour le satisfaire. Alors, c’est un peu paradoxal venant de quelqu’un que ledit public à rendu millionnaire, et j’ai mis beaucoup de temps à le comprendre. Mais ça se comprend, il n’a jamais fait ça pour l’argent mais par passion pour la musique, il a choisi d’être lui-même plutôt que d’être quelqu’un qui ne sert qu’à satisfaire un public pour gagner des millions (de likes ou d’€ je ne sais pas, mais le résultat est sans doute le même). Prenons-en de la graine. 

Conclusion

Tout ça n’est pas un appel à se désinscrire de tous les réseaux sociaux dans la minute et à retourner à l’age de pierre : y participer est parfois agréable et on y fait des rencontres/découvertes intéressantes de temps en temps. Il s’agit plus d’une invitation à les regarder avec un œil critique, à les prendre pour ce qu’ils sont (un outil, et non un but), et à ne pas avoir peur de claquer la porte quand ça n’a plus d’intérêt. Ne vous adaptez pas à la tendance pour plaire, il est plus important de rester soi-même avant tout.

Rappelez vous qu’un million de  personnes peuvent se tromper, et que la masse ne fait pas la raison. Au final, c’est comme sortir de la matrice, si une personne le fait, elle se coltine tous les agents Smith, si tout le monde le fait, le système change 🙂

Pour finir sur une note musicale, je vous laisse avec Anne de Frusciante, et son magistral solo.


Notes : 

  • (1) J’entends par « Grands photographes » les photographes généralement reconnus, qui ont eu de nombreuses expositions, qui ont été édités par de grandes maisons d’éditions (comme Steidl, Delpire ou Tashen), et ont reçu des prix prestigieux (Fondation Hasselbald, Word Press Photo, Wildlife photographer of the Year, Prix de photographie de l’Académie des Beaux-Arts, etc.) Bien sûr il y a énormément d’exceptions, et certains photographes sont découverts bien après leur mort sans avoir eu tout ça, mais néanmoins ils ont fait preuve d’un grand  talent (comme Vivan Maier). Il s’agit d’une définition générale, qui ne peut s’appliquer à tous les photographes, évidemment.  (retour au texte)

 


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22 Comments

  1. Ha bon… donc,si je suis bien (enfin,c’est la seule chose que je retiens de l’article) ,pour être jugé digne de s’appeler « photographe »,il faut non seulement éviter les réseaux sociaux ( ha oui,Depardon n’est pas sur fb ! ) mais de plus,il faut attendre avant de montrer son « travail » ! le must étant de faire comme Horsfield , ne pas publier avant 10 ans…
    entre nous,la photo « présidentielle » de Depardon,c’est quand même une fameuse bouse,non ? …
    vous demandez un site web…je n’en ai pas,mais je vous laisse toujours ma bouse de page flickr ! 🙂

    • Bonjour Patrice !

      Merci d’avoir pris le temps de lire l’article et d’y répondre.
      Vous caricaturez beaucoup mon propos, je vous invite à relire la conclusion.
      Il n’y a pas de jugement ni de « must », juste une invitation à la réflexion sur les pratiques sur internet.

      Bonne journée !

      • Patrice Hick

        une autre chose me frappe dans vos propos : vous postez des photos en « exemple »(avec l’accord des auteurs ?) pour ensuite les démolir … c’est un comportement très peu éthique…

        • Patrice,

          Désolé que le blog vous frappe, j’espère que vous vous en remettrez 🙂

          Pour vous répondre clairement : non je ne demande pas l’autorisation des auteurs. Pour une simple et bonne raison que je considères qu’ils ont mis leur travail en ligne tout seul, comme des grands, et sont donc parfaitement conscients qu’il peut plaire comme déplaire. Penser l’inverse serait infantilisant.
          Deuxièmement, il n’y a pas de « manque d’éthique » là dedans. Réfléchissez à ce que votre remarque implique. Je cite des travaux que j’apprécie pour illustrer certains propos, d’autres que je n’apprécie pas pour la même raison.
          Si je me retenais de faire ça par « éthique », alors il n’y aurait plus de blog. Son principe même est d’être personnel, de pousser à la réflexion et de questionner, pas d’être une machine à flatter/préserver les égos.

          Le blog est public, chaque auteur est libre de venir répondre ou non, et de discuter avec moi.

  2. Bonjour Thomas,

    Je n’ai pas pour habitude de laisser des commentaires sur des articles mais le tien m’a fait réagir.
    Je viens juste de découvrir ton blog par l’intermédiaire du site « Apprendre la photo ». Et ayant bien aimé ton article, je suis allé jeter un œil sur ton blog.

    En regardant les titres de tes différents articles, celui ci m’a interpellé.

    Je suis tout à fait d’accord avec toi sur le fait qu’aujourd’hui nous sommes trop à la recherche de la reconnaissance d’autrui. Qui aura le plus de like ?

    Je me suis inscrit sur Flickr pour montrer mes photos à Laurent Breillat (je suis sa formation). Et bien avant que je poste des photos, des gens étaient déjà abonnés à ma page (est ce que mon nom était déjà connu dans le monde de la photographie? J’en doute ^^).
    Sûrement attendaient ils de me part que je fasse de même.
    J’ai constaté la même chose sur les commentaires que laisser certaines personnes. Ex : « Quel belle photo !! VISITE MA PAGE EN RETOUR ! »

    Donc sur le principe je suis d’accord avec ta réflexion.
    Là où je te suis moins, c’est quand tu prends des photos en exemple et que tu « démontes » leur auteur.
    Ce n’est pas parce qu’une photo n’est pas originale qu’elle ne mérite pas les éloges. Je ne suis peut être pas un critique photo renommé mais la plupart de ces photos me plaisent, même si elles ressemblent à mon fond d’écran Windows.
    Et je pense que même si on regarde les créations des photographes célèbres que tu cites. Toutes ne sont pas « originales » et empreinte des codes classiques de la photographie.
    Je pense qu’inconsciemment nous sommes tous inspiré par ce qui nous entoure.
    L’important comme tu le disais sur le blog de Laurent, il faut savoir pourquoi on est là et se faire plaisir.
    Si mon plaisir est de faire des photos « classiques » parce que ça me plait, c’est l’essentiel et si mes photos ont énormément de like, c’est un plus, même si ce n’est pas ce que je recherche en premier.

    En conclusion : Merci pour cet article, car même si je ne suis pas totalement d’accord avec toi ou plutôt avec ta façon de faire passer ton message. Je partage l’idée principale de cet article.

    Continue comme ça.
    (je lirai tes autres articles plus tard ^^)

    Ludo

    • Bonjour Ludo !

      Tout d’abord merci d’avoir pris le temps de me lire et de me faire une réponse aussi complète : quel commentaire !

      C’est pour ce genre d’échanges que je tiens le blog 🙂

      Je vois que nous sommes d’accord sur le constat, je ne vais donc pas revenir dessus.

      Pour la deuxième partie, un article est à paraître (dimanche), centré sur ce thème. Je ne vais donc pas tout refaire ici. Voici quelques éléments :

      -> Lis l’article, De l’art de voir, je ne juge pas que sur l’originalité, mais prends d’autres éléments en compte. Prends cette grille d’analyse (ou réfléchit un peu à la tienne en partant d’elle) et essaie de voir ce qui te plaît dans ces images, c’est un travail intéressant à faire.

      -> Pour les photographies que je cite, elles sont forcément originales car entièrement liées à la personnalité de l’auteur (unique par définition). C’est de ça que je parle dans « La démarche photographique », c’est ça le but de la photographie pour moi (et celle que je respecte le plus). Celle où les gens expriment ce qu’ils sont, développent des projets en partant d’eux-meme, et non d’un espèce de canon à atteindre.

      -> C’est n’est pas exactement ce que je dis sur le blog de Laurent, oui il faut savoir pourquoi on fait ça (voir « Pourquoi avant comment »), mais se faire plaisir n’est pas un but, je démontre justement la vacuité de cette idée. Le but, c’est ce que j’ai écris au point précédent.

      -> Ton plaisir, ça devrait avant tout, et surtout exprimer ce que t’as au fond de toi. La critique, on voit ça après !

      -> A noter aussi, que je suis humain, j’ai des goûts/dégouts, et je les exprime/défends. Je dis quand j’aime, et inversement, c’est un blog personnel. Il n’y a pas de visée universelle dans mon propos.

      En conclusion : merci pour ton message. J’espère aoir répondu à tout, et si ça n’est pas le cas, envoie moi un petit message 🙂

      A bientôt !

    • Je ne suis peut être pas un critique photo renommé mais la plupart de ces photos me plaisent, même si elles ressemblent à mon fond d’écran Windows.

      On en reparle dans un an. La culture de l’image, ça sert aussi à s’éloigner des avenues trop fréquentées. Au delà du plaisir immédiat du spectateur, on peut légitimement se demander ce que ces images apportent à l’art. L’artiste, en dehors du rêve et du plaisir, a aussi un rôle social à jouer : c’est celui qui questionne les perceptions et met la société face à ses paradoxes. Ça implique d’avoir des trucs à dire, ça implique d’oser des trucs. Quand je regarde la home de Fstoppers.com par exemple, c’est déprimant tellement c’est uniformément stéréotypé. Alors oui, comme fond d’écran ça passe. Mais le fond d’écran est à l’image ce que la musique d’ascenseur est à la musique. Si ça commence à rentrer dans les musées, ça va être triste.

  3. Claude HAAR

    Honte sur moi !! Je fais des levers et des couchers de soleil, des golden et des blue hours, je me lève à des heures pas possibles pour ça. Sans dec’ j’ai même mis une de mes photos en fond d’écran sur mon pc.
    Trêve de plaisanterie, j’étais mort de rire en lisant cet article et en me reconnaissant à chaque coin de phrases ! Une fois de plus tu me fais réfléchir à ce que je recherche en dépensant mon temps et mon argent pour la photo (oui, je dépense aussi de l’argent…). Et, au delà du plaisir et d’une certaine reconnaissance, la réponse n’est franchement pas évidente, mais j’y réfléchis.
    Un point de désaccord tout de même, je ne quitterai pas internet : j’y ai trouvé un blog qui vaut le détour !
    En tout cas un grand merci pour ces articles qui interpellent et qui incitent au questionnement.

    • Haha, c’est très bien si ça t’a fait réfléchir 🙂

      Le titre est un peu plus osé que le fond de ma pensée. Disons que je suggères de s’en servir, mais de bien réfléchir à ce qu’on y fait 🙂

  4. A mon humble avis de photographe mineur sans flash sur le front,il manque à l’appel des grands ; Boubat, Ellior Erwitt’s, etc.

    Pour Doisneau, ce n’est pas également le seul photographe dit « Humaniste » de Paris ou d’autres régions.

    Ceci dit effectivement le « like » intempestif tue l’image, pour 500 PX on est dans le même abaque que sur les réseaux sociaux, j’y étais avec plus de 2000 photos « popular » ce qui à mon sens ne veut absolument rien dire, et selon une base de données 75 % des photos déposées sur ce site sont des photos de femmes dénudées, sexy, et sans inspiration, seul 1 % je crois de photos de rue sont aimées ou « liker » comme on dit aujourd’hui !

    J »approuve également l’avis de ces photos avec des filtres ND 500 en bords de mer qui finissent à la longue par être disont le « vu , revu, surfait »

    J’ai fait quelques expos en Arles, Lyon, Paris Photo, New York, je suis également graphiste pour des théâtres, et rien, absolument rien ne change, une photo, une création qu’elle que soit doit être vue pas sur la toile, mais dans le réel, dans un vrai partage de passions, en sortant de la sphère cathodique.

    Comme le dit assez bien l’article sur 500 PX comme sur bien d’autres serveurs « le produit c’est vous »

    Cordialement

    • Hello ! Merci d’avoir partagé ton avis 🙂

      Oui, j’ai oublié de le dire, l’art se vit surtout IRL. Y’a pas de site web de sculpture… 🙂

      Pour les noms de photographes, je pourrais en citer 50 j’en oublierai encore ! C’est une quête sans fin.

  5. Merci

    On va dire hélas que la photographie à ce jour c’est du « consommable » sur internet. Les internautes regardent, aiment ou non, et oublient très vite, à la différence effectivement de sculpture (il y a des sites ceci dit sur le sujet), mais là on évolue en 3D.

    J’ai bien sourit pour les photos des demoiselles dénudés dans l’eau, c’est effectivement récurrent, sans doute une référence à Julie de Waroquier qui a fait un excellent travail, très fin, mais avec une réelle imagination et création.

    Je suis beaucoup sur internet ceci dit, ce qui m’a tout de même permit de m’ouvrir des portes, d’exposer, d’avoir des « contrats » avec des théâtres, mais toutes ces personnes sont devenus réelles, ou devenus de réel ami(es), et rien ne vaut une exposition, pouvoir parler de sa passion avec les visiteurs et la partager.

    Pour avoir connu les joies de la salle de bain pour dèvelloper 36 vues, je crois qu’aujourd’hui trop d’images tuent les images, c’est dommage !

    Bien a vous

  6. Bonjour Thomas,
    Comme c’est drôle!
    La lecture de ton article (que photographier), le premier que je lisais, m’avait déjà donné une claque et je m’étais de suite interrogée sur la pertinence de ma page photo.
    C’est vrai au fond, pourquoi ai-je crée cette page?
    – mon entourage m’y a poussée (« Vas-y, tes photos sont super chouettes, tu devrais partager! ») et donc mon égo a gonflé, mais en même temps, très peu de personnes dans mon entourage fait de la photo, j’aurais dû y penser, mais j’étais trop fière…
    – j’avais plein de demandes d’amis sur FB de gens que je ne connaissais pas et je ne voulais pas tout mélanger dans la mesure où j’ai d’autres intérêts que la photos
    J’ai donc crée ma page et j’ai atteins les…. 233 likes, wouh, trop forte! MDR
    Alors au début, je faisais comme tu dis, je faisais des photos « but à clique » comme dit mon ado de 13 ans. C’était des photos de ma ville. J’étais super contente car j’avais plein de « likes » de gens que je ne connaissais pas. Mais ensuite j’en ai eu assez et j’ai fait autre chose (oui, oui, je me cherche beaucoup, comme je te le disais dans une autre commentaire, je suis débutante). Du coup, j’ai eu moins de likes…. Alors j’ai recommencé… Mais je n’aimais plus ça… Alors je me suis dit que c’était idiot… Et puis ça me rendait « débile ». Toutes les 5 mn je regardais mon téléphone pour savoir combien de likes j’avais…
    Et puis je ne comprenais pas pourquoi telle photo avait plein de likes alors que je la trouvait beaucoup moins bien qu’une autre que j’adorais et qui n’avait aucun succés… D’ailleurs, je ne comprends toujours pas les critères des gens pour liker… Bref.
    Alors, à la lecture de ton article, je me suis dit que j’allais supprimer ma page. Bah oui, en fait, désormais je me fous un peu de ce que pensent les gens, et comme je ne vends rien… A quoi bon? Donner du moulin à moudre aux gens sur internet pour me casser du sucre sur le dos?
    D’un autre côté, je fais de la photo pour partager ma vision du monde…
    Du coup, je ne sais pas, je suis partagée…
    Garder ma page pour les gens que ça intéressent vraiment (ma mère et moi, lol), ou bien la supprimer?
    Bref, tu as foutu le bordel dans ma vie! Merci! 😉
    Bonne continuation et merci pour tes articles, tu as le courage de t’attaquer à des choses qui m’énervent et je trouve ça formidable. Essuyer les critiques n’est pas chose facile, même si on s’y attend en tenant un blog, cela est toujours un peu déstabilisant, j’en fais l’expérience avec le mien (qui n’a rien à voir avec la photo).
    Stéphanie

    • Hello (2) !

      Alors, la vraie expression c’est « Pute à clics » mais ça, je pense que ton ado de 13 ans ne la sortira jamais devant toi haha.
      Pour ta page facebook, clairement on s’en fout. Ce n’est pas un but dans la vie d’avoir 1000 likes, ni une honte d’en avoir 3. Cela n’a aucune importance, si ça t’amuse de partager ce qui te fait plaisir dessus garde là, si ça t’embête plus qu’autre chose supprime là. Ou joue là à pile ou face.
      Dans 20 ans, quand tu montreras tes photographies à tes petits enfants, tu ne leurs diras pas « regardez Mamie elle a eu 50 likes sur celle là, en 2016 c’était beaucoup ! ». L’idéal, c’est quand même plus de sortir de vieux tirages d’un carton 😉

      Merci de me lire !

  7. Bonjour,

    je voudrais apporter quelques précisions
    – je n’ai jamais fait de photo à la Sexcrimes,
    – Flou sentimental n’est pas du branding, c’est un projet photo,
    – mon nom s’écrit Thanh Nguyen (le Tung n’est pas obligatoire).

    Voilà.
    Bonne continuation !

    • Hello Thanh !

      Merci de m’avoir (quand même) lu !
      -> J’ai cité ta photo à cause du côté « portrait dans l’eau » plus que de l’aspect dénudé des images de l’article.
      -> J’ai corrigé ton nom, j’ai repris l’ortographe de ton commentaire.

      Passe une bonne journée aussi 🙂

  8. Du coup comme je voulais partager j’ai été obligé de conserver mes comptes internet !

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