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La photographie, c’est facile ?

Robert Delpire, feu éditeur de livres photographiques réputés (dont Les Américains) et fondateur des éditions du même nom, se plaisait à dire “La photographie c’est facile, c’est ça qui est difficile”. Et dans cet oxymore, je pense qu’il avait mis le doigt sur quelque chose d’assez vrai, qui l’est encore plus aujourd’hui. La photographie n’a jamais été aussi facile que maintenant, elle n’a jamais été aussi difficile que maintenant.

Grapevine (1988–1992) – S. Lipper
PS : Cet article sera illustré de photographies du projet Grapevine de Susan Lipper. Vous comprendrez un peu mieux pourquoi à la fin de l'article. Sauf mention contraire, les images ne sont pas spécifiquement liées au texte. 

Donc, donc, donc. Pourquoi la photographie c’est facile ? Pourquoi c’est en même temps difficile ? Et pourquoi encore plus maintenant ?

Eh bien, on va voir ça ensemble. Ou alors on va parler de la recette du cheesecake, j’hésite encore. Je changerai peut-être en cours de route, tentons l’aventure quand même.

Comment ça, c’est facile ? 🤔

Grapevine (1988–1992) – S. Lipper

Bon, on va commencer par poser une petite évidence : oui, la photographie c’est facile. Quand votre oncle relou vous dit « nan mais ça va, tu ne fais qu’appuyer sur un bouton », en vrai, il n’a pas totalement tort. Ma grand-mère sait prendre des photographies. En vérité, toutes les personnes autour de moi ont cette compétence et même plus loin : prendre une photo ça reste à la portée d’un singe.

Alors oui, on aime bien s’agacer contre ça sur internet, faire des mèmes et rappeler qu’on clique sur plein de boutons avant pour régler l’appareil et plein de boutons après pour traiter l’image. Mais globalement : il faut se placer devant le sujet que l’on veut photographier, lever l’appareil photo, viser, et déclencher. Si le sujet bouge, c’est plus compliqué, il faut attendre le bon moment, et voilà. Et même si dans ce cas prendre la photographie va nécessiter plus d’anticipation, le tout reste très binaire : soit vous avez l’image, soit vous ne l’avez pas.

Tout ceci étant encore plus vrai depuis que les automatismes nous simplifient la vie : on cadre, on déclenche et on laisse l’appareil faire le reste. Les caméras de type point & shoot (dont les smartphones sont l’aboutissement ultime) sont un peu la quintessence de cette facilité.

D’ailleurs, la preuve de cette facilité est sans doute le pullulement de créateurs de contenus pour apprendre à faire des photographies. Certes, ils ne débarquent pas en hordes comme ces petites merdes de crypto bros tentant de nous refourguer leurs NFT sauce Ponzi, mais j’ai l’impression d’en découvrir un nouveau chaque semaine. Parfois je me demande s’il n’y a pas plus de profs que d’élèves. Ils arrivent, réinventent la roue et réexpliquent les mêmes choses déjà expliquées 500 fois sur le web, puis disparaissent quelques mois après, probablement lassés de l’absence de résultats, tout en laissant le siège encore chaud pour le prochain.

PS² : Là, c'est le passage de l'article où je résiste très fortement à l'envie de vous balancer ma liste de la dream-team de la lose. Mais soyons gentils.

Se lancer dans un domaine si bouché ne me semble pas être une bonne option stratégiquement, mais dans l’absolu, je n’ai absolument rien contre : chacun est libre d’entreprendre et de tenter sa chance. Si une nouvelle approche pédagogique peut trouver son public, pourquoi pas. Bien que je doute qu’il y ait mille manières d’expliquer le triangle d’exposition, mais passons.

Si j’en parle, c’est parce que très souvent, ces créateurs de contenu n’ont qu’une expérience très réduite de ce dont ils parlent (certains appelleraient ça une débutocratie). Ce sont des amateurs passionnés, qui ont appris les bases et s’empressent de les retransmettre après quelques années (mois ?) de pratique. Chose impensable dans d’autres disciplines, où la difficulté est une barrière faisant un tri assez sévère. Vous ne trouverez pas de chaînes YouTube de pianistes ayant 2 ans de pratique et venant vous expliquer les bases.

PS3 : Vous noterez que si je m'agace de l'arrivée de ces clones apprenant les bases techniques, c'est aussi parce qu'à mon sens, des pans entiers de la pratique de la photographie ne sont pas vulgarisés et traités sur le web. Si l'argentique a connu un petit boom et que je fais ma part pour ce qui est de la culture, certains sujets sont à prendre (et intéresseraient sans doute beaucoup de monde). La production de zines par exemple ou plus généralement d'objets, de livres, les différentes techniques de tirage, et ainsi de suite. Plein de chaînes anglophones abordent ces sujets, malheureusement délaissés chez nous.

Donc la photographie, c’est facile. Mais pourquoi c’est difficile, alors ?

Eh bien, à cause de la deuxième étape. Allons-y.

La deuxième étape

Oui, ce titre est simple.

Grapevine (1988–1992) – S. Lipper

De façon assez sommaire, on pourrait résumer toute la production photographique en deux étapes :

  1. La première étape consiste à collecter la matière première, à amasser des images. C’est celle-là dont on vient de parler et qui est facile.
  2. La deuxième étape consiste à donner un sens à cette matière, à développer un propos à partir d’elle. Et c’est celle-là qui est incroyablement difficile et avec laquelle on peut passer toute une vie à batailler.

Beaucoup de photographes restent à cette première étape. Par choix, par manque d’envie, ou simplement parce qu’ils s’épanouissent dans l’exercice de la prise de vue et de la production d’images (souvenirs familiaux ou autre) sans chercher plus loin. Là aussi, je n’ai rien contre. Ma pratique musicale correspond plus ou moins à ça, et je comprends bien cette position.

PS4 : Je reste cependant parfois un peu dubitatif face à la passion qu'ont certains d'accumuler des années de photographies moyennes de montagne dans leur catalogue Lightroom, mais bon, chacun ses rêves.

Nous avons donc 2 étapes, que l’on peut mettre dans deux ordres différents. J’ai sorti toutes mes compétences en PowerPoint pour vous le résumer de la façon suivante :

J’imagine que vous avez fait « waouh » en voyant ça. Non ?
OK, bon.

En A, vous accumulez la matière première, puis vous lui donnez un sens. En B, vous cherchez du sens (une idée de projet) puis vous accumulez la matière nécessaire.

PS5 : Notez que ces deux étapes peuvent se chevaucher dans les deux sens, tout ça n'est évidemment pas strictement séquentiel. Mais je ne voulais pas vous noyer de schémas plus hideux les uns que les autres. 

C’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi, ça veut dire beaucoup. En effet, c’est important de le préciser :

  • Dans mes contenus (dont les formations), je conseille la méthode B. Tout simplement parce qu’elle est structurante et qu’il est beaucoup plus facile d’avancer quand vous avez à peu près une direction. Cela évite de partir dans tous les sens. Elle demande un peu de rigueur, mais sur la durée elle paie. Pour les débutants en la matière, c’est vraiment le mieux.
  • Mais très souvent, on commence par la méthode A. Pour deux raisons mutuellement exclusives :
    • Soit parce que vous êtes un débutant et que vous êtes avant tout motivé par l’envie de vous servir de votre boîtier. Vous l’avez depuis peu, il y a plein de choses à découvrir et à tester, et vous accumulez beaucoup de matière. C’est un processus de découverte, totalement normal, sain, on y passe tous. En revanche, si vous y êtes et que vous commencez à vous lasser : allez vers la méthode B.
    • Deuxième option : vous faites ça parce que justement, vous êtes plutôt avancé. Au bout de quelques années de pratique et de travail, on a un peu plus l’habitude de ce qu’on aime faire, veut faire et de comment le faire. Vous découvrirez qu’on peut se « laisser porter par le travail » (Louise Brunnodottir en parlait très bien dans l’interview qu’on a fait d’elle). Vous faites des images instinctivement, selon vos envies, et peu à peu vous comprenez où ça va, ce que ça dit de vous et ce qu’il faut en faire. D’une certaine façon, de par les frictions et les envies qu’il provoque, votre travail photographique vous guide dans une direction aussi, que l’on affine au fur et à mesure.

Nous avons donc deux étapes, que l’on enchaîne selon notre expérience et nos envies. Une première très simple et une deuxième difficile. Justement, pourquoi est-elle difficile ?

Grapevine (1988–1992) – S. Lipper

Eh bien, pour plein de raisons. Littéralement, je pense que quasiment tout mon contenu résulte de la lutte que j’ai (et que beaucoup ont) avec cette étape : donner du sens à un travail photographique. Quand je vous parle d’œuvres, c’est parce que le résultat me plaît et aussi parce que j’admire la façon dont la matière première a pris sens, dont le résultat est supérieur à la somme de ses parties. C’est aussi de ça que je parle dans mes formations sur la création de projets photographiques.

Donc la liste des raisons pour lesquelles il est difficile de donner du sens à un tas d’images est très longue, voire sans fin. Cependant, je peux vous donner les principales :

  1. Cela demande d’avoir quelque chose à dire. Cela n’a l’air de rien comme ça, mais c’est un sacré cap à franchir. Déjà, avant de dire quelque chose, il faut prendre la parole, s’investir personnellement, proposer une vision, mettre ses tripes sur la table… Bref, être vulnérable. En faisant ça on prend le risque d’être incompris, moqué ou rejeté. Et ça n’est jamais très agréable comme position, même s’il faut s’y mettre. Ensuite, évidemment, il faut avoir une histoire à proposer. Une qu’on ait envie de travailler, qui soit personnelle, puisse parler aux autres, intéresser… Ce ne sont que des barrières franchissables, comme les autres que l’on va voir, mais elles ne sont ni simples ni faciles. Accumuler de la matière c’est simple et facile, vous ne prenez aucun risque (à part être chambré sur un groupe Facebook rempli de débiles adeptes de la règle des tiers, mais ça n’est pas bien vilain). Donc oui, à la deuxième étape, il faut prendre la parole et se mettre en danger.
  2. Deuxième difficulté : vous allez avoir besoin de culture, pour avoir une idée du champ des possibles, des influences, et nourrir votre pratique. Si dans ma vie je n’ai écouté que du blues, je ne jouerais que du blues. Alors que sans doute, j’aurais eu plein de choses intéressantes à faire dans le trip-hop et que je m’y serais épanoui. La culture en général (et plus encore en photographie, un milieu très techniciste), c’est souvent perçu comme un centre d’intérêt élitiste, bourgeois, difficile d’accès et lointain. Je déteste ça. C’est pour ça que le bullshit photo m’agace énormément et que je fais du contenu sur la culture photo. Je me dis que si j’arrive à intéresser quelques personnes à ces sujets, je n’aurai pas fait ça pour rien. Mais quoiqu’il en soit, au-delà de l’a priori qu’on en a, cela reste un processus long. Vous ne saurez pas tout demain. Les bénéfices ne se voient qu’au long terme. Il faut se retrousser les manches et s’y mettre, mais ça reste plus compliqué à maîtriser que Photoshop et Lightroom. Ce qui explique sans doute qu’il y ait plus de tutoriels sur l’un que sur l’autre.
  3. Enfin, troisième difficulté : l’engagement. Pour donner du sens à la matière que vous avez accumulée, vous devez vous engager dans une direction. Vous consacrez votre temps à un sujet A et non plus B et prenez le risque de passer à côté. Alors certes, vous pouvez toujours abandonner A, mais parfois cette heuristique relève du pari. Et même plus loin : vous allez devoir tenir sur la durée, le temps de mener le projet à bien. Ne pas abandonner à la moindre difficulté, finaliser le tout. Là aussi, cela demande un engagement de votre part qui est bien supérieur à celui de juste accumuler de la matière.

Bon, déjà, niveau difficulté, ces trois-là me semblent pas mal. On a de quoi s’occuper un moment avant de passer au travers.

Mais…

Mais ça n’est pas tout. Ces 3 difficultés ont un point commun : elles relèvent de vous. C’est à vous de vous sortir les extrémités de l’arrière-train et d’avancer. Personne ne vous y empêche, vous n’affrontez aucune difficulté n’émanant pas de vous. Alors oui, vous êtes contraint par le temps, vos moyens, là où vous vivez, mais globalement : personne ne vous empêche de couper Netflix et de lire Tout sur la photo à la place ou de prendre un papier et un crayon et de réfléchir à ce que vous voulez raconter avec vos images. La personne à motiver, ça reste vous.

Et c’est là qu’intervient la grande barrière.

La grande barrière 🚧

J’ai dit que j’aimais les titres simples ?

Grapevine (1988–1992) – S. Lipper

La grande barrière à franchir, c’est la littéralité de la photographie. Si vous montrez aux gens l’image d’un cheval, ils voient une image qui parle d’un cheval. Ce qui n’est pas forcément le cas.

C’est un problème avec lequel les autres arts ont peu à composer. La musique, par exemple, provoque des émotions, de l’entrain ou de l’indifférence, mais elle n’est jamais littérale. Une chanson pourra vous rendre triste, un musicien averti et avec l’oreille absolue pourra reconnaître les notes, mais personne ne se dit jamais « tiens, un la 440 Hz, c’est mon préféré », alors que concrètement, c’est ce que vous entendez. De par son abstraction, la musique n’est pas littérale.

PS6 : alors oui, je sais, il y a les paroles. Mais là encore, quand elles sont bien faites, elles sont rarement à prendre au premier degré. Le vrai sens se cache souvent entre les lignes, dans le tout plutôt que dans chaque phrase prise littéralement. La chanson By the way des Red Hot Chili Peppers ne parle pas de trouver son chemin. Pas plus que Can't stop ne parle du fait de ne pas s'arrêter, enfin pas directement. 

Il en va de même pour le cinéma : on accepte rapidement que ce que l’on nous raconte est une fiction et on fait l’impasse sur sa littéralité. Vous voyez un homme fermer sa porte à l’écran, puis vous le voyez dans la rue sur le plan suivant. Vous en déduisez qu’il est sorti de chez lui, vous établissez seul une continuité. Vous ne vous dites pas « Il a fermé sa porte, maintenant il est dans la rue. Je ne sais pas ce qui s’est passé entre les deux », alors qu’en étant littéral : c’est le cas. Vous n’avez rien vu à l’écran de ce qui se passe entre les deux scènes.

Donc la photographie est littérale, trop littérale.

Grapevine (1988–1992) – S. Lipper

Et ça, c’est un double problème. Du côté des spectateurs et du côté des photographes.

Côté spectateurs, on tombe sur le fameux « moi aussi je peux le faire » qui donne un côté assez compétitif à la photographie : on sous-entend que les seules images méritant de l’intérêt sont celles qui sont difficiles à faire. Alors que concrètement, on s’en tamponne allègrement le coquillard. Un gâteau à l’uranium c’est difficile à faire, pourtant, vous n’en mangeriez pas. Une photographie d’un caillou que j’ai caché dans mon jardin est très difficile à faire et on s’en fout quand même.

PS7 : C'est d'ailleurs cette remarque qui m'avait inspiré l'article De l'art de voir, il y a quelques années. Même si à l'époque, je n'avais pas saisi d'où venait le problème. En 6 ans, on est remonté d'une étape : que nous réserve donc 2028 ?

Souvent, les images ne sont pas à prendre au premier degré, elles signifient plus que ce qu’elles représentent. Prenons l’exemple de l’image ci-dessous :

Grapevine (1988–1992) – S. Lipper

Ce que vous voyez c’est 2 voitures, 2 femmes, 1 enfant et quelques poissons. Est-ce que c’est une image à propos des femmes, des enfants et des poissons ?

Pas du tout.

Susan Lipper s’est intégrée à cette communauté des Appalaches pendant plusieurs années, comme d’autres photographes l’ont fait avant elle. Elle montre leurs modes de vie, sans être misérabiliste ni fétichiste. C’est une tranche de ça que vous voyez là. D’une vie lointaine, complexe, différente. La faible distance entre la photographe et les sujets se retrouvant un peu là aussi.

PS8: Je ne parle pas de distance physique ici. Émotionnelle, un peu, mais pas complètement. Il s'agit plus de la proximité entre le photographe et son sujet et de la façon dont on la retrouve dans l'image. Notez ça dans un coin, je me sers souvent du concept.

Donc cette image n’est pas à prendre littéralement. Et souvent les autres sur lesquelles vous tombez non plus.

Je pense que le souci vient d’un manque d’éducation à l’image et aussi du format de partage le plus hégémonique : internet. On y consomme les images à l’unité, dans des fils éclectiques, ce qui n’aide pas à avoir l’habitude de les prendre (et de les comprendre) comme des ensembles cohérents. Donc côté spectateurs, ça n’est pas gagné.

Côté photographes non plus, d’ailleurs. Il n’y a pas vraiment deux catégories distinctes de photographes (je laisse ce genre de découpages hasardeux à la FIAP), mais plutôt un spectre, dont on va présenter les extrêmes.

D’un côté, vous avez les photographes qui n’ont pas du tout conscience de cette grande barrière. Du coup, ils vont à fond les boulons dans la littéralité. Pour évoquer le beau, ils font du beau. Du coucher de soleil, de la pause longue et du light painting en veux-tu en voilà. Pour sensibiliser à la beauté de la nature (sans doute dans l’intention louable de la préserver), ils nous la montrent en gros (parfois trop gros) avec une belle tartine de bokeh. Et enfin, pour parler des inégalités dans le monde, on a droit à des rasades de portraits d’hommes au visage buriné (en noir et blanc très contrasté) et d’enfants pauvres du bout du monde. Les images sont directes, littérales, limpides et c’est sans doute ce qui fait qu’elles sont souvent appréciées par un public néophyte. Et aussi parfaitement chiantes et répétitives. Parce qu’en étant littéral, il n’y a pas 500 façons de dire qu’une pomme est une pomme.

De l’autre côté, on a ceux ayant conscience du problème et là, c’est la grande galère. La question est double :

  • En partant de l’histoire : comment raconter mon histoire en images ?
  • En partant des images : comment réussir à faire dire à mes images plus que ce qu’elles contiennent ?

Dans les deux sens, c’est la plaie.

Par exemple : comment évoquer la mort de quelqu’un de cher, vu qu’on ne peut plus le photographier ? Certes, je peux photographier les traces de son passage sur Terre. Ses objets, là où il vivait, les traces qu’il a laissées. Mais littéralement, on ne verra jamais la personne dont il est question sur les images.

Je produis, j’aime et je chéris les images de paysages urbains. Que ça soit les miennes ou celles d’autres personnes, on peut y trouver beaucoup sur nos modes de vie, les espaces que l’on habite et parcourt, notre relation à la nature et à notre environnement. Mais… comment faire prendre conscience de tous ces sujets par des images où ils ne sont pas directement évoqués ?

C’est une difficulté, celle de la grande barrière. Je n’ai d’ailleurs pas de recette magique ou de façon simple et efficace de passer outre. Pour vous comme pour moi, ça serait trop simple. On est condamnés à se battre avec, à réussir à la passer une fois de temps en temps pour retenter le coup la suivante.

La photographie, c’est du saut de haies.

Pour Walker Evans, une des façons de remédier aux difficultés de la création serait un « contact informel avec un maître ». J’ai une myriade d’exemples autour de moi de photographes ayant énormément progressé suite à un atelier de travail avec un photographe, dans une rencontre plus directe qu’un cours magistral en amphi (même si je n’ai absolument rien contre les écoles de photo). Et évidemment, du temps de qualité avec un bon vieux livre photo rentre dans cette catégorie. Si je n’ai pas de solution ultime, c’est sans doute une bonne piste pour sauter quelques barrières.

Au passage, si vous étiez dans la première équipe et que vous venez de passer dans la deuxième en prenant conscience de cette barrière : je suis désolé pour vous si maintenant vous avez des nœuds dans la tête.

Mais soyez les bienvenus dans l’équipe.

Pourquoi encore plus maintenant ?

Grapevine (1988–1992) – S. Lipper

Donc donc donc, résumons un peu où nous en sommes. Robert Delpire nous a dit : « La photographie c’est facile, c’est ça qui est difficile.”

  • On a vu que la création était grossièrement composée de deux étapes : récupérer la matière, puis lui donner un sens.
  • C’est cette deuxième étape qui est la plus difficile, pour plein de raisons dépendant de vous.
  • Une raison de cette difficulté vous est extérieure : c’est la grande barrière.

Dans l’introduction de l’article, je disais que cette phrase de Delpire n’a jamais été aussi vraie que maintenant. On va donc voir pourquoi.

PS9 : Notez qu'en termes de difficulté, je ne parlerai ici que de celles inhérentes à la création. J'ai bien conscience que le métier de photographe est difficile, se précarise un peu plus chaque année, mais ça n'est pas vraiment le sujet ici. Si ça vous intéresse, vous pouvez lire ces 2 articles : ici et ici. 

Bon, commençons par les bonnes nouvelles. Pourquoi est-ce que la photographie est encore plus facile maintenant ?

Je pense que son accessibilité a fortement évolué et c’est une très bonne chose. Je ne l’ai connu qu’une décennie, mais pour les plus jeunes lisant ces lignes, sachez qu’il a existé un monde sans internet. Et c’était casse-pieds comme jamais. Il y a 20 ans, pour se mettre à la photographie, il fallait acheter un appareil dans la boutique du coin (si vous habitiez en ville c’était top, sinon il fallait faire avec les prix et les disponibilités de la boutique du coin). Ensuite, vous deviez vous coller des livres obscurs ou rejoindre le club local pour qu’on vous apprenne comment marche tout le bazar. Et pas d’impression numérique, on faisait tout avec de la chimie, dans le noir et dans des bacs.

La photographie, avec les soufflets au fromage, c’était l’activité humaine la plus proche de la sorcellerie.

Maintenant, un débutant a accès à tout, tout de suite. Et je trouve que c’est une excellente chose pour la création. Vous pouvez vite avoir votre premier outil dans les mains, apprendre à vous en servir et, en quelques mois, mettre tous ces aspects techniques derrière vous.

L’offre en matériel est vraiment excellente : il y a un gros marché de la seconde main en argentique (dont les prix flambent certes, mais il y a des bonnes affaires à faire encore) et en numérique, en ayant une ou deux générations de retard, vous avez de bons appareils pour pas si cher (voir cette vidéo à ce sujet). Sans parler des smartphones qui offrent maintenant de belles performances pour démarrer.

Une fois que vous avez votre appareil en main, vous pouvez demander à YouTube de tout vous expliquer, l’offre est pléthorique (et 10 fois plus si vous parlez anglais) et vous pourrez vite acquérir toutes les connaissances qu’il vous faut. Et gratuitement si vous êtes débrouillard (sinon les formations en ligne ont le mérite de tout synthétiser en un endroit pour vous et de vous faire gagner du temps).

De ce point de vue, la photographie n’a jamais été aussi facile que maintenant.

Maintenant, passons au revers de la médaille : pourquoi la photographie est plus difficile maintenant ? Pourquoi c’est la merde 💩 ?

Je pense que c’est lié au temps et à la façon dont on partage des images. Le temps s’est raccourci, les images sont partagées de façon unitaire et le public crie son vote. Ça, c’est la faute des outils qu’on utilise pour faire ce partage.

Tous les réseaux sociaux, et a fortiori ceux que l’on utilise pour la photographie, reposent sur 3 éléments : un post à la fois, un flux qui se renouvelle sans cesse, un algorithme qui décide de ce qui est bien.

C’est une pression dont j’avais déjà parlé dans un article, il y a environ 1 000 ans :

Je ne vais donc pas revenir en détail dessus ici. Mais je pense que cela pèse aussi sur notre créativité. Encore une fois, il y a 20 ans, on pouvait bosser dans son coin, présenter son travail à quelques avis expérimentés, puis aller toquer à la porte d’une galerie ou d’un éditeur. Il aurait sans doute fait un livre moins beau qu’aujourd’hui (l’édition photographique a vraiment énormément évolué ces dernières années), mais le travail se serait sans doute fait avec plus de sérénité.

Et évidemment, s’ajoute à ça le fait que l’on doive composer avec une audience habituée à l’image seule, unitaire, déconnectée d’un propos et d’une histoire. Une image qu’on survole avant de passer à la suivante. On échange des bangerrrrz et non un propos structuré.

De ce point de vue, la photographie n’a jamais été aussi difficile que maintenant.

Ne vous y trompez pas : je ne suis nostalgique de rien. Ces réseaux sociaux sont un excellent outil de communication, de proximité, je les utilise et les apprécie aussi. Je ne pense pas que c’était mieux avant (sauf pour le prix des argentiques évidemment 😭). En revanche, je pense que l’écart se creuse, que la vérité sur laquelle Robert Delpire avait mis le doigt est encore plus vraie maintenant.

Conclusion

Alors, la photographie, c’est facile ?

Oui et non. Normand un jour, Normand toujours.

Au fait, je vous avais promis de vous expliquer pourquoi l’article est illustré de photographies de Susan Lipper. J’ai découvert le concept de littéralité de l’image dans The pleasures of good photographs : essays de Gerry Badger. Ça ressemble à ça :

Et le concept est présenté dans le chapitre Far from New York City : The Grapevine work of Susan Lipper, du coup, je trouvais ça bien que ça se retrouve ici.

Maintenant, je suis curieux. Après avoir lu cet article, la photographie pour vous, c’est facile ? Difficile ? Pourquoi ?

N’hésitez pas à me raconter ça dans les commentaires. On continue l’aventure là-bas. ✌🏻


J’ai écrit cet article sur 3 mois de temps environ entre les vidéos YouTube et la dernière formation sortie. Au début, je pensais exceptionnellement ne pas mettre de playlist. L’article a été démarré dans le Djebel Shams en Oman, pendant une copieuse panne d’électricité et donc d’internet. La batterie restante de mon ordinateur m’a permis d’écrire (on la remercie chaleureusement). Mais niveau batterie, ça n’était pas ça.

Entre-temps, j’ai été voir Batman, dont la bande originale était top et bien construite. Je vous laisse la découvrir ci-après avec les explications de Florent Garcia.

Mais finalement, je pense qu’en dehors des soirs pluvieux où l’ambiance batmanesque colle bien, j’ai principalement écouté ma playlist de The Devil Wears Prada. Ça tabasse, et c’est par ici :

Date de la dernière mise à jour : le 24 juin 2022


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14 Comments

  1. Salut Thomas , tout d’abord bravo pour cet article interessant à lire. Personnellement je trouve que la photographie est difficile mais bienfaitrice voilà pourquoi : trouver un sujet ( dans mon cas c’est simple c’est ma fille atteinte de TSA ) mais savoir quoi dire et comment le dire est difficile. Respecter la personne, d’être honnête avec elle et moi même est difficile, montrer l’intimité, s’exposer , être vulnérable est difficile. Continuer malgré les doutes , les mauvaises photos, le manque d’inspiration et le refus de la personne d’être prise en photo est difficile. De ne pas systématiquement faire un projet documentaire mais bien personnel en y mettant son cœur est difficile. Tout ça est difficile et je ne parle même pas de l’éditing afin de transformer une image en objet. Mais tout cela en vaut la chandelle quand on se reconnaît dans ses photos, qu’on a obtenu ce qu’on souhaitait, de recevoir des encouragements de la part de photographes qui t’ont inspiré ( merci infiniment Julien Magre) . Voilà à quoi la photographie à nous tirer vers le haut, à être des personnes plus intéressantes et intéressés.

  2. chiarappa

    Salut Thomas,
    Un article qui entérine ta formation S’auto-évaluer que je suis actuellement, j’y retrouve les grandes lignes et pour ma part j’avance pas à pas.

    Les commentaires me touchent parce que je retrouve ce même désir de se « re-connaître » dans ses photos comme l’écrit Périat ci-dessus. Quand on a le sujet, que l’on veut le montrer, la sélection génère des inquiétudes, des doutes, du découragement. Pour passer les caps, la « grande barrière » comme tu l’écris j’essaie de voir en me détachant, j’objective, voir ces images comme si elles n’étaient pas miennes, celles de quelqu’un d’autre, c’est difficile parce que invariablement les émotions ressurgissent.
    Aurélien avance un voir en poète, et j’écris de la poésie, mais écrire avec des images en poète est aussi difficile qu’avec les mots, alors oui « on peut faire des erreurs de grammaire juste parce que ça sonne mieux » mais ça ne fait pas forcément le poème et encore moins un recueil.
    Bonne continuation

  3. Maxime

    Tu as des chaînes youtube anglophones qui parlent des différentes techniques de tirage à conseiller ?

  4. Daniel

    Article très intéressant -je dirais comme toujours – qui rappelle que la pratique de la photographie est aussi une exigence, tout comme l’écriture d’un livre ou la composition d’un partition musicale.
    Il y a un aspect de la photographie sur lequel je souhaiterais attirer ton attention, c’est celui de la « mémoire en image ».
    Que ce soit avec son smartphone ou avec le dernier boîtier hybride, il reste utile de documenter son époque et d’e laisser un témoignage.
    Il y a quelques années, dans le cadre d ‘une exposition, j’ai scanné, pour ma bonne ville de Marche- en-Famenne (Belgique) un millier de plaques photographiques, oeuvre d’un photographe local actif entre 1910 et 1922. Ce photographe a laissé un témoignage, souvent émouvant, de la vie dans sa région, d’autant que cette période couvrait la Grande Guerre.
    Comme j’aime travailler sur des projets, je me suis dit qu’il serait intéressant , à mon tour, de documenter mon époque, 100 ans plus tard. C’est ce que je fais actuellement, avec les moyens de mon époque. Une constatation s’est vite imposée à moi : en cent ans, rien n’a changé et tout a changé. Ainsi, sur les plaques en verre centenaire, rien que des caucasiens. Aujourd’hui, il suffit de se promener dix minutes pour croiser des humains originaires des quatre coins de la planète. Ce n’est là qu’un aspect de mon projet. J’en découvre chaque jour au fur et à mesure de sa progression.
    Je voudrais ici engager les photographes à se fixer, parmi d’autres, ce genre de projet. Et qui sait, en 2122 , il y aura peut-être quelqu’un pour regarder avec plaisir les images que vous aurez laissées …

  5. Le problème de la littéralité, c’est un peu la différence entre la rédaction technique et la poésie. Dans les deux cas, on manie le même langage, mais on n’en fait pas du tout la même chose. En poésie, on peut même se permettre de faire des fautes de grammaire juste parce que ça sonne mieux.

    On entend souvent qu’une bonne photo (ou une série) raconte une histoire. Quand un cinéaste intello ose commettre un film sans histoire, il se fait allumer. Le problème, c’est que ça fait un bon moment qu’on raconte toujours les mêmes histoires (ok, on a peut-être remplacé le communiste russe par un terroriste islamiste, mais c’est anecdotique). Que tu lises Flaubert ou Marc Lévy, les gens naissent, rêvent d’amour, d’aventure et de liberté, voient leurs proches mourir, meurent à leur tour, et bim… tu passes à la génération d’après et ça recommence pareil.

    La narration implique de l’action, et l’action devient vite répétitive. Du coup, entre le problème de la photo (plombée dans le réel au point où ça en devient pénible) et l’injonction narrative (qui va déjà un cran plus loin que l’approche « faire du beau », mais pas beaucoup plus), je pense qu’il y a pas mal de gens qui se coincent tous seuls dans des impasses créatives.

    Si on laisse tomber les injonctions éculées (faire du beau, raconter des histoires, montrer le réel de façon réaliste), on peut commencer à se préoccuper de poésie, et à faire de la photo un peu plus comme on fait de la musique ou de la poésie. Le réel, c’est chiant, et on est déjà dedans tout le temps.

    Et ça finit avec des implications très concrètes en terme de course à l’échalotte à l’objo méga net et à l’IA de défloutage qui transforme ton Tokina pourri en Zeiss à 3 k€.

    Pour ce qui est de la critique des réseaux sociaux, je pense qu’il faut arrêter de faire semblant de redécouvrir périodiquement que « INSTAgram » est un outil de partage d’INSTAntanés, pas une plateforme d’exposition de travail d’auteur ni un portfolio photographique. Les photographes l’ont détourné de son usage parce que c’est « ZE place to be », c’est leur problème, mais ça reste un usage non prévu de la plateforme qui – in fine – n’est rien d’autre qu’une régie publicitaire déguisée.

    • On est globalement alignés, sauf sur ta vision de la narration que je trouve beaucoup trop restrictive. La photographie ça n’est pas du cinéma. Elle n’a pas besoin d’être linéaire, réaliste.

      J’ai été voir exposition de Gillian Wearing au Guggenheim hier. Elle se photographie en différentes personnes qui l’ont masquées. Ça n’a rien du réel qui t’embête, ça joue beaucoup avec. Pourtant ça raconte plein de choses de son histoire. La narration ça n’est pas que la photographie documentaire, encore heureux.

  6. Jean Berube

    Comme tu dis, la photo c’est facile et difficile. Mais je crois que c’est là qu’est mon plaisir… dans cette zone grise, dans le ni noir ni blanc, qui tiraille entre le confort et une certaine souffrance. Quand je regarde mes résultats, je me dis que certaines photos (bonnes ou mauvaises) résultent de cette béatitude donnée par la certitude (quand je suis certain de mes ajustements, de mes éditions, de mes sujets, de mes projets); mais d’autres, aussi nombreuses (bonnes et mauvaises là aussi), sont l’aboutissement d’erreurs ou d’accidents, de tâtonnements douloureux, ou naissent dans l’incompréhension de mes équipements ou dans mon impréparation… pour moi (et je ne propose pas une recette en disant cela), faire de la photo c’est tout ça… ça se peut qu’il y ait une voie royale pour une pratique saine de la photo : je ne la cherche plus; j’aime bien ces petits chemins qui, parfois, ne mènent nulle part, juste à côté de l’extraordinaire sur lequel je finis aussi par tomber.

    Je ne fais pas de la photo pour gagner ma vie. Pour les pros, mon propos est sans doute inane.

    • En même temps le but des pros ça n’est pas systématiquement d’avoir un propos
      Parfois c’est juste de faire des photos d’appartements.

  7. Périat

    Bonjour Thomas,

    Merci pour ton article qui d’emblée, parle de moi! Pas directement car comme photographe, il n’y a pas grand chose à dire sauf « au boulot! ».

    Par contre je m’interroge beaucoup concernant l’endroit où je me trouve aujourd’hui. Je sais plus ou moins réaliser de jolis flous d’arrière-plans, doux, crémeux etc avec une jolie fleur de printemps qui s’épanouit dans une lumière chaude et enveloppante qui autant que possible émerveillera les personnes qui me suivent (peut-être par politesse ou par loyauté) sur les réseaux.

    Je n’en ai pas honte car il y a deux ans, j’osais à peine toucher mon boîtier tant j’avais peur de tout le dérégler, voir de l’abimer! L’avoir en main m’angoissait et m’invitait à le ranger … jusqu’au lendemain où je serais peut-être mieux disposé à affronter cette technologie qui me rebutait.

    Serais-je un jour capable d’en tirer quelque chose après avoir asséché mes comptes bancaires pour m’offrir le matériel ?

    J’ai donc avancé et bien que tout reste discutable, je suis maintenant capable d’exposer correctement et de glisser en plus, quelques émotions qui me valent des « wahou » « bravo » « très réussi » … parfois.

    Ton article met le doigt exactement là où ça coince (ça fait même un peu mal) car au final, je me fiche un peu des flous d’arrière -plan non pas parce que je trouve ça moche mais simplement parce que mon rêve est d’être capable de narrer quelque chose d’inédit, quelque chose qui touche et fait turbiner l’imaginaire en y glissant un peu de Cartier Bresson, Bouba, Kertez et quelques autres biensûr. Ma culture est assez réduite mais ceux que j’aime comptent beaucoup.

    En découvrant les images qui illustrent ton article, je reste scotché de leur simplicité. Pas de scènes hyper léchées mais juste la capture d’instants noirs et blanc particuliers qui ne me laissent pas indifférent mais me donnent envie d’y investir de l’attention, pour m’en approcher autant que possible et savourer ces instants captés magistralement.

    N’étant ni jeune, ni professionnel, je pratique la photo en amateur ce qui me soustrait à la nécessité de produire pour autrui et, chaque soir avant de fermer les yeux, je me dis que j’ai le temps et que petit à petit…

    Tu évoques la proximité d’un « Maître » pour bouster sa créativité et j’abonde dans ton sens! Encore que là, le risque d’une problématique freudienne (le fils qui tue le père) nous renvoie à quelque chose d’œdipien qui au seuil d’un âge de plus en plus certain pour moi, m’emmerde profondément. Et puis les Maîtres disponibles ne courent pas les rues.
    Est-ce qu’il existe une liste?

    Pour terminer et résumer, j’avais juste besoin de te dire qu’après un peu plus de deux ans de pratique photographique numérique, je me retrouve exactement à cet endroit qui n’est pas de la lassitude mais la conscience qu’il me faut maintenant ouvrir (trouver d’abord) un chemin qui me propulse vers ce que j’attends de moi. Vers ce de quoi je suis capable et qui pourtant me semble inaccessible.

    Je veux dire donner un sens particulier à mes images pour qu’on ait envie de s’y attarder et peut-être qu’on me (re) connaisse. Insuffler à mes images une dimension originale.

    En bref, devenir et Être photographe. même si je sais que je ne suis que les autres, cela doit être possible.

    Merci pour ta contribution à me faire évoluer. Bien à toi. Éric

  8. Blandine Lhote

    Merci pour ton article.
    Je viens de le lire avec un grand intérêt. Je trouve qu’il tombe pile-poil pour moi.
    Mais je sais aussi que lorsque l’on lit un de tes articles à un instant t de notre démarche personnelle, on est limité dans notre compréhension à ce que l’on a déjà appréhendé.
    Lorsque je le relirai dans quelques mois j’aurai progressé ( ) et j’en comprendrais plus de subtilité…. ( je suis une optimiste)
    Je viens de profiter de ce long week-end de l’ascension pour faire de grandes balades matinales (5 heures du mat… ) mon déclencheur de bien-être en main.
    Je ne suis ni photographe animalier ni photographe de paysage, autant dire que j’y allais pour le plaisir de déclencher et de ramener des petits trophées du style un petit chevreuil par exemple. ( petit point dans un grand champ … )
    Et puis tout à coup une petite cabane est apparu dans mon champ de vision…. Et comme à chaque fois que j’en vois une, je me sens obligé de prendre une photo et de la mettre en valeur.
    Jusqu’à présent je ne savais pas pourquoi c’était comme une obligation. Et à la faveur de l’aube j’ai enfin compris pourquoi j’avais ce besoin quasi vital de prendre ce genre de photos.
    C’est maintenant une évidence pour moi.
    La raison se trouve dans mon enfance dans ce que cela me renvoie comme émotions personnelles….. Les cabanes me racontent des histoires qui ne concerne que moi. Pour passer à la série et la proposer à des spectateurs, il va me falloir un travail énorme. Comment faire pour pour que les histoires que me racontent ces cabanes puissent être comprises par les autres ? …. Étant donné que la tâche me paraît impossible , aurais-tu des lectures à me conseiller ?
    Merci pour ton investissement

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