Vers une photographie de comptoir

Date de la dernière mise à jour : le 18 avril 2018


Le monde est un PMU
Où n’importe qui donne son mauvais point d’vue

Orelsan, San.

J’ai toujours cru que le fait que la photographie soit populaire est une bonne chose, mais je me demande si, comme titrait Bourdieu, ça n’est pas devenu un art moyen. Ni trop bien, ni trop mal, car même quand on a rien à dire y’a quand même un chemin. Je repense à la musique : vous avez déjà vu un musicien ne pas connaître Chopin ? Un violoncelliste ne pas bosser des heures, pour sortir quelques notes, heureux du résultat du labeur ? Jamais. Si c’était possible, on trouverait des instruments à la FNAC, pour satisfaire les soifs de créativité. Mais il n’y en a pas, et y’a comme un couac, un caillou dans la machine, une bulle d’air dans la poitrine. La photographie aurait peut être dû rester difficile, comme en 1850, quand pour chaque image tu devais te coller trente opérations fatigantes. Ça aurait peut-être obligé à les gens à creuser, réfléchir, à mériter chaque photographie terminée, à se poser de vraies questions, avant de foncer jusqu’à la dernière étape sans réflexion. La facilité c’est le cadeau des idiots : vos travaux finissent juste plus vite dans le caniveau.

J’ai l’impression qu’on est dans le creux de la vague, celle-ci est passée. Les ventes de reflex commencent à baisser : un smartphone à utiliser c’est quand même bien moins compliqué. On verra ce que l’avenir nous réserve, mais a priori, tant qu’il y aura de l’argent à se faire, on aura des pseudo-pédagogues pour s’agiter sur les réseaux, et des guignols pour débattre de toutes les futilités possibles.

La vraie question là dedans, c’est celle de la légitimité. Si ce texte était une musique, ça serait le thème principal. Un peu comme quand Vader passe en revue l’armée impériale. La légitimité ne vient pas du nombre d’abonnés, de vues ou de followers, tout ça compte pour du beurre. Des millions de personnes peuvent se tromper, la politique américaine est là pour nous le rappeler. La légitimité vient seulement de la profondeur de ce qui vous est présenté : d’où sort ce contenu ? Est-ce qu’il fonctionne ? Quel résultat il apporte à qui ? Si vous sentez que ce qu’on vous présente n’a pour but que de rassurer celui qui le fait, passez votre chemin, vous n’y perdrez rien. Y’a pas de vérité ultime, et je ne prétends pas en avoir une, et même si elle existait, avant de la trouver, j’aurai sûrement  fini dans une urne. J’ai toujours essayé d’être transparent, je ne vous cache rien, tout ce que je dis ça vient des bouquins. C’est ma légitimité de papier, des milliers de pages lues, décortiquées, analysées, que je synthétise dans des billets pour continuer à avancer. Les textes sont argumentés, mais très souvent il y a de la place pour défendre le point de vue opposé, faut juste s’y mettre et tenter.

Quand on essaie de parler de culture, les gens ont tout de suite la feuille dure. Comme si ça faisait peur, que c’était inaccessible, trop riche, trop difficile. Alors que la bibliothèque du coin contient tout ce dont on a besoin. Il suffit juste de se poser, de prendre le temps de gravir la première marche. Personne ne va vous foutre des coups de cravache. Des fois je me dis que les gens ont peur de réfléchir ; être intello,  c’est devenu un truc péjoratif, chiant, emmerdant, bref, rien ne t’incite à y consacrer du temps. C’est sans doute une conséquence de la forme que prend notre société, où l’on cultive la vacuité, si vous n’en êtes pas convaincu : allumez ta télé, tout sauf Arte. Comme si analyser, creuser, chercher à comprendre c’était se prendre la tête, et que celle-ci serait mieux défoncée à faire la fête. Mais il y a quand même des gens qui tentent le coup, parfois c’est très bien, parfois ça ne rime à rien. Ça peut même être carrément comique, comme quand le mec de Fotoloco nous explique, qu’il a trouvé une source d’inspiration inédite : la publicité. Ce n’est pas comme si cette année on avait eu Irving Penn au Grand Palais, qu’on était le pays de Jean-Loup Sieff, Guy Bourdin ou Patrick Demarchelier. Y’a quelques lignes, on parlait légitimité.

Et ça parle et ça piaille dans tous les sens. Si internet c’était de la paille, la connerie ça serait l’essence, mais on peut allumer le feu sans la moindre étincelle d’intelligence. Un billet débile sur le matériel suffit, plus c’est simple mieux c’est, ça sera plus facile à partager. Sur internet y’a quelques archétypes que l’on retrouve tout le temps, qui donnent à la photographie populaire un air de bar, où ceux qui gueulent le plus fort s’agitent au comptoir.

On va commencer par les gourous 2.0 : chacun veut sa communauté et diffuser ses idées. Vous me direz, si elles sont intéressantes, ça peut toujours aider, mais on ne va pas reparler de légitimité. La plupart des chaînes YouTube en français sont chiantes à crever, on y échange les mêmes conseils éculés, tout juste bons à être répétés par le prochain gourou auto-proclamé. J’ai déjà vu des vidéos de plus d’une demi-heure sur comment choisir tel ou tel objectif. Trop d’information tue l’information, à ce tarif, j’aurais arrêté de faire de la photo avant de faire le tour de la question. Et aussi, personne de censé n’en a rien à carrer. Sans déconner, le prochain qui parle matériel, il mériterait juste que sa cervelle soit arrosée d’eau de javel.

Vous allez aussi croiser les « Papy-Bokehs », eux, c’est mes préférées. Dès qu’ils s’approchent d’un clavier, ils vont vous abreuver de conseils qui ne marcheront pas pour vous. Un peu comme quand un aveugle vous explique que vous avez mauvais goût. L’idée, c’est qu’en vieillissant t’as plus de temps, d’argent… mais tout le monde n’en fait pas quelque-chose d’intelligent. Au fond, ils ne cherchent que de la validation extérieure : »si tout le monde fait comme moi, au bout d’un moment c’est que j’ai raison ». Y’a déjà des nations qui sont tombées avec un biais de réflexion aussi con. Oui, c’est un point Godwin, sur ce coup-là j’ai manqué de discipline.

Ensuite c’est concours de vent, critique du vide. Le but c’est presque d’être stupide et de produire un truc insipide, tellement mort, putride. Le dernier concours que j’ai vu, le thème c’était « la photographie », comme si au lieu de réfléchir le mec s’était dit « on va faire simple, efficace, sinon pour tout le monde ça sera l’impasse ». Et je n’ai même pas envie de parler de la critique, c’est tellement n’importe quoi que ça va me rendre épileptique ou tachycardique. Bref, j’fais des bonds et j’hallucine ou j’repars et j’déprime.

Et tout ça baigne dans un étang de bons sentiments. Comme si inviter à progresser c’était agresser. Comme s’il n’y avait pas de distance entre les personnes et leurs travaux, leurs photos c’est leurs égos. Il y a la peur de se mettre en danger, mais si on reste dans sa zone de confort, impossible d’avancer. Cette attitude, c’est comme mettre des œillères pour éteindre un incendie, se boucher les oreilles pour étouffer les cris.

Et on retrouve ça à tous les niveaux, même chez les artistes. Ils préfèrent payer pour se faire éditer. Plutôt que d’avoir une carrière et de bosser. Comme si ils étaient pressées, qu’il y avait une urgence à percer, à être dans la lumière pour exister. Si la qualité suivait, on en serait satisfait. Mais éditeur et conservateurs sont des métiers, qu’on ne peut pas remplacer. Il y a quelques lignes, on parlait de légitimité.

Plus rien ne tourne rond quand le discours devient plus intéressant que la production. Désormais, faute d’oser s’octroyer le titre d’artistes les photographes sont devenu des story tellers. Vu ce qu’on peut voir ça devrait s’appeler des sorry tellers. Une photographie putassière pour charger les égos, si on garde ce tempo dans 10 ans « ta mère la pute ! » ça ne sera plus une insulte.

L’important c’est d’avoir du recul, vous êtes votre pire ennemi. C’est une inclinaison naturelle du cerveau, il nous voit toujours plus beau. Je suis le premier à dire que je fais de la merde. J’aime ce que je fais juste le temps qu’il faut pour le partager, et encore je le fais 6 mois après l’avoir créé. Mais après avoir ouvert un livre d’Eggleston, Cartier-Bresson ou Saul Leiter, comment pourrait-il en être autrement ? De tout ça, on en reparlera dans 40 ans, faut l’temps.

J’avais envie d’essayer le pamphlet, donc dans ce billet, je manipule les mots comme un céramiste les émaux : à chaud. Si tu ne te sens pas concerné, c’est sans doute que tu l’es, moi l’premier. J’ai tendance à ne parler qu’aux gens qui ont déjà envie de m’écouter. Un peu de pédagogie et d’empathie ne me feraient sûrement pas de mal, histoire de faire bouger les choses plutôt que de fanfaronner avec de la prose.

Alors qu’est-ce qu’on fait ? On s’y met. On démarre fort, parce qu’il n’y aura personne pour nous pousser, pour remplir les batteries quand elles seront vidées. On sort la chambre noire, on remplit des cartes mémoires. On claque des obturateurs, crame des capteurs, bosse du soir au matin, quand la lumière revient, quand elle t’invite à recommencer ce qu’on ne devrait jamais arrêter. Photographier.


Notes & sources :

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58 Comments

  1. Rien a rajouter t’a tout dit ….

  2. Ben alors ???? On broie du noir …. et blanc !!! Je plussoie !

  3. Jean-Charles LÉON

    On pourrait faire une typologie des profs de photos, qui s’appellent maintenant Youtubeurs ! Car en fait, ils veulent enseigner. Si on enseignait comme ils le font (je sais, certains enseignants ne sont pas loin de le faire), on aurait le feu dans les établissements scolaires.
    Donc, un bon prof de photo serait quelqu’un qui ne serait pas hystérique, qui ne dirait pas de gros mots, grossièretés, vulgarités, qui ne parlerait pas dans le vide pour ne rien dire, qui ne parlerait pas de lui, qui saurait montrer ses propres erreurs, ses hésitations, ses doutes, mais aussi son empathie pour celui qui l’écoute et qui essaye de bien faire. Un bon prof de photo, d’abord, montrerait ses photos, mais aussi celles qu’il a loupé. Et puis, il serait encouragement, empathie, sympathie… et puis, il donnerait des références culturelles, des références bibliographiques, des conseils d’exercices et d’entrainements à faire.
    J’ai l’impression que ça vous ressemble, bien que je regrette quelques fois certaines légèretés de langage, un certain laisser-aller que vous pourriez éviter comme par exemple le titre de l’excellent article : les cinq meilleurs livres photo de tous les temps putain. Le putain est vraiment de trop, même pour montrer un enthousiasme qui paraît par trop adolescent.
    Cela dit, j’apprécie globalement votre blog, vos photographies. Je suis musicien, spécialiste de musique ancienne (très ancienne même), et je ne regarde pas les photos, je les écoute, je les entends, je vois des couleurs aiguës, graves, des rythmes, un tempo… bref, un sujet que vous pourriez aborder. Bravo en tout cas pour votre travail qui m’inspire beaucoup.

    • Bonjour Jean-Charles et merci pour ce retour.
      Je pense qu’en effet, nous avons la même vision de ce que serait un bon pédagogue.
      Concernant les titres et le ton, c’est volontaire. Déjà parce que bon, j’ai produit assez de textes académiques pendant ma scolarité et que j’en ai eu un peu eu ma dose, mais aussi parce que c’est un blog personnel et qu’il n’a pas vocation à être universel. Je raconte ce que je pense, lis, fait, et partage ça avec le lecteur. L’apparente légèreté, l’humour, les vannes, etc. servent surtout à rappeler cela en filigrane -> c’est un être humain qui parle, pas un programme informatique. D’ailleurs c’est « Les 5 meilleurs livres photo de tous les temps, putain ! « , je tiens à la ponctuation haha.

      Concernant votre suggestion d’article, je crois que l’on peut appeler cela de la synesthésie. J’ai un peu la même chose dans le sens inverse : j’ai appris les notes sur le manche de la guitare avec un code couleur, et c’est un peu resté dans ma tête (mi bleu, fa vert, etc.). Après, ma réponse à toutes les suggestions (les meilleures comme les pires) est toujours la même : le mieux, c’est de le faire soi-même, rien de mieux pour progresser 😉

  4. Levreux Eric

    Enfin un photographe qui pose les bonnes questions et n’hésite pas à mettre les pieds dans le plat !
    Vos textes sont précieux, enrichissants et sources de questionnement utile dans ma pratique photographique.
    Merci Thomas de nous éclairer ainsi !

  5. Thomas,
    Tu viens de me scotcher. Désolé pour cette introduction mais j’avais que des gros mots en tête après avoir lu ton article : des put*, des bor*, oh mer*

    Comme je n’ai déjà écris ailleurs, tu nous apprends rien, tu nous fais grandir. Et cet article et encore dans cette veine même si cela doit encore infuser un peu mais on a le temps . Milles merci !

    • Hello !
      Vu les titres de mes articles, je n’aurais rien eu contre un gros « putain » ou un « bordel » haha.
      Content que ça t’ai plu 🙂

  6. Je suis d’accord avec ton propos. Je me suis fait moi-même cette réflexion quand je débutais ma pratique photographique et que j’étais confronté à toute cette soupe peu digeste que l’on trouve malheureusement trop souvent sur internet. Je ne me reconnaissais tout simplement pas dans ces communautés.
    D’ailleurs, les déclics, cela a été avant tout par la lecture de bons livres de vulgarisation (Henry Carroll, Jean-Christophe Béchet entre autres), la série Les grands courants photographiques d’Arte et bien sûr les Photo Poche.
    Et là, j’ai compris pourquoi un Sébastien Roignant ne m’était d’aucune aide dans la développement de ma pratique photographique 🙂

    • PS : j’aimerais bien la tête que ferait un « papy-bokehs » à la vue des photographies d’Antoine d’Agata 🙂

      • Hello,

        Je réponds à tes deux commentaires ici. J’ai vécu un peu la même chose, c’est comme ça que je me suis mis à lire, puis écrire etc.
        Mon parcours musical (où j’ai fait plein d’erreurs, comme me centrer sur la technique et le matos) m’a aussi un peu servi de leçon. Donc bon, si on est plusieurs à avoir la même expérience et à en tirer les mêmes conclusions, c’est sans doute qu’on va dans la bonne direction 😉
        Les papy-bokehs ne lisent pas mon blog malheureusement (cela serait une source de rire intarissable), donc à moins d’aller poster ça dans un groupe Facebook, on n’aura jamais la réponse !

        Bonne soirée 🙂

  7. C’était bon, putain !

  8. Michel thery

    Que ceux qui sursautent un brin de l’usage de quelques termes argotiques et te le reprochent se réveillent de leur douce anesthésie mentale. Deux bonnes raisons t’y autorisent : 1- La Passion et 2- le style Pamphlétaire
    Bravo sur toute la ligne.

  9. Baptiste Plichon

    Joli ! (J’ai pas grand chose d’autre à ajouter)

  10. Bonjour et par avance désolé pour la longueur du propos mais personne n’est obligé de lire.
    A longueur de ton blog dont je me délecte, tu encenses l’amateurisme, la simplicité, l’impossibilité de juger une photo, tu rappelles les règles et les techniques basiques et tu les dénonces souvent à juste titre, et là … PAN !
    Non, arrêtez de surfer sur les sites de photos, n’écoutez pas ces pseudos enseignants, dénoncez les papys bokeh, brulez internet, etc …
    Si la musique, pour reprendre une de tes références préférées, n’avait pas été réinventée par des jazzmen, des rappeurs, des chanteurs pop, des étoiles filantes de la notoriété, des qui n’ont aucune voix ni culture musicale, on n’écouterait peut-être aujourd’hui que Mozart, Beethoven et leurs copains.
    En littérature, on aurait raté Victor Hugo et les autres pour se contenter de la Bible et peut-être de quelques philosophes grecs.
    Moi, je fais des couchers de soleils, des portraits avec netteté sur les yeux, ronds de lumière flous en arrière plan et j’aime ça quand c’est réussi à mon gout. J’essaye de temps en temps de sortir de cette « zone de confort » par curiosité et parce que je crois que le monde est grand. MON art, c’est ça. Et je ne le vends à personne.
    Je fais cela (et quelques autres choses) depuis de nombreuses années.
    Cela ne m’empêche pas d’arpenter régulièrement les musées et les livres et d’apprécier ou pas. Et mon appréciation non plus, je ne la vends à personne.
    Tes appréciations sur tel ou tel photographe ou sur telle ou telle production sont tout simplement passionnantes quand elles apportent un angle de vue original ce qui est heureusement très souvent le cas. Mais elles deviennent peu supportables quand tu confisques le droit d’accorder ou pas la légitimité à l’un ou l’autre.
    Il faut veiller à ce que la critique ne devienne pas une forme de censure.
    Pour finir, je citerai un auteur connu (tellement pertinent parfois) :

    « Y’a pas de vérité ultime, et je ne prétends pas en avoir une, et même si elle existait, avant de la trouver, j’aurai sûrement  fini dans une urne. »

    Vas, je ne te hais point.
    Bernard

    • Bonjour Bernard !

      Personne n’est obligé de le lire… sauf moi :). Je réponds toujours à tout le monde, peut importe ce qu’on me raconte.

      Votre commentaire est un peu paradoxal, vous me reprochez plein de choses (on va y revenir), tout en utilisant une citation du texte où j’affirme le contraire. C’est compliqué.

      « A longueur de ton blog dont je me délecte, tu encenses l’amateurisme, la simplicité, l’impossibilité de juger une photo, tu rappelles les règles et les techniques basiques et tu les dénonces souvent à juste titre, et là … PAN ! »

      • J’encence l’amateurisme dans son sens original : voir ici.
      • Au contraire, il y a un billet qui explique comment analyser des productions (c’est un de mes préférés, mais je ne sais pas pourquoi, tout le monde le rate).
      • Il n’y a quasiment jamais de règle / technique sur le Blog (mis à part la série sur le noir et blanc) et je ne parle que de méthode en général.

      Donc bon, ça ne me dérange pas que l’on ne soit pas d’accord avec moi (le Blog est là pour ça aussi), mais il faut rester juste. Le cœur de ce que je défends ici c’est la photographie personnelle, et il n’y a rien de personnel quand tout le monde produit la même chose. Si les jazzmen et les rappeurs ont réinventé la musique (le terme est peut-être un peu fort) c’est parce qu’ils faisaient ce qu’ils avaient envie de faire, indépendamment des carcans. C’est pour ça que je tacle souvent les pratiques communes du web : si tout le monde fait la même chose, en quoi est-ce personnel au final ?

      Et pour être clair, dans le texte je dis surtout qu’il faut se poser la question de la légitimité de la personne qui nous parle, de prendre du recul sur le contenu. Après, chacun fait son tri, je ne confisque rien. Je partage ici mes réflexions, pousse à réfléchir, pas de censure.

      Si vous lisez régulièrement le Blog, c’est étonnant que le contenu vous ait surpris, alors qu’au final il n’y a rien de vraiment neuf dedans. Je me suis amusé sur la forme, mais le fond est déjà présent et disséminé dans les autres articles. Ce billet est plus une synthèse d’une position déjà défendue qu’une vraie nouveauté.

  11. Mais ce texte est une musique…. En lisant, j’étais bercée par le rythme, les rimes, vous devriez écrire des chansons.
    La lecture fut donc fort agréable à « écouter » ; sur le contenu, tout est dit en effet… Le partage est indispensable pour progresser, j’en suis convaincue, mais l’ego occupe trop souvent la première place, l’humilité constructive fait défaut.
    Bravo pour cet article aussi agréable à lire qu’à réfléchir.

  12. Heureusement que tu précises qu’il s’agit en réalité d’un putain d’pamphlet ! Était-ce nécessaire, pour autant, de convoquer Bourdieu ? 🙂
    Le photographe du dimanche que je suis en a pris un peu pour son grade ; déjà parce qu’il m’arrive de regarder des vidéos de youtubeurs dont celles de Sébastien Roignant, qui semble déplaire à Damien et où il m’arrive d’apprendre des trucs (et je n’en ai pas honte, au contraire 🙂 ; J’aime bien aussi Photo Synthèse (du fameux concours) où j’ai appris pas mal de choses sur l’histoire de certaines photos et donc de photographes. Cetes, il n’est pas sociologue, mais sincèrement, est-ce vraiment une tare ? Ensuite, le fait que le seul diplôme dont je suis détenteur soit un maigre « Certif’ » m’empêche de me penser intello. Alors, disons que, comme beaucoup, je fais ce que je peux, dans la vie et en photographie… 
    Thomas, bonne journée…

    • Nécessaire, non, comme tout le Blog. A part manger et dormir y’a peu de choses de vraiment nécessaires. Mais pertinent, sans doute. J’aime bien son approche sociologique des pratiques.
      Tout le monde en prend pour son grade, c’est l’idée, secouer pour faire réfléchir.
      Sébastien a produit d’excellents contenus sur Lightroom & Photoshop (avec Phlearn c’est lui qui m’a appris à m’en servir). Elie fait un bon travail de vulgarisation, c’est l’idée du concours qui m’a fait marrer.

      Bonne journée !

  13. Bonjour
    Bien vu Thomas. J’ai trouvé la lecture moins fluide que d’habitude et à y regarder de plus près, j’y vois une explication : on dirait (presque) un texte de rap avec des phrases courtes et une volonté de rimes.
    Par exemple dans ce paragraphe (entre autre) :
    « Ils préfèrent payer pour se faire éditer.
    Plutôt que d’avoir une carrière et de bosser.
    Comme si ils étaient pressées,
    qu’il y avait une urgence à percer,
    à être dans la lumière pour exister. »
    C’est-y mes yeux qui me joueraient des tours ou est-ce un effet de style ? J’ai du mal à croire au hasard :o)).

    • Haha, nan ça n’est pas du tout le hasard !
      J’ai voulu me faire plaisir sur la forme, ça me permet de varier un peu les plaisirs. J’en avais parlé sur la page facebook avant la sortie.

  14. Lionel Picard

    Grand corps malade, sors de ce corps ! J’ai lu tout le billet avec une grosse voix dans la tête ! Ce post, franchement c’est pas du rap mais du slam !

    • Haha, je vous laisserait débattre du genre musical auquel s’apparenterait ce texte.
      Mais un de mes gentils relecteurs m’a suggéré l’idée, il y a peut-être une reconversion à envisager. 🙂

  15. Bonjour Thomas
    Une fois de plus ton analyse critique est très juste mais pourquoi voudrais tu que la photographie échappe au manque de culture générale et de curiosité critique ambiante. La grande majorité des Français se complais dans la facilité et le superficiel sans jamais se poser les bonnes questions et qu’ils se passionnent pour la photographie ne modifie pas le pourcentage. Mon père me disait « si tu ne lis pas tu sera obligé de croire ce que l’on te dit » . Parmi les photographes quel est le pourcentage qui a lu Barthes, Béchet et connais photo poche? J’ai bien peur que tu preches dans le désert mais tu as bien raison de rester en résistance face au laisser allez général. Tu auras le mérite de sauver certains de ceux qui te lisent. A plus dans le bus.

    • Il était plein de sagesse ton père, je garde ça dans un coin de ma tête 🙂

      On va dire que je suis moins pessimiste que toi, et que bon, c’est en mettant du contenu en ligne (quasi inexistant actuellement) qu’on fera bouger les choses !

  16. Super billet, comme d’hab’ , dis moi t’as écouté San du pré-cité Orel’ en l’écrivant ? Parce que j’ai bloqué en te lisant, je trouvais un rythme et des rîmes, je l’ai lu comme un slam’ ton texte ^^

    • Oui, c’était un peu le but, s’amuser en travaillant la forme.
      J’écoute sa musique depuis l’époque où il balançait ses sons sur Myspace. A l’ancienne !
      Ça laisse des traces.

  17. Ah ahh , c’est bien ce que je pensais, j’aurait juste peut être du également lire les commentaires avant de poster mon précédent post.

  18. Bonjour Thomas,
    Juste quelques mots pour dire que je suis assez d’accord avec ton billet, ton analyse et ton enthousiasme à partager ce qui te tient à cœur. Ayant lu tes publications précédentes, c’est celle-ci que j’apprécie le plus car, me semble-t-il, elle aborde des sujets qui peuvent concerner pas mal de gens ayant un rapport avec la photo, alors que dans les précédentes, les arguments me passaient parfois au-dessus de la tête, un peu trop décalés de la réalité du petit amateur de photo que je suis, un style parfois un peu trop intello, un peu trop directif et laissant peu de place pour un point de vue différent, bref, je n’avais pas toujours envie d’aller jusqu’au bout de ton propos.
    Un tout petit (vraiment petit) bémol, je te trouve un peu cruel avec les « papy-bokeh », car je pense être dans la tranche d’âge qui les concerne … faut juste éviter de généraliser et de mettre tout le monde dans le même panier, comme quoi faut pas désespérer de l’homme, même si ce que tu dis concernant cette catégorie n’est pas vraiment faux, juste un peu excessif… mais il en existent aussi qui pensent que l’ouverture d’esprit n’est pas une fracture du crâne.
    Bonne continuation pour la suite, je vois avec plaisir que la plupart des intervenants partagent ton point de vue, je me joins à eux pour t’encourager à continuer dans cette voie et à nous faire découvrir tes prochains sujets de réflexion, sans oublier de te remercier pour ce partage enrichissant.

    • Hello Michel !

      Merci pour ton retour. Alors 2 remarques :

      • Tu dis « un style parfois un peu trop intello, un peu trop directif et laissant peu de place pour un point de vue différent », alors intello, oui, je le revendique presque. Par contre le reste pas du tout, y’a rien que j’aime plus qu’on vienne me chatouiller en commentaire. Il suffit de prendre un clavier et d’argumenter dans l’autre sens, je le dis clairement c’est un blog PERSONNEL, donc subjectif et assez empirique, bien que j’argumente beaucoup pour me détacher de ça.
      • Attention, je me moque gentiment d’une tranche d’âge + d’un comportement. Pas d’un âge seul, et ceux ayant de l’ouverture d’esprit n’entrent pas là dedans. La réalité est forcément plus nuancé que les quelques lignes de ce billet. Comme souvent, l’idée est plus de secouer pour faire réfléchir (on est en plein dedans là) que d’apporter des réponses définitives

      A plus dans l’bus !

  19. Philippe Delétrée

    la photographie est devenue populaire dès que l’appareil photo est devenu un simple périphérique de l’ordinateur. Je crois qu’il y a plusieurs niveaux dans la photographie. La photographie des touristes qui a juste vocation à ramener des souvenirs. La photographie un peu plus élaborée, celle des clubs photos par exemple qui permet à ses adhérents d’acquérir un petit savoir-faire. Mais tout ceci reste de la photographie de loisirs pour des milliers de personnes qui, effectivement, regardent youtube pour se perfectionner. Ca fait du monde ! Les allées du salon de la photo sont là pour en témoigner. Mais tout ces gens ne se revendiquent pas « artistes ». On pourrait se dire que pour voir de la Photo, la vraie, celle des artistes au sommet de leur art, il faut parcourir les expos des rencontres d’Arles. La Mecque de la photographie. J’y vais tous les ans depuis des années et tout les ans je suis de plus en plus déçu. Ce n’est plus de la photo, c’est de l’art contemporain qui frise parfois la débilité. Comme par exemple trois grandes photos qui montre un homme tournant le coin de sa maison. T’es content de payer pour voir ça. Alors finalement une photographie populaire au niveau artistique faible, une photographie élitiste souvent peu compréhensible, qu’en penser ? Je crois que les deux types de photographies cohabiteront. Je ne crois pas qu’il soit utile de « faire la leçon » aux tenants de la photographie populaire. ce serait faire la leçon à Willy Ronis par exemple avec des images de Vincent lançant l’avion, le petit parisien au pain ou le nu provençal qui ferait pâle figure aujourd’hui à Arles. Finalement la photographie devenue populaire a du bon. Elle ouvre la pratique à des millions de personnes. Et c’est parmi celles-ci que se dégagera les meilleurs photographes. Il faut un peu de temps pour que les meilleurs émergent. Inutile donc de « tirer sur l’ambulance ».

    • Bonjour Philippe,

      La photographie est devenue populaire dès que l’état français a acheté le procédé de Daguerre et l’a rendu public. Les gravures de l’époque montrent les rues envahies de photographes, c’est très ancien.
      Et je n’aime pas trop le termes de niveaux, ça fait scolaire, logique. Il s’agit plus de pratiques différentes, mais vous caricaturez un peu. Entre l’amateur et le photographe exposant aux rencontres d’Arles il y a un monde. Je n’ai pas été à Arles cette années, mais j’ai fait Paris Photo. En effet, il y a des choses très contemporaines (dont certaines que j’aime bien) mais pas uniquement. Il y avait des tirages d’Omar Victor Diop, à deux allées de Louis Faurer, et aucun des deux n’étaient ridicules par rapport à l’autre.

      « Je crois que les deux types de photographies cohabiteront. »

      Je ne crois pas qu’il y ait 2 types de photographies, ce n’est pas binaire. Il s’agit plus de niveaux de gris que de noir blanc, pour prendre une métaphore propre au contexte.

  20. Le titre est savoureux, intelligent et intelligible. Une idée de titre pour un prochain papier : « La photographie dans le boudoir ! » 🙂

  21. P…! Il y avait longtemps que je n’avais plus entendu « Comme le disait Pierre Bourdieu… » Un retour de quelques années en arrière. Merci déjà pour cette cure de rajeunissement pour pas un rond 😉
    C’est vrai que quand on commence à faire de la photographie, sans bases, on se tourne volontiers vers Internet où on trouve tout et surtout son contraire. Depuis que j’ai découvert le blog de L. Breillat je suis devenue fidèle. J’aime le ton, léger, les explications, toujours claires, l’absence de prise de tête genre « je détiens la vérité, aie confiance ». Et en plus tout se qu’il dit se vérifie! Dingue non? 😉
    Bref, j’ai aimé la ligne directrice de ton billet et je préfère lire quelque chose de bien écrit, limite intello, que me casser la tête à essayer de comprendre un texte écrit en langage sms ou dans un sabir incompréhensible dont on se demande si le but était d’y fourrer un maximum de fautes de français.
    Merci donc pour cette minute lexicale.

  22. Jean Valjean

    Comme d’hab, tout et son contraire. A la recherche du buzz. Cracher sur le concours PhotoSynthese c’est tellement petit, petit comme ton esprit

  23. Oscillateur Mécanique Forcé

    Y’aura toujours des gens pour chanter sous la douche, Les gens continueront a faire des selfies ou a jouer des percussions sur leur cuisse et on continuera a danser bourré pour s’amuser
    l’art n’est pas le propre des gens doué, talentueux, ou qui ont quelque chose a dire
    il n’est d’ailleurs pas le propre de gens qui n’ont du talent que la prétention et qui savent autant faire des photos que formuler une argumentation condescendante
    Et pour citer Orelsan  » Pour être un fils de pute, pas besoin d’avoir une daronne sur un trottoir « 

  24. Hello,
    J’ai débuté et arrêté la photo avant le grand avènement d’internet idem pour le tournage sur bois et quelques autres activités. Avant donc, c’était une rencontre, une démo, un club parfois où on te mettait le pied à l’etrier et tu apprenais petit à petit et surtout de tes erreurs. J’ai toujours adoré ces temps de découverte, ça n’allait pas toujours vite mais c’etait notre chemin.
    Quand j’ai voulu reprendre, les forum avaient fleuris partout sur la toile et j’ai pris conscience que chaque fois qu’un débutant posait une question la réponse était invariablement ‘’fait un stage’’!
    En cinq jours, ils avaient le niveau que j’avais mis un an à acquérir mais je me demande si on ne leur vole pas un peu l’enfance de l’art.
    Heureusement qu’il y a encore des personnes passionnées qui expérimentent et tracent leur propre chemin
    Salut à tous

  25. Bonjour Thomas,

    un peu à la bourre dans la lecture de cet article, je me permets de faire un petit retour.
    Tu t’es fait plaisir sur le ton, le pamphlet, et c’est réussi. J’aime bien quand ça flingue un peu, même si j’en prend un peu aussi plein la gueule au passage 😉
    J’adore la parenthèse sur Blaise Fielder, je sais pas comment ce mec fait pour sourire tout le long de ses vidéos, ça doit être épuisant!
    Sinon pour le fond, il est vrai qu’aujourd’hui nous vivons à l’époque d’internet, du tout accessible en un clic, des youtubeurs autoproclamés profs avec leur fan(atique)s quasi érigés en idoles.
    Et internet, on y trouve tout et n’importe quoi. Quand on débute, on se tourne naturellement vers ce média. Et on y apprend des choses quoi qu’on en dise. Mais il faut avoir ensuite la curiosité de pousser un peu plus loin, de chercher à comprendre. ça s’appelle l’esprit critique il me semble… j’avoue qu’en photo j’ai encore beaucoup de chemin à faire et que j’ai furieusement besoin de me mettre un bon gros coup de pied au c..

  26. Bon déjà, chapeau pour la rédaction, car habituellement j’aimerai déjà avoir cette facilité d’écriture mais là, j’en suis incapable, c’est top ! 🙂
    Pour le fond, je suis d’accord, effectivement, on apprend pas toujours des choses, ce sont surtout des rappels de sujets que l’on a vite fait d’oublier. Et c’est surtout ça l’important, se les rappeler souvent, garder le cap.
    C’est horrible comment les gens dit « intello » sont mal vu, de pire en pire. La société part droit dans le mur, mais bon, on avait eu des signes précurseurs comme la réplique d’un gars dans le Loft au début des années 2000 : « C’est quoi du « tim » (pour thym) … Bref !
    Il y a beaucoup trop de productions, d’une part on est noyé là-dessous, et d’autre part, une grande partie est creuse. C’est un constat, et je ne dis pas que je fais mieux. Mais c’est tellement plus facile de voir ce qui n’est pas bon que de produire du bon, mais il faut persister ! 🙂

    P.S. : Dans un Cultura en Ile de France il y a un énorme rayon consacré aux guitares, comme quoi ! 😉

    • Haha, oui je m’en souviens de cette réplique ! C’était les débuts de la télé-réalité, dans tout ce qu’elle nous a apporté de grandiose.
      Déjà, faire la différence entre ce qui est creux et sans intérêt et le reste, c’est un bon début !
      Je note pour le Cultura… mais j’continuerai à me fournir au magasin près de chez moi 😉

      • Evidemment, c’est plus simple vers chez soi, avec un vrai magasin spécialisé et sûrement un bon vendeur-passionné pour nous conseiller.
        Pour info, si tu passes dans le secteur et que l’envie de prend, c’est au Cultura à Belle-Epine (94).

  27. Merci Thomas !

    Ça fait déjà un an que je lis ton blog sans jamais laisser un commentaire, mais cet article est particulièrement jouissif. C’est vraiment agréable de lire une réflexion intelligente sur internet.

    J’ai commencé à m’intéresser à la photographie il y a deux ans et j’ai vite compris que les chaînes YouTube ne pouvait pas m’apporter grand-chose. Le pire sont les commentaires sur YouTube, il faut vraiment croire que certaines personnes n’ont aucune curiosité et attendent sagement que leur YouTuber favori leur serve une vidéo chiante à mourir. Comment peuvent-ils dire que la photographie est leur passion !?

    Bref encore merci pour tout ce que tu fais.

  28. Bonjour Thomas,
    J’ai lu, relu et « relulu » ce billet (comme bien d’autre sur ce blog) et suis totalement en phase avec tes propos, aussi virulents puissent-ils paraître à certains !
    Il me semble avoir lu un jour quelques part des propos attribués à Jean-Loup SIEFF au sujet des « vieux messieurs en pardessus gris que l’on croise le vendredi soir dans les club-photo » … en clair, une variante de tes « Papy-bokeh », appellation criante de vérité qui m’a bien fait rire !
    (nota bene : si quelqu’un peut me retrouver et confirmer cette citation de Sieff je suis preneur !)
    Bref, je retrouve dans ce texte tout les travers contre lesquels j’ai du lutter dans ma modeste expérience d’animateur photo au sein de diverses structures où j’ai toujours cherché à insuffler la notion de démarche plutôt que la connaissance technique.
    Au plaisir de te lire !

    • Hello Bertrand !
      Merci pour ton message, content que ça t’ait plu. Et si quelqu’un retrouve la citation, je suis preneur aussi !

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