Un éloge de la simplicité

Date de la dernière mise à jour : le 3 septembre 2018


Introduction

Photographie – Graciella Iturbide

La photographie est en apparence l’ennemie de la simplicité. Quand on commence à pratiquer, on se pose plein de questions (« Comment faire ceci ? », « A quoi sert cela ? », « Que dois-je acheter ? »), et s’il est bien simple de mettre en place un système photographique qui répond théoriquement à tous les besoins possibles et imaginaux, il est beaucoup plus complexe d’en sortir et de faire le chemin inverse. J’entends par système photographique « l’ensemble des outils de production de vos images », à savoir le matériel + votre flux de travail, un peu comme les machines d’une usine et l’ordre dans lequel elles doivent fonctionner, en bref. J’ai fait la même erreur avec la musique, une guitare pour ceci, une pour cela, jusqu’à choisir de réduire pour revenir vers plus de simplicité. Et, parce que j’ai la tête dure et que l’on est tous victimes de moments d’égarements parfois, j’ai aussi fait pareil, dans une moindre mesure, en photographie (ce qui s’est réglé il y a quelques mois maintenant, mais on va en reparler).

Comme d’habitude, je ne prétends pas ici délivrer de méthode ultime et universelle, applicable par tous et valable en tous lieux et tous temps. Il s’agit encore une fois de donner des pistes, celles qui marchent pour moi, a minima pour vous faire réfléchir à votre pratique. L’idée étant extrêmement simple : réduire au maximum la distance entre l’idée / l’envie que vous avez en tête, et le résultat final, obtenu une fois que votre « système photographique » a fait son œuvre. Même si beaucoup peuvent prendre du plaisir dans la réalisation des photographies, dans le processus (moi le premier, j’adore photographier), c’est le résultat final qui concrétise vraiment tous nos efforts. Plus de simplicité, c’est plus de facilité pour aller vers ce résultat.

Avant de démarrer, juste une dernière précision : l’article étant plus théorique / philosophique que purement historique, j’ai décidé de l’illustrer arbitrairement avec des photographies issues d’artistes mexicains (pour qu’il n’y ait pas que du texte). Pourquoi Mexicains ? Parce que j’en avais envie, et que je le rappelle, je suis chez moi ici. On parlait de simplicité, nous y sommes. Et si vous vous posez la question, la photographie illustrant cet article est : Unité d’habitation Nonoalco-Ttlaleolco, México, 1963 – Rodrigo Moya. Voilà, mettez votre ceinture, prenez un burrito, on peut y aller.

Dans le matériel

Deux paires de jambes, 1929 – Manuel Alvarez Bravo

Le matériel, c’est – d’une large tête – la source de stress N°1 quand on débute la photographie, et ça ne s’arrange pas ensuite. Cela part souvent d’une bonne intention : la volonté de bien faire, d’être paré pour toutes les occasions, avec l’idée derrière la tête que si l’on peut faire face à tout avec le bon outil, on en fera de bonnes photographies. Généralement, cela se passe en deux temps :

  1. On achète ce dont on pense avoir besoin. Un grand angle pour la photographie de paysage, un autre pour le portrait, une focale intermédiaire « à tout faire », un objectif discret et léger pour la photographie de rue, etc. Et là c’est la course à la performance, ces achats sont généralement l’occasion de se farcir moult tests pour être sûr d’investir chaque euro durement gagné dans le produit le plus adapté. Limité par le budget, l’achat final est une affaire de compromis, dont on devra se satisfaire.
  2. On doit utiliser le matériel. Et c’est là qu’un trop plein de choix est souvent vecteur d’un stress assez inutile : « Quel matériel prendre pour cette sortie ? Est-ce que ça sera vraiment le plus adapté ? Est-ce que je ne devrais pas prendre tel truc en plus, je l’ai payé mais je ne l’utilise pas…« .

Tout ça pour dire qu’il faut plutôt prendre le problème dans l’autre sens. Au lieu de s’inquiéter et de s’équiper pour tout faire, il vaut mieux réduire ses possibilités au strict minimum, et utiliser ses neurones & ses jambes pour s’adapter, éléments qui demeurent sans doute vos meilleurs outils. D’une certaine façon, c’est un peu comme au restaurant, si vous avez une carte avec 10 entrées, 20 plats et 10 desserts, c’est d’une part inquiétant (quel restaurateur sérieux sait préparer et dispose de la matière première fraîche pour faire autant ?), et d’autre part, assez difficile de se décider. Alors qu’avec une carte où on aurait 3 choix pour chaque plat, la décision est prise en 2 minutes et on se concentre sur l’essentiel : s’en coller plein la panse. Donc moins de choix, c’est moins de frustration.

Mais comment réduire intelligemment ce que l’on possède pour revenir à plus de simplicité ? Eh bien, on va utiliser le principe de Pareto, dit « 80/20 ». Ce principe est une théorie empirique (donc non scientifique), mais régulièrement constatée, qui stipule que dans un domaine donné on peut observer que 20% des causes donnent 80% du résultat final. Par exemple, appliqué au commerce cela veut dire que 20% de vos clients font 80% de votre chiffre d’affaire, cela peut être 30/70 aussi, mais vous voyez l’idée. Cela peut aussi se retrouver socialement : vous faites 80% de vos soirées avec 20% de vos amis et le reste plus occasionnellement. L’idée est donc de se concentrer sur ces 20% qui donnent de vrais résultats, et de mettre de côté le reste. Si l’on reprend le premier exemple ci-dessus, si 20% de vos clients font 80% de votre chiffre d’affaire, eh bien, chouchoutez-les, et traitez les autres normalement (ou arrêtez de faire affaire avec eux s’ils vous cassent les pieds).

Et l’on peut appliquer ce principe à la photographie et plus particulièrement au matériel : vous faites très probablement une très grosse partie de vos images avec une portion réduite de votre matériel (le fameux 80/20 !). Dans mon cas, quand j’utilisais encore un reflex je produisais 80% de mes images avec un 24mm (notamment le projet Intercité), et j’employais le reste plus ponctuellement en fonction des besoins. Et bien, j’ai fini par tout revendre (on y vient).

Si jamais vous avez du mal à avoir cette vision de la proportion de votre matériel que vous utilisez vraiment, je vous invite à utiliser cet outil : Lightroom dashboard. Il vous permettra de charger votre catalogue, et vous fournira toutes les statistiques nécessaires pour vous décider. Ensuite on applique un principe tout simple : Better ash than dust, soit « De la cendre plutôt que de la poussière« . Cela vient d’une chanson éponyme du groupe Stick to your guns, j’aime beaucoup l’idée qui se cache derrière : il vaut mieux y aller franchement en une fois plutôt que de laisser les choses traîner. Une fois que vous savez ce qui ne vous sert à rien, vendez tout, et à vous la simplicité.

Je l’ai expérimentée il y a quelques mois : j’avais envie de réduire ce que je possédais, pour les raisons exposées ci-dessus. Avec le temps j’avais accumulé plus de choses que ce dont j’avais vraiment besoin (le fameux « un objectif pour ceci, un pour cela« ) et ne me servant pas de tout, je ne voyais pas l’intérêt de le garder. J’ai donc tout revendu, et racheté uniquement ce dont j’avais besoin (et un boitier plus petit au passage). A l’exception d’un trépied (que j’ai conservé parce que parfois bien utile même si je le sors peu), tout ce que je possède est sur la photo ci-dessous (c’est détaillé ici si cela vous intéresse).

Dans ton sac

C’est aussi une configuration qui correspond plus à mon rythme. La semaine j’utilise le 23mm pour la photographie de rue (étant donné que je photographie Intercité sur mon trajet quotidien), le week-end j’utilise plutôt le 35mm pour InColors (la focale étant plus courte cela rend la composition plus simple) ainsi que pour la photographie perso, et le vendredi, c’est argentique. Ma petite tradition à moi. Ainsi, j’utilise tout régulièrement, sans avoir à me poser 10 000 questions à chaque sortie, car comme le dirait ce bon vieux Antoine :

La perfection est atteinte, non pas lorsqu’il n’y a plus rien à ajouter, mais lorsqu’il n’y a plus rien à retirer.
St. Exupéry

Volando bajo – Pablo Ortiz Monasterio

Dans le workflow

Photographie – Lola Alvarez Bravo

Comme dit en introduction, votre système photographique se compose de votre matériel, qui peut être drastiquement simplifié, mais aussi de votre flux de travail, que les Anglo-saxons appellent workflow. Ce dernier aussi peut-être réduit à l’essentiel afin de raccourcir la distance entre la prise de vue (l’utilisation du matériel) et l’obtention du résultat final. Globalement, je vois deux points sur lequel être vigilant afin de gagner en simplicité & sérénité :

  • L’organisation de vos prises de vue. Là, il s’agit plus de choisir un camp, et d’agir en conséquence. Selon votre pratique, vous aurez soit besoin de beaucoup de préparation (pour la photographie de studio, reportage, paysage naturels par exemple), soit d’aucune (photographie de rue, de la vie quotidienne, paysage urbains, etc.). Je schématise un peu, mais si vous n’êtes pas partant pour une préparation minutieuse de chaque séance, lancez vous plutôt dans des disciplines de la seconde catégorie. C’est d’ailleurs mon cas, je ne m’imagine pas régler tout un set de lampes à chaque prise de vue, donc je vais au plus simple : je sors et je photographie. Il n’y a pas de bonne solution absolue ici, il faut juste se poser la question à un moment.
  • Le flux de traitement de vos images. Cette étape peut rapidement devenir une usine à gaz si l’on se laisse emporter par la pléthore d’outils auxquels l’informatique nous donne accès. Point de solution miracle cette fois aussi, pour ma part j’essaie d’avoir un flux de travail numérique minimaliste. Non pas que cette étape n’est pas importante (elle est en toute logique essentielle) mais disons qu’il y a une sorte de courbe décroissante dans la pratique du traitement numérique : on consomme beaucoup de temps au début (oui votre temps est une denrée rare) à trouver ce que l’on souhaite faire, puis une fois que c’est fait, viennent les habitudes. Pour ma part, je procède comme suit :
    • Je prends les photographies, puis attends 1 à 2 semaines avant de les importer sur mon ordinateur. Déjà parce que je m’en tamponne, j’ai toute la vie pour les regarder, mais aussi parce que ça me permet d’être « à froid » lors du traitement.
    • Je range les photographies dans des dossiers annuels et des sous-dossiers mensuels. Sauf la photographie de rue que je range à part, parce que ça constitue un projet séparé et que sinon je ne m’y retrouve pas (je dois prendre 30 photographies par jour quand je bosse, ça serait ingérable sur plusieurs années). Je les range dans un dossier « Intercité » lequel contient trois sous-dossiers : à trier, conservées, rejetées. C’est simple, basique, ça marche pour tous les projets. A réutiliser sans modération.
    • J’importe les photographies dans Lightroom, j’utilise le système de marquage pour trier les images. Les marqueurs indiquent si une photo est retenue ou rejetée. A chaque image, instinctivement, je choisis de marquer une image comme rejetée ou retenue, jusqu’à ce qu’elles y soient toutes passées.
    • J’intègre les images retenues dans des collections, à raison d’une par projet. C’est le fameux sas dont je vous parlais dans l’article De l’art de l’édition. L’avantage est qu’elles sont synchronisées en ligne, ce qui me permet de bosser l’édition d’un projet d’un peu partout (mobile, navigateur internet, ordinateur portable) sans être dépendant d’un appareil.
    • Pour la retouche, j’utilise mes propre presets, là aussi à raison d’un par projet. Il ne s’agit au final que d’un enregistrement à un instant donné d’un traitement que j’apprécie et considère comme représentatif, mais c’est quand même une option bien pratique. De plus, en étant astucieux on peut les synchroniser entre deux ordinateurs en utilisant Syncback Free & Dropbox, de quoi travailler partout d’une façon cohérente. Cela permet de fixer les choses et d’être certain d’avoir une certaine cohérence visuelle tout au long d’un projet, sans faire d’expérimentations à chaque image pour rester cohérent.

C’est sans doute un flux de travail perfectible, mais il me permet de ne pas passer trop de temps derrière un ordinateur, tout en obtenant ce que je souhaite assez rapidement. Et comme on ne change pas une équipe qui fait match nul, on va continuer comme ça.

La toile d’araignée – José Luis Neyra

Dans la photographie

Perfeccion, 1988 – Lazaro Blanco

Ainsi, on peut simplifier notre système photographique, ce qui représente une économie de temps, de questionnements et de stress, intéressante. Mais la simplicité se retrouve aussi en photographie, dans le style de l’auteur cette fois. Ce n’est pas particulièrement une pratique vers laquelle je conseille (ou déconseille) d’aller, à l’inverse de ce que j’ai dit précédemment. Il y a certains photographes, je pense notamment à Alex Webb, qui produisent des images très complexes, mais pas moins intéressantes pour autant. C’est juste une approche différente.

Nuevo Laredo, Mexique. 1996. – Alex Webb

Si je prends un peu de temps pour le souligner c’est parce que c’est un style que j’aime bien. J’en ai déjà parlé sur le Blog, si vous vous intéressez à des choses simples mais efficaces, je vous invite à relire :

C’est un trait que l’on peut retrouver dans l’œuvre de grands photographes, en voici quelques exemples, encore mexicains, histoire d’aller au bout :

No. 2—Ollas (Oaxaca, México), 1926 – Edward Weston

Easter Lily and Bud – Tina Modotti

Shop Front , Puebla, Mexico, 1942 – Irving Penn

Barragan House, 2000-2001 – Hiroshi Sugimoto

Conclusion

En relisant ce billet, une certaine ironie a pointé le bout de son nez : il paraît bien compliqué d’aller vers la simplicité. J’ai détaillé ma propre pratique, pour donner quelques pistes, mais si vous ne devez retenir qu’une chose, faites que ça soit la question suivante : « Comment simplifier ma pratique ? Comment y appliquer le principe de Pareto ?« . Oui, je sais, ça fait deux questions. J’ai aussi essayé de faire un billet au format court, je voulais le limiter à 2 000 mots (soit loin des 4 000 en moyenne l’année dernière), mais il semblerait que ça soit raté, je vous laisserai le soin de vérifier le nombre exact par vous-même.

Enfin, pour finir, et pour donner une touche « création de projet » à ce billet, on va conclure par une citation de Nina Simone, que l’on peut entendre à la fin du morceau Better ash than dust dont je vous parlais :

Je choisis de refléter les époques et situations dans lequel je me suis trouvée. C’est, pour moi, mon devoir. Et à ce moment crucial de nos vies, quand tout est si désespéré, quand chaque journée est affaire de survie, je ne pense pas que vous pouvez aider sans être impliqué. Les jeunes gens, Noirs et Blancs savent ça. C’est pour cela qu’ils sont si impliqué en politique. Nous allons façonner et mouler ce pays, ou il ne sera plus moulé et formé du tout. Donc je ne pense pas que vous ayez le choix. Comment être un artiste et ne pas refléter l’époque ?

Nina Simone. 1969.

Voilà, si vous ne savez pas quoi faire, si vous ne savez pas de quoi parler à travers vos photographies, simplement, reflétez l’époque.

Ps : voici la citation dans sa langue originelle : « I choose to reflect the times and situations in which I find myself. That, to me, is my duty. And at this crucial time in our lives, when everything is so desperate, when everyday is a matter of survival, I don’t think you can help but be involved. Young people, black and white, know this. That’s why they’re so involved in politics. We will shape and mold this country or it will not be molded and shaped at all anymore. So I don’t think you have a choice. How can you be an artist and not reflect the times?  » Nina Simone. 1969.

Photographie – Flor Garduño


Je vous laisse avec le morceau de Stick To Your Guns, il est temps !

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14 Comments

  1. Hello. Tout d’abord une ou deux petites piques de la correctrice folle :

    Chapitre « le flux de traitement de vos images », 4e puce blanche : …à raison d’une par projet.

    Dans le texte de Nina Simone, j’aurais traduit « I don’t think you can help but be involved » par « je ne pense pas que vous puissiez vous empêcher d’être (ou de vous sentir) impliqué ». A mon avis, le sens de help, ici, n’est pas aider mais s’empêcher de, comme « I can’t help it! » « Je ne peux pas m’en empêcher! »

    Mais ça….ça se discute. Ou pas. Ce n’est pas très important.

    Merci pour l’article. Ca me conforte dans ma nouvelle stratégie qui est de m’alléger de plus en plus, au propre comme au figuré, pour aller à l’essentiel (que j’espère trouver un de ces jours)!

    • Ha bien vu pour l’espace manquant !
      C’est compliqué cette trad de Nina Simone, on s’est aussi posé la question avec la personne qui relit le Blog (une ancienne prof d’anglais). C’est compliqué de traduire sans sur-traduire (ta version) ou en étant un poil à côté (la notre). De toute façon, traduire c’est trahir, donc à un moment, faut se faire une raison haha.

      Continue dans cette voie 😉

  2. C’est effectivement une question qu’il est intéressant de se poser. Le temps passe et on ne se rend pas toujours compte de ce qui sert peu.
    Pour le flux, quand je suis sur des séries, je fais des collections dans LR, c’est pratique, je n’ai découvert ça que récemment ! Je fais quand même des dossiers chronologiques sur l’ordi, je préfère. 🙂
    Je me revois me prendre la tête devant mon matos pour faire mon sac photo avant de partir en voyage ! Plus y’en à plus ça soulève des questionnements et plus ça fait de possibilités et à force je finis par prendre presque toujours le même matos !

    • « Prendre le même matos » pour moi ça a longtemps été : TOUT haha.
      Ce qui est parfaitement inutile, étant maniaque je change rarement d’objectif à l’extérieur (la poussière tout ça).
      Maintenant je prends toujours tout, mais parce que tout ce que je possède rentre dans un sac ! Pas le choix (sauf la semaine où ça n’est pas utile).
      Je vois que l’on fait pareil, « dossiers + collections par projet », on va monter une team haha. 😀

  3. Je me suis surpris à me dire… « Bah alors, déjà fini c’t’article? » C’est vrai qu’il est carrément plus court que les autres.
    En même temps, je pense que la simplicité (au sens de simple, pas de simpliste) ne touche pas que la photo, mais aussi l’écriture avec le temps 😉

    Et malgré ce format réduit, je pense qu’il remue quelque chose en nous, parce que chaque personne a connu ça pour peu qu’elle s’investisse sérieusement dans quelque chose. Cette tentation de se dire que le matériel compensera notre « débutantisme » – bullshit, mais ça fait du bien de se le dire, ça évite de se décourager dès le début.

    Perso j’en arrive à des réflexes assez similaires : tri chronologique, collections sous LR, un boîtier numérique et un zoom (…faute de pouvoir m’acheter un 23 et un 35mm), un argentique et son 50mm, un classeur pour les négatifs et basta. Et encore, maintenant je ne prends presque plus le numérique pour mes projets perso, seulement en vacances ou pour le dîner chez tonton Gérard. Un boîtier, une pellicule, un 50mm ( + mes écouteurs, parce que Stick to Your Guns me donne une patate pas possible). Et le sentiment de liberté qui va avec, c’est tout.

    Et puis pas la peine non plus de vouloir tout caser dans la photo, de vouloir tout dire. Si je me réfère au point où j’en suis dans « La philosophie de l’art », il faut sans cesse garder en tête que l’art est une interprétation du monde qui est elle-même interprétée. Donc inutile de tout raconter, de tout montrer, de tout calculer et contrôler, ça ne fait que brider la réception de l’autre qui de toute façon en arrivera à une conclusion personnelle sur l’oeuvre.

    Par contre je reste perplexe sur cette bonne vieille Nina, je vois pas le lien avec le reste de l’article. Mettre les mains dans les cambouis ok, mais le rapport avec la simplicité?

    • Haha, oui, le but c’était de faire court aussi.
      Il y a beaucoup de gros contenus sur le blog maintenant, l’essentiel est là, donc pour les prochains je peux essayer d’autres choses sur la forme.
      J’ai des bouquins en retard à lire aussi, mais… la vague arrive.

      Je suis d’accord avec le reste de ton analyse 🙂

      Pour Nina c’est tout bête : 1/ si on ne sait pas quoi faire, le plus SIMPLE c’est de réfléter l’époque. 2/ Elle est citée à la fin de la chanson de STYG, Better Ash thant Dust.

  4. Bonjour,

    Au sujet de photographes mexicains présenté en filigrane de cet article, je joins ci-dessous un lien vers une photo de Casasola, sûrement très connue mais qui me fascine toujours autant, par sa simplicité (puisque c’est aussi le sujet de l’article), par la décontraction du sujet, et en conséquence par la force que cette photographie dégage. Pour ceux qui ne connaissent pas cette photo, il me semble plus marquant de la regarder d’abord avant d’en connaître le contexte que ne révélerai donc pas:

    http://3.bp.blogspot.com/-lg89t8911xo/T7PIlprdBHI/AAAAAAAAEGU/_MEIiKSMUtg/s1600/MM80110.jpg

    cdt

  5. Mercier Dominique

    Je suis d’accord sur la recherche de simplicité.
    Évidemment elle doit rejoindre nos désirs de photos, nos projets qui peuvent être très différents les uns des autres.
    J’ai choisi d’y répondre de la manière suivante:
    – Revendre ces magnifiques bestiaux qui me tirent sur le dos et les bras
    – Opter pour les capteurs 4/3 qui sont si tant moins chics dans les conversations pro
    – Acheter 2 petits boîtiers Olympus M5 et M1 avec un objectif pour chacun: 24-80; 80-150 les 2 f2,8 plus un minuscule 34mm f1,8
    Avec ça je peux errer toute la journée dans la nature; basculer de l’un à l’autre selon les circonstances et les points de vues, tout en me bougeant le cul pour trouver le bon cadrage.
    J’aime aussi saisir quelques farouches libellules. Ça tombe bien le magnifique 600mm f4 est compact (300mm x 2) et peut s’utiliser à main levée
    Et quand je veux m’exercer à la photo de rue, je visse le 34mm…
    Et quand je veux m’entretenir avec une fleur qui me charme, je pique l’objectif macro de mon épouse…
    Le bonheur… Et je participe à un groupe de photographes pour progresser.

  6. David Laignelet

    Bonjour à toutes et tous, je me permets de répondre un peu à tout le monde…
    Encore merci Thomas pour cet article qui nous permet une fois de plus de nous poser des questions sur notre pratique photographique.
    Je vais casser un peu l’ambiance, mais la simplicité dans son choix de matériel n’est pas obligatoirement un choix ! Et oui, il y a des gens qui font avec ce qu’ils ont, c’est mon cas vous l’avez sans doute deviné, ce qui nous oblige à sortir en permanence de notre  » zone de confort », car nous n’avons pas le choix !
    Je ne me plein pas, car je suis très heureux d’avoir un appareil d’occasion avec un 18/55 et un 50mm neuf dessus , car je peux faire de la photo !
    Donc oui la simplicité c’est top, moi aussi j’aime prendre des photos nature (qui ne servent à rien, ), quelques portraits et de la photo de rue, je suis obligé de ne me servir que de mon 50mm, j’essaie donc d’être plus créatif…
    Je suis donc en total accord avec l’article, moins c’est mieux, et c’est moins lourd en voyage, et cela nous force surtout à nous servir de notre tête !
    Alors si vous voulez vous amusez un peu, lors de votre prochaine sortie, tirez au hasard l’appareil et l’objectif que vous prendrez sans changer de thème. Vous verrez c’est assez drôle….
    Bonne photos à tous !

    • Hello David!

      Oui tu as raison, certains le font par contrainte, mais ce n’est pas vraiment le centre de l’article, je dis plus que quand on a le choix, vaut mieux se limiter.

      Quoiqu’il en soit : comme tu le soulignes il y a toujours du plaisir / progrès dans la contrainte, et il y a d’autres pistes pour les petits budgets. L’argentique permet d’excellentes performances pour une portion infime du prix du numérique.

      Merci pour l’idée et à la prochaine !

  7. Horreur ! Malheur ! Je viens de me reconnaître avec mon bardas de matos !!!! Mon Lubitel 166b dont je n’arrive rien à en tirer mais que je m’obstine à trimbaler. Mon Canon FT-QL avec mes trois focales, Mon Canon EOS avec ses trois zoom ! Comme lu dans l’article à la base chaque boitier pour une utilisation, et puis on fait un choix dans l’optique de faire quelque chose de précis, et sur place c’est une autre situation qui se présente. Le stress et la frustration, je n’ai pas le boitier et le cailloux qui va bien, alors on exploite le matériel que l’on a avec nous et tant pis pour l’optimisation. Une fois l’image sur négatif, on oublie. L’essentielle c’est d’avoir l’image. Mon prochain investissement sera un vitrine pour stocker les boitiers, les objectifs et autres cellules.

    • Haha, une vitrine c’est bien déjà !
      Après, je ne connais pas ta pratique, donc je ne peux pas juger. Mais bon, trop de spécialisation tue la spécialisation.

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