Tour du monde de la photographie couleur

Date de la dernière mise à jour : le 12 décembre 2017


Introduction

Le billet que vous allez lire hante le fond de mes tiroirs depuis pas mal de temps maintenant. A l’origine, je pensais le sortir avant d’entamer le projet InColors, comme un guide / recueil d’inspirations. Comme vous pouvez le constater, ça a un peu traîné ! J’avais simplement d’autres sujets qui m’ont plus inspiré entre temps. Bref, même si j’ai une petite préférence pour le noir et blanc (c’est par là que j’ai commencé, avec de la pellicule Ilford HP5+, vous allez comprendre pourquoi je précise), j’aime beaucoup la photographie couleur et les artistes que je vais vous présenter.

L’idée de base était à l’origine de présenter 2 photographes par continent, qui travaillent en couleurs et dont j’apprécie le travail. Certains choix ont été difficiles à faire, et je trouvais cela un peu limitant, donc j’ai outrepassé la règle (certains continents auront plus de 2 photographes présentés), mais on fera quand même le tour du monde, et quoiqu’il en soit, ça en fait plus pour vous, cool non ? C’est ce que j’appellerai un « billet plaisir », un peu moins réflexif que les autres ne peuvent l’être ; on va s’en mettre plein les mirettes, il faut savoir apprécier les choses tranquillement des fois. Je précise que tous les photographes n’auront pas le même traitement : je vais détailler un peu plus certains d’entre eux. Tout simplement parce qu’il y a plus à dire, et que je ne vois pas de raisons pertinente de « faire court » pour préserver l’homogénéité du billet. J’en profiterai pour vous conseiller quelques livres quand cela sera pertinent.

J’ai travaillé ce sujet en collaboration avec Baptiste de la chaîne EMKG photographie, qui est présent dans la Youtubographie. Le principe est tout simple, je fournis l’inspiration et lui les moyens : dans sa vidéo il vous présentera une sélection de pellicules pour photographier en couleurs à l’ancienne (parce que non, l’argentique n’est pas mort), comme la plupart des photographes cités ici. La vidéo est à la fin de l’article 😉 . Je vous invite aussi (et c’est assez rare pour être considéré sérieusement), à vous abonner à sa chaîne, partager cette vidéo et les autres, crier son nom dans la rue, en parler à vos collègues… bref, on n’a pas souvent des occasions d’aider l’argentique à revenir, alors profitons-en.

On démarre !

Amérique du Nord

Cette partie commence par un des photographes membre de ce que j’appelle le « Grand quintor de la photographie de rue couleur », soit Meyerovtiz, Webb, Eggleston, Leiter, Gruyaert. Cinq monuments, dont l’oeuvre tant diverse qu’originale est une source inépuisable d’inspiration. Impossible de faire un article sur la photographie couleur sans eux.

Joel Meyerovitz

Meyerovitz est un photographe de rue états-unien né en 1938, encore vivant et actif (il vit désormais en Toscane). Pionnier de la photographie de rue couleur (qu’il utilise par défaut, ne sachant pas que l’usage était d’employer le noir et blanc, comme quoi, l’ignorance…) a principalement travaillé sur la ville de New-York et sa légendaire 5e avenue. Son parcours est très lié à celui de cette ville, en 2001, c’était le seul photographe officiellement admis sur le chantier de Ground zero, où il photographia à la chambre photographique l’enlèvement des débris pendant plusieurs mois. L’anecdote étant qu’il s’est au début fait passer pour un technicien, vêtu d’une chasuble jaune pétard, jusqu’à finir par y être toléré, puis accepté.

Cape Light – J. Meyerovitz

Le travail qu’il a produit m’ayant le plus marqué est Cape Light. Il s’agit d’un recueil de photographies, prises à Cape Cod (les images en 2e, 3e et 4e positions de ce paragraphe). C’est un travail vraiment bluffant, principalement pour deux raisons :

  • Le grand soin apporté au travail photographique. Meyerovitz a travaillé à la chambre (donc en très grand format) et a porté beaucoup de soin à la sélection et aux tirages, jusqu’à obtenir un ensemble cohérent d’images fortes tant séparément qu’ensemble. Soit le Graal de tout photographe.
  • Il a le don de photographier ce que j’appellerai « l’anodin magnifique ». Vous voyez tous ces instants, fugaces pendant lesquels vous n’avez jamais votre boîtier et où tout se prête à créer un instant sublime ? Le moment entre chez soi et la voiture, où l’on entre-aperçoit une belle lumière. Et bah, j’ai l’impression que pendant tous ces moments là, Meyerovitz est là, prêt, avec son appareil photographique.

Photographie – J. Meyerovitz

Photographie – J. Meyerovitz

Photographie – J. Meyerovitz

Photographie – J. Meyerovitz

D’ailleurs, ce billet sera aussi l’occasion d’ouvrir mon coffre à trésors. Je possède deux tirages de Meyerovitz, et c’est sans doute ce que j’ai de plus précieux (parce que bon, les bouquins on finit toujours par les retrouver, alors que les tirages…). J’en profite donc pour vous les montrer et vous raconter leur histoire.

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Young Dancer, New York City, 1978 – J. Meyerovitz

En 1976, j’ai commencé avec la chambre grand format, instrument qui, évidemment, n’est pas fait pour la photo de rue mais je voulais essayer et étendre la possibilité de travailler de cette façon avec l’appareil photo en bois. J’avais reçu une commande sur l’Empire State Building. Je comparais le gratte-ciel de New York au Mt. Fuji et j’ai donc entouré l’édifice de clichés pris partout dans New York.

Cet après-midi là, en plein été, j’étais dans le West Side lorsque j’ai vu cette jeune danseuse, debout dans la lumière du soleil. Attendait-elle quelqu’un ou un bus ? Nul ne le saura jamais. La voir ainsi, en contre-jour, dans l’or du soleil couchant, devant le mur brûlant et orange et la lumière verte à l’intérieur, et ces bananes, et le rayon rouge et noir dans la fenêtre au-dessus, fut l’un des moments de ma vie où la chance m’a souri. Son attitude élégante et droite, avec loin derrière, la forte verticalité de l’Empire State Building, et l’agitation de la rue autour d’elle ont formé un tableau en quelques secondes. J’ai saisi mon appareil photo et pris le cliché sans qu’une seule parole ne soit prononcée. Elle savait que j’étais en train de prendre une photo mais elle ne pouvait pas savoir que le gratte-ciel en était la raison d’être, et qu’elle était la cerise sur le gâteau.

J. Meyerovitz

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Inside the pile, looking west, NYC 2001 – J. Meyerovitz

Comme je le disais, Joël Meyerowitz a été le seul photographe à avoir eu libre accès à Ground Zéro, après le 11 septembre, il raconte :

Je prenais des photos pour tous ceux qui n’avaient pas accès au site. Je voulais transmettre à la fois ce que je ressentais en étant là et ce que je voyais : montrer l’incroyable enchevêtrement et la puissance viscérale des décombres. J’ouvrais ainsi une fenêtre à toute personne qui voulait être là, aussi, pour aider ou pour pleurer, ou simplement pour essayer de comprendre ce qui était arrivé à notre ville.

Les neuf mois pendant lesquels j’ai travaillé à Ground Zéro ont été parmi les mois les plus enrichissants de ma vie. Je suis arrivé en tant qu’étranger, témoin déterminé à immortaliser cet événement mais avec le temps j’ai commencé à sentir que je faisais partie du projet que je devais absolument immortaliser. L’intense camaraderie que j’ai connue à Ground Zéro m’a inspiré, tout en changeant ma perception de ma propre identité et mon sens des responsabilités vis-à-vis du monde qui m’entoure. Le 11 septembre fut une tragédie incommensurable mais vivre pendant neuf mois avec des êtres qui ont pris cette tragédie de plein fouet, et jour après jour, faisaient ce qu’ils pouvaient pour mettre de l’ordre dans le chaos, a été un privilège immense.

J. Meyerovitz

Pour conclure, et on passe à la suite : j’ai eu l’occasion de le rencontrer, seul à seul, dans les couloirs de Paris Photo en novembre 2017. Cela n’a pas duré bien longtemps, mais j’en garde le souvenir d’un homme très humble, sympathique, et… pressé !

William Eggleston

La présence de William Eggleston dans ce billet n’étonnera pas les lecteurs habitués du Blog, et pour les autres, c’est la première rencontre qui en annonce moult prochaines. Eggleston est un photographe de rue états-unien né en 1939, et pionnier de la photographie couleur. C’est sans aucun doute l’un de mes photographes préférés, une énorme influence, principalement pour sa capacité à créer, toujours à partir du même sujet : la « ordinary life » (comme il le dit) aux alentours de Memphis.

Eggleston est arrivé dans le monde de la photographie couleur comme un obus dans une école maternelle. Initialement il souhaitait faire de « parfaits faux Cartier-Bresson » mais il y a renoncé après un séjour infructueux à Paris. A son retour, il pense travailler sur le sujet qui l’occupera le restant de sa carrière : le banal. C’est un ami à lui qui le motive, je ne me souviens plus des propos exact, mais cela tournait autour du « si personne ne l’a jamais fait avant, fais-le ». Eggleston tirera ses photographies en utilisant la méthode du Dye transfer, qui est atrocement coûteuse et principalement dédiée aux emballages et aux publicités (le premier tirage est hors de prix, le reste plus abordable). A l’époque cela a fait scandale, pour vous donner une idée, c’est comme si vous utilisiez une Ferrari pour ramener des gravats à la déchetterie. Voilà. N’empêche que cela fonctionnera, et qu’il aura sa première exposition au MoMA de New-York en 1976, actant ainsi son entrée définitive dans le monde de l’art, et avec lui, de la photographie couleur. Un dandy dantesque, essentiel au final.

Photographie – W. Eggleston

Photographie – W. Eggleston

Photographie – W. Eggleston

Pour mémoire, je vous avais déjà parlé de son ouvrage, William Eggleston’s guide dans ce billet : Les 5 meilleurs livres photo de tous les temps.

Alex Webb

Alex Webb est un autre photographe issu des Etats-unis, né en 1952 et membre de l’agence Magnum Photos. Je l’ai découvert dans son ouvrage The suffering of light, un recueil de ses meilleurs photographies de rue. Webb a un style complexe, fait de nombreux plans, contrastes et de couleurs très saturées. C’est lié à sa façon de pratiquer : il photographie majoritairement au début de la journée et sa toute fin, aux moments où la lumière correspond le mieux à ses attentes (l’heure dorée). Entre les deux, il doit faire du ping-pong, ou cuisiner du quinoa je pense. Il a beaucoup travaillé en Turquie, mais aussi aux Etats-Unis.

Ses photographies sont très denses. Meyerovitz dit que les bonnes photographies de rues sont dures à faire, dures à comprendre et dures à aimer. Le travail d’Alex Webb s’inscrit totalement dans cette conception.

Photographie – A. Webb

Photographie – A. Webb

Photographie – A. Webb

Si son travail vous intéresse, je vous conseille vivement son ouvrage, The suffering of light, qui regroupe des images de toute sa carrière. C’est une très belle édition, en grand format, qui a été réédité récemment, ce qui a permis au passage une baisse de son prix (de 88 à 55€), une aubaine !

Saul Leiter

J’avais déjà un peu parlé de Saul Leiter dans cet article : Quand la photographie est-elle rentrée dans l’intime ?. Leiter est un photographe américain né en 1923 à Pittsburgh et considéré comme l’un des pionniers de la photographie couleur, bien que je l’aie avant tout découvert pour son travail en noir et blanc.

J’aime beaucoup son style photographique, il a la capacité de créer de l’abstrait avec le contenu de la ville, toujours avec une certaine forme de retrait (les premiers plans de ses images sont souvent bloqués, comme s’il mettait de la distance entre lui, et par la même occasion le spectateur, avec ce qu’il photographie). Son but n’est pas tant d’illustrer la vie citadine que de rechercher les instants et des scènes fugaces. Il utilise aussi le vide dans ses images, ce qui, allié à la succession des plans superposés, crée une forme de mystère. Sont aussi présents le flou, la buée et l’anonymat des passants. Je trouve que l’on reconnaît aussi son style assez aisément, les couleurs sont chaudes, généralement peu saturées, avec pas mal de contraste et souvent un peu sous-exposées. Bref, c’est un autre style, éloigné des tons pastels et soignés de Meyerovitz, ou du style flamboyant d’Eggleston.

Il me semble que des choses mystérieuses peuvent prendre place dans des lieux familiers.

S. Leiter

Photographie – S. Leiter

Photographie – S. Leiter

Photographie – S. Leiter

Si son travail vous intéresse, je ne peux que vous conseiller son ouvrage Early Color qui se rangera très bien à côté des deux tomes d’Early black and white si vous les avez déjà. 😉

Early Color – Saul Leiter

Amérique du Sud

Julio Bittencourt

Cap au sud maintenant, et direction… le Brésil ! Né en 1980, Julio Bittencourt a grandi à São Paulo puis à New-York. En 2000, de retour au Brésil, il travaille en tant que photographe, avant de repartir à droite à gauche.  Il a choisi la plage comme sujet d’étude pour une série de photographies présentant un portRait social très fort de son Brésil natal, et beaucoup plus sombre que ce qui avait été fait précédemment sur ce lieu (je pense aux travaux de Martin Parr, qui a d’ailleurs rédigé la préface du livre issu du projet dont je vais vous parler).

Bittencourt a travaillé sur une plage située, à une heure de bus, à l’est de Rio de Janeiro. Il s’agit de la plage du lac artificiel de Ramos, qui a donné son nom à la série en question. Il nous offre une immersion dans un monde coloré et unique où se mêlent nourriture, jeux, embrassades et discussions. Ses images offrent parfois le point de vue d’une telle proximité avec le sujet que l’on entendrait presque le brouhaha s’élevant de la plage surpeuplée. Elles dévoilent avec  efficacité le dynamisme qui jaillit de cette plage, entre chaos et énergie vibrante. Pour ce projet, il a été obligé de passer par le biais de ce qu’on appelle un fixeur, un lien direct entre lui et la communauté en question, l’aidant ainsi à savoir quand il était possible de photographier et les moments où son appareil devait être baissé. Et accessoirement, à ne pas se faire casser la gueule, racketter, voler, ou simplement être traité d’orchidoclaste. Aussi, il prend le temps d’être accepté par les communautés qu’il choisit de photographier, ce qui explique que la plupart de ses projets soient réalisés sur le long terme : ici, il a travaillé sur quatre ans, au moment du Carnaval, de 2008 à 2012.

Son travail renvoie bien à l’imagerie des plages paradisiaques d’Ipanema ou Copacabana que l’on nous sert à haute dose quand il s’agit du Brésil. Les images sont sombres, dé-saturées, d’une esthétique marquante et très personnelle.

Photographie – J. Bittencourt

Photographie – J. Bittencourt

Photographie – J. Bittencourt

Un livre a été édité d’après ce projet (Bittencourt a déclaré que ses portraits préférés n’étaient pas dedans, sûrement un choix de l’éditeur). Je ne vous le conseille pas, parce que je ne l’ai ni feuilleté ni lu, et que je ne vous conseille que ce que j’ai personnellement approuvé :). Par contre, si quelqu’un l’a, je veux bien son avis !

Ramos – J. Bittencourt

Ana Carolina Fernandez

Ana Carolina Fernandez est une photographe brésilienne née en 1963. Pendant trois ans, elle a photographié des personnes transgenres vivant en communauté dans une maison du quartier de Lapa, cœur bohème et artistique de Rio de Janeiro. Elle y a été introduite par Luana Muniz, personnalité trans connue pour ses actions sociales et politiques. Dans cet essai documentaire, elle montre les chairs et les corps de ces personnes en quête d’identité, d’amour et d’acceptation.

Dans sa série de photos, elle aborde la marginalité, le tabou et le non‑dit par ce qu’il a de plus tangible et de plus matériel : les corps, les chairs, des formes pleines et palpables. Les plans rapprochés et la pénombre dévoilent des jeux de courbes et des morceaux de corps. Ces derniers sont souvent dénudés et les visages, presque toujours indistincts. Des morceaux de tissus, des ­cheveux colorés ou des bijoux dorés accrochent parfois la lumière et contrastent avec les chairs sombres, plongées dans une constante obscurité. Des muscles saillants et des formes voluptueuses se révèlent. Les contours d’un corps se dessinent. On apprend lentement à appréhender ce corps et à le saisir dans sa totalité et dans sa complexité. On pourrait résumer son style photographique avec ces trois mots-clés (après tout, on est sur internet, profitons-en) : Silhouette, couleur, contraste. Et c’est tout, direct, brutal et sans compromis.

Photographie – A. Carolina Fernandez

Photographie – A. Carolina Fernandez

Photographie – A. Carolina Fernandez

Europe

Darren Almond

Darren James Almond, de son petit nom, est né en 1971 à Appley Bridge, près de Wigan Lancashire,  en Grande-Bretagne, et est un artiste vivant à Londres. Il est diplômé de la Winchester School of Art en 1993, avec un Bachelor of Arts en Arts, oui, on peut avoir un diplôme d’Art en Art, ça existe.  Les images ci-dessous sont issues de sa série Fullmoon. Pour ce projet, il a sillonné le monde pour trouver des points de vue et en rapporte des photographies profondément habitées par de multiples références à la peinture. Pris sous la lumière lunaire, le paysage devient visible grâce à un temps d’exposition prolongé et on passe d’une nuit noire à une scène lumineuse, souvent fantomatique. Du Parc national de Yosemite aux côtes japonaises, en passant par les prairies anglaises, voici un voyage nocturne autour du globe, beau à couper le souffle, qui fait écho aux idées de temps, de nature et de fragilité.

Les couleurs, parce que c’est quand même le sujet qui nous intéresse aujourd’hui, sont très particulières, inhabituelles. Forcément, la lumière de la Lune n’est pas celle du soleil et nous sommes assez peu (voire pas du tout) habitués à sa couleur. Les paysages sont dé-saturés, sombres, aux tons pastels, et d’une certaine façon, un peu mornes. J’en adore l’ambiance, elle me rappelle ces longues nuits que l’on peut passer dehors, et où petit à petit nos yeux s’habituent à l’obscurité. Elles donnent l’impression que l’on assiste à quelque chose que l’on ne devrait pas voir.

Photographie – D. Almond

Photographie – D. Almond

Photographie – D. Almond

Ce projet a été édité chez TasChen. C’est un des rares ouvrages que je relis régulièrement (le soir avec un verre de vin et du Chopin … pour entretenir les clichés :D), tant l’ambiance est prenante.

Fullmoon – D. Almond

Harry Gruyaert

Harry Gruyaert est un photographe belge, né en 1941 et membre de l’agence Magnum Photos depuis 1981. Il photographie les couleurs (et non « en couleur », la différence est subtile, mais importante), c’est sa façon de percevoir le monde. Vers l’âge de 20 ans, fuyant une Belgique qu’il jugeait trop étroite, il décide que la photographie sera son moyen d’expression, qu’avec elle il traduira et construira sa quête de connaissance et de sensualité. Dans les années 1970-1980 avec les Américains Saul Leiter, Joel Meyerowitz, Stephen Shore ou William Eggleston, Harry Gruyaert est un des rares pionniers européens à donner à la couleur une dimension purement créative, une perception émotive, non narrative et radicalement graphique du monde. A eux cinq, ils forment ce que j’appelle le « Quintet de la couleur », c’est comme les 4 chevalier de l’apocalypse, mais à 5 et en beaucoup plus cool. Je ne parle pas de Shore dans ce billet, bien que novateur à son époque, son travail sur la couleur et son style sont un poil moins marquants, et j’avais déjà assez de photographes américains. Et puis, un billet lui est déjà consacré ici : Comment retranscrire le monde en photographies ? (par S. Shore).

Gruyaert est plus influencé par la peinture et le cinéma que par la photographie, ce qui se sent dans ses images, faites d’aplats colorés, d’ombres et de lumières que l’on pourrait imaginer sorties de peintures flamandes. Gruyaert a beaucoup voyagé,  trouvant en chaque lieu sa lumière, sa spécificité. Il a dit qu’en Belgique il a mis du temps à découvrir la couleur, mais cette lumière où le vert et le bleu pâle dominent fait désormais partie de son nuancier. Il la retrouve plus tard en Russie. Alors que Paris semble d’une modernité désuète faite de formica usé, ses voyages méditerranéens ou en Inde sont l’occasion de teintes plus veloutées, tandis que le Japon et les États-Unis révèlent pour leur part des couleurs nettement tranchées, plus incisives. Quant aux aéroports, logiqueent au centre de tous ces voyages, ils semblent ne baigner que dans les lumières des soleils couchants. L’image reproduite ci-dessous est sans doute l’une de mes préférées de lui, tant je trouve l’ambiance « entre deux instants », prenante.

Photographie – H. Gruyaert

La couleur est plus physique que le noir et blanc, plus intellectuel et abstrait. Devant une photo en noir et blanc, on a davantage envie de comprendre ce qui se passe entre les personnages. Avec la couleur on doit être immédiatement affecté par les différents tons qui expriment une situation.

H. Gruyaert

Dans ses photographies, les personnages sont réduits au rang de silhouettes,  de dos ou sans visage. Ce qui pour d’autres constituerait le trait principal d’une photo ratée est une revendication affirmée :

Je me sens beaucoup plus proche d’une démarche photographique américaine que de la photographie humaniste française. (…) Faire une photo, c’est à la fois chercher un contact et le refuser, être en même temps le plus là et le moins là.

H. Gruyaert

Photographie – H. Gruyaert

Il décrit la photographie comme une expérience physique, un état d’excitation, un plaisir sensuel et vital, une façon d’être plus présent au monde, moins vulnérable, voire une thérapie.

Il s’agit d’une vraie bagarre avec la réalité, une sorte de transe pour enregistrer une image ou peut-être tout manquer. C’est dans cette bagarre que je me situe le mieux.

H. Gruyaert

Photographie – H. Gruyaert

Quelques anecdotes, avant de passer à la suite : Henri Cartier-Bresson, visitant l’exposition de Gruyaert sur le Maroc chez Robert Delpire en 1978, lui propose de colorier avec des pastels ses propres images (celles de HCB, suivez !) en noir et blanc. Harry Gruyaert répond qu’il n’est pas peintre, réponse qui dépasse la simple répartie pour affirmer une expression artistique à part entière : la photographie couleur. Ce qui est d’autant plus ironique que Cartier-Bresson se voyait lui-même… comme un peintre !

Et tant qu’on en est aux anecdotes : j’ai pu rencontrer Gruyaert à l’édition 2017 de Paris Photo. En fait, je voulais acheter son livre, mais il n’en restait plus d’exemplaire dédicacé (ce qui est un peu dommage, parce que bon, c’était l’occasion). La représentante de sa maison d’édition, présente sur le stand m’a dit : « Oh, si vous voulez je peux l’appeler, il ne doit pas être bien loin !« . Honnêtement, qui répondrait non à ça ?

😉

Si son travail vous intéresse, je ne peux que vous conseiller la monographie éditée chez Textuel ci-dessus (cliquez sur les images ci-dessus).

Bruno Barbey

Bruno Barbey est un photographe français, né au Maroc, lui aussi en 1941, membre de l’agence Magnum depuis 1966 et membre de l’Académie des beaux-arts de l’Institut de France depuis 2016. En fait, il est membre d’à peu près tous les trucs classe concernant la photographie en France. Il y a une forme d’éternel retour dans son travail, en parcourant le globe, en revenant inlassablement sur les lieux où il est passé, il est devenu l’un des témoins privilégiés d’un demi-siècle d’Histoire. Il a été sur place pour de nombreux événements, des mouvements sociaux de Mai 68 à la « révolution des parapluies » en 2014 à Hong Kong, en passant par les camps de réfugiés palestiniens en Jordanie, les funérailles de Nasser au Caire ou encore la guerre du Vietnam. Mais l’une des clés de compréhension de son travail se trouve dans cet aveu qu’il répète souvent : « Je refuse de me poser comme un photojournaliste. » Si son inspiration lui vient de la figure tutélaire d’Antoine de Saint-Exupéry, pionnier de l’aviation, sa méthodologie implacable pourrait s’apparenter à celle d’un tisseur. Un tisseur d’histoires qui consciencieusement, point par point, façonne son métier, faisant œuvre de mémoire : explorer et revenir inlassablement là où il est passé.

J’aime revenir sur les lieux où j’étais autrefois, voir comment ça a changé. Je choisis souvent des pays qui vont vers la modernité, mais qui en même temps sont soucieux de leur héritage culturel. C’est le cas du Maroc, par exemple, où les traditions sont très fortes, pas seulement dans l’islam, mais dans l’artisanat, l’architecture. C’est un pays qui a toujours attiré les peintres, les cinéastes. Evidemment on pense à Delacroix qui s’est baladé à dos de mulet jusqu’à Meknès. Il faisait des croquis et des aquarelles merveilleuses. Il y a eu ensuite Matisse qui a fait un séjour à Tanger en 1906. Il a dit qu’à la suite de ce voyage il a dû changer sa manière de voir les couleurs, de changer donc sa palette de couleurs.

B. Barbey

Les photographies reproduites dans ce billet sont issues de son travail sur le Maroc, où il a vécu et revient régulièrement, dont avec l’habitude il a su  saisir la lumière, l’ambiance, et surtout, les couleurs.

Photographie – B. Barbey

Le Maroc, ça a vraiment été des années de patience. C’est un pays de textures, de lumière. Beaucoup de photographes y vont, mais ils n’ont pas de vision, leur travail reste superficiel. Si tu ne connais pas la culture, les usages, tu passes à côté de beaucoup de choses.

B. Barbey

Photographie – B. Barbey

Photographie – B. Barbey

Je n’ai pas de grosse monographie de lui, mais le Photo Poche qui est consacré à son travail est très bien et ne coûte que 13€ 🙂

Hannah Starkey

Née à Belfast en 1971, Londonienne depuis les années 90, la photographe Hannah Starkey jouit aujourd’hui d’une renommée internationale pour l’ensemble de son œuvre, qu’elle décrit comme « une exploration des expériences quotidiennes et une observation de la vie urbaine au féminin ». Non sans rappeler les compositions soignées et cinématographiques d’Edward Hopper, ses clichés dévoilent des silhouettes solitaires, songeuses, saisies dans des espaces qui jouent souvent avec les reflets et autres énigmes visuelles.

Je conçois chaque image comme une mise en scène, une fiction narrative où le sujet est visible immédiatement dans sa réalité de tous les jours. Aussi bien mon sujet d’investigation que la technique photographique ont trait au monde des femmes. En fait, le choix de recréer une image semblable à la réalité, plutôt que de la chercher en « live », trouve ses origines dans une manière de « voir » qui peut être considérée comme culturellement « féminin »

H. Starkey

Son oeuvre à un aspect pictural que j’aime beaucoup, aussi parce qu’il est centré sur le quotidien. On pourrait la rapprocher de Cindy Sherman, dans sa façon de mettre en scène ses photographies, et de jouer avec notre perception de la réalité.

Photographie – H. Starkey

Photographie – H. Starkey

«Untitled», 1997 – H. Starkey

 Traduisant les moments de réflexion privée et l’interaction sociale, mes photographies utilisent un langage presque cinématographique pour retransmettre les relations personnelles entre mes sujets et leurs mondes.

H. Starkey

Afrique

Graeme Williams

Graeme Williams, né en 1961 est un photographe sud-africain. Pendant vingt ans, il a puisé son inspiration dans sa ville tant aimée, Johannesburg.

Johannesburg est une ville unique, constituée de communautés séparées avec un niveau de vie et d’éducation et des origines culturelles et ethniques très différents.

G. Williams

Pour sa série, il s’est rendu dans les quartiers déshérités. Les rues autrefois relativement riches, habitées uniquement par des Blancs, ont totalement changé depuis la fin de l’apartheid. Williams explique que, depuis sa fondation en tant que cité minière, sa ville est la première escale des nouveaux arrivants, et ce jusqu’à aujourd’hui. « Certains districts et blocs d’immeubles sont exclusivement habités par des Nigériens, Ghanéens, Somaliens, ou d’autres immigrants de toute l’Afrique ».
Les Blancs ont pratiquement tous déserté cet endroit, et ceux des banlieues n’osent généralement pas s’y aventurer. Ces changements « ont fait de moi un étranger dans un zone située à moins de dix minutes en voiture de chez moi« . Il a en effet dû employer trois gardes du corps pour y travailler. La série A City Refracted, dont les images ci-dessous sont issues, explore la sensation d’être devenu un étranger dans sa ville natale.

A city refracted – G. Williams

A city refracted – G. Williams

A city refracted – G. Williams

Omar Victor Diop

Omar Victor Diop, né en 1980 à Dakar, est un photographe sénégalais. Sa carrière a démarré à la vitesse de l’éclair, à peine deux mois après avoir commencé la photographie, il expose aux Rencontres de Bamako en 2011. Tout va vite ensuite : Biennale de Dakar, Rencontres d’Arles, galerie André Magnin. Il a recours à la photographie, au stylisme et à la scénographie pour retranscrire l’Histoire, la modernité des sociétés africaines et  leurs styles de vie.  Omar Victor a été remarqué par ses premières séries, « Le futur du beau » et « Studio des vanités », où il poursuit sa recherche entre photographie et design, en reprenant les codes du portrait de la photographie africaine dans une esthétique pop et moderne (et dont viennent les photographies ci-dessous). Dans le « Studio des Vanités » datant de 2013, il  dresse le portrait d’une génération africaine créative, ambitieuse et urbaine. Il s’inspire alors des grands photographes africains historiques Mama Casset, Seydou Keïta et Malick Sidibé, ainsi que du célèbre créateur Jean-Paul Goude. Dans ses images, il développe une vision positive de l’Afrique, colorée, et optimiste, loin de l’imagerie que l’on nous ressasse sans cesse (misère, famine, guerre, etc.). Et ça, ça fait vraiment du bien.

Quand je réalise un portrait, c’est comme chez le dentiste, il faut que cela soit rapide, et sans douleur.

Omar Victor Diop

Photographie – O. V. Diop

Ken, 2011, Le studio des vanités- O. V. Diop

Ken est une artiste dakaroise, bloggeuse. Ce qui m’a plu chez elle c’est d’abord son look, son style libre et personnel. Le décor floral est en conversation avec la robe de Ken, on s’est baladé dans sa garde-robe qui a inspiré le reste du décor.

O. V. Diop

Photographie – O. V. Diop

Asie

Jiang Pengyi

Jiang Pengyi est un photographe né en 1977 à Yuanjiang, Chine. Il est diplômé de l’Institut de Pékin of Art and Design. Sa série de villes post-apocalyptiques en miniature dénonce l’urbanisation, le réaménagement et la démolition des vieux quartiers populaires de la ville de Beijing (Pékin) pour construire des cités-dortoirs sans charme à l’image de la ville nouvelle, en dénonçant au passage l’urbanisation excessive de la ville de Pékin. Ce que je trouve intéressant, c’est la palette de couleurs qu’il a employée pour ce projet, et qui sert parfaitement son propos / sujet : des couleurs ocres, pâles, ternes, et proche du béton. C’est basique, mais ça fonctionne. Il utilise aussi la lumière du soleil couchant, comme pour souligner que ses photographie se situent à la fin d’une époque, celle de la Chine dont l’urbanisme avait encore du charme et de l’histoire.

Photographie – J. Pengyi

Photographie – J. Pengyi

Photographie – J. Pengyi

Naoya Hatakeyama

Naoya Hatakeyama (畠山 直哉 si le japonais vous est familier) est un photographe japonais né en 1958. Il est diplômé de l’université de Tsukuba, école d’art et de design. Il travaille sur la ville et la pluie, en utilisant un système qu’il a inventé lui même : une vitre fixée devant l’appareil, et sur laquelle tombe la pluie. La mise au point est fait sur la vitre, l’appareil capturant donc la lumière déformée par elle. C’est un sujet qui avait aussi été traité (différemment s’entend) par Christophe Jacrot, dont j’avais adoré le livre Météores, je glisse ça là comme ça c’est cadeau. L’idée de Hatakeyama vient d’un ouvrage de Bob Shaw, Light of the other day, dans lesquels les personnages utilisent du « verre lent » à travers lequel la lumière met des années à passer, ce qui leur permet de revivre certains événements. Je ne pense pas vraiment que ça soit le passé que l’on voit dans ses images, mais le rapport à la ville est intéressant, à la fois très graphique et très réaliste (on a tous passé des heures dans une voiture à regarder la pluie sur les vitres), et change de l’image usuelle qu’on en a.

Océanie

Narelle Autio

Narelle Autio est une photographe australienne, épouse de Trent Parke, avec lequel elle collabore régulièrement. Bon, je déteste un peu le côté « femme de » de la phrase précédente, mais c’est quand même intéressant, j’admire aussi beaucoup le travail de Parke. A eux deux, ce n’est pas des bébés qu’ils auront, mais des pages de l’histoire de la photographie. Il est aussi à noter qu’elle est la lauréate du prix Oskar Barnack 2002, ce qui n’est pas rien. Dès qu’elle se trouve dans une ville côtière, elle est attirée par son littoral. Lorsqu’elle vivait à Sydney, elle disposait de plages parmi les plus belles du monde (Bondi, Bronte, Clovelly, Coogee sont accessibles à pied depuis le centre ville). Ainsi, elle  travaille, depuis plus de 15 ans, sur les relations qu’entretiennent ses compatriotes avec leurs plages et l’océan. Sa série « Watercolors » explore, à travers tout le continent, ces moments de loisirs ordinaires.

Je finis toujours par me diriger vers une plage lorsque je photographie dans les rues. Je considère mon travail comme un type de photographie de rue

Narelle Autio

Ce projet montre des individus batifolant dans les vagues, photographiés en couleur et sous l’eau. Immergé, on quitte l’optimisme de la côte inondée de soleil pour entrer dans un monde surréaliste de membres s’agitant frénétiquement et d’impressions reflétées par les vagues. L’image joue avec un courant sous-marin sombre et menaçant (cf. la première image). Les compositions sont baignées de pigments, teintes et tonalités variés. Cela génère une impression quasi picturale du lieu, mais aussi un drame inconscient, tant ces images sont chargées d’une dimension dramatique inédite.

Watercolour – N. Autio

Watercolour – N. Autio

Watercolour – N. Autio

Jesse Marlow

Jesse Marlow est un photographe de rue australien né en 1978. Il travaille aussi pour des magazines (nationaux et internationaux) et des entreprises. Marlow affirme avoir  été inspiré à l’université par le travail des photographes Robert Frank, Henri Cartier-Bresson et Alex Webb, et plus récemment par l’architecture, le design et les peintres australiens Jeffrey Smart et Howard Arkley. C’est un photographe assez paradoxal, parce qu’il est d’un côté très reconnu (la liste de ses expositions est mirobolante, et il a eu un prix Hasselblad), mais d’un autre côté, il n’a édité « que » trois livre, en très petites quantités (2 ont été limités à 1000 ex.) ce qui rend difficile le fait d’avoir un aperçu exhaustif de son travail.

Quoiqu’il en soit, j’apprécie beaucoup ses photographies de rue. Même si c’est parfois difficile à croire, les gens ne posent pas, il recherche constamment ces compositions, quitte à revenir bredouille quand il ne les trouve pas. L’idée est de troubler le spectateur par les jeux de couleurs et de superpositions que forme le hasard des rues sur l’image. On remarquera qu’il utilise souvent une couleur dominante qui est mise en avant dans la photographie. C’est particulièrement vrai dans les images issues de la série Don’t just tell them, show them, dont sont issues les images ci-dessous.

Photographie – J. Marlow

Photographie – J. Marlow

Photographie – J. Marlow

Conclusion

Holy shit. J’ai l’impression de dire ça à chaque fois mais : quand j’ai démarré, je ne pensais pas que ça serait aussi long ! Mais bon, vu le sujet, est-il possible de faire trop ? Ce qui était à l’origine un petit guide d’inspiration pour moi est devenu au fur et à mesure des écritures, réécritures, réorganisations, un vrai petit tour du monde de la photographie couleur. S’il y a bien une chose que j’espère, c’est que toutes ces inspirations vous donneront envie d’ajouter votre pierre à l’édifice.

Et comme promis, parce que vous avez été patient, endurant, et téméraire (trois qualités très utiles, continuez !), voici la vidéo de Baptiste, si je vous ai donné l’inspiration, il vous donnera les moyens de réaliser ce qui vous passe par la tête, et en argentique ! Alors, hop hop hop, on y va, et on pense à s’abonner au passage, voire  à laisser un commentaire 😉

A plus dans l’bus !


Quant à la musique, pouvait-on finir par autre chose que ça ?

Simple. Basique.


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24 Comments

  1. Francine

    Merci pour ce bel article. Ca donne envie de découvrir tous les autres, ceux qui n’y sont pas ! Je vais de ce pas à la bibliothèque voir ce que je pourrais y découvrir.

    Coup de coeur pour les photographes africains et asiatiques que je ne connaissais pas.

    Le monde entier devrait connaître ton blog !

  2. Francine

    ps : moi qui avais l’intention de faire une petite remarque perfide sur les quelques coquilles laissées par la relectrice, j’ai bien fait de m’abstenir quand je relis mon commentaire ci-dessus : 2 répétitions de verbes en 3 ou 4 phrases !

    • Ha ça non ! Faut les signaler 🙂
      Personne n’est parfait, et s’il en reste je les corrige et hop c’est tout propre après !

      • Francine

        Alors voilà :

        « Leiter est un photographe américain né en 1923 à Pittsburgh et considéré comme l’un des pionniers de la photographie couleur, bien que j’aie avant tout découvert pour son travail et noir et blanc ».

        J’imagine que ça devrait être « bien que je l’aie » et « pour son travail EN noir et blanc »

        Et celle-là, à propos de Bruno Barbey :

        « Si son inspiration lui vient de la figure tutélaire d’Antoine de Saint-Saint-Exupéry »

        A moins que cette redondance de saints soit volontaire et/ou humoristique ?

  3. Gauthier

    Bonjour Thomas
    Merci pour ces belles découvertes.
    J’en connaissais certains mais pas d’autres et je vais donc pouvoir me « culturer » un peu plus grâce à toi.
    Et pour ceux qui ne parlent pas le Français ils ne savent pas ce qu’ils perdent.

    • Merci ! J’avais déjà envisagé de traduire le blog mais il y a déjà trop de contenus en anglais, c’est une perte de temps je pense.

  4. Jon snow

    Bonjour,

    Super intéressant merci pour la présentation de tous ces photographes qui sont autant de belles découvertes pour moi.
    Une question: le recueil de Meyerowitz, ‘CapeLight’, a été pris à Cape Town en Afrique du Sud?
    Car les photos 2, 3, 4 (la plage, les bagnoles, les maisons…) me rappellent étrangement Cape Cod (aux USA).
    + les photos de Saul Leiter présentées dans cet article sont top, d’apparence simples et pourtant si évocatrices, quelle maîtrise!

    • Oui c’est Cape Cod! C’est vrai que je m’étais aussi posé la question avant de le lire !

      Une référence Leiter. Je ne me lasse jamais de son œuvre et m’y replonge régulièrement !

  5. Merci pour cet article référence. Je retrouve avec plaisir ceux que je connais (les américains et les européens) et je découvre avec gourmandises les autres, qui vont compléter ma liste au Père Noël !!

    J’ai trouvé par hasard dans une librairie d’occasion (Mona Lisait) le livre de Meyerowitz, Atfermath, sur son travail après le 11 septembre. Un pavé, 350 pages en format 28, 6 x 38,7 cms, un grand bonheur au prix cassé de 12.50€. Qui a dit que la culture était forcément chère ?!

  6. Oh punaise ! C’est impressionnant !

    Merci pour ce travail par contre c’est drôle de découvrir qu’un photographe reconnu a déjà travaillé sur un projet similaire à une idée que j’ai développé.

    Je parle du projet Fullmoon d’Almond et du coup son livre est passé en priorité dans ma shopping liste 🙂
    Un exemple sur cette page :
    http://snash.rustine.info/2015/nuit/la-bretagne-la-nuit/
    et cette page :
    http://snash.rustine.info/2015/nuit/sortie-pleine-lune-juin-2015/

    • « Travail » c’est vite dit, j’ai adoré faire ça !

      C’est cool quand ça arrive oui, d’une certaine façon, tout a déjà été fait, et c’est intéressant, je trouve, de voir comment d’autres ont traité le sujet.
      Les photographies de Walker Evans on été une inpiration/aide pour le projet Intercité, ou Gabriele Basilico pour mes photographies urbaines en général.

  7. passionnant! un article a lire et a relire

  8. Voilà un tour du monde que je suis ravi d’avoir fait. Et sans décalage horaire 🙂
    Une chose m’intrigue à propos de la si magnifique photo « Young dancer » de Meyerovitz, comment sait-il que c’est une danseuse ? J’ai longuement regardé l’image de cette jeune femme et je n’ai pas vu l’indice.

  9. Merci Thomas pour cet article.
    Outre cette liste d’artistes très intéressants (je pense à l’Afrique dont les artistes ne sont que rarement mis avant), j’ai en plus appris le terme : orchidoclaste! 😉

  10. Ce commentaire n’est pas directement lié à cet article mais bien à ton blog que je découvre depuis quelques semaines grâce à un lien dans une publication de L Breillat d’apprendre le photo. Et vraiment quel bonheur. Pertinence, profondeur, engagement sont les premiers mots qui me viennent en tête. Un vrai bonheur de lecture. Surtout continue de la sorte.

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