Dans cette vidéo, je passe en revue cinq livres photo qui ont fait scandale — chacun à sa manière — et j’explique pourquoi ils continuent de bousculer notre rapport à l’image :
⚪ Perdre la tête de François-Marie Banier : photographie de rue sans consentement, procès pour atteinte à la vie privée et altercation avec un SDF. Dispo ici :
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⚪ London de Gian Butturini : un double page polémique qui relance la question du racisme dans les œuvres anciennes ; Martin Parr se retrouve au cœur de la polémique. Dispo ici :
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Plus de détails sur l'histoire de ce livre et la polémique ici :
https://thomashammoudi.com/5-livres-a-lire-cette-annee-2020/#Gian_Butturini_%E2%80%93_London (à lire avant de commenter dessus 😅)
⚪ Immediate Family de Sally Mann : portraits intimistes (et nus) de ses enfants, accusés de franchir la ligne de la décence mais devenus un classique. Dispo ici :
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⚪ Black Country Faces de Bruce Gilden : visages ultra-rapprochés des laissés-pour-compte britanniques, trop crus pour les institutions locales. En rupture partout.
⚪ Post-Mortem de Patrik Budenz : plongée clinique dans la morgue de Berlin, qui nous confronte au tabou du cadavre. En rupture partout.
Je replace chaque ouvrage dans son contexte, je détaille les polémiques et je montre comment ils repoussent les limites de la photographie.
Chapitres
00:00 Intro – Pourquoi parler de livres polémiques
01:04 Perdre la tête — François-Marie Banier
03:26 London — Gian Butturini
05:56 Immediate Family — Sally Mann
07:23 Black Country Faces — Bruce Gilden
09:51 Post-Mortem — Patrik Budenz
11:57 Conclusion & ressources (newsletter, guide gratuit)
🔽 Et pour dégoter des livres en promo, utilisez le Chineur :
https://apps.thomashammoudi.com/promos-livres-photos
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⚪ Post-Mortem de Patrik Budenz : plongée clinique dans la morgue de Berlin, qui nous confronte au tabou du cadavre. En rupture partout.
Je replace chaque ouvrage dans son contexte, je détaille les polémiques et je montre comment ils repoussent les limites de la photographie.
Chapitres
00:00 Intro – Pourquoi parler de livres polémiques
01:04 Perdre la tête — François-Marie Banier
03:26 London — Gian Butturini
05:56 Immediate Family — Sally Mann
07:23 Black Country Faces — Bruce Gilden
09:51 Post-Mortem — Patrik Budenz
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Bonjour à tous, ici Thomas Moui. Je vais vous parler de photographie. Vous le savez, ce que je préfère dans tout ça, c'est les bouquins photos. C'est pour ça qu'il y en a une tête hachée derrière moi. J'aime bien vous faire des petites vidéos de temps en temps pour vous partager des coups de cœur, les derniers achats, des choses un peu thématiques. Et aujourd'hui, on va être dans cette dernière catégorie. Pourquoi ? Parce que c'est une vidéo que je voulais faire depuis très longtemps mais j'ai mis un peu de temps à rassembler tous les livres pour la faire. Aujourd'hui, on va parler de livres polémiques, donc qui ont fait polémique, sauf le dernier qui va plus choqué qu'autre chose, mais on en parlera le moment venu. Je vous parle de livre polémique, ça veut pas dire forcément que je vais avoir un avis dessus. Moi, je suis là pour vous les présenter, pour vous donner un peu le contexte et cetera. Il y a certains de ces livres sur lesquels publiquement j'ai déjà exprimé un avis, que ce soit sur le blog, sur les réseaux sociaux ou autres. C'est pas trop le sujet ici. Le but, c'est de vous montrer comment certains ont influencé l'histoire de la photographie, ont fait réfléchir autour de la photographie, de nos pratiques, de ce qu'on pouvait faire, pas faire et cetera. Je vous préviens qu'il y va avoir des choses un petit peu choquantes euh surtout vers la fin mais voilà, libre à vous de sauter ce passage là, c'est pas bien grave. De toute façon, si la vidéo est sur YouTube, c'est que ça va passer la censure. Donc a priori, on va s'en sortir. Premier livre de cette sélection, le très très classique, perdre la tête de François Marie Bagier que j'ai la chance d'avoir ici en première édition et signé pour un certain Pierre-André qui n'est pas moi Pierre André, mais je suis quand même content d'avoir ce bouquin là signé et il est très très connu notamment parce qu'il a fait bouger l'histoire de la photographie de rue. Vous connaissez sans doute le cas mais on va en reparler dans quelques minutes quand je vais vous montrer les images. Et il est connu à cause de cette double page. Voilà, mais vous l'avez sûrement pas bien vu sur YouTube et je vous propose de voir ça ensemble en l'ouvrant. Dans perdre la tête, François Marie Banier expose un corpus de photographie prise dans la rue, souvent à l'insu des passants. Connu autant pour ses liens avec des personnalités influentes que pour ces phrases que médiatiques, Banny pratique une photographie de l'instant brut, très proche de la tradition humaniste, mais où l'autre, souvent marginalisé, est capté sans filtre ni consentement. Le livre s'inscrit dans une démarche artistique qui revendique la liberté d'expression et le droit à documenter l'espace public. Mais c'est justement cette posture qui déclenche de vives controverses. Deux affaires juridiques cristallisent la polémique autour de cet ouvrage. En 2006, une femme photographiée à son insue assigne Bier et les éditions Galimar pour atteinte à la vie privée après la publication de son portrait dans Perdre la tête. Bien que débouter, l'affaire pose frontalement la question des limites entre liberté artistique et droit à l'image dans l'espace public. L'arrêt de la cour d'appel de Paris tranche en faveur de l'artiste, estimant que son travail s'inscrit dans une démarche d'expression protégée. Mais cette décision ne fait pas l'unanimité. Elle alimente le débat sur l'asymétrie entre la puissance médiatique ou éditoriale d'un photographe et la vulnérabilité de ces sujets. Souvent capté à la volée sans défense possible. La tension atteint un autre sommet en 2011 lorsqu'une altercation éclate entre Bier et un SDF sur les Champsélysées. Après avoir été photographié contre son gré, l'homme aurait exigé que les clichés soient effacés. B aurait retorqué par un taagle clochard insulte qui sera largement relayé par la presse. L'incident dégénère, une gifle est donnée, des propos homophobes sont rapportés et une plainte est déposée avant d'être retiré par Bier lorsqu'il apprend que l'agresseur est sans domicile fixe. L'épisode choque. Il met en lumière non seulement un mépris social latent, mais questionne aussi la posture de l'artiste face à ses sujets et la violence symbolique que peut représenter l'acte photographique surtout lorsqu'il prend cibles les plus précaires. Ouf, quel livre ? D'ailleurs, je précise, ce livre là, j'en ai parlé dans la newsletter des Chineurs. Si jamais vous voulez chiner des bons livres photos pour pas très cher, je vous mets un lien dans la description. De toute façon, il est toujours dans la description des vidéos. Chinor, c'est une application pour trouver des liv photos pas cher et c'est aussi une newsletter que je fais deux fois par mois environ dans lequel je vous partage mes meilleures trouvailles. Et le livre de François Marie Banier a été en promo il y a pas très longtemps. Je vous mets un lien par ici. Le deuxième livre de cette sélection et on est toujours sur de la photographie de rue, c'est London de Jan Buturini qui a été réédité sous la direction de Martine Par. C'est pas l'éditeur Martine Par il il a dirigé la réédition plutôt. Alors c'est un livre qui a fait polémique assez récemment, je crois fin des années 2010 un truc comme ça et qui avait été à l'époque retiré d'Amazon. Donc j'ai eu la chance de l'acheter 5 minutes avant que ce soit le cas parce que j'aime bien les livres polémiques et qui ont qui ont un peu marqué l'histoire de la photo comme ça. Du coup, je l'ai acquis et il a fait polémique à cause de cette double page où on voit une femme noire mise en face dans la double page d'un singe. Vous comprenez tout de suite le problème mais je vous propose d'en parler ensemble et de vous raconter l'histoire de ce livre. Dans London, Jan Buturini immortalise le Londres de 1969 à travers une photographie de rue brute, granuleuse, influencée par les codes du graphisme de son époque. Photographe autodidacte arrivé dans la capitale britannique pour un salon de design, il en revient avec un regard critique et très personnel sur la ville. Le livre est une mosaque visuelle rassemblant en portraits de rue, fragments politiques et scènes sociales dans une maquette qui joue des contrastes, décollages et de l'ironie visuelle. Son style évoque William Klan ou Daido Moriama avec cette volonté de capturer la ville dans sa rugosité et ses tensions. L'ouvrage autoédité à 1000 exemplaire reste confidentiel jusqu'à sa redécouverte par Martin P en 2017 qui préface sa réédition. Mais c'est précisément cette réédition qui déclenche une vive polémique. En 2020, une lectrice découvre choquée une double page problématique. À gauche, une femme noire photographiée dans le métro. À droite, un gori enfermé dans une cage. La mise en page, involontaire ou non, provoque un tooleté. Perçu comme raciste dans sa juste apposition visuelle. L'étudiante à l'origine de la dénonciation, Mercedes-Baptiste Holiday, accuse non seulement le livre, mais aussi Martin Park, préfier et figure majeur de la photographie contemporaine, de ne pas avoir vu ou signaler cette image. Bien que par ne soit pas l'éditeur, malgré la mention Edited By sur le livre, il s'excuse, demande le retrait du livre et reverse ses droits à une association. Cela ne suffira pas à étouffer la polémique. Il démissionne de son poste au Bristol photo Festival. Le scandale pose des questions complexes sur la responsabilité éditoriale, la relecture contemporaine des œuvres du passé et les intentions des auteurs. Buturini, décédé depuis longtemps, évoquait dans ces textes une volonté de montrer un Londres authentique et non édulcoré et associé peut-être naïvement la dignité des personnes noires à celle du gorille de Zo. Le débat sur London ne se résume pas à une attaque simpliste. Il révèle surtout à quel point les constructions visuelles d'hier peuvent une fois recontextualisé heurter les sensibilités d'aujourd'hui et soulève la nécessité d'accompagner les rééditions d'œuvres anciennes d'un appareil critique adapté. J'ai fait un article plus détaillé sur ce livre, je vous le mets en description. Pour le prochain livre de cette sélection, on va passer sur un livre qui est lui très très connu. Vous en avez déjà sans doute entendu parler sans savoir trop ce qui s'est passé autour. Je vous propose de parler de immédiate family de Saliman où elle a photographié ses enfants d'une façon qui a fait vous vous en doutez polémique. Dans Immediate Family, publié en 1992, Saliman présente une série de photographies en noir et blanc de ses trois enfants capturés dans leur environnement familial en Virginie rurale. Utilisant une chambre photographique grand format, Man explore des thèmes tels que l'innocence, la vulnérabilité et la complexité de l'enfance. Les images, parfois mises en scène montrent ses enfants dans des moments de jeu, de repos ou de contemplation. souvent nu, reflétant une vision intime et personnelle de la vie familiale, la publication du livre a suscité une controverse significative, certains accusant Man de produire des images inappropriées ou exploitantes. Les groupes conservateurs ont même qualifié certaines photographies de pornographique bien que les images ne soient ni sexualisées ni destinées à un tel usage. Man a défendu son travail tout en soulignant la nature artistique et documentaire de ses photographies, affirmant qu'elles étaient le fruit d'une collaboration avec ses enfants et qu'elle reflétait les aspects universels de l'enfance. Malgré la controverse, Immédiate Family est reconnue comme une œuvre majeure dans le domaine de la photographie contemporaine. Le livre a été salué pour sa qualité artistique et sa capacité à capturer la complexité de l'enfance et des relations familiales. Il continue d'être étudié et exposé bien que certaines de ces images aient récemment été retirées d'exposition en raison de préoccupations similaires à celles soulevées lors de sa publication initiale. Le livre suivant, c'est un livre qui a été un peu difficile à trouver et j'ai mis longtemps avant de tomber dessus. Je crois que c'est une réédition, c'est Black County de Bruce Gildon donc qui est dans une très belle édition où c'est juste un tas de feuilles relié par dérivé. J'aime beaucoup la forme. Pourquoi ça fait polémique en dehors de la façon de photographier de Bruce Gilden ? Il est connu pour ça pour faire des images au flash très près des gens dans la rue vous l'avez sans doute déjà vu mais dans ce livre c'est pas tant sa façon de photographier au flash qui a posé le problème parce que ça il l'a fait toute sa carrière sans que ça sans que ça dérange trop à part sur internet c'est plus la sélection d'images et la façon de représenter les habitants de la région qu'il devaient photographier qui a posé souci. Je propose qu'on voit ça ensemble. Les images sous les yeux. Black Country Faces de Bruce Jildon est un ouvrage frontal, dérangeant et pour beaucoup difficile à exposer. Réalisé entre 2013 et 2014 dans le cœur post-industriel de l'Angleterre, West Brownwich, Dodley, Wolverhampton. Ce projet commandé par l'organisation Multistory n'a à ce jour jamais trouvé preneur dans une institution culturelle locale. Trop dur, trop cru, trop proche pour être digéré. Gilden fidèle à son style de portrait ultra rapproché au Flash, immortalise des visages marqués, des laissés pour compte britanniques. Le résultat est brutal. Des visages déformés, creusés par la misère ou l'oubli qu'il ne cherchent ni à flatter ni à esthétiser. Il capte avec une empathie rugueuse des gens bruisés par la vie comme il le dit lui-même. Des figures de la marginalité sociale que l'institution culturelle britannique ne semble pas encore prête à regarder en face. Ce rejet d'exposition, y compris dans la cathédrale de Birningham ou à la New Art galerie de Wall Soul, soulève une tension entre représentation documentaire et malaise social. Ce que montre Gilden, c'est l'envers du récit britannique, une Angleterre désindustrialisée, abandonnée dont les habitants portent sur leur visages les stigmates d'une violence systémique. Ces images, pourtant réalisées avec le consentement des sujets et une forme de respect viscéral, mettent le spectateur face à une responsabilité qu'il préfère ignorer. À la différence de ces clichés pris à Haïti ou au Japon, ici la proximité géographique et culturelle rend le regard insoutenable. Ce n'est pas l'exotisme d'une misère lointaine, c'est celle du voisin, du collègue, du cousin. Ironiquement, les images ont été partiellement montrées à Londres dans l'exposition Strange and Familiar organisée par Martin P à la Barbie, mais pas dans le lieu même où elles ont été prises. Gilden en tient une conclusion amer. Il dit "Les gens n'aiment pas regarder mes images parce que cela les obligerait à faire quelque chose." Par leur refus, les institutions confiant ce qu'ils dénoncent, une forme de cécité sociale volontaire. Black Country Faces devient ainsi un livre invisible, censuré non par la loi mais par la gêne collective, un miroir trop fidèle à une réalité que l'on préfère cacher. Et le dernier livre de cette sélection, c'est Post mortem de Patrick Budens, j'avais un doute sur le nom. Alors là, c'est le livre où si vous êtes une âme sensible, il faut s'arrêter et aller directement à la conclusion. C'est un livre qui m'a choqué quand je suis tombé dessus et je l'ai acheté pour ça. J'ai hésité parce qu'en fait, je suis pas sûr d'apprécier vraiment les images à titre personnel. Autant la démarche, je la trouve intéressante mais les images un peu moins. C'est plus une question de goût vraiment on n'est pas sur c'est bien, c'est pas bien, c'est juste mon goût. Mais en fait, il m'a tellement fait un choc, il m'a tellement fait me sentir bizarrement que je me dis "Ouais, un livre qui me fait ça, c'est comme si un album m'avait secoué, un film avait secoué." Il me laisse pas un différent, bah faut que je l'ai dans ma collection. Et je crois qu'il était dans une caisse de livres à 5 € un truc comme ça. Donc ça pas été un énorme investissement non plus. Pourquoi je vous en parle ? Parce que comme le nom, c'est de la photo postmortem mais contemporaine et je vous propose de regarder ça ensemble. Avec Postmortem, Patrick Budens pénètre de front. Dans l'un des derniers grands tabouts visuels de nos sociétés contemporaines, la représentation du cadavre réalisé entre 2007 et 2011 dans la morque de Berlin, cette série documentaire ne cherche ni à choquer gratuitement, ni à rendre la mort spectaculaire. Elle propose au contraire une exploration minutieuse, presque clinique du devenir du corps humain après le décès. Budens y montre ce que nous refusons de voir. Des corps ouverts, des fragments de cerveau, des peaux plissées, des traces de sang ou de vieillesse, le tout photographié avec une distance froide mais assumée et une lumière qui refuse le patos. Ce qui rend postmortem polémique, ce n'est pas tant la frontalité des images que ce qu'elle nous force à affronter. Le statut du corps mort dans la culture occidentale. Dans une société où la mort est médicalisée, invisibilisée, repoussée hors des regards, Budens expose ce que les rituels funéraires escamotent. L'œuvre dérange parce qu'elle documente sans filtre ce que l'on cache. L'effacement de la personne, la transformation du sujet en objet. C'est un livre qui s'affiche contre le déni, contre l'asceptisation du deuil. Et s'il est meut, ce n'est pas par esthétisation morbide, mais parce qu'il confronte chaque spectateur à sa propre finitude de manière brutale, certes, mais sincère. C'est cette sincérité et cette volonté de ne pas détourner le regard qui ont rendu le livre difficilement montrable dans certains cercles, tout en le rendant indispensable dans d'autres peut-être ici. Voilà, j'avais envie de terminer sur une note un peu joyeuse. Plus sérieusement, j'espère que cette sélection vous a plu. Ça vous aura fait réfléchir sur ce qu'on peut faire, ne pas faire en photographie, comment certaines démarches vont influencer bah ces limites là de ce qu'on peut faire, ce qu'on peut pas faire. Si jamais j'ai oublié des livres, des livres polémiques, vous pouvez dire tiens lui le livre en soi, vraiment pas la carrière du photographe, pas le photographe, pas une photographie, mais vraiment le livre, l'objet ou le projet a posé problème ou vous a fait vous questionner comme le dernier livre pour moi, bah hésitez pas à en parler en commentaire et il y aura d'autres vidéos, donc j'aurai l'occasion d'en parler. Si vous aimez les lit photos, je vous ai dit news et du chinois enquel vous pouvez vous abonner et en plus je vous en donne un. Ça s'appelle 10 outils indispensables pour votre projet photo. C'est une sorte de petit kit de base pour démarrer son projet que j'avais prévu pour vous. Je le donne gratuitement à toutes les personnes souhaitant l'avoir. Donc hésitez pas à le récupérer. Ça vous permettra de démarrer un projet. N'oubliez pas non plus de liker cette vidéo et de vous abonner parce que je le sais, j'ai les stats et il y a environ la moitié des gens qui regardent mes vidéos qui ne sont pas abonnés. Et ça c'est dommage parce que vous allez peut-être rater la suite et surtout ça aide à soir le travail he on vous le dit à chaque fois c'est qu'il y a une raison. Ça fait plaisir à l'algorithme, ça aide à soutenir ce genre de contenu parce que évidemment les contenus culturels à mon plus grand dâme, c'est toujours plus difficile de les faire découvrir, que ça fasse des vues, que ça devienne viral que des choses plus basiques sur le matos que je peux faire ponctuellement de temps en temps quand j'ai envie d'en parler. Hésitez pas à soutenir ce genre de format, partager autour de vous. Ça m'aide vraiment beaucoup. Je dis ça au premier degré. Quoi qu'il en soit, prenez soin de vous, lisez plein de livres photos et nous on soit dans 15 jours. Ce fut un plaisir. À très bientôt. [Musique]
# Script
Bonjour à tous, ici Thomas Hammoudi et je viens vous parler de photographie.
# Banier Perdre La Tete
Dans Perdre la tête, François-Marie Banier expose un corpus de photographies prises dans la rue, souvent à l’insu des passants. Connu autant pour ses liens avec des personnalités influentes que pour ses frasques médiatiques, Banier pratique une photographie de l’instant brut, très proche de la tradition humaniste, mais où l’autre — souvent marginalisé — est capté sans filtre, ni consentement. Le livre s’inscrit dans une démarche artistique qui revendique la liberté d’expression et le droit à documenter l’espace public, mais c’est justement cette posture qui déclenche de vives controverses.
Deux affaires juridiques cristallisent la polémique autour de cet ouvrage. En 2006, une femme photographiée à son insu assigne Banier et les éditions Gallimard pour atteinte à la vie privée, après la publication de son portrait dans Perdre la tête. Bien que déboutée, l’affaire pose frontalement la question des limites entre liberté artistique et droit à l’image dans l’espace public. L’arrêt de la Cour d’appel de Paris tranche en faveur de l’artiste, estimant que son travail s’inscrit dans un cadre d’expression protégé. Mais cette décision ne fait pas l’unanimité : elle alimente le débat sur l’asymétrie entre la puissance médiatique ou éditoriale d’un photographe et la vulnérabilité de ses sujets, souvent captés à la volée, sans défense possible.
La tension atteint un autre sommet en 2011 lorsqu’une altercation éclate entre Banier et un SDF sur les Champs-Élysées. Après avoir été photographié contre son gré, l’homme aurait exigé que les clichés soient effacés. Banier aurait rétorqué par un « Ta gueule, clochard ! » — insulte qui sera largement relayée dans la presse. L’incident dégénère, une gifle est donnée, des propos homophobes sont rapportés, et une plainte est déposée… avant d’être retirée par Banier lorsqu’il apprend que l’agresseur est sans domicile fixe. L’épisode choque : il met en lumière non seulement un mépris social latent, mais questionne aussi la posture de l’artiste face à ses sujets, et la violence symbolique que peut représenter l’acte photographique, surtout lorsqu’il cible les plus précaires.
# Gian Butturini: London
Dans London, Gian Butturini immortalise le Londres de 1969 à travers une photographie de rue brute, granuleuse, influencée par les codes du graphisme de l’époque. Photographe autodidacte arrivé dans la capitale britannique pour un salon de design, il en revient avec un regard critique et très personnel sur la ville. Le livre est une mosaïque visuelle rassemblant portraits de rue, fragments politiques et scènes sociales, dans une maquette qui joue des contrastes, des collages et de l’ironie visuelle. Son style évoque William Klein ou Daidō Moriyama, avec cette même volonté de capturer la ville dans sa rugosité et ses tensions. L’ouvrage original, autoédité à 1000 exemplaires, reste confidentiel jusqu’à sa redécouverte par Martin Parr en 2017, qui préface sa réédition.
Mais c’est précisément cette réédition qui déclenche une vive polémique. En 2020, une lectrice découvre, choquée, une double page problématique : à gauche, une femme noire photographiée dans le métro ; à droite, un gorille enfermé dans une cage. La mise en page, involontaire ou non, provoque un tollé, perçue comme raciste dans sa juxtaposition visuelle. L’étudiante à l’origine de la dénonciation, Mercedes Baptiste Halliday, accuse non seulement le livre, mais aussi Martin Parr, préfacier et figure majeure de la photographie contemporaine, de ne pas avoir vu ou signalé cette image. Bien que Parr ne soit pas l’éditeur (malgré la mention “edited by”), il s’excuse, demande le retrait du livre et reverse ses droits à une association. Cela ne suffira pas à étouffer la polémique : il démissionne de son poste au Bristol Photo Festival.
Le scandale pose des questions complexes sur la responsabilité éditoriale, la relecture contemporaine des œuvres du passé, et les intentions des auteurs. Butturini, décédé depuis longtemps, évoquait dans ses textes une volonté de montrer un Londres authentique et non édulcoré, et associait, peut-être naïvement, la “dignité” des personnes noires à celle du gorille du zoo. Le débat sur London ne se résume donc pas à une attaque simpliste : il révèle surtout à quel point les constructions visuelles d’hier peuvent, une fois recontextualisées, heurter les sensibilités d’aujourd’hui, et soulève la nécessité d’accompagner les rééditions d’œuvres anciennes d’un appareil critique adapté.
# Sally Mann : Immediate Family-
Dans Immediate Family, publié en 1992, Sally Mann présente une série de photographies en noir et blanc de ses trois enfants, capturées dans leur environnement familial en Virginie rurale. Utilisant une chambre photographique grand format, Mann explore des thèmes tels que l'innocence, la vulnérabilité et la complexité de l'enfance. Les images, parfois mises en scène, montrent ses enfants dans des moments de jeu, de repos ou de contemplation, souvent nus, reflétant une vision intime et personnelle de la vie familiale.
La publication du livre a suscité une controverse significative, certains critiques accusant Mann de produire des images inappropriées ou exploitantes. Des groupes conservateurs ont même qualifié certaines photographies de pornographiques, bien que les images ne soient ni sexualisées ni destinées à un tel usage. Mann a défendu son travail en soulignant la nature artistique et documentaire de ses photographies, affirmant qu'elles étaient le fruit d'une collaboration avec ses enfants et qu'elles reflétaient des aspects universels de l'enfance. Wikipedia
Malgré la controverse, Immediate Family est reconnu comme une œuvre majeure dans le domaine de la photographie contemporaine. Le livre a été salué pour sa qualité artistique et sa capacité à capturer la complexité de l'enfance et des relations familiales. Il continue d'être étudié et exposé, bien que certaines de ses images aient récemment été retirées d'expositions en raison de préoccupations similaires à celles soulevées lors de sa publication initiale. Village.Chron
# Black country
Black Country Faces de Bruce Gilden est un ouvrage frontal, dérangeant, et pour beaucoup difficile à exposer. Réalisé entre 2013 et 2014 dans le cœur post-industriel de l’Angleterre — West Bromwich, Dudley, Wolverhampton — ce projet commandé par l’organisation Multistory n’a, à ce jour, jamais trouvé preneur dans aucune institution culturelle locale. Trop dur, trop cru, trop proche pour être digéré. Gilden, fidèle à son style de portraits ultra-rapprochés au flash, y immortalise les visages marqués des laissés-pour-compte britanniques. Le résultat est brutal : des visages déformés, creusés par la misère ou l’oubli, qu’il ne cherche ni à flatter ni à esthétiser. Il capte, avec une empathie rugueuse, des gens “bruisés par la vie”, comme il le dit lui-même — des figures de la marginalité sociale que l’institution culturelle britannique ne semble pas encore prête à regarder en face.
Ce rejet d’exposition — y compris à la cathédrale de Birmingham ou à la New Art Gallery de Walsall — soulève une tension forte entre représentation documentaire et malaise social. Car ce que montre Gilden, c’est l’envers du récit britannique : une Angleterre désindustrialisée, abandonnée, dont les habitants portent sur leur visage les stigmates d’une violence systémique. Ses images, pourtant réalisées avec le consentement des sujets et une forme de respect viscéral, mettent les spectateurs face à une responsabilité qu’ils préféreraient ignorer. À la différence de ses clichés pris à Haïti ou au Japon, ici la proximité géographique et culturelle rend le regard insoutenable. Ce n’est pas “l’exotisme” d’une misère lointaine, mais celle du voisin, du collègue, du cousin.
Ironiquement, les images ont été partiellement montrées… à Londres, dans l’exposition Strange and Familiar organisée par Martin Parr à la Barbican. Mais pas dans les lieux même où elles ont été prises. Gilden en tire une conclusion amère : “Les gens n’aiment pas regarder mes images parce que cela les obligerait à faire quelque chose.” Par leur refus, les institutions confirment ce qu’il dénonce : une forme de cécité sociale volontaire. Black Country Faces devient ainsi un livre invisible, censuré non par la loi mais par la gêne collective. Un miroir trop fidèle à une réalité que l’on préfère cacher.
# Post Mortem
Avec Post-Mortem, Patrik Budenz pénètre de front dans l’un des derniers grands tabous visuels de nos sociétés contemporaines : la représentation du cadavre. Réalisée entre 2007 et 2011 dans la morgue de Berlin, cette série documentaire ne cherche ni à choquer gratuitement ni à rendre la mort spectaculaire. Elle propose au contraire une exploration minutieuse, presque clinique, du devenir du corps humain après le décès. Budenz y montre ce que nous refusons de voir : des corps ouverts, des fragments de cerveaux, des peaux plissées, des traces de violence ou de vieillesse — le tout photographié avec une distance froide mais assumée, et une lumière qui refuse le pathos.
Ce qui rend Post-Mortem polémique, ce n’est pas tant la frontalité des images que ce qu’elles nous forcent à affronter : le statut du corps mort dans la culture occidentale. Dans une société où la mort est médicalisée, invisibilisée, repoussée hors des regards, Budenz expose ce que le rituel funéraire escamote. L’œuvre dérange parce qu’elle documente sans filtre ce que l’on cache : l’effacement de la personne, la transformation du sujet en objet. C’est un livre qui s’affiche contre le déni de mort, contre l’aseptisation du deuil. Et s’il émeut, ce n’est pas par esthétisation morbide, mais parce qu’il confronte chaque spectateur à sa propre finitude — de manière brutale, certes, mais sincère. C’est cette sincérité, et cette volonté de ne pas détourner le regard, qui ont rendu ce livre difficilement montrable dans certains cercles, tout en le rendant indispensable dans d'autres.
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# Mise en ligne IA
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# Retranscription

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