Je change de décor pour une interview : je reçois Emmanuel Poto, photographe de concert depuis 16–17 ans (notamment à l’Aéronef à Lille). Ensemble, on décortique la photo de concert : comment il a commencé, comment il construit un style “viscéral”, l’importance de la couleur, des angles et du placement dans la fosse, ce qui fait une bonne image, et pourquoi la post‑production (et le RAW) est indispensable. On parle aussi d’accréditations, de l’évolution du milieu, de la frustration/pression de “la photo du concert”, et de la diffusion sur Instagram (collabs, réels, limites des plateformes) avec l’envie de revenir au réel via expos ou zines.
00:00 Intro & pourquoi ce décor / format interview
00:40 Présentation d’Emmanuel Poto
01:30 Débuts : musique, arts plastiques, Visual Music, premiers concerts
03:40 Style & influences (cinéma, BD), approche viscérale, travail de la couleur
07:10 “Imprimer sa marque” malgré la contrainte de la scène
09:30 Leviers créatifs : objectifs, placement, angles, itérations & expérimentation
10:50 Checklist d’un “bon” concert : lights, énergie, synergie public/artiste, timing
13:00 Évolution du milieu & ambiance dans la fosse
14:10 Comment obtenir une accréditation (média / DM Instagram)
16:10 Trier ses images : lisibilité, dynamique, peur de rater “LA” photo
21:30 Gérer l’échec, exigence, rythme de concerts
24:10 Diffusion & réseaux : frustration, comparaison, collabs, réels vs photos
29:00 Sortir d’internet : tirages, expos, zine
30:40 3 conseils pour débuter : marque perso, focale fixe, post‑prod + RAW
34:10 Questions rapides (livres, investissements, prisme, respect, viseur vs écran)
39:35 Conclusion & où suivre Emmanuel
Retrouvez Emmanuel sur Instagram :
https://www.instagram.com/e_po/
00:00 Intro & pourquoi ce décor / format interview
00:40 Présentation d’Emmanuel Poto
01:30 Débuts : musique, arts plastiques, Visual Music, premiers concerts
03:40 Style & influences (cinéma, BD), approche viscérale, travail de la couleur
07:10 “Imprimer sa marque” malgré la contrainte de la scène
09:30 Leviers créatifs : objectifs, placement, angles, itérations & expérimentation
10:50 Checklist d’un “bon” concert : lights, énergie, synergie public/artiste, timing
13:00 Évolution du milieu & ambiance dans la fosse
14:10 Comment obtenir une accréditation (média / DM Instagram)
16:10 Trier ses images : lisibilité, dynamique, peur de rater “LA” photo
21:30 Gérer l’échec, exigence, rythme de concerts
24:10 Diffusion & réseaux : frustration, comparaison, collabs, réels vs photos
29:00 Sortir d’internet : tirages, expos, zine
30:40 3 conseils pour débuter : marque perso, focale fixe, post‑prod + RAW
34:10 Questions rapides (livres, investissements, prisme, respect, viseur vs écran)
39:35 Conclusion & où suivre Emmanuel
Retrouvez Emmanuel sur Instagram :
https://www.instagram.com/e_po/
Bonjour à tous. Euh, vous l'avez vu, on n'est pas sur le même décor que d'habitude. Pourquoi ? Parce que vous le savez de temps en temps, j'aime bien parler de sujets que je ne maîtrise pas avec des gens qui les maîtrisent. Voilà. Euh les interviews, c'est un format que j'ai lancé sur la chaîne il y a un an ou deux où j'invite des photographes, on parle de leur projet, de leur travail et cetera parce que je ne connais pas tous les sujets et notamment celui du jour qui est la photographie de concert que je ne pratique pas, que je ne connais pas et donc j'ai fait appel à un expert pour en discuter avec vous. Euh les habitudes de la chaîne verront que et je le dis à chaque fois, c'est pas grave, euh c'est toujours le même plan, un peu d'interview. Comme ça, vous pouvez vous repérer, vous pouvez regarder les autres vidéos de la chaîne un peu comparer des réponses des photographes sur tout ce qui concerne la créativité, la pratique de la photographie et euh la gestion de leur projets, de leur approche créative, tout ça. Aujourd'hui, je suis avec Emmanuel Poto et alors je la balance tout de suite comme ça vous l'aurez et on pourra passer à autre chose. Emmanuel Poto, c'est l'anagramme de le lama poète ému. Donc voilà, comme ça vous le savez, c'est l'information de cette vidéo, c'est fait. Bonjour Emmanuel et je ne t'appellerai pas le lama mais je l'ai balancé quand même. Est-ce que tu peux te présenter et comment vas-tu ? Salut Thomas. Bah ça va bien merci. Merci à toi de n recevoir déjà aussi. C'est l'occasion effectivement de parler de photos de concert. Donc bah écoute je suis photographe de concert depuis maintenant 16 ans voire 17. J'ai l'occasion de travailler avec l'aérone donc qui la salle de concert de Lille qui est la deuxième plus grosse salle après le Zénite. Mais le Zénite ça compte pas. D'accord. OK. Si on veut une vraie salle de concert, on vient dans une salle de concert. Mais voilà, c'est ma 4e saison là-bas. J'ai une certaine expérience de la photo de concert. J'ai commencé en tant que passionné et puis en fait avec le temps tu te professionnes un petit peu. Ça part d'une passion musicale. J'avais une certaine expérience dans le domaine de la photo argentique et c'est des choses qui sont imbriquées un peu au fur et à mesure qui m'ont amené là. OK. Alors ça on va creuser un petit peu. Euh tu pourrais faire plein de trucs. Tu as dit que tu faisais de la tu t'intéressais à la musique du coup tu fais de la photographie. Tu aurais pu t'exprimer de plein de choses. Tu aurais pu faire du dessin. Voilà tuas de créer. Voilà. Pourquoi tu t'es mis à faire de la photographie et plus spécifiquement pourquoi de la photographie de concert ? Pourquoi tu t'es pas juste mis à faire de la musique en fait si tu aimais bien la musique ? Ouais ouais. Bah parce que déjà je suis un très mauvais musicien donc ça n'aide pas à faire de la musique. Ça a tué ma carrière dans l'œuf tout de suite. Mais non en fait en réité je viens des art plastiques. J'ai fait une fac d'art plastique et j'ai à l'époque j'ai eu l'occasion de travailler en argentique. J'aimais ça mais c'était pas ma passion de première en fait. Je faisais beaucoup de dessins à l'époque je me réservais un peu au dessin animé et à côté de ça sur mon temps libre en tant qu'étudiant je travaillais sur un site qui s'appelle Visual Music qui existe encore. Qui existe encore. C'est vrai. Exactement. Le lien sera dans la description. Ouais merci. Et en fait en tant que bah étudiante si tu veux, je mettais des chroniques et puis les labels me proposaient en fait des places de concert et je me disais tiens j'aimerais bien me rapprocher un peu de la scène et euh dans l'équipe de visuel, il y avait des mecs qui faisaient encore un peu de photos et cetera et je me suis tiens c'est vrai que finalement si je me rapprochais un peu des articles, je faisais déjà des interviews et cetera qui est la prochaine étape c'était potentiellement de faire finalement la photo de concert. Donc je suis arrivé un peu comme ça un peu par hasard parce que le premier concert que j'ai fait c'est genre les articles manquises. OK. au zénit de l'île avec un bridge. Donc je c'était ça, c'est n'importe quoi. Tu shootes en JP, enfin tu fais toutes les erreurs qu'il faut faire en tant que débutant. Mais j'avoue, je suis dans un zénite avec un appareil comme ça. Bon voilà mais en fait ça m'a un petit peu piqué. J'essayé en fait quand je faisais mes lives report, je dis on a besoin d'imag, on a besoin d'agrémenter un peu le texte de photo. Au fur et à mesure, je suis un peu monté en en matos. Mon exass associé avait un appareil qui était un réflexe. Alors on avait un type d'optique qui était pas ouf. Bah on a acheté un 50 mm 18 chip. Puis en fait ça va un peu mieux. Et puis tiens, est-ce que je peux pas changer l'appareil parce que celui-là il est un peu lent. Et de fil en aiguille comme ça, bah je me suis pris un peu au truc et en 2010 j'ai fait un concert des Deathons qui a été un peu une révélation. Là j'ai Shinom Moreno qui vient, il gueule à mes pieds, je une super photo et en fait je dis wouh ! Ah non mais j'ai trop kiffé en vrai. Et donc si tu veux il y a eu un peu ce truc de ma passion c'est la musique, j'avais une base artistique, j'aimais l'appareil photo. En fait les deux se sont naturellement imbriqué et depuis bah j'ai pas lâché quoi. Ceux qui te suivent sur Instagram et j'espère que vous êtes très nombreux auront vu que tu fais des photographies très colorées de concert très immersive mais ça je vais te laisser le définir. Est-ce que pour toi ton travail il appartient à un genre particulier ou un groupe de photographes dont tu te sens proches ou une école dont tu te sens proches et plus globalement et ça elle est pas simple dans quelle mesure ton style photographique il est intellectuellement défini versus naturel et pas construit dans le sens je veux dire à quel moment tu te dis OK alors moi j'ai pensé parce que ça ça existe pas dans la com et je voulais me démarquer de faire des choses comme c comme ça machin et c'est un truc où je sais pas tu as fait un cahier des décharges tu as réfléchit tu as construit ta pratique versus juste tu as trouvé ce que toi tu aimais et tu as creusé où tu te situes en fait entre les deux extrêmes alors Je comprends ce que tu veux dire parce qu'en fait venant des arts plastiques, il y avait ce truc où quand tu peignais, tu devais toujours un peu justifier ton travail, quel artiste avait inspiré, quelle école et cetera. Ça toujours été un peu bizarre pour moi en fait. La la partie artistique a toujours été un truc qui est assez viscéral en fait. Tu fais quelque chose parce que tu le sens un peu comme ça. Je pense que c'est lié aussi aux nombreuses influences que tu as, qu'elle soit consciente ou inconsciente en réalité. Et j'ai toujours nourri mon œil. J'ai toujours eu l'habitude, je regarde beaucoup de films, j'ai regardé beaucoup de photos, je lu énormément de BD et cetera. Quand je pense mes images, je les je les pense un peu comme des des planches vraiment très spécifiques. Je compare d'ailleurs très souvent la la photo. Je pense pas tant à une école photo qu'à des cinéaste. En réalité, j'ai plus tendance à me dire je suis parfois marqué par des images dans des films où je dis wou là le plan il est vraiment par exemple quel ex il y a un plan tout bête moi qui m'a énormément marqué mais je pense que c'est une espèce de madeleine de pous. C'est quand je regarde le premier Star Wars avec le Skywalker qui regarde au loin. Il y a ces deux planètes. J'ai un petit frisson d'en parler. Il y a la petite musique vraiment très spécifique de Star Wars, mais je pense que c'est parce que je regarde avec mon père. C'est une image iconique, c'est un truc qui passe sans arrêt et cetera, mais c'est un plan qui m'a énormément marqué. Tu as des mecs comme West Anderson qui ont quelque chose de très géométrique, de très plastique aussi. West Anderson, c'est vraiment le genre de mec pareil qui a des couleurs vraiment très marquées et cetera. Moi, j'ai tendance à dire à quelqu'un qui me demande des conseils en photo, je dis mais imprimez votre marque. Mais comme quand tu vas voir un film au cinéma, quand tu vas voir un David Finischer, il y a une photo qui est très différente d'un d'un film de je sais pas moi, on va dire Ridley Scott, mais ça veut rien dire Rid Scott. Mais j'ai envie de te dire que en réalité, oui, voilà, c'est c'est dit aussi, il y a des artistes comme ça où tu regardes l'image, tu sais que c'est eux. Et en fait, pour moi le but c'est quand tu es sur un concert, c'est d'imprimer ça. Donc, si je reviens vraiment à la question initiale qui est de dire comment j'aborde ma photo, elle est plus viscérale que réfléchie. Il y a des choses que j'améliore au fur et à mesure. Il y a des choses que dont je suis pas satisfait quand je pratique ma photo. Là, en ce moment, par exemple, je me dis tiens les musiciens autour des Frontman, j'ai tendance à les figer rapidement parce que j'ai que trois titres. Je les fige rapidement pour essayer de me concentrer sur le frontman qui forcément va avoir tendance à plus à tirer l'œil et cetera. Donc il y a un peu ce billet où des fois tu ah le frontman il fait quoi ? Donc tu es en train de photographier les mecs mais tu checkes toujours du coin de l'œil. Ouais, mais des fois en fait, je me dis ces mecs-là aussi c'est intéressant parce que tu en as qui bougent beaucoup et cetera, mais je sais qu'en ce moment c'est le travail que je dois faire, c'est vraiment de capter un mouvement un peu différemment. Mais ça ça c'est ma recherche personnelle. Par contre, c'est vrai que tu as raison. Dans le travail que je fais, il y a il y a une vraie interrogation sur la couleur. Euh on en a parlé un peu en off. Je suis moi-même en partie daltonien et si tu veux, il y a il y a un exercice là-dessus. J'ai un peu de mal avec la photo pur noir et blanc en permanence. Alors ça me vaut des déconvenus aussi, on va pas se le cacher, mais je trouve que l'exercice de couleur, c'est vraiment un exercice à part entière. Et quand je fais un peu de veille, quand je regarde un peu des photographes de concert, je trouve que chez beaucoup de photographes, c'est un point faible. Il y a des mecs que moi je suis comme David Tabari qui est un très bon pote qui est photographe de concert là pour le grand mix. David c'est un modèle quoi. Je veux dire quand je regarde ses photos, je vois la couleur, je vois que c'est David. Voilà, il a vraiment imprimé un truc, il a des noirs assez mats. Il a il a une manière de faire travailler enfin de faire ressortir les couleurs que j'admire beaucoup. Et moi, le fait de travailler avec un mec comme David, ça m'a tirait vers l'eau. Avant, je pense pas que j'avais autant d'attention sur la couleur. Mais en voyant Dav, je [ __ ] c'est canon. Comment je fais ça ? Tu as dit un truc qui m'intéresse parce que du coup c'est le l'éléphant dans la pièce. Enfin pour moi c'est le truc que j'ai vu dès le départ. Tu as parlé plusieurs fois d'imprimer ta marque et en fait là où c'est compliqué qui c'est quelque chose qui va différencier de beaucoup de photographes qui nous regardent sûrement c'est que tu es tributaire de l'œuvre d'un autre artiste pour créer ce qui est pas le cas de alors ça m'est d arrivé par exemple quand je fait des graffiti au tout début j'aimais bien ça puis j'ai arrêté à cause de ça en me disant en fait je je ne fais que dériver des œuvres. Comment tu gères ça ? dans quelle mesure tu dis OK, comment tu trouves ta place pour faire ta photographie sachant que tu dépends du travail de quelqu'un d'autre qui a qui qui fait une proposition artistique sur scène mais tu mets 10 photographes, tu auras quand même pas 10 séries identiques derrière. Donc c'est quand même qu'il y a un moment où chacun imprime sa paste une vision, un truc. Mais comment tu gères ce trucl qui est pas simple ? En fait, je pense que c'est une recherche permanente. Il y a aussi le fait que avant les concerts, surtout les concerts que j'attends, j'essaie de regarder ce qui a été publié sur l'Instagram de l'artiste. Donc très souvent, je regarde un petit peu quel est quel est son univers. À partir de là, je vais me dire tiens, est-ce que je m'inscris un peu dans cet univers là où je vais dans Total Contrep ? J'ai pas tendance à aller chercher autre chose. Cherche pas imprimer ma marque spécifique. J'essaie de me dire moi comment je vois cet univers là et j'essaie d'adapter un peu mon mon travail par rapport à ça. Mais je suis un peu d'accord avec ça. Pour moi, en fait il y a un élément qui résit vraiment ma photo, c'est on est 10 dans la fosse, comment je fais pour me démarquer des neuf autres personnes qui sont là ? Comment je fais pour me démarquer du mec qui est juste derrière moi au premier rang avec son iPhone ? Moi l'idée c'est de dire il faut que je sois capable de proposer autre chose. Alors très souvent effectivement ça passe par différentes réflexions qui sont liées au titre d'objectif, au positionnement. J'ai un peu tendance à me dire en fait c'est facile de prendre la photo avec l'appareil juste sous le nez mais qu'est-ce qui se passe si je me tort un peu le bras et je prends sous un angle beaucoup plus marqué. En fait c'est un peu ça que j'essaie de chercher, c'est trouver un truc un peu spectaculaire où tu dis wou [ __ ] j'aurais jamais pu voir ça si j'étais derrière la barrière ou si j'étais pas au bon angle. Donc ça ça te met entre guillemets un certain niveau d'exigence qui fait il faut aussi accepter. Ça c'est encore compliqué que tu peux pas réussir ça à chaque concert. Donc par exemple, tu vas voir un concert, il y a Undeross, un groupe que ton pote il kiffe et au final bah les photos sont pas dingues parce que sur under j'ai pas su sortir quelque chose tu vois et je sais plus qui était la tête d'affiche ce soir-là. Landemark Land Marx Landemark ça s'est super bien passé et en fait c'est vrai que c'est un peu la problématique tu es tributaire aussi de ce qui se passe sur scène et je dis toujours en fait la photo de concert c'est en alignement de planète est-ce que je suis au bon endroit au bon moment avec les bons réglages et les bonnes light parce que si le mec qui tape un jump et qui a pas de light à ce moment-là bah en fait belle c'est quoi pour toi les principaux leviers créatifs que tu as pour t'approprier un truc tu vois tu as parlé de tu dis je fais avec mes optiques, je fais avec comment je me place tout ça genre très concrètement s' un photographe qui nous regarde peut faire de la photo de concert parlera de conseil plus tard c'est pas le su enfin on on y viendra Mais c'est quoi les c'est ça ces éléments tu comment tu te sers de ces éléments-là pour construire ta photographie euh pendant le concert ? En réalité, c'est un peu des itérations. Moi mon travail, je vois ça comme des itérations. À force il y a des choses, tu sais, qui fonctionnent, il y a des choses qui ne fonctionnent pas. Et j'ai toujours tendance à rappeler aux gens que l'erreur fait partie de l'apprentissage. On a un peu tendance en France à dire "Tu fais de la photo, faut que ce soit parfait tout de suite." C'est pas possible. Mais par contre à force tu finis par construire des espèces de petits rituels. Tiens, je sais qu'à un moment j'ai besoin du grand angle pour avoir vraiment l'ensemble du groupe sur scène. Il y a des choses, il y a des choses que tu vas mettre en place des réflexes. Et c'est ce que j'explique très souvent par exle quand j'ai des amen qui me disent "Tu veux pas faire des photos de mon mariage ?" Je fais "Bah non, je suis nul." Il disit "Bah tu es pas nul en photo, c'est pas possible." Bah si, parce qu'en fait, j'ai pas entraîné mon œil à ça. Il y a des choses si tu veux que je repère et à force tu mets en place des choses. Le plus dur, c'est que parfois tu aurais tendance à t'inscrire un peu dans ces éléments-l. Donc, j'avoue que j'ai un peu de mal à construire ça parce qu'en réalité, j'essaie toujours un peu de casser les habitudes. Ces ans de photos de concert, il y a un moment si tu veux quand tu les enchaînes beaucoup, c'est un peu dur de trouver du fun. C'est toujours plus ou moins la même chose. Donc moi, j'ai besoin de casser régulièrement mes habitudes pour essayer de me surprendre moi-même. Mais effectivement, il y a il y a des types d'optiqu il faut absolument les avoir. Mais là, je suis dans une période où j'en ai un peu marre des zoom. J'ai envie de ressortir des focals fixes pour me surprendre à l'œil et je fais beaucoup d'expérimentation aussi. Qu'est-ce qui pour toi doit être présent lors de la création, donc lors du moment où tu fais tes photos de concert pour que l'ensemble soit réci ? C'est quoi les éléments clos ? Tu dis [ __ ] ça, je l'ai eu, ça marchait bien, ça il s'est passé ça, ça marchait bien. C'est quoi ta checklist ? Ton concert, pas presque ton concert rêvé, tu vois les trucs qu'il te faut en te disant ah des bon light avec des couleurs quoi, ne serait-ce que ça ? Il y a un peu cette tendance actuellement en concert qui me rend dingue. On te met des lumières ce qu'on appelle en bac donc à l'arrière comme ça un peu. Voilà. Voilà. Sauf que là, on a des lumières devant et sauf que dans pas mal de salles, ils ont tendance à couper devant. tu as que derrière et du coup devant toi tu as des ombres chinoises. Moi je suis toujours un peu emmerdé parce que je me dis non mais les gens payent pour voir les artistes. Les artistes sont pas payés pour me voir parce que c'est ce qui se passe au premier rang. Ils me voient plus que je ne les vois eux. Donc j'avoue que les lights c'est hyper important en réalité. Idéalement bah que le groupe se donne en fait parce que tu as beau faire il y a des concerts, moi j'ai vu des concerts de groupe, je vais pas les nommer où les mecs qui jouent, ils sont comme ça et je me dis bah pour faire ça, j'écoute l'album chez moi. Le live c'est une expérience. Donc moi ce que j'aime dans le concert c'est que l'artiste vienne te chercher. Je parle pas spécialement du photographe parce que oui bien sûr c'est cool quand le mec il se penche vers ton appareil photo, il te fait un check. Voilà. Ah c'est super, tu as une super photo, j'ai des des photos qui fonctionnent bien comme ça. Mais ce truc où vraiment il y a il y a une synergie entre le public et le l'artiste, ça c'est vraiment quelque chose que je kiffe. Avec le temps, j'ai développé un goût pour ça. Maintenant quand on me dit ça arrive sur un concert, on peut me dire voilà, tu as le droit au trois titres. Dans trois titres, tu dois ranger ton appareil photo, tu as pas le droit de faire des photos dans la salle. Je trouve ça extrêmement frustrant parce que pour moi ça fait partie de l'expérience du live du concert, c'est de montrer à quel point la salle était dingue après aussi et de construire un narratif autour de ça. Si tu vois un artiste uniquement sur scène, un groupe de punk, allez, je vais les nommer comme Emilian the Sniffers, c'est un groupe de punk australien, les mecs viennent, on me dit à trois titres, il faut ranger ton appareil photo. Bah c'est dommage parce que si on m'avait laissé l'appareil photo, j'aurais pu faire des photos des mecs qui se lamaient en continu dans la salle et je trouve ça très dommage parce que c'est aussi ça l'expérience du live. Donc j'avoue que c'est des bonnes night, c'est un groupe qui se donne et puis bah après s a un bon sens du timing parce qu'après là c'est moi c'est clairement est-ce que je suis au bon endroit au bon moment. Il y a des choses un peu comme ça que tu essayes de provoquer. Il y a des moments la chance te sourit et il y a des moments tu as pas de bol. Je vois je vois ces éléments pendant le concert dont tu as besoin. Tu as aussi dit que tu faisais ça depuis 16 ans sur la partie production. Donc sur le moment où tu fais tes images, tout ça, le moment où tu cré, on parlera de la diffusion, du tri, tout ça plus tard. Le moment où tu crées tes images, est-ce que c'est plus facile maintenant de faire des photos de concert ou il y a 15 ans quand tu as commencé ? Est-ce que le milieu est pareil ? Non. Alors, les règles on sont toujours les mêmes. C'est un peu le truc classique. La plupart ces trois premiers titres. Après, ça dépend dans les salles et ça dépend les concerts. Des fois, tu as le droit de shooter tout le concert quand c'est du punk, du hardcore de comme ça. Ça a pas trop évolué au niveau des règles de de travail. Par contre effectivement, il y a quand même une modification dans la fosse même. Je t'en parlais un peu, c'est qu'en réalité quand moi j'ai commencé, la scène était un peu toxique en terme de scène photo. Quand tu arrives avec ton petit bridge aux articles manquis aux één de l'île, les mecs te regardaient un peu comme ça de travers, il y a l'époque on avait pas peur de te passer devant mais vraiment de mettre un coup d' te passer devant pour faire la photo. Ce qui a un manque absolu de respect, je trouve, par rapport aux autres. Et je trouve que la scène, elle a vachement évolué dans le bon sens. C'est-à-dire que maintenant, je vois plus facilement de l'entraide, je vois beaucoup plus de compassion entre collègues. Tu as un pote qui tombe, bah on va relever. Tiens, tu as pété un truc à la merde et cetera. Et ça, je trouve ça hyper sain et beaucoup plus intéressant parce que c'est une scène où il y a aussi en tout cas la scène photographique, il y a aussi beaucoup de bénévolats et donc tu vois, c'est pas comme avant. Avant les les gens se battaient limite pour peut-être publier dans des magazines. Là, c'est plus le cas quoi. Donc, il y a aucun aucun sens à se pousser dans la fosse pour faire la photo quoi. Ça arrive encore mais c'est extrêmement minoritaire. pour aller dans la salle, pour y aller, il y a un moment faut parler à des gens qui te disent que tu as le droit d'y aller. Alors, sans faire un tuto commenter euh les une salle pour faire le premier concert photo, en 5 minutes comme ça, c'est quoi la bonne démarche pour pouvoir rentrer dans une salle et faire des photos sereinement ? En fait, il y en a plusieurs. La première, la plus simple, c'est d'avoir une publication avec il s'agisse d'un site web, d'un magazine, ce que tu veux. à partir du moment où tu es appuyé par une structure entre guillemet alors ça peut être un webzine hein, ça peut être un site amateur mais tant que il y a du contenu qui a été produit qui permet d'annoncer l'actualité des artistes et cetera, ça aide à 200 %. Par contre si tu as un petit webzine et que tu dis tiens, je veux couvrir la tournée d'adio des Rolling Stone, faut pas s'étonner, on risque de te dire non parce qu'il y a aussi, on va dire une manière de classer un peu l'importance des médias. Donc ça c'est un peu le truc classique. Donc quelqu'un qui veut démarrer aurait peut-être plus tôt tendance à démarcher un média qui soit web, papier et cetera. Ça c'est vraiment le meilleur moyen de pouvoir aller pour ce média faire des Ouais, tout à fait. Ouais. Voilà, c'est ça. En gros, on va dire bah tiens, tu qualité, le tel magazine par exemple Visuel Musique à Visuel Musique est connu. Je te dis "Oui, OK, c'est bon, on a personne pour y aller, tu veux y aller ?" En gros, tu vas y aller sous l'égide de visual musique, il faut rendre quelque chose à partir du moment où tu as fait ça, c'est voilà, trouve que tu es quelqu'un de fiable. La deuxième solution qui fonctionne pas trop mal et qui fonctionne bien quand les gens veulent démarrer, c'est parfois d'envoyer un simple message sur Instagram aux artistes qui kiffent. En réalité euh c'est pas toujours géré par des tours managers et cetera. Donc des fois tu as des échanges en direct avec les artistes. Moi, il m'est déjà arrivé. Alors, c'est pas trop apprécié dans le milieu parce que tu as des attachés de presse, tout le monde a un rôle et cetera. Mais par exemple, ici à Lille, on est frontalier et quand je veux faire des photos en Belgique, bah j'ai pas toujours les contacts en Belgique. Les Belgiques sont un peu protectionnis sur les la manière de de filer des accréditations. Donc ce que je fais, c'est que j'envoie un message sur Instagram à certains artistes et voilà. Alors après maintenant ça aide aussi parce que ça fait quand même des années, on voit les photos sur mon Insta, je pense que en conscience et cetera mais euh même il y a encore quelques années de ça, je fais ça et ça fonctionne quoi en réalité et encore plus si c'est des artistes qui sont moins développés en Europe, c'est un artiste américain qui vient pas souvent, il a quelques quelques connaissances ici en Europe, ils vont avoir plus facilement tendance à accepter. Ouais. Tu as été dans cette salle, tu as fait tes images, voilà avec tout on a parlé, tu repars ta carte SD elle est pleine. Comment tu tries tes photos ? Comment tu te dis ça c'est une bonne photo, ça c'est une mauvaise photo ? Je sais qu'il y a des photographes al c'est un exemple que je prends souvent qui ont des règles un peu précises du genre Simon Robert c'est un photographe que j'aime beaucoup le lycée mes photographies doivent ressembler à un tableau donc jamais là les gens font plus d'un tiers de l'image. C'est absolument pas similaire à ce que tu fais mais tu vois il y a des des fois des petites règles comme ça ça pour savoir en disant OK si la couleur elle est dominante c'est un truc qui me ressemble ça y va. Est-ce que tu vas purement au feeling ? Est-ce que c'est un truc où tu as un peu des règles en disant non ça ça va pas il me faut c il me faut ça pour que soit une bonne image qui me correspond. Il y a quand même des choses que tu développes avec le temps. J'avoue que je cherche toujours une espèce de de minimalisme dans les photos mais ça n'arrive jamais parce qu'en vérité une salle de en tout cas une scène de concerts. Il y a toujours des pieds, des machins, il y a toujours un bout de bras, il y a toujours quelque chose qui dépasse. Mais j'avoue que si jamais j'ai une belle photo avec un contraste assez fort, permet presque d'avoir une image en de temps, je kiffe. Mais c'est très rare. Par contre, la visibilité, c'est un petit peu peut-être plus que Ouais, c'est ça en fait. C'est vrai. Tu as raison. En fait, c'est vraiment ça. C'est vraiment la lisibilité de l'image que je cherche à mettre en avant. C'est pas toujours évident parce que comme je dis, tu as énormément de choses sur scène, tu as des arrière-plans, tu as des lives qui bougent et cetera. Mais maintenant, avec le temps, il y a aussi ce truc que je je sais que quand je fais des photos, il y a il y a des moments où je me dis "Ah [ __ ] j'ai vu un moment dans le viseur, est-ce que je l'ai en photo ?" Donc du coup, je loupe des fois d'autres photos parce que je check en direct. La maladie ça. Ouais. Et en fait, c'est ce que le problème, c'est que des moment tu dis tiens, si j'ai loupé ça, je sais que j'ai loupé la photo du concert. Donc il y a toujours un peu la pression de louper la photo du concert. Et si tu l'as loupé, bah tu veux te rattraper. Donc c'est une espèce de stress complètement. Déjà, tu commences à faire un petit peu d'édition pendant le concert. En fait, tu commences un peu à checker que tout va bien pendant le truc. Ouais, en fait, il y a des concerts comme ça. Par exemple, je citer Knock Loose que j'avais fait l'an dernier justement au mois de mars, ils viennent à à l'aéronef et c'est un groupe que j'attends. C'est très viscéral aussi musicalement et je fait les photos des musiciens à gauche à droite et cetera. Et puis il y a le front peintre qui est là, il est sur une espèce de d'estrade. Puis en fait, je suis au grand angle et j'attends et j'attends. Et puis en fait, il y a un moment où coup de bol, le mec se penche juste à côté de moi, il tape un scream. Sauf que je suis au grand angle. Et heureusement, j'ai un focus à ce momentl qui est manuel, je suis très bon et j'ai la photo et en fait, je le vois, c'est bon, je peux rentrer. Tu vois, il y a limite ce truc. Mission accomplie. Alors après, tout ce que tu fais ensuite c'est du bonus parce que les gens vont voir quoi ? C'est la photo en fait. souvent il y a une photo qui va régumer un peu le concert mais de façon globale il y a quand même le je cherche toujours un peu la photo spectaculaire toujours un peu peur d'avoir une photo un peu plate. En fait ce que je crains le plus c'est cette image un peu quand par exemple on me dit tiens tu peux faire des photos du fond de la salle ou dans un stade au niveau de la régie ça m'intéresse pas parce que ça va donner une image qui est ultra plate. Moi, je cherche de la dynamique donc je cherche toujours à avoir une photo qui soit dynamique et c'est vraiment ma quête en permanence. Le problème c'est que si un artiste ne bouge pas donc quelque part presque un petit peu mauvais élève où le tri j'ai l'impression quand tu sors du concert tu sais déjà la moitié si c'est bon ou pas quoi. Ouais, il y a un petit peu de ça. D'accord. OK. Bah comme tu as que trois morceaux la plupart du temps tu sors de là. Alors je shoot beaucoup hein c'est puis ça dépend la manière dont ça bouche sur scène. Ça dépend aussi les lights si tu es obligé d'envoyer de la rafale ou pas parce que quand les lights sont comme ça les lights ce sont les lumières du concert pour les non anglophones d'entre nous. Il y en a toujours un qui met un commentaire. Il y a plus de commentairire sur la chaîne de toute façon j'anticipe. Exact. Et et en fait par exemple quand les lumières changent sans arrêt. Tu es en stroboscope, tu peux pas shooter comme ça. Le temps que ton cerveau envoie l'info à ton doigt, tu es toujours à côté. Donc tu es obligé d'envoyer de la rafale. Et du coup, je check un petit peu. Mais effectivement pour me soulager aussi l'esprit en disant "Ah, c'est bon, j'ai la bonne Ouais, c'est ça." Parce que il y a des dates sur lesquelles tu es attendu, forcément, il y a des dates sur lesquelles je suis payé que tu as surtout pas envie de te planter. Il y a des dates où tu es en attente de l'artiste et tu as pas envie de te planter aussi. Donc il y a besoin aussi des fois de se rassoir et mais il y a aussi des fois où bah tu sors de là tu dis [ __ ] j'ai foiré quoi. Du coup, c'est marrant parce que le c'est un truc don on avait pas parlé parce on disait tout à l'heure voilà il y a tu crées à partir de l'œuf d'un autre artiste mais tu as aussi un truc qui est commun avec la photographie de rue qui est pas sur le cas sur d'autres pratiques nature paysage peu importe c'est que tu as l'angoisse en fait de l'absence de deuxième chance par une photographie de rue des fois c'est dedans c'est pas dedans tu tu as raté la personne la scène le machin le truc c'est mort il y aura pas de deuxième et ouais tu travailles en permanence avec ce c'est ça c'est le même principe effectivement de d'être au bon endroit au bon moment et puis d'avoir eu les bons réglages et comme tu dis effectivement il y a des moments où par exemple j'ai loupé un scream le moment où le mec va se penché devant toi et cetera, tu étais pas prêt, tu regardes ailleurs où tu avais pas le bon réglage. B après j'ai le cerveau qui est monomaniaque en mode il va recommencer à un moment mais des fois il recommence pas et là tu sors de la cche ah voilà c'est ça c'est aussi le plaisir du truc un peu je trouve dans la photographie de Rud me dire j'ai l'impression d'aller gratter un banco à chaque fois ou je sais pas avec quoi je vais revenir et des fois j'y vais et je passe un bon moment parce que je je marche soit avec un pote un machin tu vois tu te promènes la balade est sympa mais sur les photos tuis je fais que de la merde. J'aurais laissé la par à la maison, c'était pareil. Et il y a des moments où des fois en 5 secondes tu as un truc qui se passe, c'est trop bien et tu as gratté le ticket gagnant Golden. Voilà, c'est alors c'est juste je parle de moi 2 secondes, mais j'ai fait une photographie comme ça à Toronto après le tournage de The Boys, ils ont tourné la préquelle de The Boys dans la rue. En fait, les acteurs sont sortis en costume dans la rue pendant le coucher du soleil. Donc Toronto, ça ressemble à New York, il a des New York, tout ça machin. Je dis wouh, c'est surréaliste et là je dis voilà là tu as gratté le banco, ça marche un peu ce truc là. Je sais pas si c'est le cas pour toi, mais moi ça me donne envie d'y retourner en me disant "OK, j'ai fait de la merde, peut-être la prochaine fois on va regratter le truc". Ouais, c'est ça en fait. Tu as quand même toujours ce truc de vouloir provoquer à chaque fois son et tu essayes de maîtriser ça, c'est l'usard. Ouais puisque ça dépend déjà le mec qui est en train de faire les les boutons de lumière et cetera. Donc il y a un côtéoire mais il y a aussi un côté très grisant parce que quand il sors d'un shoot qui est vraiment canon et que tu as des super photos bien sûr tu dis allez je rejoue et c'est un peu ça qu'il faut apprendre à maîtriser. C'est c'est moment de où tu es vraiment wou génial je suis trop content. Il y a des moments, tu peux enchaîner des concerts où tu as fait des photos de merde quoi. Tu vois, il y a il y a ce truc puis il y a ton exigence personnelle et ça parfois c'est un peu dur de lutter aussi quand raconte-nous comment tu gères l'échec parce en fait c'est un truc on a parlé des petites vidéo que j'ai fait où je raconte ce qui se passe dans ma tête quand je fais des photos et je le montre on dirait il y a quand même pas mal de raté c'est marrant mais comment tu comment tu gères ça en fait de dire ok [ __ ] c'est une date que j'attendais mon travail personne m'a rien dit mais moi je le trouve pas ouf et comment tu comment tu gères ça comment tu retrouves la motive d'y retourner la fois c'est très compliqué je vois j'ai mis des années avec ça pendant très longtemps c'était j'avais fait un truc de merde. J' enchaîné deux, trois, ça peut arriver en fait toujours on n'est pas on n'est pas des robots et c'est ce qui fait la ce qui fait la beauté de ce qu'on fait. Pendant très longtemps, il y a fallu lutter. Il y a des moments où tu aurais juste envie de poser la paille dire non mais tu as l'impression en fait il y a cette phase d'apprentissage où quand tu démarres, tu montes et c'est facile et ah tu montes et tiens, tu as découvert nouveau truc et cetera. Puis un moment, tu as une vraie expertise et tu es un peu sur un plateau avec des hauts et des bas et quand tu es sur ce plateau là, tu es beaucoup plus exigeant. Et j'avoue que ça ça a été très dur mentalement d'accepter de se planter. Des fois tu es tu es là avec tes potes et eux ils ont des [ __ ] de super photos et toi tu merde. En fait lui tu as l'impression qu'il est tout le temps régulier. Et donc il a fallu apprendre à travailler ça avec ces déceptions là et dire non en fait il y a des moment tu es juste humain, tu peux ne pas être dedans arrive tu es fatigué tu as pas le même œil et cetera. Il y a le côté où en gros maintenant je suis un peu plus dans l'acceptation de me dire "OK, ça arrive, tu es normal, ça fait partie du process, il faut accepter de repartir et le meilleur moyen de ben comme on dit quand tu tombes de cheval, c'est de remonter sur d'y aller quand en fait en réalité tu pas d'autre choix que de remettre les mains devant. Et juste pour me rendre compte, tu fais combien de concerts par an environ ?" J'en fais pas tant que ça en réalité. J'ai hâte de voir le chiffre de pas tant que ça. Non, je je vais avoir du mal à te donner un chiffre, ça dépend vraiment des mois. Après, il y a des festivals autant chez par exemple le LFS, tu en fais énormément par jour. Donc là c'est c'est la l'industrie. Il peut arriver que certaines semaines j'ai trois éclat de concert et c'est exceptionnel parce qu'il y a quand même une vie de famille aussi à côté. La moyen de plus autour d'un ou deux par semaine et puis il y a des périodes creuses là le mois de janvier est par exemple très calme mais je sais pas je dois en faire une cinquantaine par an quoi tu vois. OK. Enfin si je prends vraiment des soirées. Après dans les soirées tuas les festivals, tu as autant d'artistes par jour et cetera. L'enchaînement aussi parfois il est un peu dur quand tu es très mécanique. Ouais. ou est-ce que du coup tu es pas dans le mood et du coup tu enchaînes un peu plus tu au max tu es bien réveillé ouis tout à fait d'accord c'est littéralement ça est-ce que je suis dans là on a on les fêtes de fin d'année on est au mois de janvier je ressens pas encore le manque je vais me remettre dedans, je sais que ça va venir et là il y a des artistes que j'attends et je pense que c'est le meilleur moyen de te remettre le pied à l'étrier et d'y aller. Mais j'avoue qu'effectivement cette gestion de la déception ça m'a pris du temps. Surtout je suis très exigeant envers moi-même. Je regarde beaucoup ce qui se passe autour aussi et forcément bah quand tu atteins un peu tes objectifs, c'est facile de se remettre en question et de dire "Mais non mais en fait faut que j'arrête, je suis pas bon". Ouais surtout c une famille que tu tu les vois pas pendant ce temps-là et ça jouit. Tu m'as dit à l'instant que tu regardais beaucoup ce qui se faisait. C'est un peu une double question dans le sens où toi comment tu diffuses tes images ? Sais que c'est beaucoup sur les réseaux sociaux mais comment ça se passe présenter son travail ? Comment tu le mets en ligne ? Comment tu conçois tes postes ? Comment tu comment tu diffuses son travail ? Est-ce que tu es content des plateformes et de comment ça marche cette diffusion ? Et voilà, tu as dit que tu regardais beaucoup ce que faisaient les autres et je sais que c'est le cas par exemple pour photographie de rue où des fois on a un peu ce côté qui m'agace mais dans lequel je rentre de faire de la photographie pour les autres photographes de rue des trucs forcément qui sont pas grand public mais qui plaisent aux autres tout ça et à l'inverse vous d'être jaloux un peu des autres [ __ ] lui il est sorti il a fait une pure image cette semaine je suis dégoûté et tout moi je fais que de la merde. Comment tu gères un peu cette diffusion de ton travail sur cette place publique, les retours que tu peux avoir dessus et comment tu gères aussi le ce que tu te prends dans la tête des autres pour ta propre pratique. Com comment ça se passe tout ça pour toi, en fait il y a un mot qui pourrait résumer tout ça, c'est frustration et en fait avec le temps, il faut apprendre à faire le tri dans tout ça. Par exemple quand tu regardes le travail des copains, il y a des mecs par exemple je le cite souvent, c'est Nico Gual qui est le photographe que j'ai rencontré quand je travaillais au Medcore Festival que je croise au Fest et cetera. Nico, c'est vraiment le boss de la photo de concert pour moi en France. C'est un mec qui euh travaille pour les anit de Paris, travaille pour La Nation, skipe. Par exemple, Anima, il vient de faire une tournée mondiale avec Anima donc il était en Égypte euh près des pyramides, je veux dire, il a achouté à la sphère de Las Vegas. Bon, enfin des trucs un peu comme ça. Tu es facile de dire "Wou, jamais de la vie, j'arriverai à ça." Ah ouais, mais en fait, faut remettre dans son contexte, pas de comparé à ça. Nico, il a il a eu des opportunités, il a construit quelque chose, ça l'a amené là, tu ne fais que regarder vers le haut. Ça peut t'amener techniquement à être plus exigent envers toi-même et avoir vraiment il faut que ce soit une critique positive. OK. pour que ce soit réaliste. Il y a beaucoup d'artistes que je regarde et photographes de concert mais qui vont avoir plutôt tendance à nourrir et je je en tout cas je m'imprègne un petit peu tout ça. Tiens, tel artiste John Stewart qui est un mec qui tourne avec Amé Sniffers, qui fait des photos un peu punk au flash un peu comme Dy qui est un mec qui accompagne un groupe de hardcore qui s'appelle Drug Church. C'est des mecs qui font des photos vraiment très vives, très dynamiques et cetera. des mecs comme ça, moi ça me donne envie d'aller creuser. Je te parlais de David Tabari qui a nourri ma couleur pourrait parler de pas mal de de photographes comme ça que je suis et je me tiens, j'aimerais avoir ça, j'aimerais avoir ça, j'aimerais avoir ça et j'essaie de nourrir ma photo de toutes ces influences là sans forcément dire je vais faire du Nico Guial ou je vais faire du David Tabari ou je c'est pas le but. c'est dire ah il y a des trucs qui m'interpellent et je me tiens, j'ai envie de creuser ça. Et en fait ton expérience mêlée à toutes ces influences là que tu finis par proposer ta vision des choses, ton influence construit aussi un peu ton œil. Tout ça bah ça peut être très frustrant parce qu'effectivement quand je te disais quand tu vas un concert et que tu es avec ces mecs là dans la force, ah quand tu vois leurs photos des fois ah merde je suis pas haut niveau. OK. Ouais mais dans ce cas faut pas dire ah je suis une merde. Faut plutôt dire OK pour améliorer ça et atteindre c ce type d'objectif là. Moi ça me fait kiffer. J'adore aller dans la force et rencontrer des fois les photographes. Par exemple Idles, un photographe qui s'appelle Tom Ham. Donc il y a un mec moi je me souviens quand j'ai fait Hels à Bruxelles la dernière fois, il était là, personne le reconnaît. Moi je le reconnais, je e nice to meet you Tom. Et en fait le mec me connaît absolument pas mais moi c'est un petit K parce que j'adore son boulot. Le mec est là un peu ouais OK. Mais il y a il y a ce plaisir de rencontrer des gars qui te font un peu kiffer en terme de photos. Donc je pense que ça ça aussi ça m'a pris du temps. C'est facile de se comparer comme tu le disais, internet nous abreuve d'images. Donc le problème c'est qu'au bout d'un moment, tu peux être noyé par ça et te dire mais en fait je suis nul, pas capable d'atteindre ce niveau-l. Et il y a le fait que les réseaux eux-mêmes ont tendance à museler un peu le travail que tu fais. Donc on sait qu'à l'heure actuelle si tu veux avoir des abonnés sur Instagram, c'est pas tes photos, c'est la vidéo. Ça aussi c'est très frustrant. Donc le site internet est plus consulté comme avant. Instagram bah un peu invisibiliser les les photos elles-mêmes. Les groupes participent un peu à la diffusion du travail. C'est c'est dans la culture de Ouais. Alors ça dépend, c'est très variable parce que les groupes eux-mêmes ont leur propre D. Tout à l'heure, tu poses la question comment tu t'insères un peu dans cette création artistique ? Bah des fois, tu t'inscris pas dedans parce que tu es pas tout à fait sur ce qu'ils veulent et puis il y a des moments, tu te sens pas comme ça, tu as envie de travailler autre chose. Et en réalité, il y a des fois les les artistes vont retrouver quelque chose. Il y a des moments où ça fonctionne. Au mois de novembre, décembre, j'ai vu Rise of the Ner Star, donc il a un groupe de de métal français. Tu abre Normandie, je viens de Normandie, on s'en fout de Il y a l'info comme ça. Voilà. Et si tu veux, Rise, c'est des mecs qui qui ont plus ou moins mon âge, qui ont bouffé du manga à gogo. Et quand tu penses manga, tu penses Moi, je pense case dynamique, baston et cetera. L'image du groupe, c'est un peu ça. C'est la bagarre et puis on y va et puis les mangas et tout. Et je me dis, je peux pas faire des photos plates quoi, il faut que ça envoie. Donc à ce moment-là, j'ai sorti un ficha grand angle de l'espace et j'ai collé l'appareil comme je le fais en hardcore sous les mecs et cetera. Ça donnait des photos hyper dynamiques. Et en fait, le groupe a repartagé vraiment le set photos à ses abonnés. Voilà, tout de suite bah tu prends un certain nombre d'abonnés puisque forcément les gens voient le boulot, ils kiffent aussi et cetera. Ça c'est un type de reconnaissance que tu peux avoir comme les collaborations en réel. Tu as en fait déjà les abonnés de ce groupe-là, ils partagent avec toi. Bon, ça fonctionne. Le truc c'est que bah c'est devenu un peu la foire d' poigne aussi sur les collabs puisque maintenant tous les photographes essayent de faire ça et des fois les groupes ils valident le premier qui a envoyé les photos. Des fois tu vois les photos tout fait, c'est pas génial quoi. Est-ce que ça des fois ça te donne envie de sortir de d'internet et de diffuser ton travail autrement, de faire une expo quelque part, t'en faire un petit zin, un tout ça ? quelque chose qui te Ouais, il il y a quand même une réflexion là-dessus parce qu'en fait je dis toujours ce qui est marrant c'est que finalement les réels ont rapporté des abonnés, les gens commencent un peu à me reconnaître de temps en temps sur des événements et tout et en fait quand quelqu'un vient voir je dis toujours un mec qui dit dans la vraie vie "Ah j'adore ton taf ou c'est trop bien et tout ça vaut 100 likes je pense minimum sur internet parce qu'il y a un moment où finalement les chiffres veulent plus trop rien dire ça devient un peu anonymisé et finalement tu te rends plus compte de ton travail non c'est abstrait c'est abstrait" ou ouais quand un mec vient te voir dire "Ah j'ai kiffé de ta photo et en fait est-ce que tu fais un tirage ou des choses comme ça ou juste quand tu fais une expo et que tu vois les gens s'arrêter sur tes photos et bloquer et cetera, c'est cool. C'est le monde réel. Tu vois vraiment les gens qui Ouais, j'avoue que il y a un peu ce truc en ce moment de me dire tiens, je fais bien un peu plus d'expo. Un bouquin, je sais pas, je pense que je suis tellement timbra et trop exigeant pour sortir quelque chose. Non, mais un petit zin par exemple sur un petit zin parce que je pense que l'aérone par exemple serait rigolo. Ouais, c'est vrai parce que j'ai un peu tendance à me dire "Ah non mais là il faut vraiment que je chante que des photos canon parce que pareil je regarde des fois des des photographes de concert, les mecs sortent des bouquins, il y a que des bangers dedans et je me fais wouh ! Non, mais il est vraiment trop fort et tout. Et puis il y a des mecs qui ont cette capacité à sortir des des des trucs ultra dynamiques. Ouais, mais en fait ça dépend ce que tu veux construire aussi dans ton bouquin et c'est une réflexion plus profonde. Et j'avoue que de par la fréquence des concerts, de par la fréquence, allez, je devrais dire plutôt la frénésie des réseaux sociaux, bah, tu as pas le temps de te poser pour un quoi. Sortir de ça. Donc Emmanuel poto, dis-le, la map aurait été mieux. Merci. Euh, on a Je vais changer mon Insta. Tu vas changer ton Insta. Cool. On a parlé de d'où tu venais pour faire de la photo. On a fait un peu dans ton noir. Comment tu crées ? comment tu choisis, comment tu diffuses, tout ça. Euh moi ce que j'aimerais bien c'est tu me trouves pour les petits abonnés qui nous regardent là qui qui se demandent vraiment ça pour toi trois conseils pour quelqu'un qui veut se lancer ou si ça t'aide à répondre le Emmanuel qui a commencé il y a 15 ans. Si tu avais si tu pouvais aller dans le passé, lui dire trois trucs genre mon gars, il faut que je te dise ça, on va gagner du temps tous les deux. Ce serait quoi les ces ces conseils qui t'a apporté le plus de valeur à toi ? Ouais, bonne question. Bon bah en fait il il y a quand même un conseil que je donne toujours là les gens quand ils viennent dire moi, je leur dis toujours. Ce qui est vraiment important c'est d'imprimer sa marque. C'est d'être soi-même, c'est de dire s'il y a un truc qui vous travaille, travaillez-le. N'essayez pas d'être quelqu'un d'autre. Surtout dépasser le alors c'est pas négatif mais le cadre AFP, on n'est pas là enfin avant que vous travaillez pour vraiment la presse quotidien voilà la FP ou voilà la Voie du Nord, vous allez faire des photos comme ça. OK. Mais par contre si vous venez vraiment dans un but artistique, le but c'est d'imprimer votre vision des choses. Donc pas avoir peur de s'accaparer les choses et d'aller au bout. Il y a moi pour par exemple, je te donne un exemple, je travaille beaucoup la couleur. Si j'ai envie de faire du noir et blanc, je fais du noir et blanc. Le fait de pas avoir de style bien défini et que des fois ça me ferme des portes avec certains groupes qui veulent que des mecs qui font que du noir et blanc. Tu vois, il y a un peu ce truc sacré du noir et blanc. Donc je dirais faites d'abord ce qui vous fait kiffer. En fait, les gens vont venir un peu à vous et le public va venir à vous selon ce que vous travaillez. Mais il faut accepter en tout cas de travailler vraiment ça, de personnifier un peu son travail. Qu'est-ce qui te différencie des neutres mecs dans Je pense que je lui dirais aussi tout de suite de prendre des focals fixes à la limite pour commencer une bonne ouverture le 50 mm 18 ça fonctionne toujours toutes les marques pour cet objectif qui coûte pas cher. Tu peux pas zoomer, c'est pas grave, tu as une super ouverture, ça va t'aider en tout cas à tout de suite à préender, à construire ton image et puis tu vas avoir assez de lumière et cetera. Si je devais donner un dernier conseil, s'il vous plaît, ne négligez pas la post-production. OK ? Je trouve que c'est un point faible chez beaucoup de photographes de concert qui je retouche pas c'est les vraies couleurs mais on s'en fout les fameuses vraies couleurs issu du vrai capteur du vrai ingénieur japonais c'est ça alors que ça n'existe pas et puis en concert tu es là pour sublimer quoi. Tu vois moi si la light elle est rouge mais qu'en fait je le sens mieux en bleu parce que l'image devient plus lisible je te change le curseur direct il y a pas de problème. Mais en fait ça va pas en faire bondir quelquesuns que tu oses changer l' Mais si bien sûr mais en réalité c'est le premier conseil tu as dit qu'il fallait s'approprier les choses. Ouais, en fait c'est lié quoi, tu vois. Je veux dire, si ton obsession c'est le noir et blanc, bah travaille ton oreille blanc à fond de bas. Si tu as envie de travailler une image qui est ultralisible, bah travaille ça. Si tu as envie de travailler les mecs en gros plan, travailler en gros plan. Mais par contre, c'est vraiment un point derrière, c'est la post-production. Trop souvent,…

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