đ Le portrait complet de Dorothea Lange est sur le Blog :
https://thomashammoudi.com/dorothea-lange-la-photographe-qui-apprenait-a-voir-sans-appareil-photo/
Dorothea Lange a passĂ© Ă peine dix minutes avec cette famille, en Californie, en 1936. Pourtant, rien n'est laissĂ© au hasard dans Migrant Mother : prise aprĂšs prise, elle s'est rapprochĂ©e jusqu'Ă ne garder qu'un seul endroit oĂč poser l'Ćil.
Le visage, les enfants, la main : on regarde comment l'image est construite.
đ Le portrait complet de Dorothea Lange est sur le Blog :
Dorothea Lange : la photographe qui apprenait Ă voir sans appareil photo
Dorothea Lange a passĂ© Ă peine dix minutes avec cette famille, en Californie, en 1936. Pourtant, rien n'est laissĂ© au hasard dans Migrant Mother : prise aprĂšs prise, elle s'est rapprochĂ©e jusqu'Ă ne garder qu'un seul endroit oĂč poser l'Ćil.
Le visage, les enfants, la main : on regarde comment l'image est construite.
Cette photo, vous l'avez dĂ©jĂ vu, mĂȘme sans connaĂźtre son autrice Dorothie Allenge, Californie, 1936. Elle a passĂ© Ă peine 10 minutes avec cette famille et pourtant rien dans ce cadre n'est laissĂ© au hasard. Leng rentre d'un mois de reportage pour le gouvernement amĂ©ricain. Sous la pluie, elle dĂ©passe un panneau camp de cuilleur de petit poids. Elle roule encore puis elle fait demi-tour. Sous un abri de toile, elle trouve cette mĂšre et ses enfants. Commencez par le visage. C'est le seul endroit net de l'image et le seul endroit clair. Il est lĂ©gĂšrement dĂ©centrĂ© et tout le reste de la photo est construit pour vous y ramener. Les deux enfants, par exemple, ils ont tournĂ© la tĂȘte et ce n'est pas un hasard. C'est elle qui le leur a demandĂ©. On ne voit plus que leurs cheveux. Deux masses sombres qui ferment le cadre de chaque cĂŽtĂ© comme deux murs. Plus aucun regard pour vous distraire. Ensuite, la main, les doigts posĂ©s sur la joue, le pouce ou le menton, c'est le geste de quelqu'un qui s'inquiĂšte. Et les ongles, la peau, c'est la main de quelqu'un qui travaille au champ pour nourrir cet enfant. Et derriĂšre elle, presque rien. La toile de l'abri avec ses coutures et un bout de montant en bois. Aucun autre dĂ©cor ne vient dĂ©tourner l'Ćil du visage. Et celui-lĂ suffit. Cette famille n'a plus de maison parce que l'une s'est rapprochĂ© prise aprĂšs prise. Sur les premiĂšres, on voit l'abri en entier, la voiture sans pneu, une adolescente. Tout ça est sorti du cadre. Il ne reste que quatre corps serrĂ©s et plus rien autour. Et ce qui reste, on le reconnaĂźt tout de suite. Une vierge Ă l'enfant. Sauf qu'une madonne regarde son enfant. Elle, elle regarde ailleurs dans le vide. C'est cette tension jamais rĂ©solue qui rend l'image inĂ©puisable. La leçon pour vos propres photos ? Quand vous vous dites "Bof, j'en ai dĂ©jĂ ", faites demi-tour. Et une fois sur place, rapprochez-vous jusqu'Ă ce qu'il ne reste qu'un seul endroit oĂč poser l'Ćil. Pendant 42 ans, personne n'a connu le nom de cette femme. Elle s'appelait Florence Owens Thompson. Elle Ă©tait chiroki, un dĂ©tail que presque aucune lĂ©gende de cette photo ne mentionne. Tout est dans mon article sur le blog. Le pouce effacĂ© du nĂ©gatif, les autres photos de la sĂ©ance et toute l'histoire de Dorotia Lenge.
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