Dans cette dernière vidéo de la saison, je reviens sur une idée reçue très répandue : « l’argentique ferait de vous un meilleur photographe ». Spoiler : non. Je démonte ce mythe avec humour et arguments, en m’appuyant notamment sur une excellente newsletter de Dina Litovsky. J’explique pourquoi l’argentique est aujourd’hui un frein à l’apprentissage, notamment à cause de son coût, et pourquoi progresser en photo passe plutôt par trois leviers : la pratique régulière, l’analyse critique de ses images, et la culture photographique. Bref, ce n’est pas l’outil qui fait le photographe, c’est le travail.
📍 Chapitres :
00:00 Intro & pause estivale
00:44 Le post qui m’a énervé
01:30 Pourquoi l’argentique ne vous rendra pas meilleur
02:00 Mon évolution sur le sujet
02:35 Les trois leviers pour progresser
03:57 Pourquoi l’argentique freine ces leviers
05:00 La newsletter de Dina Litovsky
05:20 Mythe 1 : l’argentique fait réfléchir
06:00 Mythe 2 : l’intention vient du support
07:20 Mythe 3 : ralentir = mieux composer ?
08:48 Le problème du coût et de l’accessibilité
10:00 Mon conseil final
11:10 Conclusion & message final
📎 Articles et ressources mentionnés dans la vidéo en description
⚪ La newsletter de Litovsky :
https://dinalitovsky.substack.com/
⚪ Le comparatif "argentique ou numérique ?" (spoiler, vous allez vous planter 😂) :
http://argentiqueounumerique.com/
⚪ Mon petit piège sur Threads :
https://www.threads.com/@thomas_hmd/post/DBa0MAvowb7
⚪ Mon article sur le choix de votre prochain appareil :
https://thomashammoudi.com/comment-choisir-son-deuxieme-appareil-photo/
🔽 Et pour dégoter des livres en promo, utilisez le Chineur :
https://apps.thomashammoudi.com/promos-livres-photos
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06:00 Mythe 2 : l’intention vient du support
07:20 Mythe 3 : ralentir = mieux composer ?
08:48 Le problème du coût et de l’accessibilité
10:00 Mon conseil final
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⚪ La newsletter de Litovsky :
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Bonjour à tous, ici Thomas Hammoudi, et je viens vous parler de photographie. On se voit pour ce qui est normalement la dernière vidéo de la saison ; après, je prends une petite pause pour l’été pour râler un petit coup, mais pas que, et parler d’un sujet qui a été ramené à mes oreilles il n’y a pas très longtemps sur Threads. Je vais bien sûr parler de l’argentique et, cette fois, j’ai un super écran pour me regarder : c’est Viltrox qui m’a gentiment fourni ça et, normalement, j’espère que cette fois je serai net et que je ne ferai pas de bêtises. Comme vous voyez, j’ai la mise au point sur l’œil ; ça me permet de checker ça et de ne pas me planter, on y croit tous. J’y pensais plus tôt : je suis tombé sur un post que j’ai trouvé un peu agaçant, qui s’est pris une volée de bois vert et a été effacé depuis, mais je trouvais ça intéressant d’en parler ; comme j’avais un brouillon qui traîne sur le sujet, je me suis dit « Allez hop, on finit la saison avec ça. » En gros, ce que le post disait, c’est que la plupart des photographes actuels seraient très emmerdés si le numérique n’existait plus et seraient des gros nazes s’ils devaient repasser à l’argentique parce qu’ils n’ont que l’habitude d’utiliser des automatismes, tout le tintouin, etc. C’est un peu l’idée que le numérique aurait permis l’arrivée de grandes vagues de nulos, comme si, à l’époque de l’argentique, il n’y avait que des Cartier-Bresson et que l’arrivée des capteurs avec des pixels avait ouvert les portes de l’enfer de la médiocrité. C’est évidemment une idée que je trouve un petit peu idiote : à mon avis, on a toujours, dans tous les domaines, tout le temps, la même répartition entre les gens nuls, les gens moyens et les gens bons ; ce n’est pas la technologie qui va changer ça. Et, quand je dis les gens bons, je parle des gens qui sont bons, pas juste de ceux qui feront de la photographie — ce serait un peu chelou. À mon sens, les compétences photographiques ne dépendent pas de la technologie utilisée, et la répartition des talents reste la même dans la population, peu importe ce qu’on utilise. En parlant de ça, on touche du doigt l’idée de cette vidéo, qui est de dire que non, l’argentique ne vous rendra pas meilleur, parce que c’est ce que sous-entendait ce post : qu’il n’y a que les meilleurs qui pouvaient faire de l’argentique et que le numérique a permis à tout le monde d’en faire. Ce n’est pas le cas, et c’est ce qu’on va voir ensemble dans cette vidéo. Ma position sur l’argentique a un peu changé au fil du temps : si vous regardez de vieilles vidéos ou d’anciens articles sur le blog, vous allez trouver des contenus où je conseille de tester l’argentique. Ça vient d’une époque où ce n’était encore pas trop cher et assez accessible, tant les appareils que les développements, tout ça, ce qui n’est plus du tout le cas aujourd’hui. Personnellement, j’ai revendu tout mon stock de films — j’en avais beaucoup, parfois plus cher que ce que je l’avais payé, c’est dire l’état du marché, alors qu’il était d’occasion. J’ai gardé mes appareils photo au cas où cette tendance s’inverse dans un futur plus ou moins proche, mais je n’y crois pas du tout, et j’aurais généralement tendance à déconseiller de s’y mettre dans l’optique de progresser, parce que, comme je vous l’ai dit, les coûts sont exponentiels et je trouve ça un peu contre-productif. Après, dans le cas où vous êtes un photographe qui a déjà beaucoup de bouteille et que vous voulez juste vous amuser avec une autre techno, là, ça me choque vachement moins. À mon sens, il y a trois piliers pour progresser en photo. Alors, selon les vidéos, selon qui me pose la question et comment elle m’est posée, je ne vais pas dire exactement la même chose, mais, à mon avis, on retrouve trois gros axes pour progresser. Le premier, évidemment, c’est la pratique constante, régulière, investie : plus vous faites des images, plus vous travaillez, il n’y a pas de secret — c’est vraiment comme la musique, plus vous faites des gammes, plus vous jouerez vite et mieux, c’est exactement pareil. Attention, pratiquer beaucoup, ça ne veut pas dire poster beaucoup ; je vois venir les petits fanas des projets 365, là. Ça, j’ai toujours trouvé que c’était un peu naze de se forcer mécaniquement à produire des trucs et à les publier quand on n’a pas forcément de ligne directrice, de projet, de propos. Mais, dans l’absolu, pratiquer un petit peu de photo tous les jours, je trouve que c’est vachement bien : donc la pratique, c’est le premier levier. Le deuxième levier, à mon avis, c’est le recul critique sur son propre travail : donc, regarder vos images, les trier, les analyser, essayer de comprendre ce qui marche, ce qui ne marche pas, prendre un peu le temps d’avoir du feedback sur votre travail, qui vient de vous si vous êtes tout seul ou de personnes un peu de confiance et plus avancées que vous si vous pouvez. Ça, pour moi, c’est vraiment le deuxième axe. Enfin, le troisième — si vous suivez cette chaîne, vous le connaissez — ce ne sera pas le matos, non, non, non, ce sera la culture, les découvertes, l’enrichissement, le fait de se nourrir d’œuvres des autres pour un peu réfléchir votre vision, ce que vous voulez, et vous aussi progresser. Là, vous vous rendez bien compte que, sur ces trois moyens de progresser — donc la pratique, analyser votre travail et le fait de vous documenter — il y en a deux qui sont bloqués financièrement par l’argentique : la pratique coûte cher à chaque déclenchement et vous freine dans votre progrès ; si vous déclenchez moins, vous avez moins de matière pour réfléchir, travailler, analyser, etc., et un peu comprendre où sont vos forces, vos faiblesses, tout ça. Et ça, personnellement, je trouve ça très con. Typiquement, je fais de la musique à côté, c’est un secret pour personne : une guitare, je l’achète, je peux jouer dessus de 9 h du matin à 20 h du soir, il n’y a pas de problème — à part peut-être pour mes voisins, mais c’est un autre sujet, je fais comme s’ils n’étaient pas là. Je peux pratiquer autant que je veux et j’ai la possibilité de progresser autant que je veux. À partir du moment où je suis limité par l’argent, parce qu’il y a déjà le prix d’une pellicule — on va dire que c’est une quinzaine d’euros minimum maintenant, oui vous allez m’en trouver à sept balles, machin, mais moi je travaillais beaucoup avec de la Portra 400, ça doit coûter le double de ce que je l’ai payé à l’époque ; vous avez le dev derrière, vous avez les scans un peu HD si vous voulez les partager, les retoucher, avoir un truc sympa, tous les allers-retours pour aller récupérer ça, envoyer, machin, l’attente : ce n’est pas optimal, à ce stade, je pense qu’on peut en convenir. Pourquoi j’avais un brouillon sur le sujet ? Parce que je suis abonné à la newsletter de Dina Litovski — je vous en ai parlé plusieurs fois déjà — et ça m’arrive de reprendre certains de ses contenus ou de ses idées dans une vidéo parce que je trouve ça juste trop bien. Je vous mets le lien en description, déjà, si vous voulez vous abonner (c’est en anglais, c’est pour ça que je vulgarise un petit peu ici) et si vous voulez découvrir son travail, parce que c’est vachement bien. Dans sa newsletter consacrée à l’argentique, où elle dit clairement que ça ne vous fera pas progresser, elle démonte plusieurs idées reçues, et j’avoue que je suis assez d’accord avec ce qu’elle dit, donc on va en parler ensemble. Premier argument, premier mythe : l’argentique vous pousse à réfléchir avant de déclencher. Paradoxalement, quand elle demande à certains de ses élèves en MFA (Master of Fine Arts) sur quoi ils travaillent, ils disent « Je shoot de l’argentique », comme si c’était un sujet. Bah paradoxalement, ils ne réfléchissent pas beaucoup à leur sujet, vu que c’est l’outil dont ils parlent et pas le propos ; là, clairement, on confond la méthode avec le sujet, et c’est tout le problème. Personnellement, je trouve ça idiot de dire que c’est l’outil que j’ai entre les mains qui me fait réfléchir ou pas : c’est juste vous qui réfléchissez ou pas, en fait ; c’est juste vous qui vous creusez la tête à trouver des nouvelles formules, des nouveaux coups, comme on en a parlé dans la vidéo sur Vilém Flusser — je vous mets le lien quelque part. C’est vous qui réfléchissez à ça, peu importe l’outil. Quelque part, imaginons que vous êtes au volant d’une voiture, que ce soit une voiture à essence, diesel ou électrique : votre conduite, c’est la même. Vous n’allez pas rouler comme un idiot à fond de quatrième dans les côtes avec une voiture à essence et comme un papi avec une voiture électrique ; votre façon de réfléchir et de manipuler cet objet reste globalement la même, je trouve ça un peu con. Et vous pouvez tout à fait réfléchir avec un appareil numérique — encore heureux, sinon on se ferait bien chier. On a aussi le fameux cliché du « l’argentique rend les choses plus intentionnelles ». Bon, là, mon petit pote, c’est encore le même problème : on se focalise plus sur la technique que sur l’intention artistique. L’intention, ça va venir de ce que vous voulez dire avec vos images, de ce que vous voulez exprimer ; ça ne vient pas du nombre de photos que vous pouvez faire. Et je vais tous vous rassurer : vous pouvez mettre de l’intention dans 1000 photos avec un appareil numérique et dans 36 avec un appareil argentique, ou ne pas en mettre et juste shooter du film et des voitures un peu anciennes en argentique parce que c’est comme ça que vous faites. On peut parfaitement faire un truc creux, plat, et reproduire des clichés en argentique, et avoir un propos tout à fait novateur, réfléchi, pensé, investi, en numérique. Ça n’a absolument aucun sens de dire qu’à partir de 36 vues vous réfléchissez plus et qu’il y a plus d’intention, c’est très con. Et, si c’est le cas, si vous pensez sincèrement que le fait d’être limité vous permet de mieux réfléchir, juste prenez une carte SD 256 Mo et mettez ça dans votre appareil : l’effet est le même. Elle parle aussi de fétichisme autour du processus : il y a une espèce de mystique autour du grain, du machin, tout ça, une usine à bullshit qu’on a d’habitude sur certaines marques d’appareils photo — et non, je ne vais pas les citer — mais on retrouve un peu ça aussi en argentique, une espèce de culte du grain, du truc, voilà, alors que tout est possible en numérique. J’ai déjà fait le test plusieurs fois, il y a des sites qui font le test et je vous en mets un dans la description : la plupart des gens ne savent pas faire la différence entre une photo argentique et une photo numérique retouchée avec un style argentique. Donc non, tout simplement, la mystique, le côté magique, tout ça, c’est dans vos têtes. J’avais même fait un post sur Threads, si je le retrouve, où j’avais posté un lot de photos en demandant de retrouver laquelle numérique était glissée dans les argentiques ; personne n’a trouvé et — oh, la surprise — c’était que des photos numériques, et personne ne l’a vu. Pouf ! Ça, vous connaissez un peu ma façon de rouler les gens, mais juste pour dire que le côté mystique, magique, tout ça, c’est vraiment dans vos têtes. Autre argument — et c’est sans doute le plus con de la liste — c’est que ça permet de ralentir et de mieux composer. Je vous l’ai déjà dit : si vous voulez ralentir, mettez une carte SD plus petite dans votre appareil, vous allez ralentir mécaniquement ; et ne rechargez pas votre batterie, alors là, comme ça, le ralentissement va être total, vous allez bien pouvoir travailler. Non. On l’a vu : la façon de progresser, c’est de faire beaucoup et d’analyser ce que vous faites. Donc, mécaniquement, si vous voulez progresser dans vos compositions, il faut tester plein de trucs, prendre plein d’images, tester plein de lumières, plein de façons de faire, rentrer chez vous, regarder sur votre ordi ce qui a marché, ce qui n’a pas marché, ce que vous aimez, ce que vous n’aimez pas, recommencer. À partir du moment où vous limitez ce processus et vous le bridez en espérant que, comme par magie, parce que vous pouvez faire moins, vous allez faire mieux, ça ne va pas marcher. Je vous garantis que vous prenez un débutant à la guitare, vous lui dites « Tu joues que 15 secondes », et vous filez une guitare à un mec hyper fort, vous lui dites « Tu joues une minute » : il n’y a pas de situation où, pendant 15 secondes, le mec va faire un miracle parce qu’il est obligé de se concentrer sur ces 15 secondes, ça n’existe pas. À ce stade, encore une fois, c’est une technique avec laquelle je n’ai aucun problème, et quand on est un peu expérimenté, faites-vous plaisir, allez-y, il n’y a pas de souci. Mais, dans l’optique de progresser, quand on conseille ça pour progresser, là, je suis vraiment contre, parce que, comme on l’a dit, moins de pratique, moins de progression : ça, c’est mécanique, vous ne pouvez pas y échapper, et vous ferez toujours moins d’images en argentique qu’en numérique. Le budget va vous limiter, vous allez y penser à chaque fois que vous shootez — et j’ai une pensée un petit peu émue pour tous les youtubeurs argentiques, que ce soit français ou autres, qui ont tous fait une vidéo, j’ai l’impression, ces dernières années, pour dire « J’arrête l’argentique, je réduis l’argentique, je fais moins d’argentique », parce qu’ils n’arrivent plus à suivre : que ce soit en pro, ça devient tellement cher que même ceux dont c’était le créneau commencent à laisser tomber, parce que les prix ne permettent plus de faire ça de façon raisonnable. Donc, si des gens qui en font leur pratique commencent à freiner un peu parce que c’est compliqué financièrement, se servir de ça comme d’un levier pour progresser, ça ne va pas marcher du tout. Et ce qui m’embête, c’est que c’est un focus sur la technique plutôt que sur le message, ce qui, moi, m’importe quand je regarde des travaux, quand j’en fais, etc. Et le message, l’intention, vous pouvez les travailler avec n’importe quel appareil. D’ailleurs, je vous mets un lien dans la description vers un article que j’ai fait il n’y a pas très longtemps sur comment choisir votre matos photo — c’est un article raisonné, raisonnable, sur le sujet, qui ne va pas vous parler de specs sans fin, mais de vous, et je vous invite à le lire : ça peut vous aider sur le sujet du choix du matos. Enfin, le dernier point, c’est que — toujours dans l’optique de progresser — ça va poser une barrière à l’entrée aux débutants, parce que, tout de suite, il va falloir faire un gros chèque et repayer, repayer, repayer et repayer, alors qu’on n’a pas encore l’expérience pour pouvoir profiter pleinement de cette technologie, là où, en face, il y a des appareils peu chers, très efficaces, qui vous permettront de beaucoup progresser et, peut-être après, si vous le voulez, de vous diriger vers ça. Donc ma position officielle, actée de façon solennelle, c’est qu’en 2025 j’aurais tendance à le déconseiller — sûrement pour les années suivantes tant que les choses ne changeront pas. Pour progresser, je ne pense pas que ce soit une bonne solution : je vous conseille, à titre personnel, de vraiment explorer, shooter, tester, vraiment y aller à fond, expérimenter et, du coup, faire du volume au début pour progresser, puis voir ce qui vous plaît le plus comme techno. En conclusion : l’argentique ne vous rendra pas meilleur photographe ; votre travail et votre inspiration, oui. Ne laissez pas le fétichisme autour de certains objets ou de certaines technologies vous détourner du travail essentiel : développez votre regard et concentrez-vous sur ce qui importe vraiment, ce que vous voulez dire avec vos images et le résultat final, indépendamment de la façon dont vous l’obtenez. Je m’appelle Thomas Hammoudi, je fais des vidéos sur la culture et la pratique photo. C’est tout pour moi dans celle-ci : si vous voulez télécharger un livre gratuit — clac clac — qui s’appelle « 10 outils indispensables pour votre projet photo », vous pouvez le prendre, il vous accompagnera un peu justement sur ce travail de développer votre propos si vous voulez faire un petit bout de chemin. On ne se revoit pas dans quinze jours, théoriquement, cette fois, parce que j’ai peut-être une vidéo dans les tuyaux, mais pas sûr ; donc ce sera peut-être à la rentrée, et, si ce n’est pas dans quinze jours, ce sera à la rentrée, parce que je ne publie pas l’été : je prends un peu de temps pour écrire, pour prendre de l’avance sur d’autres sujets et me reposer de tous ces très éprouvants tournages. N’oubliez pas de lire ce qu’il y a dans la description, les articles dont je vous ai parlé ; laissez un petit pouce bleu, likez la vidéo, abonnez-vous à la chaîne, c’est très important, et à bientôt. Faites plein de photos, prenez soin de vous et salut. [Musique]
# Script Vidéo : L'argentique ne vous rendra pas meilleur photographe
Why Shooting on Film Won't Make You a Better Photographer
https://www.threads.com/@laetitiaklopocki_photography/post/DK6TiNLqlW2?xmt=AQF0qljwT3Fqvu8HcIDeI7x49hwgxk-iiQJlYsvKXVUrgg
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Bonjour à tous, ici Thomas Hammoudi et je viens vous parler de photographie.
## Introduction / Accroche
– Le post Threads qui m'a énervé : "Tous les photographes actuels seraient bien emmerdés s'ils devaient repartir de l'argentique"
– Cette idée que à l'époque il n'y avait que les bons et que le numérique a permis l'arrivée des "nullos". Comme si, à l’époque de l’argentique, y’avait que des Cartier-Bresson et qu’avec le numérique, les portes de l’enfer s’étaient ouvertes pour les bras cassés.
– C'est complètement idiot : il y a toujours eu la même répartition bons/moyens/nuls dans la population
– Les compétences photographiques ne dépendent pas de la technologie utilisée, la distribution des talents dans la population reste la même
## Mon changement de position sur l'argentique
– Avant : je conseillais l'argentique comme moyen de tester et explorer à moindre coût
– Maintenant : j'ai revendu tout mon stock de films (parfois plus cher qu'à l'achat)
– J'ai gardé juste le matériel au cas où, mais j'aurais tendance à déconseiller de s'y mettre
– Pourquoi ? Les prix ont explosé et ça devient contre-productif pour progresser
## Comment on progresse vraiment en photo
### Les 3 piliers pour progresser :
* Pratiquer beaucoup (comme tout art, pas de secret). Sans pour autnat faire un projet 365, s’entrainer c’est pas publier ses entrainements (du bol que je ne fasses pas ça avec la musique).
* Avoir un recul critique sur ce qu'on fait (analyser, trier, revoir ses images)
* Se former et se documenter (lire sur la photo, découvrir le travail des autres)
### Le problème de l'argentique aujourd'hui :
– La limitation financière à chaque déclenchement est absurde
– Les 2 premiers moyens de progresser (pratique + analyse) sont bloqués par l'argent
– Analogie : "Quand j'ai une guitare, je peux jouer dessus 12h par jour si je veux, il faut pareil en photo"
## Les arguments démontés par Dina Litovsky
Je vous conseille la newsletter de Litovsky (je vous mets le lien). Voici les idées principales que j’ai retenues, que je partage totalement :
### 1. Le mythe de la réflexion forcée
– L'argument : "L'argentique force à réfléchir avant de déclencher"
– La réalité : Même en cours MFA, quand elle demande "qu'est-ce que vous photographiez ?", les étudiants répondent "je shoote en argentique" au lieu de parler du sujet.
– PAradoxalement, ils ne réfléchissent pas bcp.
– On confond la méthode avec le sujet – c'est révélateur du problème
– La réflexion vient de l'expérience et de la formation, pas du support. Est-ce que vous réfléchissez plus à votre conduite dans un diesel ou dans une voiture essence ? Bah voilà, vous avez compris.
### 2. "L'argentique rend plus intentionnel"
– Le piège : se focaliser sur le processus technique plutôt que sur l'intention artistique
– L'intention vient de savoir ce qu'on veut dire avec ses images, pas du nombre de photos qu'on peut prendre
– Un photographe peut être tout aussi intentionnel avec 1000 déclenchements numériques qu'avec 36 en argentique
### 3. Le fétichisme du processus
– L'argentique est devenu un objet de fascination plutôt qu'un outil
– Litovsky note cette "mystique" de l'argentique chez les étudiants en art
– Le danger : passer plus de temps à romantiser l'outil qu'à développer sa vision
### 4. "Ça ralentit et fait mieux composer"
– Contre-argument : on peut très bien se forcer à ralentir en numérique. Mettez une carte SD de 256mo dans votre appareil, ça va bien vous ralentir aussi.
– La composition s'apprend par la pratique répétée et l'analyse d'images (les siennes et celles des autres)
– Limiter artificiellement le nombre de prises peut même nuire à l'apprentissage
## Pourquoi l'argentique peut rendre moins bon
– Moins de pratique = moins de progression
– Stress financier à chaque déclenchement = créativité bridée (et c’est d’ailleurs ce qui pousse certains youtubeurs en ayant fait la promo à revenir un peu dessus. Je ne compte plus les vidéos de “j’arrête l’argentique en fait, un peu, mais pas trop, restez svp”.)
– Focus sur la technique plutôt que sur le message
– Barrière à l'entrée qui décourage les débutants motivés mais sans moyens
## Ma position actuelle
– L'argentique peut être un outil parmi d'autres pour des photographes déjà expérimentés
– Mais comme outil d'apprentissage en 2025 ? Non, c'est contre-productif
– Mieux vaut : shooter massivement en numérique, analyser, se former, découvrir les maîtres
– Une fois qu'on maîtrise sa vision, là on peut explorer différents supports si ça nous intéresse
## Conclusion
– L'argentique ne vous rendra pas meilleur photographe, votre travail et votre curiosité oui
– Ne laissez pas le fétichisme de l'outil vous détourner de l'essentiel : développer votre regard
– En 2025, avec les prix actuels, c'est même devenu un frein à l'apprentissage
– Focus sur ce qui compte : qu'est-ce que vous voulez dire avec vos images ?
Merci à Dina Litovsky pour sa newsletter "In the Flash" qui m'a inspiré cette réflexion – je vous encourage à vous y abonner
Merci à tous, 10 outils, abo, like.
# Mise en ligne IA
> Voir Mes prompts pour les copier
# Retranscription

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