Salut ! C'est Julia et cette vidéo du mois, je reviens avec le concept de "Ca va trop loin" pour parler de travaux de photographes qui ont soulevé BEAUCOUP de polémiques 🧐
📌 Au programme :
• 3 travaux photo ULTRA connus, même par le grand public
• Leur histoire, leurs polémiques et leurs scandales
🔝 Je prévois un "Ca va trop loin #3 ", c'est donc le moment de partager les travaux photos qui, selon vous, méritent d'y apparaitre. Les critères de sélections :
• Des travaux photos qui flirtent, voire dépassent, l'éthique et la moral d'aujourd'hui
• Des travaux photos qui ont fait polémiques à leur sortie
• Des travaux dont les coulisses et l'histoire sont complètement méconnues
Ou tout les critères à la fois 🤯
Je mets beaucoup de coeur à écrire mes vidéos, à les tourner et à les monter. Si vous avez envie de me soutenir, je vous invite à liker, à commenter et à vous abonner à la chaine de Thomas.
🗓️ Je reviens tous les mois Ici avec un nouveau sujet photo
Merci d'avoir regardé et à bientôt ! ✌️
📣 Ma formation avec @Apprendre-Photo pour apprendre le portrait en lumière naturelle :
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Ecriture et montage : Julia Guérin
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Ecriture et montage : Julia Guérin
Vous savez sûrement que ça c'est le tableau le plus connu du 20e siècle. Mais est-ce que vous saviez que sa notoriété vient alors certes de la renommée du détestable Picasso, mais aussi grâce à la documentation photographique qu'a fait Doramar à son sujet. Parce que oui, Doramar a documenté en photo chaque étape de la création de la toile d'une trentaine de mètres carrés dès les premières ébauches jusqu'à la finalisation du tableau. Et ça, ça a eu un grand impact sur la postérité du tableau. Bonjour tout le monde, ici Julie Guérin et aujourd'hui on va parler des coulisses, des travaux photo artistiques comme documentaire, particulièrement de ceux qui sont allés bien trop loin pour l'art ou le sensationnalisme. Comme pour la première vidéo sur ce thème, je préfère commencer par une petite mise en garde pour les plus sensibles d'entre nous. Aujourd'hui, on va parler de travaux photos qui ont suscité la controverse. À tort ou à raison, ça on va en reparler, que ce soit à cause de ce qu'il montr dans lesquelles ils ont été réalisés. Mais j'ai choisi de vous parler de trois photographes dont les œuvres et où la personnalité soulève des questions liées à des sujets lourds comme le suicide ou la pédocriminalité. Donc si ce genre de thème vous met mal à l'aise, je vous invite à découvrir mes autres vidéos sur la chaîne de Thomas. Il y en a plein et il y a même une playlist qui est dédiée. Commençons sans plus tarder par les campagnes choc d'Oliviero Toscani pour Benaton. De la photo du nouveau nez à celle d'un homme mourant, Toscan est allé parfois très loin pour faire parler de la marque de textile. Mais tout d'abord, un petit peu de contexte. Toscani, c'est un photographe italien qui est né en 1942, qui est connu pour avoir transformé la publicité en un outil provocateur et engagé mant art et politique dans une communication de masse. C'est à partir de 82 à 40 ans donc il commence à travailler pour Luciano Beneton donc le fondateur de la marque italienne de vêtements à la condition de ne faire aucune campagne classique parce que lui ce qu'il veut c'est marquer les esprits avec des images choc symboliques, sans produits visibles et uniquement avec le logo de la marque. Des idées controversées du photographe mais somme toutes brillantes en terme de marketing ont largement contribué à faire connaître United Colors of Beneton. Toscani pour Beneton. Bah c'est ça. Un prêtre et une bonne sœur qui s'embras cœurs mis à nu littéralement, un nourisson blanc qui tête le sein d'une femme noire, des parties intimes de corps adultes tatoué achivé positives ou encore des vêtements ensanglantés pour dénoncer la guerre en Bosnie qui a eu lieu entre 92 et 95 et qui a vu produire des massacres, des nettoyages etniques entre énormes guimets, des déportations et des viols. Aujourd'hui, ça peut paraître inclusif ou et finalement peu choquant. Quoique la religion catholique doit toujours être en PLS avec cette photo. Mais il ne faut pas oublier qu'on est dans les années 80 à ce moment-là. C'était il y a 45 ans. Mais même s'il y a déjà de quoi faire avec ses premières photos, ce n'est pas de celle-ci dont j'avais envie de vous parler aujourd'hui. J'ai plutôt envie d'avoir votre opinion sur ça. Un tout juste né, encore avec le cordonbilical, un homme allité, mourant du sida dans les bras de son proche. Parce que oui, même si on dirait une peinture, c'est bien une photo. Et à leur propos, les réactions ont souvent été très virales. Les campagnes ont souvent été censurées, interdites ou carrément attaquées, mais elles étaient aussi extrêmement efficaces en terme de notoriété mondiale pour la marque. Et à travers ces campagnes, Olivier Toscani a expliqué qu'il ne voulait pas faire de la publicité mais faire de la communication sociale. Pourtant, en 2000, le public décide qu'il allait trop loin avec une campagne mettant à l'honneur 25 hommes et une femme condamnée à mort qui se trouve majoritairement au Texas. Les portraits de ces criminels sont calmes, humains, parfois souriant à contre-courant de l'image du monstre qu'on s'imagine quand on pense à un prisonnier dans le couloir de la mort. Chaque portrait est accompagné du nom, de l'âge, du crime commis et de la date prévue d'exécution de ces derniers. Le but de cette campagne, c'était de dénoncer la peine de mort aux États-Unis en humanisant ceux qui en sont victimes et faire réfléchir sur le droit humain, la justice et la vengeance institutionnelle. Mais pas de chance, cette fois-ci pour la marque et le photographe, ça ne passe pas. Toscan et Belleton sont accusés de glorifier les criminels. Les familles des victimes de ces criminels sont indignés et choquées voir les meurtriers exposé ainsi. Le gouverneur du Texas à l'époque n'est autre que George W. Bush condamne la campagne publiquement. Le tolet médiatique est énorme. La marque se fait boycotter, elle perd des contrats et c'est ainsi que se termine le partenariat entre Toscani et Beneton qui aura duré près de 20 ans. Après ça, Toscan revient brièvement chez Beneton entre 2017 et 2020 puis il se refait virer pour des propos qui ont minimisé l'effondrement du pont de gène ayant fait 43 morts. Donc concernant les criminels, est-ce qu'on doit vraiment relever toutes les notions polémiques voir très problématiques ici et même de ces différentes campagnes choc ? D'ailleurs, je trouve ça assez intéressant concernant les campagnes des criminels qu'aujourd'hui on a toujours les mêmes questionnements, les mêmes problématiques puisque 25 ans après la campagne de T scanning, on a toujours cette fascination pour le morbide, pour les crimes. Ça se ressent notamment avec des séries comme celles sur Gifre d'amer ou cell de Bundy Extrem Weekends. Donc pour résumer, je vous repose la question. Peut-on légitimement exposer voir mettre en scène des criminels d'une telle violence quel que soit le message qu'on cherche à faire passer. Deuxième photographe dont on va parler, c'est Kevin Carter. Kevin Carter, c'est un photo journaliste sud-africain qui est né en 1960 et qui est connu pour ses photographies poignantes de la guerre des injustices sociales et particulièrement durant l'appartitate. Il faisait partie du célèbre Bonbon Club un groupe de quatre photographes qui ont recouvert des violences dans les townships sud-africains pendant les dernières années de l'appartite, mais il est surtout connu pour cette photo. En 93, il est envoyé au Soudan, plus particulièrement pour couvrir la guerre civile et la famille qui frappe le pays. Et c'est dans le village d'Aode qu'il découvre l'enfant affamé qui se hisse péniblement vers un centre d'approvisionnement alimentaire qui est pas très loin. Et c'est à ce moment-là dans ce village en mars 93 que le photographe Kevin Carter photographie l'une des photos les plus poignantes et les plus dures jamais prises à ce moment-là. Quelques jours plus tard, le 26 mars 93, le New York Times publie cette photo, ce qui vaut à Kevin Carter une renommée mondiale immédiate. Et d'ailleurs, en 94, plus ou moins un an plus tard, d'ailleurs Kevin Carter reçoit le prix Pouis aer pour cette même photographie. Le monde va d'ailleurs publier à ce propos que ce prix prestigieux apporte à Kevin Carter une reconnaissance de ses paires en même temps qu'une salle de critique à bah c'est pas peu dire parce que cette image dès apparition elle déclenche une vague d'indignation centrée sur trois questions principales. 1 pourquoi le photographe n'a rien fait pour aider l'enfant 2 l'enfant est-il mort et a-t-il été mangé par le fauteour ? Et 3 la photo a-t-elle été mise en scène ? Pour commencer par la plus grande des polémiques qui subsistent encore aujourd'hui ? Kevin Carter n'a pas abandonné l'enfant. L'enfant sur la photo n'était ni seul ni abandonné. Le père était à quelques mètres dans un centre de soin. Cette affirmation, elle est d'ailleurs appuyée par la présence d'un bracelet autour du poignet de l'enfant qui indique que des soins lui ont aussi été apportés. Et justement Alberto Roras, photo journaliste pour le quotidien espagnol Elmundo, a amorcé une enquête pour éviler la véritable histoire qui se cachait derrière cette photo. Il a rencontré une organisation humanitaire qui l'a mené quant à lui directement au père de l'enfant et ce dernier a affirmé qu'effectivement l'enfant qu'on voit sur cette photo avait survécu à la famine. Malheureusement, il a quand même subi un triste sort puisque 14 ans plus tard, il est décédé suite à d'intenses fièvres provoquées par une crise de paludisme. Ceci nous amène donc à la deuxième question posée : Non, l'enfant n'est pas mort sur la photo. Non, il n'a pas été mangé par le vautour. D'ailleurs, la présence du vautour n'a pas choqué le père de l'enfant puisque dans cette région là, ils sont légions, il y en a partout. Et vient enfin la question de la mise en scène. Et bien là encore, non. Le photographe Kevin Carter n'a pas fait de sensationnalisme en mettant l'enfant mort de faim en scène. Au contraire, il a affirmé qu'il aurait attendu plusieurs minutes que le vautour s'envole justement pour diminuer cet effet dramatique de la photo. Mais il y a rien eu à faire. Le vautour est resté et Kevin Carter a dû se résigner à prendre la photo telle qu'elle. D'ailleurs, le photographe aurait même chassé le vautour avant de s'effondrer en larme un petit peu plus loin. Profite pour un aparté. Le titre de la photo traduit en français est souvent la fillette et le vautour. Or, on ne sait pas vraiment si cet enfant est un garçon ou une fille. Alors, justement, petite mise à jour à ce sujet. J'ai un tout petit peu plus poussé les recherches pour avoir le fin mot de l'histoire. Le journaliste espagnol Alberto Roas qui a bien mené l'enquête pour le journal Elmundo a rencontré le père de l'enfant qui a bien déclaré qu'il s'agissait d'un garçon sur la photo et qu'il s'appelait Kongyang. Et malheureusement, malgré le soutien de ses pères et de ses proches, 3 mois après avoir reçu le prix Poulzer en juillet 94 à 33 ans, Kevin Carter se donne la mort. On pourrait croire que ces polémiques virulentes ont eu raison lui, mais son mal-être était bien plus profond que ça. Sur la note qu'il a laissé avant de mourir, il dit être hanté par les souvenirs des massacres et des cadavres qu'il a vu tout au long de sa carrière. Vous vous en doutez vous le savez peut-être déjà, mais cette photo de l'enfant et du vautour de Kevin Carter a fait couler beaucoup d'ancre et a soulevé pas mal de débat et même encore aujourd'hui, les gens ne connaissent pas la vraie histoire qui est derrière cette photo. Évidemment, oui, on peut toujours se questionner sur la légitimité de l'homme à prendre cette photo aussi sensationnelle. Mais n'oublions pas que son métier était justement de voir le pire de l'humanité, de le photographier et de faire ouvrir les yeux au monde sur ce qui se passait ailleurs. Nous arrivons au troisème et dernier travail au combien questionnable que je voulais aborder ici. Accrochez-vous, on n pas encore fini avec les sujets dramatiques. Pour le contexte, Gary Gross est né à New York en 1937 et il a notamment étudié avec des maîtres de la photo comme Richard Ravdon. Lorsque sa carrière de photographe d'école, il a déjà été publié dans le Cosmopolitan et le New York Magazine. Il a aussi réalisé des portraits de célébrités comme Wneyon pour son premier album par exemple. Où est le problème ? Vous allez me dire et ben le problème il est sur cette photo. Sobrement intitulé la femme enfant. On y aperçoit Bruce Hields. Elle a que 10 ans au moment de la photo. Cette photo heureusement elle est pas facilement trouvable sans censure aujourd'hui. Quoique je l'ai quand même trouvé. Je peux vous affirmer qu'on y aperçoit Brookshield nu maquillé dans une baignoire le corps couvert d'huile dans des pauses sensuelles. La première fois que la photo est publiée, c'est dans le magazine Sugar and Spice de Playboy Press. Donc déjà ça vous annonce la couleur de ce qui va suivre contre la modique somme de 450 dollars. C'est donc la mère de la fillette qui a cédé tous les droits à l'image de sa fille au photographe Gary Gross sans doute par nécessité et ou les connaissances du milieu. En plus de ça, en 1975 Gary Gross a 38 ans. C'est un photographe agguéri. Il connaît le milieu. C'est un homme adulte qui sait ce qu'il est fait finalement mais il prend quand même cette photo. Mais c'est pas tout. En 78 3 ans plus tard il republie à nouveau cette photo de la fillette. évidemment non censuré. Donc vous avez compris l'idée dans ce magasine. Et attendez parce que c'est pas fini. C'est peut-être pas le pire. Quoi que puisque à la sortie de ce second magazine, les critiques pleuvent en faveur du photographe. Bah oui, parce que beaucoup d'encre a été versé mais peut voir aucune critique ne pointe en direction du caractère pédophonographique des photos de Brushild. Et c'est qu'en 81 que Brushin intente un procès à Gary Gross. Le procès visait à annuler les droits d'utilisation accordé par sa mère à l'époque. Malheureusement, elle perd le procès mais elle obtient tout de même une suspension de la diffusion de la photo. Finalement, en 83, les tribunaux mettent Garé Gross hors de cause car ce n'était pas la nature pornographique de la photo qui était jugée à ce moment-là, mais le caractère juridique du contrat signé par sa mère. Et si vous trouvez ça dégueulasse et ben attendez parce que c'est toujours pas fini. Non non. On a aussi en 83 Richard Prince. qui reprend cette photo et l'intègre dans son œuvre Spirituel America à partir de 2007. Alors oui, je mets œuvre entre gros guillemets. Effectivement, c'est une œuvre artistique mais en l'occurrence on parle de cette photo de Brookshield. Si vous connaissez pas le travail de Richard Prince, en gros il photographie des photos et il en fait des œuvres et des expositions. Et à partir de 2007, en fait, il photographie pas Brookshield directement, mais il photographie un des portraits qu'a fait Gary Gross à l'époque sans son autorisation, ni celle du photographe, ni celle de la jeune fille. Mais là où çaen devient presque comique tellement c'est scandaleux, c'est que Richard Prince évoque une critique du voyurisme, de l'érotisation de l'enfance et du consommérisme sexuel américain à travers cette photo en 2009. D'ailleurs, cette même photo de Richard Prince qui n'est donc que celle de Brookshield, photographiée par Gary Grus, vous avez compris l'idée, est exposée au Tate moderne à Londres dans l'exposition Pop Life. Ce qui est fou, c'est que cette exposition, elle était même interdite au moins de 18 ans. Pourtant, elle expose une gamine de 10 ans complètement nu baignoire. Bon bref, pardon d'insister he sur cette photo, sur ce portrait mais je trouve qu'il y a tellement de choses problématique à ce sujet que ça me choque toujours autant alors que ça fait des années que je connais cette photo. Bref, la galerie Tate moderne a finalement retiré l'œuvre de l'exposition. Elle craignait qu'elle viole les lois sur l'obsanité mais sans doute non sans menace du public et de la brigade des publications absennes de la police métropolitaine. À ce moment-là, Brook Shields, elle a 44 ans, elle s'exprime publiquement, elle parle de son indignation face à la réutilisation artistique de bah de son portrait quand elle était enfant. Elle intente aussi un procès contre Prince, mais malheureusement une fois encore, elle ne gagne pas. Prince en fait, il a gagné en revendiquant une démarche critique et artistique et non commerciale de cette photo. Malgré tout ça, on peut quand même se consoler avec la suite de la vie d'artiste de Gary Gross. Mais apparemment l'affaire Brouchide, elle a eu un impact significatif sur sa carrière. Elle a interdit sa réputation dans le monde de la mode. En gros, il a été complètement blacklisté et s'est tourné en 2002 et jusqu'à son décès en 2010 vers la photo de chien. Oui oui, vous avez bien répondu, la photo de chien et plus précisément de vieux chien. Un choix qui reflêtait sans doute quelque chose de sa propre humanité. Merci à tous d'être resté jusqu'à la fin de cette vidéo. C'est la 2uxem que je fais sur le thème des photos ou des travaux photos qui sont allés trop loin sous couvert euh de l'art ou qui ont traité des sujets polémiques. Vous avez compris l'idée ? Je trouve ça hyper intéressant de connaître l'histoire autour d'une photo, pas que la photo en elle-même, d'aller un petit peu plus loin dans la réflexion que juste c'est nul, c'est bien, c'est moyen. Si vous avez d'autres artistes en tête dont vous aimeriez que je traite un petit peu l'histoire, n'hésitez pas à le mettre en commentaire. Ce sont des sujets qui me tiennent particulièrement à cœur, vous l'aurez compris, même si j'essaie d'apporter un petit peu de légèreté ce genre de sujet, je vous cache pas que c'est hyper lourd à traiter. Vous imaginez pas les horreurs que j'ai pu voir dans les photos quand j'ai fait les recherches. Le meilleur moyen pour me soutenir et m'encourager à continuer à traiter ce genre de sujet sous ce sous cette forme là notamment, bah c'est de liker la vidéo, peut-être de commenter si le corps vous envie et de vous abonner à la chaîne. Merci beaucoup et bon, on se retrouve le mois prochain pour une nouvelle vidéo. Salut. [Musique]
## Sources
https://laregledujeu.org/2018/02/22/33429/picasso-la-confection-de-guernica-et-dora/
En images : les campagnes choc d’United Colours of Benetton par Oliviero Toscani
https://www.strategies.fr/creations/campagnes-et-supports/131705W/les-campagnes-mythiques-benetton-la-scandaleuse.html
https://www.lemonde.fr/culture/article/2013/07/26/une-si-pesante-image_3454254_3246.html
https://www.liberation.fr/culture/2009/03/13/l-histoire-d-une-petite_545757/
> https://www.liberation.fr/culture/2009/03/13/l-histoire-d-une-petite_545757/
https://loeildelaphotographie.com/en/garry-gross-is-dead-at-73/
https://www.lemonde.fr/culture/article/2014/04/18/photographes-contre-l-apartheid-le-bang-bang-club_4403358_3246.html
# Script
Vous savez sûrement que ça , c’est sûrement le tableau le plus mondialement connu du XXème siècle. Mais est-ce que vous saviez que sa notoriété vient, certes de la renommée du détestable Picasso, mais aussi grâce à la documentation photographique étape par étape de Dora Maar ?
En effet, Dora Maar a documenté en photo les étapes clefs de la création de la toile d’une trentaine de m2 dès les premières ébauches du tableau, ceci ayant eu un grand impact sur l’histoire autour de celui-ci et de sa postérité.
Bonjour tout le monde, c’est Julia Guérin et aujourd’hui on va reparler des coulisses des travaux photos, artistiques comme documentaires, particulièrement de ceux qui sont allés bien trop loin pour l’art ou le sensationnalisme.
Comme pour la première vidéo sur ce thème, je préfère commencer par une petite mise en garde pour les personnes les plus sensibles. Aujourd’hui, on va parler de travaux photographiques qui ont suscité la controverse — à tort ou à raison, on va en reparler — que ce soit à cause de ce qu’ils montrent ou des conditions dans lesquelles ils ont été réalisés. C’est une vidéo orientée "culture photo", mais j’ai choisi de vous parler de trois photographes dont les œuvres ou la personnalité soulèvent des questions liées à des sujets lourds comme les meurtres, le suicide, ou encore la pédocriminalité. Si ce genre de thèmes vous met mal à l’aise, je vous invite à découvrir mes autres vidéos de la chaîne, il y en a plein.
## 1. Oliviero Toscani – Les campagnes choc de Benetton
Commençons sans plus tarder avec les campagnes choc d’Oliviero Toscani pour Benetton. De la photo du nouveau à celle d’un homme mourant, Toscani est parfois allé très loin pour faire parler de la marque de textile.
Tout d’abord, un peu de contexte : Toscani est un photographe italien né en 1942 connu pour avoir transformé la publicité en un outil provocateur et engagé, mêlant art, politique, et communication de masse.
C’est à partir de 1982, à 40 ans donc, qu’il commence à travailler avec Luciano Benetton (fondateur de la marque italienne de vêtements) à la condition de ne faire aucune campagne “classique”. Lui, il veut marquer les esprits avec des images chocs, symboliques, sans produit visible, avec le logo de la marque uniquement.
Les idées controversées du photographe mais somme-totue brillantes en termes de Marketing ont largement contribué à faire de United Colors of Benetton, une marque connue et reconnue. parce que Oliviero Toscani pour Benetton, c’est ça :
Mettre les photos
Un prêtre et une bonne soeur qui s’embrassent,
Des coeurs à nu (littéralement)
Un nouveau nourrisson qui tête le sein d’une femme noire
Des parties intimes tatouées “HIV positive”
ou encore des vêtements ensanglantés pour dénoncer la guerre en Bosnie qui a eu lieu entre 92 et 95 qui a vu de produire des massacres, des “nettoyages ethniques”, des déportations ou encore des viols.
Aujourd’hui, ça peut paraitre inclusif et finalement peu choquant , quoi que la religion catholique doit toujours être en PLS pour cette photo, mais il ne faut pas oublié que les années 80. Quand le photographe commence a travaillé pour Benetton, la loi Veil a été promulguée il y a 7 ans mais ce n’est qu’en 1982 que l’IVG est en partie remboursé par la Sécu.
Ou pour donner un ordre d’idée aux plus jeunes et aux gens comme moi qui sont dans le déni de leur âge : en 82 le Web, l’internet, n’existe pas encore puis que l’innovation qui va bouleverser le monde entier à jamais voit le jour en 1989.
Bref : Les années 80 c’était il y a 45 ans.
Mais même s’il y a déjà de quoi faire avec ces premières photos, ce n’est pas d’elles de celles-ci dont je voulais vous parler J’ai plutôt envie d’avoir votre opinion sur elles :
Un tout-juste-né encore avec le cordon ombilical
Un homme alité, mourant du Sida, dans les bras de son proche (oui ceci est une vraie photo)
(quid de la dignité humaine etc.),
La photo d’une famille au chevet d’un homme mourrant
Les réactions ont été souvent été très virulantes :
Les Campagnes étaient souvent censurées, interdites, ou carrément attaquées. Mais elles étaient aussi extrêmement efficaces en termes de notoriété mondiale.
À travers ces campagnes, Oliviero Toscani a expliqué : « (Ne pas] publicité, mais faire de la communication sociale. »
Pourtant, en 2000 le public décide qu’il est allé trop loin avec une campagne mettant à l’honneur des 25 hommes et 1 femme condamnés à mort états-uniens, en grande majorité originaires Texas.
Les portraits de ces hommes sont calmes, humains, parfois souriants, à contre-courant de l’image du “monstre” que l’on s’imagine quand on pense à un prisonnier dans le couloir de la mort. Chaque portrait est accompagné du nom, de l’âge, du crime commis, et de la date prévue d’exécution.
Le but de cette campagne était de dénoncer la peine de mort aux Etats-Unis en humanisant ceux qui en sont victimes, et faire réfléchir sur les droits humains, la justice et la vengeance institutionnelle.
Mais Pas de chance cette fois-ci pour la marque et le photographe, cette fois-ci ça ne passe pas. Toscani et Benetton sont accusés de “glorifier les criminels”. Les Familles des victimes de ces criminels sont indignées et choquées de voir les meurtriers exposés ainsi. Le gouverneur du Texas à l’époque, j’ai nommé George W. Bush – rien que ça – condamne la campagne publiquement.
Le tollé médiatique est énorme. La marque se fait boycotter et perd des contrats. C’est la fin du partenariat Benetton-Toscani qui aura duré près de 20 ans.
Après ça, Toscani revient brièvement chez Benetton entre 2017 et 2020 puis se refait virer pour des propos minimisant l’effondrement du pont de Gêne ayant fait 43 morts.
Dois-je vraiment ici relever toutes les notions polémiques voire problématiques de ses différentes campagnes choc ? Peut-on tout se permettre sous prétexte de vouloir éveiller les consciences ?
Je profite de ce sujet pour ouvrir une petite parenthèse sur la manière dont notre société continue de mettre en lumière des figures criminelles extrêmes. Quarante ans après la campagne de Toscani, on assiste encore à une forme de fascination médiatique, comme en témoignent les séries sur Ted Bundy(Extremely Wicked sortie en 2019) ou sur Jeffrey Dahmer sortie en 2022.
Ce qui est frappant, c’est que même sice n’était pas du tout l’intention initiale de Toscani, les mêmes controverses réapparaissent :
👉 Peut-on légitimement exposer, voire "mettre en scène", des criminels d’une telle violence, quel que soit le message que l’on cherche à faire passer ?
# 2. Le vautour et l’enfant de Kevin Carter

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