Je retrace l’histoire de la photographie en accéléré : des premières images fixées sur une plaque (avec des poses interminables) jusqu’au numérique, aux smartphones, puis à l’IA qui bouleverse notre rapport aux images. Je reviens sur les grandes batailles techniques et culturelles (France vs Angleterre, art vs technique, presse et photojournalisme), et sur ce que ces ruptures ont changé : qui peut faire des images, comment elles circulent, et surtout ce qu’elles “prouvent”.
Chapitres :
00:00 Intro : de 1839 à 1,4 trillion de photos/an
00:00:55 Niépce et la première photo (héliographie, 8h de pose)
00:02:05 Daguerre et le daguerréotype : la star du procédé
00:05:03 Talbot : négatif/positif et naissance de la reproductibilité
00:07:10 Le débat “photo = art ?” (Baudelaire, Nadar)
00:09:02 Accélération technique : collodion, petits formats, Kodak
00:09:42 Clubs photo et pictorialisme (1890–1914)
00:11:22 Stieglitz, Photo-Secession, Camera Work, galerie 291
00:12:06 XXe siècle : presse, Leica 35mm, photojournalisme
00:13:36 Magnum et les droits des photographes
00:15:15 Numérique : Steven Sasson, Kodak et le virage raté
00:17:23 Années 2000 : compacts, images “gratuites”, explosion des usages
00:18:02 iPhone (2007) : un appareil photo dans chaque poche
00:18:26 Instagram (2010) : diffusion mondiale de l’image
00:20:12 IA : fin du “contact avec le réel” et crise de la preuve
00:21:42 Conclusion : “c’est quoi une image ?”
Merci d’avoir regardé : si la vidéo vous aide, pensez à liker/partager !
Chapitres :
00:00 Intro : de 1839 à 1,4 trillion de photos/an
00:00:55 Niépce et la première photo (héliographie, 8h de pose)
00:02:05 Daguerre et le daguerréotype : la star du procédé
00:05:03 Talbot : négatif/positif et naissance de la reproductibilité
00:07:10 Le débat “photo = art ?” (Baudelaire, Nadar)
00:09:02 Accélération technique : collodion, petits formats, Kodak
00:09:42 Clubs photo et pictorialisme (1890–1914)
00:11:22 Stieglitz, Photo-Secession, Camera Work, galerie 291
00:12:06 XXe siècle : presse, Leica 35mm, photojournalisme
00:13:36 Magnum et les droits des photographes
00:15:15 Numérique : Steven Sasson, Kodak et le virage raté
00:17:23 Années 2000 : compacts, images “gratuites”, explosion des usages
00:18:02 iPhone (2007) : un appareil photo dans chaque poche
00:18:26 Instagram (2010) : diffusion mondiale de l’image
00:20:12 IA : fin du “contact avec le réel” et crise de la preuve
00:21:42 Conclusion : “c’est quoi une image ?”
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En 1839, en août, si ma mémoire est bonne, un homme présente à l'Académie des Sciences une plaque de cuivre argenté. Sur cette plaque, il y a une image. Pas un dessin, pas une peinture, une empreinte durée lui-même capturée par la lumière elle-même. Ce jour-là, le monde bascule mais personne ne le sait encore. Aujourd'hui, on produit l'humanité là à environ 1,4 trillion de photographies par an. Ça représente 44000 images par seconde. Donc imaginez déjà ce qui a été produit le temps que cette vidéo démarre. Et pendant ce temps-là, on est passé de pauses qui durent 8h à desia qui génère des images de gens qui n'existent même pas en quelques secondes. Comment on en est arrivé là ? C'est ce qu'on va voir ensemble. Je vais essayer de faire en sorte que cette vidéo dure moins de 20 minutes, mais comme je l'ai écrite et que je saurai qu'une fois qu'elle est montée, ce sera la surprise. On va un peu ensemble retracer cette histoire des premiers bidouilleurs du 19e siècle jusqu'aux algorithmes de notre époque. À la fin de cette vidéo, vous aurez compris pourquoi cette photographie est une bataille à la fois technique, judiciaire, artistique et même philosophique. On y va. L'histoire commence dans un petit village de Bourgogne appelé Saint-Lou de Varen. Un homme de bonne famille, Nissor Nieps qui a quand même un nom super classe, faut le dire, se fait chier comme un ramort et commence à adorer une technique qu'on appelle la lthographie qui fait fur époque, donc autour de 1813. Le problème, c'est que ce brave Niss Fortune fois, son prénom déchire ne s'est pas dessiné. Et je dis tiens, pourquoi est-ce que je ferais pas ça avec la lumière elle-même ? En 1827, Niss Fort après des années d'expérimentation réussi l'impossible, fixer une image sur une plaque qui contient du bitume de Judée avec une exposition qui durera environ 8h. C'est la fameuse image point de vue du gras que tout le monde connaît. Le résultat, c'est une image floue, granuleuse où on distingue à peine les bâtiments parce que la pause a duré 8h et qu' évidemment le soleil a bougé donc l'éclairage est bizarre et qui surtout ne tient pas dans la durée. En fait, elle est très bien conservée actuellement et parce que on utilise des techniques spéciales mais elle se dégraderait très très vite à l'air libre. C'est révolutionnaire. C'est la première photographie dont on a trace. Nicefort appelle sous processus l'héliographie du grec hélio, ce qui signifie le soleil. Écrire avec le soleil, c'est ce qu'il a souhaité faire. Mais ça, le côté graphie, photographie, écrit avec la lumière, on en parlera dans un autre contenu. Une autre fois, j'ai des choses à vous dire. Nie, il a quand même un petit problème avec sa technique. On va pas se cacher que 8h de pause, c'est un peu beaucoup. En 1829, il s'associe donc avec un homme d'affaires peintre de décor de théâtre, le bien nommé Dager. D'Aguer, c'est l'opposé de Nicefornie. C'est pas du tout un scientifique, c'est plutôt ce qu'on appellera un marketteux maintenant aujourd'hui. Un mec qui va créer des inventions, qui va créer des attractions, notamment par exemple les Diorama à Paris, un spectacle avec des boules, des lumières et cetera. C'était c'était assez révolutionnaire pour l'époque et ils sont vraiment diamétralement opposés. C'est ce qui intéresse d'Ager, c'est le spectacle, le sensationnalisme, ce genre de choses. Les deux hommes travaillent ensemble, échangent leur procédé, sauf que malheureusement en 1833, Nieps meurt sans avoir vu le fruit de ses recherches et c'est là que les choses prennent un tournant un petit peu bizarre à mer. J'ai lu ce livre pour préparer cette vidéo que je vous conseille, je mets le lien dans la description et c'est à ce moment-là que l'histoire est un peu floue. Sans mauvais jeu de mot, si c'est quand même mauvais jeu de mot. Donc Dager continue seul. Il abandonne le bitume de Judée de Nieps pour un nouveau procédé. Alors, c'est un peu technique, donc je lis mes notes parce que sinon, je vais la répéter 37 fois. Il utilise une plaque de cuivre recouverte d'argent exposée à des vapeurs diode puis développé aux vapeurs de mercure. C'est là que je me dis que j'aurais dû sortir le prompteur. Le résultat est stupéfiant, on a des images extrêmement nettes et surtout avec un temps de pause de quelques minutes. Donc c'est utilisable à l'époque et ça la technologie est là quoi. Et là où ça devient un peu plus compliqué c'est qu'il appelle son invention le dagérerotype de son nom d'ager et pas le nieps type du nom du type qui justement l'a aidé à faire ça. Et c'est ça la zone d'ombre, c'est qu'on sait pas comment Dager a fait ça. Dager, c'est pas un scientifique dans l'esprit en fait, je dis, c'est il a pas de culture scientifique, un homme de théâtre, un homme de spectacle et cetera. Et on sait pas comment il a fait, on sait pas s'il a réutilisé des travaux, si c'est des gens, c'est mystérieux. Et j'ai l'impression de reprendre l'expression d'un youtubeur bien plus jeune que moi. Démarre le festival des dingueries. En août, donc le 19 août 1839, François Arago, qui est un physicien présente le procédé à l'Académie des Sciences et à l'Académie des Bzards. C'est deux trucs différents. C'est pas Spagne qui fait les deux, c'est deux trucs différents. Évidemment, tout le monde est stupéfait. Il faut se dire qu'à l'époque, il y a plein de gens qui n'avaient jamais vu leur visage de leur vie. Ça existait quand vous alliez à la campagne, à l'époque, les miroirs coûtaient extrêmement cher. Donc il y a des gens qui n'ont jamais vu leur propre visage ailleurs dans des flages d'eau. Enfin, faut faut se rendre compte un peu de ça. On vit dans ce monde-là et dans ce monde là où les gens certains n'ont même pas idée d'à quoi il ressemble, c'est possible de désormais de fixer son image et de la contempler, de la montrer à quelqu'un, de la diffuser et cetera. C'est une folie absolue. C'est l'événement de l'année. Et encore plus incroyable, la France rachète les droits à Dagar. Donc il lui file une rente je crois quelque chose comme ça. Il rachète les droits à Dager et le rentre publique donc l'offre au montac. La technologie n'est pas breuftetée. Tout le monde grâce à l'achat de la France à notre pays he c'est nous hein. On voilà tout le monde peut faire des dagéréotype. C'est complètement fou. Et c'est aussi une leçon un peu amer parce que c'est quelque chose qu'on retrouve dans plein de choses au niveau des inventions et notamment par exemple de la participation des femmes à plein de sujets notamment le code, la photographie, plein de choses qui sont invisibilisées. C'est pas nécessairement celui qui invente qui est retenu par l'histoire mais plutôt celui qui communique le mieux. Et en l'occurrence clairement c'était d'agerre. Mais l'histoire est encore plus compliquée. Il y a une bataille qui existe entre la France et l'Angleterre dont on n pas vraiment conscience à l'époque parce que les deux histoires se déroulent en parallèle. Outre Atlantique, on a Henry Fox Talbot. Henry Fox Talbot, c'est le l'opposé encore de Niaps et de Dagar. Il vient pas du tout du même monde. Lui, c'est un aristocrate. Enfin, c'est quelqu'un qui fait partie de la bourgeoisie qui s'emmerde un peu, on va pas se mentir. Et en gros, ce qui se passe, c'est qu'il épouse d'une femme à l'époque. Voilà. Ils partent faire ce qu'on appelait le grand tour. Donc il se balade dans toute l'Europe, l'une de miel, tout ça tout le toit pendant assez longtemps, je crois des plusieurs mois voir une année vers 1834, il commence à travailler sur ce processus là. Et en fait l'histoire part du fait que bah un peu du dessin comme Nieps, il part en voyage, je crois que c'est en Italie qu'il a ce truc là, il a sa caméra obscura, je vous en mets une ici, une caméra obscura à la base la chambre claire sombre pardon qui est le principe de base de l'appareil photo mais sans fixation. Permettez aux gens de mettre la caméra obscure devant quelque chose. Imaginons une montagne. Ça reprojetait l'image sur une plaque, on mettait le dessin, on pouvait dessiner et refaire des dessins comme ça. Et c'est comme ça que tuas le bot lui se dit "Ce serait vachement bien d'avoir le même truc mais de pouvoir figer le dessin." Donc en fait le prototype, l'idée de l'appareil photo lui vient à l'esprit mais il va utiliser un process qui est radicalement différent de ce que vont faire Nieps et Dager qui sont des tirages uniques. Vous me voyez venir et là j'ai rebin de mes notes parce que attention on va débiter du terme scientifique. Lui au lieu d'utiliser du métal, il utilise un papier qui enduit de chlorure d'argent. On y vient. Et le résultat, c'est une image négative où les zones clair apparaissent sombre et vice-versa. Vous vous voyez venir le truc. L'intérêt c'est que lui invente le procédé négatif positif qui sera la base de la photographie argentique qui va perdurer et qui permet de faire des copies des images multiples. D'où le graphi graphi ça vient de ça litographie parce qu'on peut copier avec de la pierre. Ça ça vient de là à la base. On en reparlera une autre fois. Alors la qualité est un peu moins bien que celle de Dagar. Les images sont moins stupéfiantes mais on peut la reproduire. Et du coup lui, il appelle son procédé le caloy pour Calos en grec qui veut dire beau parce que juste, il trouvait ça stylé. Donc il fait profter ça en 1841 et ça s'oppose au tirage unique de Tager donc moins qu'ali mais on peut en faire des copies. Et évidemment toute la photographie du 20e siècle part quand même plutôt de l'invention de Talbot. Ce que va permettre Dager, c'est une popularisation instantanée et internationale de la photographie et d'ailleurs il y a des photographes qui s'installent dans les années suivantes déjà aux États-Unis et cetera. Le procédé voyage très vite beaucoup du fait d'être libre de droit. Tout le monde peut devenir dagérotypiste mais le fondement de la photographie c'est bot. Point pour les anglais, je suis fairplay. Je vous mets un petit portrait à l'écran de Charles Baudler par Nadar parce que c'est assez cool. En gros, c'est alors c'est pour l'anecdote mais c'est marrant c'est que Charles Baudler a détesté la photographie. Il l'a méprisé dès le départ qui a une station un peu connue de lui que je vous affiche à l'écran, que je vais faire de tête de façon dégueulasse mais ça dit que il dit que quand la photographie est arrivée, tout le monde s'est précipité comme un seul narcisse pour contempler son reflet dans une image d'argent, une plaque, un truc comme ça pour se moquer de la vanité. pur des gens. Et c'est pareil en 1859, il publie sa critique du salon dans lequel il détruit la photographie. Ces mots sont très violents. Il dit "Si l'on permet à la photographie de suppler l'art dans quelques-unes de ses fonctions, elle l'aura bientôt suplinté ou corrompu. Tout à fait. Pourre, l'art doit exprimer l'imagination, le rêve, l'invisible. Pour lui, la photographie c'est une simple servante des artes. Peut-être juste de la science, c'est mécanique, ça reproduit le réel, mais ça s'arrête strictement là. Ce qui rend body de l'air furieux en fait, c'est le succès populaire de la photographie où tous les bourgeois vont se faire tirer le portrait et s'admirer chez les dégérotypiste. La vérité de la photographie devient l'idéal dans l'imaginaire des gens et ça pour lui c'est un peu la mort de l'imaginaire. Oninterprète plus les portraits et les gens on les représente plus. C'est vraiment le contact du r de la photographie qui devient ce que veut tout le monde et on perd une forme de charme. Peut-être un peu, il a peut-être un peu raison. Ironiquement, et c'est pour ça que je vous ai montré la photo au début, c'est que Baudler finira par se faire tirer lui aussi le portrait et se faire prendre en photo par Nadar qui est un des photographes les plus fameux de son époque qui a resté jusqu'à nos jours assez connus par rapport à d'autres qui sont qui sont un peu tombés dans genre si je vous parle de disie ça vous dira rien mais Nadar il reste un peu connu et ce débat de photographie art versus simple technique ça va hanter la photographie pendant 150 ans. Pour moi, je dirais qu'on sort les années 7080, mais je pense que le débat est encore ouvert aujourd'hui en vrai. Pas pour nous les photographes qui av un peu de culture. Nous, on sait mais je pense que dans la culture populaire et dans la vision populaire de la photographie des gens, c'est pas tout à fait terminé. Ensuite, mes petits potes, c'est le boom. En gros, pendant la seconde moitié du 19e siècle, donc 1850 à 1900, la technique, elle évolue extrêmement vite. Tout d'abord, le dagérotype, il est remplacé par le collosion humide qui permet une pause de quelques minutes à quelques secondes. Donc, on change vraiment la façon qu'on a de faire des photographies, c'est beaucoup plus rapide et surtout en 1880, il y a le petit format qui apparaît, un appareil plus simple à utiliser et qui permet aux amateurs de s'intéresser à la photographie. Il y a plus besoin d'être daggerotypiste, d'avoir plein de matos. C'est le brownie, je crois, c'est à peu près ça, de Kodak. Donc les amateurs débarquent et ils sont très nombreux. Et justement, et ça c'est super intéressant parce que la façon dont on fait des photographies aujourd'hui est encore marquée parce que je vais vous dire là tout de suite ces amateurs, vous êtes au courant qu'ils avaient pas internet. Donc pour apprendre la photographie, qu'est-ce qu'ils font ? qui se rassemblent avec des gens qui savent qui leur expliquent comment on fait la technique. Et c'est comme ça qu'on fonde les clubs photos. Et c'est pour ça qu'il y a cette culture technique dans le club photo parce que ça a été fondé pour ça. La base, ça a été fondé pour être un lieu alors en partie on va voir mais ça a été fondé pour être un lieu où on apprenait la technique à une époque où il y avait pas internet, il y avait encore tous les bouquins, il y avait pas encore de documentation sur le sujet. La seule façon de progresser c'était ça. Et les clubs photos, bah ça change de génération en génération. Les anciens sont remplacés par les nouveaux et cetera. et cette culture a vraiment imprégné les clubs parce qu'ils ont été fondés pour ça. Donc il y en a eu plein et encore une fois vraiment j'ai une dure journée. Donc je sors mes notes. Pour vous donner l'idée, le Caméra Club de New York, c'est 1884, le photoclub de Paris, c'est 1888 et le Linked Ring à Londres c'est 1892. Donc on est vraiment au tournant du siècle et ils ont aussi pour but de prouver que la photographie est un art. Je vous mets un lien là hop quelque part vers la vidéo de Julia sur l'impressionnisme qui rentre plus en détail sur le sujet. On va l'évoquer rapidement. Mais en gros, de 1890 à 1914, c'était tout un mouvement qui a peut-être un art, un mouvement artistique du coup par définition qui s'appelle le pictoralisme. Le terme il est débile hein, ça vient juste picture en anglais et le but c'est de faire des images qui ressemblent à des peintures. Voilà, c'est le c'est le truc. Et pour faire ça, ils vont utiliser deux choses. Alors, des sujets un peu nobles, un déus, des paysages brumeux, le genre de sujet qui est traité d'habitude par la peinture et aussi des techniques qui vont un peu flouter l'image, le rendre moins chirurgicale et donc dans leur esprit plus artistique. Pareil, je promets notes parce que je vais jamais m'en souvenir, la gomme bichromatée et le platinotype. Quelque part, le pictoralisme, c'est la réponse à Baudler. Baudler, il dit "C'est pas de l'art, c'est trop précis." Les pictoralistes, ils font PMH, c'est faire du flou. comme ça que ça se passe. Et ça a même une influence majeure parce que aux États-Unis, il y a Alfred Siglitz qui va créer ce qu'on appelle la photos session. C'est un autre mouvement physique en 1902. Et il va aussi créer le magazine Caméra Work qui est l'un des premiers magazines photos. Je pense c'est même le premier une revue plutôt à l'époque voilà mais qui est une bible de l'époque de tous ces essais artistiques du tout début du 20e siècle. Et ce qui est paradoxal et ce qui est aussi très très cool, c'est que Stiglitz, il a une galerie qui s'appelle 291 à New York rapport au numéro où elle est dans la rue, pourquoi pas ? Et en fait euh il va exploser plein d'artistes Picasso en Cissie, tout ça, des gars connus de son époque. Et en exposant tout ça, il comprend que la photographie, elle a pas besoin d'imiter la peinture pour être un art chemin. Et ça tue un peu le pictorisme qui avait pour but d'imiter la peinture où il se dit "Ouais, OK, en fait c'est pas la bonne voix, il se détache de ça et ça arrête le mouvement." Et donc on arrive au 20e siècle et le 20e siècle c'est la débande. La photographie devient the média de masse. C'est comme ça qu'on diffuse l'information sur toute la planète et ça devient le média le plus important jusqu'à l'émergence de la télévision évidemment dans les années 60 mais n'allons pas trop vite. Et ça ça vient de deux avancées technologiques. 1 l'amélioration de la simil gravure ça s'appelle. Je me serai tapé tous les noms techniques possibles dans cette vidéo, je seraiis tranquille pour aller jusqu'à la fin des temps. Mais en gros, c'est la technique qui permet d'imprimer dans les journaux parce qu'avant on pouvait pas le faire mais une fois qu'on peut imprimer des photographies facilement dans les journaux complètement la fête, on peut illustrer les journaux de d'images, les diffuser partout tout le monde voit les mêmes choses, c'est trop bien. Et la deuxième révolution technique, et ça je peux pas le renver, c'est cool, c'est laik qui invente un appareil 35 mm où avant on était sur de la pellicule 120 plutôt ou des plaques du 45 et cetera, enfin des trucs plus grands. là qui invente le du coup le 35 mm qui est le petit format d'écrit un peu nul à l'époque comme la PSC maintenant mais c'est pas grave. Et donc ils invent ça en ayant l'idée de mettre un rouleau qui contient du de la pellicule de ciné. En fait c'est le même format avec les perforations dans un appareil photo qui défile devant l'objectif et qui permet de changer plus d'images plus petites. Ça va lancer plein de mouvements artistiques parce qu'en fait du fait d'avoir un Lik qui est tout petit, on peut changer les ongles de vue. On est plus rigide, on est plus obligé de shooter avec des trépieds. Donc ça libère énormément la photographie. Ça permet d'avoir des appareils plus petit, plus faciles à transporter. Ça lance le photo journalist. C'est vraiment aussi une invention absolument majeure et ça va donner des gars dont vous avez peut-être rapidement entendu parler du style en réartier bresson. Je vous mets un lien sous la vidéo parce que j'ai dû faire 37 articles sur quartier Bresson. Donc on va pas s'étaler sur le sujet ici. Évidemment le 20e siècle c'est aussi l'époque des agences. Il y en a plein. Il y en a eu en France, aux États-Unis, machin partout. Je vais pas commencer à citer un peu les trucs parce que ça va être une liste à la prévère un peu horrible. On va juste parler de la plus connue qui est l'agence Magnum parce que ça a été un des fondements du photojournaliste du 20e jusqu'àattant que ça devienne plutôt une usine à NFT et à workshop. Mais bref, Magnum s'est fondé en 1947 par deux mémoires Robert Kapa, Roger, Seimore et Cartier Bresson qui font ça et ça s'appelle un magnum parce qu'il sa un magnum de champagne pour fêter l'ouverture enfin la création de Magnum du bol qui s'est prouvert à un abucodonosaure ou une villageoise parce que ce serait appelé villageoise ça aurait pas été ouf quoi. Et en fait ce qui est hyper bien avec Magnum dans la conception et ce qui est aussi une révolution pour l'époque nous ça nous paraît simple tout ça et évident mais à l'époque c'est c'est de la c'est la folie. Avant les photographes étaient des employés des magazines et vendaient leurs images. Les magazines récupérent négatif fin de l'histoire. On a acheté ça, c'est à nous. Voilà, ils avaient du mal à garder la main sur leur production et donc encore plus à avoir une production personnelle et artistique et à pouvoir jouer sur les deux cases. Ce que fait Magnum, c'est qu'en fait les photographes possèdent les négatifs, ils vendent des copies au magazine simplement des droits d'usage mais c'est tout. Et du coup, il restent maître de leur production et ça ça change, ça révolutionne aussi la photographie. Et tout ça, c'est l'âge d'or du photojournalisme, hein. Vraiment, je vous je vous parler de trucs que vous allez connaître, mais des magazines comme Life ou Paris Match. Donc Life s'est fondé en 1936 et Paris Match en 1949. Euh, ils vont vraiment placer l'image et le reportage de l'image au centre de leur magazine et c'est un peu les fleurons mais il y en a eu plein de euh du développement de la photographie où c'est le média mainstream comme peut-être sont maintenant chez nous euh Internet, les vidéos YouTube, les reels tout ça, tout ce qui est vidéos virales sur les smartphones, c'est un peu ça à notre époque. À l'époque c'est la photo quoi. C'est la photo dans les magazines. C'est une image placée dans Life fait le tour de la planète. Et tout va basculer encore une fois en 1975 à cause d'un type qui s'appelle Steven Sasson et qui travaille chez Kodak. L'image fait à l'époque 0,01 mégapixel donc on n'est pas sur un truc de folie et il faut 23 secondes pour enregistrer une image sur une cassette numérique. Pas ouf non plus. Et c'est là que c'est presque ilant quelque part. Mais avant ça, je vais vous raconter une autre anecdote historique hilarante, un peu marrante pour vous compreniez le move parce que c'est un peu le même. C'est la qui invente l'autofocus et laika vend le procédé de mémoire à Minolta. en disant nous on n pas besoin de ça. Nos photographes savent faire la mise au point avec nos appareils. Alors les cas existent encore aujourd'hui mais a des parts de marché réduite notamment parce que les gens veulent du confort et de l'autofocus. Je rentre pas dans les détails mais les professionnels ont pas le temps de s'emmerder avec ça et plutôt des marques comme Sony, Canon, Nikon qui ont des autofocus très performantes qui marchent bien et qui a bouffé des parts de Laica grâce à ça. Ça c'est marrant. Du coup, ils sont obligés de rester sur une position de niche tout ça. Voilà. Mais on a la même chose avec Kodak. Kodak enterre le projet. Ils se disent "Ouais, le numérique ça marchera jamais. C'est de la merde." Faut se rendre compte qu'à l'époque, Kodak, c'est des usines monstrueuses en taille aux États-Unis. Il y a des villes, euh j'ai oublié le nom, mais il y a une ville aux États-Unis où il y avait une immense usine KODAC et ça faisait vire la ville quoi. Comme nous chez nous, il y avait de l'industrie euh euh dans certaines régions de France et cera où les usines faisaient vivre toutes plein de régions, c'est un peu la même chose. C'est monstrueux. Kodak, faut savoir qu'à son apogé c'était des kilomètres de film qui sortaient de l'usine tous les jours. J'avais vu le chiffre, je l'ai oublié mais c'est monstrueux. et Kodak va faire fight en 2012 à cause de l'invention que eux-mêmes ont fait avant les autres mais n'ont pas su exploiter. Et ça c'est magnifique comme coup du sort. Après ça aurait été démantelé, il y a encore des branches de Kodak qui font du film tout ça mais ils ont dû se restructurer, se refinancer parce que quand on passe une production monstrueuse à rien, faut vendre les usines les gens. Tout est trop grand par rapport à la taille, faut réapprendre à faire petit. Enfin catastrophe. Ils existent encore aujourd'hui en plein de briques différentes. Je sais pas le détail mais dommage quoi. Dommage. Bon après c'est une époque où si vous me regardez vous l'avez un peu vécu le numérique depuis l'invention de Sasson Steven Sasson il va mettre 25 ans à décoller et au début des années 2000 c'est louragan. C'est louragan. Donc au début des années 2000 émergence du compact. On a tous un des petits appareils photo compact qui restaient les qui restent de cette époque là chez nous. Tout le monde en a. Il y en a partout. le film se pète la gueule et tout le monde veut ses petits appareils qui permettent de faire autant d'images qu'on veut et ça c'est la folie en fait. On a plus de coût à l'image. Le coût de production d'une image c'est fond. Incroyable. Enfin voilà au début que j'ai commencé cette vidéo, on faisait des pauses de 8h. Maintenant pour en faire à l'infini avec un appareil. Donc évidemment que les gens veulent acheter ça. Et à mon avis ensuite il y a deux autres grosses étapes qui finissent de de faire de la photographie. Un truc mainstream que la planète entière fait tous les jours à partir d'une invention d'un type qui savait juste pas dessiner. Ce qui est fou. 2007 l'iPhone l'iPhone a regroupe plusieurs appareils en un. Euh c'est votre calculatrice, c'est votre email, tout ça. Voilà. Et notamment, il embarque un appareil photo et à partir de ce moment-là, tous les gens ont un appareil photo dans la poche. Révolution aussi et puis d'avoir un compact familial qu'on prend aux anniversaires, tout ça, tout le monde a un appareil photo sur soi, tout le monde est équipé, c'est fou. Et euh la révolution ensuite pour moi alors on pourrait le placer autrement en terme de de date et choisir un autre machin. Je dirais que c'est plutôt 2010 Instagram où on a une plateforme mondiale de partage d'images qui est encore plus développé maintenant avec Meta. On aurait pu mettre dans les premiers flickers ce genre de truc ou peut-être Myspace, on a commencé à partager de l'image machin. Mais pour moi là où ça devient absolument mainstream c'est l'émergence Instagram et le réseau social de l'image maintenant c'est Instagram. Alors oui, ça va faire bondir les gens parce que par rapport au Vills, par rapport aux story et tout ça, les images, elles ont des vues dégueulasses, on le sait, ça nous fait chier. Mais ça a été le plus gros moteur de diffusion du de l'image ces dernières années. Dernière petite date à caler, là ce serait 2015 parce qu'en gros en 2015 euh les ventes de smartphones sont tellement importantes que plus personne n'achète des compacts, plus personne n'achète des appareils en trait de gamme. Ce qui pose deux problèmes déjà bah pour l'économie des marques parce que des marques comme Canon par exemple vivaient avec des appareils comme les 450D, 550D, tout ça c'est des appareils qui se extrêmement bien, qui étaient très rentables, qui apportaient du cash et qui permettait de développer les appareils professionnels. Ça cette branche là se pète la gueule. Du coup pour ces marques là, il reste que le marché des amateurs avancés et des pros qui est plus petit. Donc les prix montent. Et euh il y a un autre effet pour un peu nous les créateurs de contenu tout ça, c'est qu'il y a beaucoup de gens qui achetent un petit appareil photo pour un anniversaire, un mariage, un truc comme ça, un voyage de nos cadeau. Se prenez au goût du truc, s'intéresser à la photographie et rejoignez les gens rendent de la photographie. Et cette source-là d'entrer dans la photographie se pète la gueule à ce moment-là. À partir du moment, tout d'un smartphone dans la poche, bah il y en a plein qui restent dessus. On vine période de trouble. Je sais pas trop où on est. Je dirais qu'il y en a pas mal de gens qui reviennent par l'argentique maintenant. le souci du retour à un truc plus réel, plus concret qu'à un smartphone, tout ça et un peu la l'envie de sortir des réseau et du numérique. C'est une interprétation de ma part, c'est pas un fait historique, mais voilà. Est-ce que cette vidéo fait vraiment moins de 20 minutes ? J'en suis pas sûr du tout là. Et donc dernière partie et qu'on soit très clair, on va pas parler de photographie. L'intelligence artificielle euh permet de créer des images photoréalistes. Donc ça peut être de la photographie parce que dans l'histoire de la photographie, ce qui est commun à toutes les images jamais produites, c'est le contact avec le réel. roll en bar tout ça je mets un lien je rentre pas dans le détail mais donc contact avec l'orel le lia n'en a aucun en fait elle a pas de contact avec l'Oréal fait pas de photographie elle l'invente par rapport à ce qu'elle connaît pourquoi j'en parle dans une vidéo sur l'histoire de la photographie alors que ce n'est pas de la photographie parce que en fait ça a brisé un peu ce que disait Baudler ça a brisé ce que disait Baudler Baudler disait voilà c'est une reproduction mécanique du réel et il y avait cette valeur qu'on a mise pendant quasi deux siècles dans la photographie comme preuve tangible de ce qui s'était passé et depuis 3 ans 4 ans ça s'est complètement pété la gueule et ça n'existe plus. Oui, il y avait eu des trucages et cetera, du Photoshop machin, ça existait. Je vous apprends rien. On pouvait trafiquer des images avant. Mais inventer complètement des choses crédibles et les diffuser en masse à une telle vitesse, à une telle accessibilité et sans compétence parce que Photoshop savoir s'en servir, c'est du jamais vu. Et la photographie vient de perdre et je sais pas quelle conséquence ça aura son statut de preuve du réel, ce qui en restait. Après, il y a quand même des petites intrigations entre Lia et la photo, notamment sur tout ce qui est amélioration d'images. Rajouter un peu de flou, faciliter de la retouche sur certains trucs, changer des lumières, tout ça, ça peut aider aussi mais euh ça a quand même eu cette conséquence là que je viens d'évoquer. Je dis juste ça pour pas recevoir un mail de quelqu'un qui va me dire "Oui, mais quand même, c'est sympa de temps en temps L." Oui, mais c'est pas que le c'est pas tout le sujet. Nicefornie dager, le pictoralisme Kodak Lia le numérique la photographie en 200 ans et a muté plus vite que n'importe quel autre art. La peinture ça des milliers d'années la photographie en 200 ans et ça fait taper des étapes incroyables. Mais au fond la question qui se pose depuis 1839, elle a pas trop changé. C'est quoi une image ? une preuve du réel, création artistique, un moyen de communication, une preuve, un mensonge. Chaque génération a dû répondre à cette question et maintenant je pense que c'est notre tour. Si cette vidéo vous a plu, vous savez ce qui reste à faire, mettez un petit pouce bleu, pensez à la liker, la partager, commenter tout ça, ça soutient la chaîne. Merci de l'avoir regardé jusqu'au bout. Ah, et je parle pas d'histoire de la photo, mais ça vous aidera à être plus créatif aussi. 10 outils indispensables pour votre projet photo. Aidera beaucoup, j'espère. S'il était complètement nul, envoyez-moi un message et dites-le-moi, j'en referai un autre. Moi je vous dis à 15 jours. Prenez soin de vous. Salut. Et oui, je sais, je viens de finir de tourner et vraisemblablement fait pas 20 minutes. Mais j'aurais probablement aussi changé le titre. Donc en fait, je dis ça mais vous vous attendez pas à ce qu'elle fasse 20 minutes. Voilà. Salut !
# Script
Bonjour à tous, ici Thomas Hammoudi et je viens vous parler de photographie.
– Dans cette vidéo on va voir l’histoire de la photo de façon globale (forcément y’aura des oublis, le but c’est de faire un egrosse synthèse)
– Phase 1 : les découvertes.
– Niepce et son association avec Daguerre
– Henry Fox Talbot
– Présentation à l’académie
– baudelaire : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/un-ete-avec-baudelaire/baudelaire-et-la-photographie-8827883
– Les évolutions techniques : héliographie et cie
– La prise en main par les gens : début des clubs photo, pictoralisme
– XXe siècle : construction de l’actuel (agences, institutions, pratiques mainstream dans les magazines)
– Tournant du XIXe : arrivée du numérique, internet et maintenant l’IA transforment le rôle et l’usage.
## [SCRIPT COMPLET]
## [INTRO / HOOK]
B-roll : succession rapide d'images iconiques de l'histoire de la photo (Point de vue du Gras, premiers daguerréotypes, photos de guerre, selfies smartphone)
En 1839, un homme présente à l'Académie des Sciences une plaque de cuivre argenté. Sur cette plaque : une image. Pas un dessin. Pas une peinture. Une empreinte du réel, capturée par la lumière elle-même.
Ce jour-là, le monde bascule. Et personne ne le sait encore.
Face caméra
Aujourd'hui, on produit plus de 1,4 trillion de photos par an. C'est 44 000 images chaque seconde. On est passé de plaques de cuivre exposées pendant 8 heures à des IA qui génèrent des visages de personnes qui n'existent pas.
Comment on en est arrivé là ? C'est ce qu'on va voir ensemble : l'histoire de la photographie en moins de 20 minutes. Des premiers bidouilleurs obsessionnels du XIXᵉ siècle jusqu'aux algorithmes de 2025.
À la fin de cette vidéo, vous comprendrez pourquoi la photo d'aujourd'hui est le résultat de 200 ans de batailles : techniques, artistiques, et même philosophiques.
On y va.
## [PARTIE 1 : Les pionniers et la course à l'invention]
Image : Portrait de Nicéphore Niépce par Léonard François Berger (1854)
### Nicéphore Niépce : l'inventeur oublié
L'histoire commence en Bourgogne, dans un petit village appelé Saint-Loup-de-Varennes. Un homme de bonne famille, Nicéphore Niépce, s'ennuie dans sa propriété. Il est fasciné par la lithographie, cette technique d'impression qui fait fureur en France autour de 1813.
Son problème ? Il ne sait pas dessiner.
Alors il se dit : "Et si je pouvais faire dessiner la lumière elle-même ?"
Image : Le Point de vue du Gras (1827)
En 1827, après des années d'expérimentation, Niépce réussit l'impossible. Il place une plaque de métal enduite de bitume de Judée au fond d'une chambre noire (l'ancêtre de l'appareil photo), et il la laisse exposée pendant… 8 heures.
Le résultat ? Une image floue, granuleuse, où l'on distingue à peine des bâtiments. C'est moche. C'est révolutionnaire.
C'est la première photographie de l'histoire. Le fameux "Point de vue du Gras".
Niépce appelle son procédé l'héliographie (du grec helios, le soleil). "Écrire avec le soleil". Poétique, non ?
### L'association avec Daguerre
Image : Portrait de Louis Daguerre
Mais Niépce a un problème : 8 heures de pose, c'est inutilisable. Pour progresser, il s'associe en 1829 avec un homme d'affaires ambitieux, peintre de décors de théâtre : Louis Daguerre.
Daguerre est l'opposé de Niépce. C'est un showman, un marketeur avant l'heure. Il a créé le Diorama à Paris, un spectacle de peintures géantes avec des effets de lumière qui attiraient les foules.
Les deux hommes travaillent ensemble, échangent leurs découvertes. Mais en 1833, Niépce meurt. Brutalement. Sans avoir vu le fruit de ses recherches.
Et c'est là que l'histoire prend un tournant amer.
### Le coup de génie (et le coup bas) de Daguerre
Infographie animée : le procédé du daguerréotype
Daguerre continue seul. Il abandonne le bitume de Judée de Niépce et développe un tout nouveau procédé. Une plaque de cuivre recouverte d'argent, exposée à des vapeurs d'iode, puis développée aux vapeurs de mercure.
Le résultat ? Des images d'une netteté stupéfiante pour l'époque. Et surtout : un temps de pose réduit à quelques minutes seulement.
Il appelle son invention le daguerréotype. Pas le "niépce-type". Le daguerre-type.
Le 19 août 1839, le physicien François Arago présente officiellement le daguerréotype à l'Académie des Sciences et à l'Académie des Beaux-Arts. C'est l'événement de l'année. Le gouvernement français achète les droits du procédé et l'offre "libre au monde".
Daguerre devient une star. Niépce ? Mentionné brièvement, presque en note de bas de page.
Face caméra
C'est une histoire qu'on retrouve souvent dans l'innovation : celui qui invente n'est pas toujours celui qu'on retient. L'histoire aime les bons communicants.
### De l'autre côté de la Manche : Henry Fox Talbot
Image : Photogenic drawing de Talbot (feuilles, 1839)
Pendant que Daguerre fait son show à Paris, un aristocrate anglais travaille dans l'ombre. William Henry Fox Talbot a commencé ses expériences dès 1834, cinq ans avant l'annonce de Daguerre.
Son approche est différente. Au lieu de plaques de métal, il utilise du papier enduit de chlorure d'argent. Le résultat : une image négative, où les zones claires apparaissent sombres et vice-versa.
Ça ne paie pas de mine. Mais Talbot a une intuition géniale : à partir de ce négatif, on peut tirer plusieurs copies positives.
En 1841, il perfectionne sa méthode et la baptise calotype (du grec kalos, "beau"). Le procédé permet des tirages multiples, contrairement au daguerréotype qui est une image unique.
Face caméra
Voilà le paradoxe de 1839 : Daguerre crée des images uniques d'une qualité extraordinaire. Talbot crée des images plus floues, mais reproductibles à l'infini.
Devinez lequel des deux principes a survécu jusqu'à l'ère numérique ? Le négatif/positif de Talbot. Tout le XXᵉ siècle photographique repose sur son invention.
## [PARTIE 2 : Baudelaire et le débat sur l'art]
Image : Portrait de Charles Baudelaire par Nadar
Mais pendant que les techniciens s'extasient, un poète grince des dents.
En 1859, Charles Baudelaire publie sa critique du Salon, l'exposition annuelle des Beaux-Arts à Paris. Et il détruit la photographie.
Ses mots sont violents :
> "Si l'on permet à la photographie de suppléer l'art dans quelques-unes de ses fonctions, elle l'aura bientôt supplanté ou corrompu tout à fait."
Face caméra
Pour Baudelaire, l'art doit exprimer l'imagination, le rêve, l'invisible. La photographie ? C'est une "servante des sciences et des arts", une simple copie mécanique du réel. Un truc pour les gens sans talent.
B-roll : reproduction de daguerréotypes de l'époque
Ce qui rend Baudelaire furieux, c'est le succès populaire de la photo. Les bourgeois se ruent dans les studios pour se faire tirer le portrait. La "vérité" photographique devient l'idéal esthétique de l'époque. Pour le poète, c'est la mort de l'imaginaire.
Ironiquement, Baudelaire lui-même a posé pour plusieurs photographes. Son portrait le plus célèbre ? Réalisé par Nadar, en… photographie.
Face caméra
Ce débat (la photo est-elle un art ou une simple technique ?) va hanter le médium pendant 150 ans. Et spoiler : on n'a toujours pas tranché.
## [PARTIE 3 : La démocratisation et le pictorialisme]
B-roll : appareils photo anciens, plaques de verre
Pendant la seconde moitié du XIXᵉ siècle, la technique évolue à toute vitesse. Les plaques de verre au collodion humide remplacent le daguerréotype. Les temps de pose passent de minutes à secondes. Les appareils deviennent (un peu) plus portables.
Et surtout, vers 1880, une révolution silencieuse se produit : l'apparition des appareils instantanés de petit format. La photographie n'est plus réservée aux professionnels équipés de laboratoires ambulants.
Les amateurs débarquent. Et ils sont nombreux.
### La naissance des clubs photo
Image : membres du Photo-Club de Paris, fin XIXᵉ
Pour se distinguer de la masse, une élite d'amateurs fortunés crée des clubs photographiques. Le Camera Club de New York naît en 1884. Le Photo-Club de Paris en 1888. Le Linked Ring à Londres en 1892.
Ces clubs ne sont pas juste des lieux de partage technique. Ce sont des bastions idéologiques. Leur mission : prouver que la photographie peut être un art.
### Le mouvement pictorialiste
Image : œuvre pictorialiste de Robert Demachy ou Alfred Stieglitz
Entre 1890 et 1914, ces photographes développent ce qu'on appelle le pictorialisme. Le terme vient de l'anglais picture (image), mais le but est clair : faire de la photo qui ressemble à de la peinture.
Comment ? En floutant volontairement les images. En utilisant des tirages spéciaux (gomme bichromatée, platinotype) qui donnent des textures proches du dessin. En choisissant des sujets "nobles" : paysages brumeux, nus académiques, allégories mythologiques.
Face caméra
Le pictorialisme, c'est la réponse directe à Baudelaire. "Vous dites que la photo est trop précise, trop mécanique ? Regardez : on peut faire du flou artistique, nous aussi."
Aux États-Unis, Alfred Stieglitz devient le champion du mouvement. En 1902, il crée le groupe Photo-Secession à New York et lance la revue Camera Work, qui deviendra la bible de la photographie artistique.
B-roll : couvertures de Camera Work
Mais paradoxalement, c'est aussi Stieglitz qui va sonner le glas du pictorialisme. En exposant dans sa galerie "291" des œuvres d'art modern e (Picasso, Matisse, Brancusi), il comprend que la photo n'a pas besoin d'imiter la peinture pour être un art. Elle doit trouver son propre langage.
## [PARTIE 4 : Le XXᵉ siècle, l'âge d'or du photojournalisme]
B-roll : presses d'imprimerie, magazines illustrés
Le XXᵉ siècle va transformer la photographie en média de masse. Deux innovations techniques y contribuent :
* L'amélioration des procédés d'impression (la similigravure permet de reproduire des photos dans les journaux)
* L'apparition d'appareils compacts et silencieux : le Leica, lancé en 1925, tient dans une poche et utilise du film 35mm
Image : Leica I
Avec le Leica, le photographe devient mobile, discret. Il peut capturer la vie sur le vif, sans mise en scène. C'est la naissance de ce qu'Henri Cartier-Bresson appellera "l'instant décisif".
### Les agences photo et le photojournalisme
Image : les fondateurs de Magnum (Capa, Cartier-Bresson, Rodger, Seymour)
En 1947, quatre photographes créent une coopérative qui va révolutionner la profession : Magnum Photos. Robert Capa, Henri Cartier-Bresson, George Rodger et David Seymour décident de reprendre le contrôle de leur travail.

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