Dans cette vidéo, j’explique pourquoi beaucoup de photographes stagnent après avoir acquis les bases techniques — et comment dépasser ce cap grâce à un projet photo personnel.
On a souvent l’impression que “tout a déjà été fait”, mais je montre qu’un même sujet peut donner lieu à des approches totalement différentes selon le regard du photographe.
Je prends deux exemples concrets (Burtynsky et Tom Hegen) pour illustrer ça, avant de partager ma méthode pour trouver son propre fil, celui qui rend un travail unique et cohérent.
En bref : ce n’est pas le sujet qui compte, mais ta façon de le traiter.
📚 Liens utiles :
– Le livre de Burtynsky :
https://amzn.to/42FJqM4 (à 27€ au lieu de 56 en ce moment)
– Le livre d'Hegen :
https://amzn.to/4ojwd3P (notez qu'il est aussi en promo à l'heure où sort cette vidéo, 41€ à la place de 78).
– L'article qui complémente cette vidéo :
https://thomashammoudi.com/tout-est-il-deja-dit-en-photographie/
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⏱ Chapitres
00:00 Introduction : pourquoi beaucoup de photographes stagnent
01:07 Le rôle d’un projet photo
04:05 Exemple n°1 : Salt Pans d’Edward Burtynsky
05:01 Exemple n°2 : Salt Works de Tom Hegen
07:30 Trouver son propre “fil” (l’écheveau)
07:53 Partir de ce qui vous attire
08:07 Ne pas chercher l’originalité à tout prix
08:34 Suivre sa curiosité
08:50 Creuser un angle personnel
09:03 L’important, ce n’est pas le sujet mais la façon de le traiter
10:12 Conclusion
On a souvent l’impression que “tout a déjà été fait”, mais je montre qu’un même sujet peut donner lieu à des approches totalement différentes selon le regard du photographe.
Je prends deux exemples concrets (Burtynsky et Tom Hegen) pour illustrer ça, avant de partager ma méthode pour trouver son propre fil, celui qui rend un travail unique et cohérent.
En bref : ce n’est pas le sujet qui compte, mais ta façon de le traiter.
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– L'article qui complémente cette vidéo :
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⏱ Chapitres
00:00 Introduction : pourquoi beaucoup de photographes stagnent
01:07 Le rôle d’un projet photo
04:05 Exemple n°1 : Salt Pans d’Edward Burtynsky
05:01 Exemple n°2 : Salt Works de Tom Hegen
07:30 Trouver son propre “fil” (l’écheveau)
07:53 Partir de ce qui vous attire
08:07 Ne pas chercher l’originalité à tout prix
08:34 Suivre sa curiosité
08:50 Creuser un angle personnel
09:03 L’important, ce n’est pas le sujet mais la façon de le traiter
10:12 Conclusion
Bonjour à tous. Alors aujourd'hui, on va parler de comment progresser en photo et de l'étape à laquelle arrivent beaucoup de photographes reste un peu là et de la solution que j'ai pour vous. Du coup, bougez pas. C'est un truc que je vois tout le temps mais le meilleur exemple de ça, c'est pendant les lives que je fais sur la chaîne. Dans les lives que je fais sur la chaîne, je propose aux gens d'envoyer leur projet et soit je suis tout seul, soit je suis avec Julia. On regarde un peu, on vous donne des conseils, tout ça sur construction des séries, les images, tout le teint toin. Il y a euh toujours un gars, enfin un gars ou une femme, on s'en fout, toujours une personne à chaque fois qui est dans la situation que je vais vous décrire, c'est peut-être ton cas derrière l'écran quand tu regardes cette vidéo, mais en gros, une personne qui sait faire des bonnes images, qui a la compétence technique pour faire des photographies de qualité, elles sont propres, elles sont bien composées, elles sont voilà tout est bien mais qui a pas grand-chose à raconter, voilà qui des images de plein de sujets différents qui se mélangent un peu, tout ça. On sait pas trop ce que la personne veut dire et ça tire un peu ses travaux vers le bas dans le sens où la perception c'est OK, il fait des images sympas mais il y a pas vraiment de personnalité qui transpire de ça. Il y a pas de il y a pas de fil conducteur, on sent pas une position. Enfin c'est il manque un truc et ce trucl je pense que vous pouvez l'avoir avec un projet photo. C'estàd prendre un sujet et le travailler sur la durée. Il y a un truc qu'on me dit tout le temps quand je parle de ça des débutants, des gens qui sont pas lancés dans le sujet, c'est oui mais tout a déjà été fait, je vois pas quoi faire. Et c'est de ça dont on va parler aujourd'hui parce qu'il y a une solution un peu simple à ce à ce problème-là. Et je vais prendre deux exemples pour vous illustrer à quel point même des photographes très avancés peuvent trouver des sujets de livres photos. Enfin là c'est des livres photos mais des sujets de projets photo qui peuvent donner un livre. Même quand tout a été fait, même quand ils sont très connus, ça pose pas du tout problème et même quand ils sont très avancés dans leur carrière, ils trouvent des trucs à faire. Donc c'est pas du tout un truc qui doit vous bloquer et on va voir ça ensemble. Alors tout d'abord, c'est quoi un projet photo ? J'ai fait des cours entiers sur le sujet pour vous expliquer comment faire un de A à Z. C'est très très long. Je vous mets un lien dans la description si ça vous intéresse mais je vais pas vous refaire 20 he de cours condensé en 3 minutes. Globalement, vous voyez ça comme un échevau. C'est un mot que j'ai appris en préparant cette vidéo. Je vous en mets une image là. J'aime beaucoup le concept. La façon la plus simple de voir ça, c'est que toutes les possibilités, c'est un échevau, vous vous creusez, vous trouvez un fil et vous le déroulez comme ça. Vous tirez sur le fil, vous trouvez un sujet qui vous intéresse, quelque chose qui vous interpelle un petit peu, qui vous halpque, qui vous pique le fond de l'œil et voilà, vous prenez ce fil et vous croisez jus pour voir jus où ça va vous mener et comment ça va évoluer. Typiquement, par exemple, en ce moment, je fais des photos de braderie. Bah voilà, c'est ça. C'est un petit truc que j'ai commencé à faire. Je creuse ce fil là pour voir où ça m'emmène. Faut vraiment le percevoir comme ça dans un premier temps. C'est la façon la plus simple de voir le truc. Et c'est ça la beauté d'un projet, c'est l'exploration, la découverte, l'appropriation d'un truc. Ça ça va être important. Et donc comme je vous disais, quand on parle de ça, il y a plein de gens qui disent "Ouais mais en 180 ans et quelques de photographie, tout a déjà été fait." On a fait des projets de paysage, photographie humaniste, de la photo de rue, de la photo de à New York, la photo de rue à Paris, de la photo de rue à Marseille, des portraits, des récits intimes, plein de choses. Et bah de tous ces sujets là, on va appareil photo, il y a plein de choses auxquelles même on avait pas pensé. Comment se démarquer, comment faire un truc, comment faire un truc différent ? Et ce qui est important de comprendre et qui a un peu le qui va vous retourner le cerveau, je pense qui vous débloque, qui vous fait avancer. Il y a un petit côté cass-ête que je fais avec mes mains quand je fais ça qui vous aide à passer ça, c'est de se dire que tout a déjà été fait mais pas par vous. Et la différence, elle est super importante. Tout a été fait mais pas avec votre perspective, votre approche, votre regard à vous et votre sensibilité, votre façon de photographier, vos outils, votre façon de voir les couleurs, de la composition, tout ça. Et ça c'est super important. Je l'ai déjà dit mais comme c'est super important, je le dis deux fois avec une répétition vous disant que j'ai déjà dit que c'était super important. Et pour vous illustrer ça, je suis tombé sur le cas parfait il y a pas très longtemps. J'ai été voir l'exposition du centre Pompidou au Tripostal à Lille qui est vachement bien. Si vous pouvez y aller, faut y aller, c'est très chouette. Il y a une librairie au tripostal à la Lille qui a toujours des bouquins photos un peu fin de série, gros exemplaires, tout ça, mais avec des prix super intéressants. Et donc, j'ai chopé deux livres. J'ai chopé celui d'Edouard Burtinski qui s'appelle Salt P P P Salt Work. Donc on a deux photographes deux livres sur le sel tous les deux édités par des éditeurs un peu connus mais qui ont des approches totalement différentes et je vous propose de regarder ça avant de voir un peu comment chacun se complète après le sujet différemment. Voici le premier livre Salt P d'Edouard Burtinski publié en 2016 chez Steidle. Burtinski est un photographe canadien reconnu mondialement pour son travail sur les paysages industrialisés. Ce qui frappe avec ce livre, c'est son approche radicalement conceptuelle. Le projet s'est déroulé dans les salines du Little Run of Cutch en Inde où Btinski a passé 10 jours intensifs à photographier exclusivement depuis un hélicoptère. Derrière ces 10 jours, il y a eu des mois de négociation et de préparation pour accéder à ce territoire. Le résultat, c'est plusieurs dizaines de photographies aériennes qui transforment complètement notre perception de ces salines. Les bassins d'extraction deviennent des rectangles de couleur pure traversé par des grilles. C'est de la géométrie abstraite avant d'être de la photographie documentaire. Ce qui est fascinant, c'est que Burtin Creet crée une beauté ironique. Ces images sont magnifiques, presque picturales avec des tons très sombres, très ocres. Mais elle cache une réalité beaucoup plus dure. Derrière ces motifs colorés travaillent plus de 100000 Agaria, des ouvriers mal payés qui perpétuent une tradition vieille de plus de 400 ans. C'est plus d'un million de tonnes de sell qui sont extraites chaque année dans des conditions très difficiles. Le deuxième livre, c'est Saltworks de Tom sorti chez Hatchkun en 2022. Tomegun est un photographe allemand spécialiste de la photographie aérienne mais son approche est complètement différente de celle de Bertinski. Là où Btinski s'est concentré sur un seul lieu, Egen a développé son projet depuis 2018 en parcourant le monde. Australie occidentale, Sénégal, France, Espagne, il voyage en ballon, hélicoptères et avions pour capturer ses images. Il a fait un livre de près de 300 pages avec je crois 170 photographies dans un format généreux. C'est épais, c'est grand, on voit bien les images. Ce qui saute aux yeux, c'est cette explosion de couleur. Les bassins d'évaporation créent un véritable patchwork chromatique. Du vert clair au rouge vibrant, chaque couleur indique un niveau de salinité différent. Eigen maintient une perspective documentaire mais avec un œil artistique affirmé. Ces images révèlent des symétries harmonieuses créées par cette industrie millénaire. Et contrairement à Pertinski qui efface l'humain, Egen intègre une dimension écologique dans sa réflexion. Car ces salines ne sont pas des sites industriels. Elles constituent des habitats cruciaux pour de nombreuses espèces d'oiseaux, crustacés, micro-organismes. Dans son livre, Egon aborde aussi la question de cet équilibre fragile entre l'activité humaine et la biodiversité, entre tradition et impact environnemental. Donc ce qui est fascinant avec ces deux livres, c'est que vous avez un même sujet et deux façons très différentes de l'aborder. Btinski, lui, il privilégie l'esthétisation du réel. Il transforme un truc industriel en un projet artistique. Ces images, fonctionnent presque comme des peintures abstraites et c'est une approche, on pourrait dire contemplative et distanciée de son sujet qui cache volontairement la dureté du travail humain derrière une beauté d'apparence. Egan lui, choisit une approche plutôt écologique et utilise la beauté pour sensibiliser plutôt que pour masquer. Ces images, elles sont évidemment spectaculaires mais s'accompagne aussi d'une réflexion sur l'impact environnemental de l'exploation du sel. Et du coup là, on sent un peu la différence entre les deux. Btinski, il va esthétiser quelque chose de presque inacceptable pour sensibiliser à ce sujet. Alors que de son côté Egen, il utilise cette même on pourrait dire l'inverse, la beauté pour sensibiliser aux impacts écologiques. Ils ont chacun un peu leur leur façon de faire les choses. Et ça montre qu'un même sujet peut avoir plusieurs traitements, notamment esthétique. Chez eux, c'est la plus grosse différence, on va pas se mentir, c'est vraiment le la façon de photographier de chacun qui est plus brutale chez Bertinski, plus esthétique chez Egun. Donc un même sujet peut avoir plusieurs approches sur la forme et aussi sur le fond, on voit que c'est pas exactement les mêmes angles qu'ils ont pris tous les deux pour parler de ce sujet de l'exploitation du sel. Et du coup, vous voyez bien qu'avec un même sujet, il y a plein de possibilités différentes et plein de façons de faire différentes. Chacun a choisi un angle et comme je vous l'ai dit, il a tiré le fil dans les chevaux et il a choisi son truc, il l'a assumé jusqu'au bout et voilà. Évidemment, Eagen, il aurait pu faire un truc à la Bertinski et Burtinski à la Eagen, c'est pas le sujet. Mais ce qui est important, c'est vraiment de comprendre ça, que on trouve un truc et avec son point de vue, sa façon de faire et cetera, on le déroule jusqu'au bout. Et là, vous avez deux exemples de fil qui étaient proches à la base et qui sont partis dans des directions différentes. Et donc, vous allez me dire comment trouver votre fil ? On en parle tout de suite. Alors, tout d'abord, il faut partir de ce qui vous attire personnellement, de ce que vous voyez d'intéressant, ce qui vous alpacque dans la rue, les choses qui vous attirent tant visuellement quand vous vous promenez faire des photos que les sujets qui vous plaisent dans l'absolu quoi. Moi, par exemple, les braderies, c'est un truc que je fais, ça m'intéresse, je trouve ça marrant. C'est venu naturellement. Faut pas chercher l'originalité à tout prix. Pour moi, elle vient du processus. L'originalité, elle se trouve quand dans la façon qu'on a de traiter ce sujet, de faire les choses et d'avancer. C'est pas un truc qu'on décide à la base genre hop, je vais être comme c comme ça. Alors, on peut en vrai, on peut parce que ça arrive des fois de fixer un peu un cadre d'er de décider en amont d'utiliser tel boîtier, telle chose tout ça, mais dans l'ensemble du projet, ça va se construire petit à petit au fur et à mesure. Donc comme ça que comme ça que j'aurais tendance à le dire. Faut bien suivre votre curiosité sur tous ces aspects là ce qui vraiment curieux comme sujet mais aussi comme façon de faire en disant tiens je pour bien essayer ça c'est marrant ah tel truc je pourrais le mettre comme ça je pourrais utiliser tiens un flash en journée ceci cela bref un peu curieux et vous laisser des portes ouvertes pour justement traiter ce fil à votre façon creuser un angle qui vous intéresse vraiment choisissez pas un angle juste parce que vous vous dites que ça a pas été fait que ça peut être intéressant c'est pas du travail utilitaire la pratique comme ça un peu créative artistique faut trouver ce qui vous intéresse vraiment et garder à l'esprit que l'important ce que j'essaie de vous démontrer dans cette vidéo c'est pas le sujet mais vraiment votre façon de le traiter. Gez bien ça à l'esprit quand vous travaillez dessus. Donc c'est fini, on arrête les excuses de "Ah non, tout a déjà été fait, je sais pas quoi faire, machin tout ça." Je viens de vous montrer que c'est pas trop vrai en fait et qu'il y a plein de façons de faire les choses. Donc restez pas bloqué sur ça. Yo, c'est le Thomas du montage. Je me suis rendu compte que j'ai oublié de vous parler d'un petit truc dans la vidéo. Il y a Data Color là qui m'a envoyé une petite sonde pour calibrer les écrans parce que comme vous le voyez, j'ai deux écrans pour monter ma tronche sur YouTube. C'est quand même vachement plus pratique. Bref, il av pas la même couleur, c'est super chiant. ça me rendait fou. Et donc euh ça marche vachement bien du su data color et le logiciel pour calibrer ça. Donc si vous avez besoin et que vous voulez genre que les couleurs de votre écran soit nickel et qu' toute la chaîne soit calibrée, que l'impression soit propre, tout ça, c'est super pratique. Et du coup, merci à Data Color et je vous laisse reprendre la suite de la vidéo. Salut ou à tout de suite. Si cette vidéo vous a plu, bah merci beaucoup. Je vous invite à vous abonner, à la liker, à la partager, à laisser un petit pouce bleu, tout ça machin. Vous connaissez la musique, ça aide beaucoup la chaîne. Vous verrez aussi dans la description, il y a plein de liens. Alors, je les mets pas là pour décorer en général, je repasse dessus. Vous trouverez notamment les bouquins dont on a parlé, mon livre 10 outils indispensables vers votre pour votre projet photo. Je mets là, voilà, qui est un bouquin gratos qui est un peu dans la vibe de ce que je vous explique ici. Et vous trouvez aussi plein de liens vers le Discord si vous voulez discuter de la vidéo, mes réseaux sociaux, si vous voulez m'écrire tout ça. Oui, sur YouTube, on peut pas poster de commentaires mais mes DM sont ouverts si vous voulez. en parler et moi je vous dis à la prochaine dans 15 jours. Salut. [Musique]
# Script
## Intro – Le problème des photographes bloqués
– Bonjour à tous, ici Thomas Hammoudi et je viens vous parler de photographie
– Beaucoup d'entre vous me disent être bloqués dans leur pratique photo
– Vous répétez les mêmes clichés en boucle, vous tournez en rond
– Un projet photo, c'est la solution pour sortir de cette routine et progresser vraiment
– Mais quand je dis ça, j'entends toujours la même objection : "Oui mais tout a déjà été dit, je ne sais pas quoi faire"
## La métaphore du fil dans l'écheveau
– Un projet photo, c'est comme tirer un fil dans un écheveau de fils emmêlés
– On trouve un fil qui nous plaît, un sujet qui nous attire
– Et on tire, on suit ce fil jusqu'à voir où ça nous mène
– Parfois ça mène vers des découvertes inattendues, parfois vers une impasse
– Mais c'est ça la beauté d'un projet : l'exploration, la découverte
## Le faux problème : "Tout a déjà été dit"
– Cette objection revient sans cesse : tout aurait déjà été fotografié
– C'est vrai : en 180 ans de photographie, tous les sujets ont été abordés
– MAIS (et c'est un gros mais) : ils n'ont pas été abordés par VOUS
– Avec votre perspective, votre approche, votre regard unique
– C'est ça qui fait toute la différence
## L'exemple concret : deux livres sur le sel
– Pour vous le prouver concrètement, j'ai trouvé deux livres parfaits
– Même sujet : l'impact du sel sur le paysage
– Deux photographes, deux approches radicalement différentes
– Deux résultats totalement distincts
### Livre 1 : "Salt Pans" d'Edward Burtynsky (2016)
Voici le premier livre : "Salt Pans" d'Edward Burtynsky, publié en 2016 chez Steidl. Burtynsky est un photographe canadien reconnu mondialement pour son travail sur les paysages industrialisés. Ce qui frappe avec ce livre, c'est son approche radicalement conceptuelle.
Le projet s'est déroulé dans les salines du Little Rann of Kutch en Inde, où Burtynsky a passé dix jours intensifs à photographier exclusivement depuis un hélicoptère. Derrière ces dix jours, il y a eu des mois de négociations et de préparations pour accéder à ce territoire.
Le résultat ? Trente et une photographies aériennes qui transforment complètement notre perception de ces salines. Les bassins d'extraction deviennent des rectangles de couleur pure traversés par des grilles gestuelles. C'est de la géométrie abstraite avant d'être de la photographie documentaire.
Ce qui est fascinant, c'est que Burtynsky crée une beauté ironique : ses images sont magnifiques, presque picturales, mais elles cachent une réalité beaucoup plus dure. Derrière ces motifs colorés travaillent plus de 100 000 Agariya, des ouvriers mal payés qui perpétuent une tradition vieille de 400 ans. Plus d'un million de tonnes de sel sont extraites chaque année dans des conditions difficiles.
### Livre 2 : "Salt Works" de Tom Hegen (2022)
Le deuxième livre, c'est "Salt Works" de Tom Hegen, sorti chez Hatje Cantz en 2022. Tom Hegen est un photographe allemand spécialiste de la photographie aérienne, mais son approche est complètement différente de celle de Burtynsky.
Là où Burtynsky s'est concentré sur un seul lieu, Hegen a développé son projet depuis 2018 en parcourant le monde : Australie occidentale, Sénégal, France, Espagne. Il voyage en ballon, hélicoptère et avion pour capturer ses images.
Le livre fait 288 pages avec 168 photographies dans un format généreux. Ce qui saute aux yeux, c'est cette explosion de couleurs : les bassins d'évaporation créent un véritable patchwork chromatique. Du vert clair au rouge vibrant, chaque couleur indique un niveau de salinité différent.
Hegen maintient une perspective documentaire mais avec un œil artistique affirmé. Ses images révèlent les symétries harmonieuses créées par cette industrie millénaire. Et contrairement à Burtynsky qui efface l'aspect humain, Hegen intègre la dimension écologique dans sa réflexion.
Car ces salines ne sont pas que des sites industriels : elles constituent des habitats cruciaux pour de nombreuses espèces d'oiseaux, de crustacés et de micro-organismes. Hegen questionne cet équilibre fragile entre activité humaine et biodiversité, entre tradition et impact environnemental[7]
## L'analyse : même sujet, deux philosophies opposées
Ce qui est fascinant avec ces deux livres, c'est qu'ils révèlent deux façons radicalement différentes d'appréhender la photographie documentaire.
Burtynsky privilégie l'esthétisation du réel : il transforme la réalité industrielle en objet artistique. Ses images fonctionnent comme des peintures abstraites où la géométrie et la couleur priment sur le contexte social. C'est une approche contemplative et distanciée qui cache volontairement la dureté humaine derrière la beauté formelle.
Hegen choisit l'engagement écologique : il utilise la beauté pour sensibiliser plutôt que pour masquer. Ses images restent spectaculaires mais elles s'accompagnent d'une réflexion sur l'impact environnemental. C'est une approche documentaire assumée qui révèle les enjeux plutôt que de les effacer.
La différence fondamentale ? Le rapport à la responsabilité du photographe. Burtynsky assume de créer de l'art à partir de la destruction environnementale, quitte à esthétiser l'inacceptable. Hegen utilise cette même esthétique pour éveiller les consciences sur ces enjeux.
Leur point commun ? Ils prouvent tous les deux qu'un même sujet peut servir des propos totalement différents selon l'intention du photographe. Le sel n'est qu'un prétexte : l'un en fait de l'art conceptuel, l'autre de la sensibilisation écologique.
## La leçon pour vos projets photo
Même sujet = infinité d'approches possibles. Votre intention fait toute la différence, pas le sujet lui-même.
Burtynsky aurait pu faire de l'écologie, Hegen aurait pu faire de l'art conceptuel. Mais chacun a choisi son angle et l'a assumé jusqu'au bout.
Votre regard unique n'est pas dans ce que vous photographiez, mais dans pourquoi vous le photographiez
## Comment trouver VOTRE fil ?
– Partez de ce qui vous attire personnellement
– Ne cherchez pas l'originalité à tout prix
– Suivez votre curiosité naturelle
– Creusez un angle qui vous passionne vraiment
– L'important n'est pas le sujet mais votre façon de le traiter
## Conclusion
– Stop aux excuses : "tout a été fait" n'est plus recevable
– Votre perspective est unique et mérite d'exister
– Un projet photo c'est votre façon de tirer ce fil
– Commencez petit, choisissez un sujet qui vous parle
– Et suivez-le jusqu'à voir où il vous mène
## Call to action
– Si cette vidéo vous a donné des idées de projets, dites-le moi en commentaire
– Abonnez-vous si vous voulez plus de conseils pour développer votre pratique
– Et likez si ça vous a aidé à débloquer votre créativité
– Merci à tous, et à la prochaine pour de nouveaux conseils photo !
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# Retranscription

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