Minecraft est moche, Bob Dylan chante faux et Daido Moriyama est flou. Pourtant, ce sont des piliers de notre culture. À l'inverse, tes portraits à 100 ISO (parfaitement nets et éclairés par trois sources de lumière) sont interchangeables.
La technique est devenue un substitut socialement acceptable au vide. On s'achète du matériel, on peaufine ses réglages et on suit la règle des tiers pour masquer une vérité brutale : on n'a rien à dire. Le MoMA n'exposera jamais tes pixels ou tes exifs. Range ton 70-200 f/2.8 et cherche enfin un message qui tranche.
Abonne-toi si tu es prêt à assumer ton manque de talent technique.
Et merci @richielema pour le script 🙂
Minecraft est moche, Bob Dylan chante faux et Daido Moriyama est flou. Pourtant, ce sont des piliers de notre culture. À l'inverse, tes portraits à 100 ISO (parfaitement nets et éclairés par trois sources de lumière) sont interchangeables.
La technique est devenue un substitut socialement acceptable au vide. On s'achète du matériel, on peaufine ses réglages et on suit la règle des tiers pour masquer une vérité brutale : on n'a rien à dire. Le MoMA n'exposera jamais tes pixels ou tes exifs. Range ton 70-200 f/2.8 et cherche enfin un message qui tranche.
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La technique en photo, on s'en fout, ça n'a aucune importance. C'est quoi le point commun entre Minecraft, Daido Moriama et Bob Dylan ? En photographie, la technicité est proportionnellement inverse de l'intérêt fondamental du sujet. Prenez le jeu Minecraft par exemple, il est tout pixelisé, il est vieux, il est moche. Dès sa sortie, il était dépassé techniquement et pourtant c'est un des plus gros succès, une des plus grosses influences culturelles au moins dans le monde du jeu vidéo du 21e siècle. Bob Dylan Chanfo, sa voix est nazillarde et sa technique est objectivement médiocre. Résultat un prix Nobel de littératum alors que sur YouTube, il y a des centaines de chanteurs qui chantent techniquement extrêmement bien et qui restent à 300 vues. La technique n'a jamais créé une œuvre. En photographie, la technique, elle sert avant tout à vous vendre du nouveau matériel, des objectifs, des boîtiers, du logiciel. Alors que dans le monde de l'art, personne va jamais regarder les exifes d'une de vos images. Le Moa, le musum d'art moderne de New York ne va jamais vous exposer pour vos pixels, pour la règle des tiers, [rires] pour votre portrait studio à 28 flash et sans ISO. Les visiteurs ne demandent jamais c'est quoi ton boîtier, tout comme Vangor n'indiquait pas la marque de ses pinceaux sous les tableaux. Regardez par exemple Moriama, c'est fou, c'est granuleux, c'est mal exposé. Techniquement, c'est catastrophique mais il est reconnaissable en une demi-se et ça c'est pas le cas de tout le monde mon pote. À l'inverse, les photos sur 500 PX ou Yellow Corner sont toutes interchangeables. On prend un artiste on mélange avec celu du voisin, c'est exactement la même soupe. La technique gomme, le message tranche. Et ceux qui se cachent derrière la technique n'ont souvent rien à dire. Ils produisent des silhouettes sous parapluie, des photos de portrait où on peut compter les ports et des cadres vides où il se passe absolument rien. Alors, pourquoi 90 % des magazines photos ne parlent que de matériel ? Pourquoi nos amis les papis boquet se pointent au salon de la photo avec leur 70 200 autour du cou ? Bonne question. Est-ce que la technique est une coquille vide et une coquille ça rassure quand on a rien à montrer ? Quelque part la technique est un substitut socialement acceptable au vide. M.
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