Je vous montre pourquoi courir après le “beau” en photographie est un piège : ça produit des images techniquement parfaites… mais vite oubliées, parce qu’elles ne disent rien de vous. À travers des exemples (500px, Explore Flickr, Instagram) et une idée-clé d’Emmanuel Kant sur le jugement esthétique, j’explique pourquoi le beau “sans concept” mène souvent à de la déco plutôt qu’à une démarche artistique.
Ensuite, je prends des photos qui ont marqué l’histoire (Dorothea Lange, Bruce Gilden, Diane Arbus…) pour illustrer une idée simple : l’art ne se limite pas au beau. Une image peut être dérangeante, imparfaite, choquante ou inconfortable, et pourtant profondément vraie et mémorable.
Mon conseil final : au lieu de vous demander “est-ce que c’est beau ?”, demandez-vous “est-ce que c’est moi ?”. La technique est un outil, pas une fin.
Chapitrage :
00:00 Le “beau” ultra-liké… et pourtant oubliable
00:38 Le piège des photos esthétiques (500px / Flickr / Instagram)
01:47 Kant : le beau est subjectif et “sans concept”
03:41 Les images qui restent : Lange, Gilden, Arbus
04:47 Déplaisir, choc, malaise : l’art ne doit pas plaire
05:27 Technique : un moyen pour servir votre propos
06:13 La question centrale : “Qu’est-ce que je veux dire ?”
07:12 Le “désert” entre belles photos et démarche personnelle
08:06 Conclusion : “Est-ce que c’est beau ?” vs “Est-ce que c’est moi ?”
08:27 Outro (like, abo, lien “10 outils”)
Ensuite, je prends des photos qui ont marqué l’histoire (Dorothea Lange, Bruce Gilden, Diane Arbus…) pour illustrer une idée simple : l’art ne se limite pas au beau. Une image peut être dérangeante, imparfaite, choquante ou inconfortable, et pourtant profondément vraie et mémorable.
Mon conseil final : au lieu de vous demander “est-ce que c’est beau ?”, demandez-vous “est-ce que c’est moi ?”. La technique est un outil, pas une fin.
Chapitrage :
00:00 Le “beau” ultra-liké… et pourtant oubliable
00:38 Le piège des photos esthétiques (500px / Flickr / Instagram)
01:47 Kant : le beau est subjectif et “sans concept”
03:41 Les images qui restent : Lange, Gilden, Arbus
04:47 Déplaisir, choc, malaise : l’art ne doit pas plaire
05:27 Technique : un moyen pour servir votre propos
06:13 La question centrale : “Qu’est-ce que je veux dire ?”
07:12 Le “désert” entre belles photos et démarche personnelle
08:06 Conclusion : “Est-ce que c’est beau ?” vs “Est-ce que c’est moi ?”
08:27 Outro (like, abo, lien “10 outils”)
Cette photographie a été likée 50000 fois, celle-ci 80000 fois, celle-ci 100000 fois. Leurs compositions sont parfaites. La prise de vue est impeccable. Tout est nickel, nickel, nickel. Et pourtant, dans 6 mois, vous les aurez oublié. Alors que cette image là a été prise il y a plus de 50 ans, mais continue de hanter les esprits. Pourquoi ? parce qu'on vous a menti, parce qu'on vous a dit que pour réussir à faire une photo, il fallait faire du beau, que la beauté était l'objectif ultime. Et c'est un piège. Et aujourd'hui, je vais vous expliquer et vous démontrer pourquoi la recherche du beau est en train de tuer votre photographie, votre récit, votre façon d'écrire, de vous exprimer petit à petit. Le d'abord, je vais boire de la cristalline. Allez faire un tour sur 500 PX, l'explore de flickers, les comptes Instagram de photographes qui ont le plus de likes, le plus de vues, le plus de follow. Vous verrez plein d'images techniquement parfaites. Vous verrez des couchés de soleil aux couleurs hallucinantes, des portraits avec un bet des plus crémeux mais quand même énormément de piquet bien sur l'œil et des paysages HDR qui ressemblent tous à des fonds d'écran Windows. Et vous savez quoi ? Elles se ressemblent toutes. C'est ce qu'on appelle de la photographie esthétique, des images qui cochent toutes les cases du beau universel. Elles plaisent à tout le monde. Elles récolte des likes, elles font une belle déco dans la salle d'attente des dentistes. C'est ça. Mais elles ne disent rien. Rien sur la photographie, rien sur la vision du monde, rien sur notre société, notre façon d'être, ce qu'on pense, ce qu'on ressent, ce qu'on imagine, ce qu'on voit, rien. Regardez, prenez un photographe au pif sur euh Instagram qui a 500000 abonnés, 600000 abonnés et cetera. Vous allez voir des images nickel, magnifiques, impeccable. Aucun doute sur ça et tant mieux. Mais si je vous demande de me décrire la vision artistique de cette personne, est-ce que lui il a mite soi-même dans son œuvre, vous allez être un petit peu emmerdé quand même. Parce qu'il y en a pas, on va pas se mentir, c'est pas de l'art, c'est de la déco, ça c'est dit. Et pour comprendre pourquoi, il faut qu'on remonte à un philosophe allemand du 18e siècle qui s'appelle Emmanuel Kant. Restez dans le coin, je vous promets, ça va être cool. Et oui, évidemment, il a pas parlé de photographie, ça existait pas encore à l'époque, mais il a parlé du beau. C'est vachement intéressant ce qu'il a raconté et on voit ça ensemble maintenant. Quant à analyser ce qu'on appelle le jugement esthétique et sa conclusion c'est que le beau, ce qu'on appelle beau est subjectif mais aspire à l'universel. Je vous explique, quand vous dites ça c'est beau vous ne nous apprenez rien sur l'objet. Je sais pas s'il est grand, s'il est bleu, s'il est vert, s'il est petit, s'il est fait à la main par un grand artiste et cetera. Juste vous me dites, "J'ai vu un tableau, il est beau. Je ne sais rien de ce tableau." Parce que ça ne parle que de vous, de l'état dans lequel vous êtes quand vous le regardez et c'est entièrement subjectif. Et surtout le beau se perçoit sans concept. Ce que ça veut dire, c'est que vous ne pouvez pas conceptualiser le beau et expliquer pourquoi c'est beau concrètement. Pourquoi telle photographie là dans la Dams, moi je la trouve belle. bien les couleurs tout ça machin, mais le sens la sensation de beau, le jugement esthétique du beau sans concept. Si vous l'expliquez, si vous arrivez à l'expliquer, c'est plus du beau au sens pur, c'est autre chose. On peut dire que le beau s prouve mais se prouve pas. Voilà, je peux pas vous prouver que ça c'est beau. Je peux pas avoir des arguments tangibles et vous démontrer que cette chose est belle et que cette chose ne l'est pas. Et c'est là que vous devez commencer à sentir qu'il y a un truc qui coince un petit peu. Il y a un petit caillou dans la machine. Pour exister, là aura besoin d'un concept, d'une intention. Picasso, je mets l'image à l'écran. quand il fait Garnica il veut représenter la guerre d'Espagne. La souffrance c é un machin. Il y a il y a une idée derrière une démarche et du coup comme le beau n'a pas de concept bah ça marche pas. Le beau il est dénué justement de concept et d'intention. C'est ce qui explique quant c'est pas moi. Moi je fais juste que reprendre le propos ici. Donc si on suit Emmanuel Kant Emmanuel en allemand si vous cherchez par votre art. Vous produisez des images qui plaisent mais qui par définition ne disent rien si elles ne sont que belles ou qu'elles ne font que créer ce sentiment du beau. Maintenant, on va regarder quelques images qui ont marqué l'histoire de la photographie et qu'on enseigne encore quand on fait découvrir l'histoire de la photo aux gens aujourd'hui. Là, par exemple, je vous mets Mig Grant Mother de Dora Challenge qui est une des photographies les plus connues du 20e siècle. Cette femme, elle un regard épuisé. Ses enfants sont accrochés à elle. Est-ce que c'est beau au sens Instagram du terme ? Non, c'est poignant, c'est réel. C'est une image qui vous prend au drip et qui raconte la grande dépression mieux qu'aucun livre d'histoire. Là, je vous mets une photographie de Bourgon que j'aime bien. Ces portraits pris au flash à quelques centimètres du visage de ces sujets sont très connus. On voit les pors dilatés, les rés creusés, des expressions saisies dans leur vérité breute. C'est dérangeant, parfois même inconfortable à garder mais c'est vivant. C'est vrai, pourrait pas dire que c'est beau. Et là, je vous remets une autre photographie de Dianarbus que j'aime bien. Ça c'est un des portraits des marginaux qu'elle faisait. C'est des jumeaux des personnes que la société préfère ignorer. Ça rentre dans ses freaks. Techniquement, elles sont imparfaites, esthétiquement, elles sont discutables mais artistiquement, ça reste révolutionnaire. Ça reste major. Ces photographes, ils ont jamais cherché le beau dans leur travail. Ils ont cherché la vérité, leur vérité. Et c'est exactement pour ça qu'on s'en souvient et que ces travaux nous prennent au trip. Alors quand on nous dit que le beau est universel, tant être universel se veut universel, la phrase c'est est beau ce qui plaît universellement et sans concept à tout le monde mais sans qu'on puisse expliquer pourquoi. Mais ce qu'il dit pas quand il dit ça mais qui est sous-entendu et qui est caché un petit peu dans le texte, voilà, c'est un peu genre illuminati, on regarde à travers les lignes, c'est que le déplaisir, le dégoût est aussi universel. C'est ce que l'art contemporain a très bien montré. Je vous mets par exemple une image du peace Christ. C'est une image provocante et assez dérangeante. L'art contemporain, il a justement passé des décennies notamment en photographie à casser cette idée que l'art pouvait être beau, à montrer que l'alleder, le malaise, le choc pouvait aussi avoir une valeur artistique. Et en photo, c'est pareil. Une image qui vous fait réfléchir, qui vous questionne, qui vous secoue, qui vous fait réfléchir sur le monde, tout ça. Elle a souvent plus de valeur intrinsèque qu'une juste carte postale, quoi. Alors attention, je ne dis pas qu'il faut faire du lait pour faire du lait et du beau pour faire du beau. Aucun intérêt. Ce que je dis, c'est qu'il faut arrêter de juger vos images à travers ce critère là, ce critère du beau. Qu'est-ce qu'on fait ? On jette la technique complètement à la poubelle, on fait n'importe quoi ? Absolument pas. La technique, c'est un outil un moyen. Apprenez ce dont vous avez besoin, utilisez-le. Mais c'est tout. C'est pas une fin en soi. Je précise bien. Alors, il y a des gens qui disent des fois un truc qui m'énerve de oui, la technique faut apprendre à la maîtriser pour ensuite l'oublier, la dépasser. Je suis pas vraiment d'accord avec ce truc. Pour moi, faut apprendre ce dont vous avez besoin pour dire ce que vous avez à dire et développer votre propos. Moi, il y a plein de techniques que je connais pas en photo parce que je m'en suis jamais servé. J'en ai pas besoin, ça me sert à rien. Je vais pas les apprendre pour les oublier machin et apprendre tous les trucs techniques. Voilà, j'apprends à faire ce que j'ai besoin de faire et quand je le maîtrise, j'essaie de l'utiliser de la façon dont j'ai besoin de l'utiliser et c'est tout. Ça suffit. Mais vraiment vous restez centré sur une question super simple. Qu'est-ce que je veux dire ? Moi je fais des photos de braderie. Bah ce que je veux exprimer c'est que j'aime bien ce moment où toute la société se retrouve autour de la seconde main de ces objets qui arrivent en fin de vie du capitalisme un peu. C'est les rebut dont plus personne ne veut mais qui vont intéresser d'autres gens tout ça cette économie c'est ce moment un peu de partage cette bonne ambiance lumière ses couleurs. Voilà c'est ça que je veux montrer dedans. Est-ce que c'est beau ? Je sais pas peut-être. Par exemple, Picasso disait que l'art n'est pas une application d'un canon de beauté, mais ce que l'instinct et le cerveau peuvent concevoir indépendamment du canon. Crochez-vous bien. Votre job, c'est jamais de reproduire ce qui plaît déjà. Vous allez juste vous faire chier être un éème photographe avec plein de lik et machin et c'est tout. C'est de montrer le monde tel que vous vous le voyez. Moi, c'est des bouquins derrière moi, il y en a des centaines et c'est ça qui m'intéresse à chaque fois que j'en achète un, à chaque fois que j'en mets un dans ma bibliothèque, c'est [ __ ] ce gars-là, il a une vision qui est ouf cette nana là, il a une vision qui est ouf. J'arrive pas à voir les choses comme ça. Je comprends pas comment il fait pour faire comme ça. C'est incroyable et c'est ça qu'on veut. Si ça finit par être beau, tant mieux. Sinon, c'est juste une autre forme d'art, mais ce sera la vôtre. Je vais être honnête avec vous, je vais pas vous dire que c'est facile. D'une certaine façon, quand vous quittez cette course un peu au beau pour le beau et cetera, vous entrez dans ce qu'on pourrait appeler le désert de Moïse. On va appeler ça comme ça. On va appeler ça comme ça. Vous savez d'où vous venez faire des belles photos parce que voilà, faut bien apprendre d'une certaine façon et vous êtes rentré par là en photographie et c'est pas grave, c'était pareil pour moi. Donc vous savez d'où vous venez, vous savez où vous voulez aller. photographie plus personnelle qui raconte des choses, qui met des choses sur la table et cetera, qui montre une vision, un truc et le chemin entre les deux, voilà, désert de Moïse si vous avez pas la reff, il a juste passé 40 ans dans le désert à chercher un truc, il a trouvé, il est mort, voilà, dommage pour lui. Cœur sur toi Moïse quand même, la prochaine fois sera la bonne et ce chemin, tous les artistes ont un jour emprunté depuis la nuit des temps. Je vais extrapoler très très fort, mais les dessins dans les grottes de Lasco, les peintures rupesses, tout ça, ils sont pas fait ça parce que c'était beau. Ils voulaient raconter le monde comme il le voyait, le montrer comme il le voyait et vous allez faire le même chemin. L'art ça a un peu commencé comme ça et j'ai l'impression que ça a pas trop changé en fait et merci à ce cher philosophe allemand de nous le rappeler. Donc la prochaine fois que vous regarderez une de vos photos, ne vous demandez pas et je suis le premier à tomber dans ce travers. Donc je vous donne le conseil mais c'est dur pour moi aussi. Donc quand vous regardez vos images, ne vous demandez pas est-ce que c'est beau ? Demandez-vous est-ce que c'est moi ? et ça change vachement de choses. Comme je vous l'ai dit, le beau ça s'oublime. Mais ce qui est personnel, sincère, intime, ça reste. Vous connaissez la musique. Si cette vidéo vous a plu, hésitez pas à laisser un petit pouce bleu, à la liker, à la partager, à vous abonner à la chaîne Jeanfredo. Vous êtes les bienvenus. On est plus nombreux chaque année, donc c'est cool. Continuez de rejoindre tout ça. Vous pouvez me suivre aussi sur Instagram. Je partage des petits reels d'un goût douteux, on va dire ça comme ça, mais je serais content de vous retrouver là-bas. Et euh moi je vous dis à dans 15 jours. Je vous mets avant de partir un lien vers mon qui s'appelle 10 outils indispensables pour votre projet photo. Et euh visez-le, prenez soin de vous, prenez plein de photos, des photos que vous vous avez envie de prendre et on se revoit à la prochaine fois. Salut !
# Script
Bonjour à tous, ici Thomas Hammoudi et je viens vous parler de photographie.
– Il faut reprendre globalement l’arc de cet article https://thomashammoudi.com/la-demarche-photographique/ mais le moderniser pour YouTube
– Il faut montrer la vacuité du beau pour le beau : ça fait de la déco. ça plaît universellement et ça ne dit rien de vous. Cf des exemples de genre 500px, Eplore flickr, les photographes avec 500k abo qui font des trucs ultra léchés et sans âme.
– Il faut faire des choses qui vous ressemblent, qui vous font kiffer. Et si c’est “beau” tant mieux, sinon ça sera juste une autre forme d’art.
– Développer que l’art ne se limite pas au beau.
– Prendre des exemples de photos célèbres pour illustrer tout ça.
– Cette liste n’est pas un plan, je te laisse rettravailler le plan pour qu’il soit le plus cohérent fluide et digeste possible.
Merci à tous, 10 outils, abo, like.
# 🎬 SCRIPT FINAL
## [INTRO / HOOK]
Face caméra, décor sobre. Transition rapide vers un montage de photos "parfaites" de 500px et Explore Flickr : couchers de soleil saturés, portraits ultra-retouchés, paysages HDR.
Cette photo a été likée 50 000 fois. Celle-ci, 80 000. Et celle-là, plus de 100 000.
Elles sont techniquement parfaites. Les couleurs sont magnifiques. La composition est impeccable.
Et pourtant… dans six mois, vous les aurez complètement oubliées.
Cut sur une photo de Diane Arbus ou Bruce Gilden : dérangeante, imparfaite, mais mémorable.
Alors que cette image-là, prise il y a plus de 50 ans, continue de hanter les esprits.
Pourquoi ? Parce qu'on vous a menti. On vous a fait croire que pour réussir en photo, il fallait faire du "beau". Que la beauté était l'objectif ultime.
Mais c'est un piège. Et aujourd'hui, je vais vous montrer pourquoi chercher le beau pourrait être en train de tuer votre récit photographique.
## [PARTIE 1 : Le piège du beau pour le beau]
B-roll : scroll rapide sur 500px Popular, Explore Flickr, feed Instagram de photographes "lifestyle". Montrer la répétitivité : mêmes poses, mêmes couleurs, mêmes compositions.
Allez faire un tour sur 500px ou Explore Flickr. Vous allez voir défiler des centaines d'images techniquement irréprochables. Des couchers de soleil aux couleurs hallucinantes. Des portraits avec un bokeh crémeux à souhait. Des paysages HDR qui ressemblent à des fonds d'écran Windows.
Et vous savez quoi ? Elles se ressemblent toutes.
C'est ce qu'on appelle la "photographie esthétique" : des images qui cochent toutes les cases du "beau" universel. Elles plaisent à tout le monde. Elles récoltent des likes. Elles font de la belle déco au-dessus d'un canapé.
Mais elles ne disent rien. Rien sur le photographe. Rien sur sa vision du monde. Rien qui vous fasse réfléchir ou ressentir quelque chose de profond.
Insert : capture d'écran d'un photographe avec 500k abonnés, feed ultra-léché et homogène.
Regardez ce photographe. 500 000 abonnés. Des images léchées, parfaitement colorisées. C'est beau, objectivement. Mais si je vous demande de me décrire sa vision artistique, son propos, ce qu'il essaie de dire sur le monde… Vous en seriez incapables. Parce qu'il n'y en a pas.
C'est de la déco. Pas de l'art.
## [PARTIE 2 : Kant et le problème du beau]
Face caméra. Insert : portrait de Kant, puis schéma simple illustrant ses concepts.
Pour comprendre pourquoi, il faut remonter à un philosophe allemand du 18e siècle : Emmanuel Kant. Restez avec moi, je vous promets que ça va être utile.
Kant a analysé ce qu'on appelle le "jugement esthétique". Et sa conclusion est fascinante : le beau est subjectif, mais il aspire à l'universel.
Quand vous dites "c'est beau", vous n'apprenez rien sur l'objet. Vous parlez de vous. De l'état dans lequel vous êtes quand vous le regardez. Et surtout, le beau se perçoit "sans concept".
Autrement dit : on ne peut pas expliquer pourquoi c'est beau. Si vous pouvez l'expliquer, ce n'est plus du beau au sens pur, c'est autre chose.
Insert texte à l'écran : "Le beau s'éprouve, mais ne se prouve pas."
Et c'est là que ça devient intéressant pour nous, photographes. L'art a besoin d'un concept, d'une intention. Le beau en est dénué.
Donc si vous cherchez uniquement à faire du beau… vous travaillez dans le vide. Vous produisez des images qui plaisent, mais qui ne disent rien.
## [PARTIE 3 : L'art ne se limite pas au beau]
Montage de photos célèbres : "Migrant Mother" de Dorothea Lange, les images de guerre de Robert Capa, les portraits de Diane Arbus, le travail de Bruce Gilden.
Maintenant, regardons les photos qui ont marqué l'histoire. Celles qu'on étudie encore aujourd'hui, des décennies après leur création.
Insert : "Migrant Mother" de Dorothea Lange (1936)
"Migrant Mother" de Dorothea Lange. Cette femme au regard épuisé, ses enfants accrochés à elle. Est-ce que c'est "beau" au sens Instagram du terme ? Non. C'est poignant. C'est réel. C'est une image qui vous prend aux tripes et qui raconte la Grande Dépression mieux qu'aucun livre d'histoire.
Insert : photos de Bruce Gilden
Bruce Gilden. Ses portraits au flash, pris à quelques centimètres du visage de ses sujets. Des pores dilatés, des rides creusées, des expressions saisies dans leur vérité brute. C'est dérangeant. Parfois même inconfortable à regarder. Mais c'est vivant. C'est vrai.
Insert : "Identical Twins" de Diane Arbus
Diane Arbus et ses portraits de marginaux, de jumeaux, de personnes que la société préférait ignorer. Techniquement imparfaits. Esthétiquement discutables. Mais artistiquement ? Révolutionnaires.
Ces photographes n'ont jamais cherché le beau. Ils ont cherché la vérité. Leur vérité. Et c'est exactement pour ça qu'on s'en souvient.
## [PARTIE 4 : Le déplaisir peut être universel aussi]
Face caméra, ton plus posé.
Kant nous dit que le beau "plaît universellement". Mais voici ce qu'il ne dit pas explicitement et que l'art contemporain a démontré : le déplaisir peut aussi être universel.
Insert : œuvres d'art contemporain provocantes, "Piss Christ" de Serrano, performances dérangeantes.
L'art contemporain a passé des décennies à casser l'idée que l'art devait être beau. À montrer que la laideur, le malaise, le choc peuvent avoir autant de valeur artistique.
En photo, c'est pareil. Une image qui vous met mal à l'aise, qui vous questionne, qui vous force à réfléchir… elle a souvent plus de valeur qu'une jolie carte postale.
Je ne dis pas qu'il faut faire du laid pour du laid. Ce serait aussi vide que faire du beau pour du beau. Je dis qu'il faut arrêter de juger vos images sur le critère de la beauté.
## [PARTIE 5 : Faire des choses qui vous ressemblent]
B-roll : photographe en action sur le terrain, processus créatif, sélection de photos.
Alors, on fait quoi ? On jette la technique à la poubelle ? On fait n'importe quoi ?
Non. Absolument pas.
La technique, c'est un outil. Un moyen. Jamais une fin. Maîtrisez-la, puis oubliez-la. Elle doit devenir invisible, au service de ce que vous voulez exprimer.
Ce que je vous propose, c'est de vous poser une question simple : Qu'est-ce que je veux dire ?
Pas "qu'est-ce qui va plaire". Pas "qu'est-ce qui va faire des likes". Qu'est-ce que vous, avec votre vécu, votre sensibilité, votre regard sur le monde, vous avez à exprimer ?
Insert texte : citation de Picasso à l'écran.
Picasso disait : "L'art n'est pas l'application d'un canon de beauté, mais ce que l'instinct et le cerveau peuvent concevoir indépendamment du canon."
Votre job, ce n'est pas de reproduire ce qui plaît déjà. C'est de montrer le monde tel que vous le voyez. Et si ça finit par être beau, tant mieux. Sinon, ce sera autre chose. Une autre forme d'art. Votre forme d'art.
## [PARTIE 6 : Le désert de Moïse]
Face caméra, ton plus intime.
Je vais être honnête avec vous : ce chemin n'est pas facile.
Quand vous décidez d'abandonner la course au beau, quand vous arrêtez de copier ce qui marche pour chercher ce qui est vrai pour vous… vous entrez dans ce que j'appelle "le désert de Moïse".
Vous savez où vous venez (les photos de coucher de soleil, les presets copiés sur les autres). Vous savez vaguement où vous voulez aller (une photographie personnelle, qui vous ressemble). Mais entre les deux ? C'est flou. C'est inconfortable. Et parfois, ça dure longtemps.
Insert : peintures rupestres de Lascaux.
Mais c'est le chemin que tout artiste a toujours emprunté. Depuis l'homme des cavernes qui a pris un bout de charbon pour dessiner sur les parois de Lascaux. Il ne l'a pas fait parce que c'était beau. Il l'a fait parce qu'il avait quelque chose à exprimer.
L'art, ça a commencé comme ça. Et ça n'a jamais changé.
## [CONCLUSION / CTA]
Face caméra, décor sobre.
Alors la prochaine fois que vous regardez une de vos photos et que vous vous demandez "est-ce que c'est assez beau ?"… posez-vous plutôt cette question : "Est-ce que c'est moi ?"
Parce que le beau, ça s'oublie. Mais ce qui est sincère, ce qui est personnel, ce qui vient de vos tripes… ça reste.
Si cette vidéo vous a fait réfléchir, mettez un pouce bleu, abonnez-vous si ce n'est pas déjà fait, et dites-moi en commentaire : c'est quoi pour vous la différence entre une photo belle et une photo qui vous touche ?
À très vite.
## [NOTES DE PRODUCTION]
### B-rolls indispensables :
* Scroll 500px/Flickr Explore : capture d'écran ou screencast montrant la répétitivité des images populaires
* Photos iconiques : "Migrant Mother" (Lange), portraits de Bruce Gilden, "Identical Twins" (Arbus), travail de Jane Evelyn Atwood
* Grottes de Lascaux : images des peintures rupestres pour illustrer l'origine de l'art
### Idée de miniature :
Une image divisée en deux : à gauche, une photo de coucher de soleil ultra-saturée style 500px avec un emoji 💀 ou ❌ ; à droite, une photo brute et émotive style Gilden/Arbus avec un ✅ ou 💡. Texte accrocheur : "STOP au BEAU" ou "Le piège du BEAU".
### Miniature générée :
## [SOURCES]
– Thomas Hammoudi, "Trouver sa démarche photographique" – https://thomashammoudi.com/la-demarche-photographique/

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