Dans cette vidéo, je vous présente quatre livres photo japonais… ou autour du Japon. Qu’il s’agisse de projets réalisés par des photographes japonais ou de regards d’étrangers sur le pays, chacun de ces ouvrages explore une facette différente de l’archipel : la poésie du quotidien, les routes discrètes, les nuits tokyoïtes et les ruines industrielles.
C’est une sélection très personnelle, pensée pour donner envie de découvrir le Japon autrement, à travers des formes, des ambiances et des approches photographiques vraiment variées. Si vous aimez prendre le temps de regarder, ces livres devraient vous parler.
📚 Les livres mentionnés dans la vidéo :
• Utatane – Rinko Kawauchi :
https://amzn.to/47KcchD
• Have a Break – Koji Onaka :
https://www.galerieecho119.com/products/koji-onaka-have-a-break-signed?variant=46523234517324
• Mizuwari – Bruno Labarbère :
https://amzn.to/3Xu2auO
• Gunkanjima – Marchand & Meffre : Gunkanjima – Marchand & Meffre
⏱️ Chapitres
00:00 – Introduction
01:10 – Utatane
03:04 – Have a break
04:38 – Mizuwari
06:23 – Gunkanjima
09:37 – Conclusion & liens utiles
C’est une sélection très personnelle, pensée pour donner envie de découvrir le Japon autrement, à travers des formes, des ambiances et des approches photographiques vraiment variées. Si vous aimez prendre le temps de regarder, ces livres devraient vous parler.
📚 Les livres mentionnés dans la vidéo :
• Utatane – Rinko Kawauchi :
https://amzn.to/47KcchD
• Have a Break – Koji Onaka :
Koji Onaka – Have a Break (signé)
• Mizuwari – Bruno Labarbère :
https://amzn.to/3Xu2auO
• Gunkanjima – Marchand & Meffre : Gunkanjima – Marchand & Meffre
⏱️ Chapitres
00:00 – Introduction
01:10 – Utatane
03:04 – Have a break
04:38 – Mizuwari
06:23 – Gunkanjima
09:37 – Conclusion & liens utiles
Coucou par ici. Ça fait quelques temps qu'il y a toujours des abonnés qui me disent "Tiens Thomas, faudrait faire un truc sur la photographie japonaise" et je suis super d'accord parce que la photographie japonaise c'est très intéressant. Le petit souci que j'ai, c'est que c'est aussi extrêmement vaste et que c'est compliqué de faire une vidéo panorama de la photographie japonaise parce que soit elle fait 4 heur, soit on défonce à la serre l'histoire de la photographie et on oublie plein de trucs. Ce qui fait que c'est un sujet qui a toujours traîné et je me suis dit on va prendre par petit bout, essayer d'en parler un peu plus régulièrement avec des œuvres intéressantes que je trouve et pourquoi pas faire une vidéo avec deux trois bouquins dessus. Et justement, vous avez compris, c'est cette vidéoù on va parler de quatre œuvres de photographe japonais ou sur le Japon parce que des fois c'est intéressant de voir comment les étrangers voient le Japon et cetera et de comparer un peu les deux et du coup je me suis dit bah on y va. Donc le premier livre de cette sélection ce sera Utatan de Rinko Kawashi qui est al une photographe japonaise ultra connue et c'est un livre aussi qui est ultra connu. Utatan c'est son premier, il des prix tout ça et c'est vraiment fondateur de son travail. J'ai eu du bol de le trouver à pas trop cher. C'est pas une édition originale mais c'est la réédition de 2012 mais très cool. Et je vous propose bah évidemment vous connaissez la musique de regarder ça tout de suite et ensemble dans la franche camaraderie et l'amour de la photographie. Ce que je vous montre ici c'est Utatan de Rinko Kawashi. La première édition a été publiée en 2001 chez Little More. Le titre signifie petit somme en japonais, cette légère somnolance où le monde devient flou, presque suspendu. Le livre réunit des images de la vie quotidienne, des carpes, des rideaux, un œuf au plat, un pneu, un papillon, une fourmie. Des choses simples, trop faciles à manquer comme dirait l'éditeur. Le format est compact et souple, environ 24 par 19 cm avec une petite couverture translucide et 128 pages. C'est une édition qui est d'apparence modeste mais qui est en fait essentielle. À sa parution, Utatan marque un tournant dans la photographie japonaise contemporaine. Kawashi publie la même année Anabi et Anako et en 2002, elle reçoit le Kimura Ya Howard, la plus haute distinction du pays pour une jeune photographe. Ce qui frappe dans ce libre, c'est cette lumière calme, presque fragile et ce mélange d'innocence et d'inquiétude. Même une fourmie se transforme en un objet de sophistication. Une columbe morte devient le symbole de la beauté près de la mort. Sous la douceur, on devine la disparition. La trace du temps. C'est un livre sur la fragilité du monde et sur la grâce qu'il y a à regarder avant qu'il ne disparaisse. Comme l'autrice le dit, la beauté et la terreur existe côte à côte tous les jours. La photographe capte l'instant comme un murmure. Rien n'est spectaculaire, tout est silencieux. C'est ce que les Japonais appellent le wabi sabi, la beauté de l'impermanence. Les plus petits moments du monde peuvent tenir l'univers. Utatan nous apprend à ralentir le regard. Feuilleter ce livre, c'est faire une sieste visuelle. On ferme les yeux sur une image, on les rouvre sur une autre et tout paraît un peu plus vivant. J'espère que ça vous aura plu. On va changer de registre avec quelque chose de plus contemporain et de plus urbain qu'un photographe que j'ai découvert à la galerie Echo 119. C'est une librairie, je sais plus comment il se présente exactement. C'est eux qui avaient le bouquin en fait, ils ont une sélection de folie. Donc si vous êtes sur Paris, Echo 119, c'est très chouette. Faut y aller. Ça coûte très cher par contre de moi je suis rentré, je suis parti avec quelques centaines d'euros au moins. Mais j'ai découvert ce bouquin qui s'appelle Ave Break de Koji Onaka et je n'écorche pas son nom, c'est très cool et on va regarder ça ensemble. Ce livre Avrebreak est paru en 2021 chez Kaido Books. Il fait 96 pages en couleur dans un format d'environ 20/ 23 cm. Il s'agit d'une édition originale, un tirage de seulement 1000 exemplaires pour la version standard. Onaka explore le Japon hors des grandes routes du nord d'okkaido au sud de l'île de Kyushu et le fait à travers un objectif 35 mm sur une période de 7 ans. Il photographie des scènes banales, des petites gares locales, une lumière de rue, un chapé, un coin de mer, l'ombre d'un passant, des choses ordinaires mais vu avec soin. Les photographies ne montrent rien de particulièrement spécial que l'on pourrait prendre n'importe où mais des scènes qui étrangement ont touché mon cœur, déclare l'auteur. Le style couleur de Naka joue beaucoup. La saturation est souvent mesurée, l'atmosphère légèrement sentimentale, la familiarité accentuée. Cela donne vraiment le sentiment d'une pause. Le titre Break n'est pas anodin. On ralentit, on regarde, le quotidien devient un territoire visuel. Et ça, vous me connaissez, j'aime beaucoup. Mon goût pour un style de couleur particulier, unique accroiss ce sentiment sentimental profond de familiarité, de chaleur dans les images, déclare l'auteur. En tant que photographe, Onaka combine cet œil de voyageur tranquille à une longue pratique. Impression en chambre noire, filmatif couleur et cetera. Ce livre invite à ce regard là. Pas des class spectaculaires mais l'observation patiente des choses modestes. Un quai, un vélo, un chat, une lumière matinale. 3è livre de cette sélection et je sais pas pourquoi j'ai mis 1000 ans à vous en parler alors que j'ai adoré le la forme est ouf. Alors ce qui est juste un poil dommage, c'est que l'image sur la couverture, c'est pas du tout ma préférée du bouquin. Je pense c'est peut-être pour ça que j'en ai pas parlé tout de suite mais on va le voir ensemble sur le format. Il est incroyable. C'est un livre sur de photographie sur le Japon. Et le plus simple, c'est d'en parler, de vous montrer pourquoi la forme de ce bouquin est folle. Ici, je vous présente le livre Misuwari de Bruno Labarber paru aux éditionsia. Ce projet nous plonge dans Tokyo de nuit, dans ses ruelles, ses barres, ses visages, ses ombres. Bruno et je l'appelle par son prénom parce qu'on se connaît, s'y installe dans les lieux que beaucoup ignorent ou traversent sans voix. Des quartiers animés, des troquets cachés, le quartier des salary mens, les venelles éclairées par des néons. Le terme misui désigne la façon japonaise de diluer un alcool, du whisky, chouchou ou mchou avec de l'eau. Dans ce livre, ce mot devient une métaphore. Diluer, prolonger l'ivresse de la ville. Prolonger le temps et tirer la nuit, rendre visible ce qui glisse entre deux instants. Bruno Labarbie du noir et blanc profond de la simultanéité entre banalité et singularité. Des scènes de rue ordinaires mais traité proches intimes pour qu'elles deviennent témoin d'un monde urbain complexe. Il fréquente les barres de quartiers comme les zones de et attention on va écorcher du nom. Golden Kai, Yarakoucho ou Shibuya suit les regards, scrute les corps au petit matin, observe l'ombre et le flou, bien plus que le décor net. Ce livre fonctionne comme un récit visuel de la ville qui ne dort jamais, mais aussi de la fatigue, de la tente, de la temporalité différente, des instants de transit, de reflux, de solitude au milieu de la foule. On y trouve un photographe qui ne cherche pas la scène grandiose mais le moment inaperçu qui dit beaucoup. Et comme vous pouvez le constater, c'est aussi un livre que j'ai beaucoup apprécié sur la forme pour sa maquette parce qu'il y a beaucoup de dépliants qui se répondent, qui complètent les images principales. Il y a un rythme très lent dans la lecture que j'aime beaucoup. Il y a aussi la présence des textes sur les feuillets rouges qui illustrent les images en face selon la façon dont on les tourne. J'ai trouvé la maquette très intelligente, très bien faite et très agréable à parcourir aussi notamment grâce à la grosse relure que vous pouvez voir en fer, je sais pas comment le dire autrement qui permet d'ouvrir le livre à plat et d'en profiter comme un petit carnet de voyage qu'on aurait volé à Bruno et pour ça je le remercie. Et le dernier bouquin de cette sélection est un livre très chouette mais surtout qu'il est toujours en promo. Il y a souvent des réductions dessus et pour avoir des réductions, rien de mieux que le shiner. Donc si vous aimez les livres photos, j'ai créé une appli qui tous les jours scanne une grosse liste de livres photos pour vous trouver les meilleurs prix, les meilleures offres. Le lien est dans la description, c'est complètement gratuit, juste vous avez des livres pas chers. Voilà, c'est cadeau. J'avais fait une vidéo dessus pour vous le présenter. Je vous mets ça, je vous mets ça là. Et ce livre est souvent dessus. Donc ce livre c'est quoi ? C'est et là je vais jamais réussir à le dire sans regarder. Gun gun Gun Kanjima de Marchand et Mef qui sont un duo de photographe français. C'est un livre sur une île abandonnée. Le format est aussi incroyable pour des raisons différentes que précédemment. C'est un très gros ouvrage. C'est c'est cool d'avoir les images de cette taille. C'est du Schiddle. Donc Schidle, c'est souvent des bouquins super bien édités avec de très beaux papiers et regardez ça ensemble. Paru en 2013 chez Stidle, Gun Kanjima l'île cuirassé est un projet photographique d'Iv marchand et de Romain Mèfre consacré à l'ilo Hashima au large de Nagasaki. Son nom Gunanjima que je galère à prononcer signifie littéralement l'île cuirassée, un bloc de béton armé planté dans la mer à la silhouette de navire de guerre. L'histoire de cette île est singulière. Hashima a longtemps appartenu à Mitsubishi qui exploitait une mine de charbon. Sur moins d'un km² vivaient plus de 5000 personnes. Des mineurs, des familles, des enfants logés dans des immeubles d'habitation qui montaient à flond de roche. C'était une ville verticale, danse, autonome. Il y avait des écoles, des temples, des cinémas, des commerces. Tout tenait dans cet enclave minérale battu par les vents. En 1974, la mine ferme. Les habitants partent, laissant tout derrière eux. Depuis, la mer et le temps s'en charge. Entre 2008 et 2012, Marchand et MeFR obtiennent l'autorisation d'y photographier. Leur approche fidèle à leur autre livre D3 dont j'avais sans doute déjà parlé. Je vous mets un lien dans la description si c'est le cas. Repose sur une observation lente, méticuleuse. Le livre alterne les vues d'ensemble et les plans plus rerrés. Les façades rongé par le sel, les couloirs d'immeuble, les escaliers qui ne mènent plus nulle part, les salles de classe effondrées, les lits d'hôpitaux tordus. Chaque image semble suspendue entre deux temps. Celui de la vie passée et celui immobile de la ruine. La lumière joue un rôle central. Elle entre par les fenêtres béantes, découpe les murs, adoucit parfois la poussière. Les couleurs sont sourdes, gris, rouilles, vert humide, brince salin. Rien d'effrayant. Pourtant, leur regard reste calme, presque contemplatif. On sent que le sujet ici n'est pas seulement la destruction, mais la mémoire des lieux. Le livre suit un mouvement narratif subtil. On aborde l'île de loin comme un navire approchant un bastion abandonné. Puis on traverse les quartiers, on entre dans les bâtiments, on découvre la vie quotidienne figée, une table, un jouet, un lavabo plein de coquillage, un salon de coiffure à l'abandon et on ressort vers la mer, vers la lumière comme une respiration finale. Ce qui frappe, c'est surtout la maîtrise de la composition. Il travaille en grand format. Chaque composition joue avec la verticalité, la géométrie, le rythme répétitif des fenêtres. Pourtant, rien n'est froid. La précision technique est au service d'une émotion silencieuse, celle d'un lieu que l'homme a bâti pour vivre puis laissé à son propre effondrement. Gun Kanjima n'est pas donc un livre sur la ruine mais sur le cycle de la vie industrielle. Naissance, apogé, disparition. Marchand et mef ne document pas l'effroid, ils observent l'après. Il montrent la beauté fragile de ce qui reste quand tout est parti. Feuilleter ce livre, c'est remonter à la surface d'un monde englouti. Une architecture fantôme, une mémoire collective pétrichée dans le béton que la photographie révèle une dernière fois avant qu'elle le s'effasse. Merci d'avoir regardé cette vidéo jusqu'au bout. J'espère que cette sélection vous aura plu. Si ce genre de vidéo vous plaît, hésitez pas à la liker, à vous abonner, à la partager. C'est souvent les vidéos qui font le moins de vues sur la chaîne parce que forcément, on fait plein de vues quand on parle de matos, de polémique et cetera. Classique de YouTube, mais c'est le format que je trouve le plus intéressant pour vous et que je préfère faire. Donc hésitez pas à la pousser un peu à votre échelle. Ça fait toujours plaisir pour avoir envie d'en refaire d'autres. Autre point, si vous avez envie de discuter de cette sélection, de ce que vous avez aimé, pas aimé, de besoin de conseils, de suggérer des livres, tout ça, il y a le Discord dans la description. Si vous savez pas ce que c'est le Discord, j'avais fait une vidéo, je vous mets le lien quelque part pour vous le présenter parce qu'à chaque fois je dis "Venez sur le Discord mais si je le présente pas, on s'en sort pas." Et dernier point, je vous mets un livre qui s'appelle 10 outils indispensables pour votre projet photo. C'est un bouquin gratuit qui vous aidera peut-être vous aussi à faire un livre qui passera un jour dans cette sélection, saiton jamais. Et euh il me reste à vous souhaiter une bonne lecture. On se revoit sur les internet je ne sais pas quand, je ne sais pas comment, je ne sais pas pourquoi. Ce mystère restera entier à la fin de cette vidéo. Et euh à la prochaine. Salut !
# Script
Bonjour à tous, ici Thomas Hammoudi et je viens vous parler de photographie.
# Utatane
Ce que je vous montre ici, c’est Utatane de Rinko Kawauchi, première édition publiée en 2001 chez Little More. Le titre signifie “petit somme”, cette somnolence légère où le monde devient flou, presque suspendu.
Le livre réunit des images de la vie quotidienne : des carpes, un rideau, un œuf au plat, un pneu, un papillon, une fourmi. Des choses simples, “trop faciles à manquer”, comme l’écrit l’éditeur :
> “These are the details of everyday life that are too easily missed.”
Le format est compact et souple : environ 24 par 19 centimètres, couverture translucide, 128 pages. Une édition d’apparence modeste, mais essentielle.
À sa parution, Utatane marque un tournant dans la photographie japonaise contemporaine. Kawauchi publie la même année Hanabi et Hanako ; en 2002, elle reçoit le Kimura Ihei Award, la plus haute distinction du pays pour un jeune photographe.
Ce qui frappe ici, c’est cette lumière calme, presque fragile, et ce mélange d’innocence et d’inquiétude.
> “Even an ant transforms into an object of sophistication, a dead dove becomes a symbol of beauty next to death.”
Sous la douceur, on devine la disparition, la trace du temps. C’est un livre sur la fragilité du monde — et sur la grâce qu’il y a à le regarder avant qu’il ne disparaisse.
> “Beauty and terror exist side by side in the everyday.”
La photographe capte l’instant comme un murmure : rien n’est spectaculaire, tout est silencieux. C’est ce que les Japonais appellent wabi-sabi, la beauté de l’impermanence.
> “The world’s smallest moments can hold the universe.”
Utatane nous apprend à ralentir le regard. Feuilleter ce livre, c’est faire une sieste visuelle : on ferme les yeux sur une image, on les rouvre sur une autre, et tout paraît un peu plus vivant.
Ici, je vous montre bien la première édition de 2001.
Souhaites-tu que je t’ajoute ensuite une version condensée (≈ 45 s), adaptée à un format de vidéo séquencée où tu passes d’un livre à l’autre ?
# Have a break
Ce livre, Have a Break, est paru en 2021 chez KAIDO BOOKS. shashasha.co+2尾仲浩二 公式ホームページ+2 Il fait 96 pages en couleur, format environ 20 × 23 cm, et il s’agit d’une édition originale (tirage : 1 000 exemplaires pour la version standard). 尾仲浩二 公式ホームページ+1
Onaka explore le Japon « hors des grandes routes » — du nord à Hokkaidō jusqu’au sud de Kyūshū — et le fait à travers un objectif 35 mm, sur une période de sept ans. shashasha.co+1 Il photographie des scènes banales : petits gares locales, lumière sur une rue, un chat posé, un coin de mer, l’ombre d’un passant. Des choses « ordinaires » mais vues avec soin.
> “The photographs do not show anything particularly special that could be taken anywhere but scenes that strangely touched my heart.”
« Les photographies ne montrent rien de particulièrement spécial que l’on pourrait prendre n’importe où, mais des scènes qui, étrangement, ont touché mon cœur. » shashasha.co
Le style couleur d’Onaka joue beaucoup : la saturation est souvent mesurée, l’atmosphère légèrement sentimentale, la familiarité accentuée. Cela donne le sentiment d’une pause — le titre “have a break” n’est pas anodin. On ralentit, on regarde. Le quotidien devient territoire visuel.
> “My fondness of a particular, unique style of color adds to the sentimental, deep sense of familiarity and warmth in his images.”
« Mon goût pour un style de couleur particulier, unique, accroît ce sentiment sentimental, profond de familiarité et de chaleur dans ses images. » shashasha.co
En tant que photographe, Onaka combine cet œil de “voyageur tranquille” à une longue pratique : impressions en chambre noire, films négatifs couleur. Sixteen World+1 Ce livre invite à ce regard-là : pas l’éclat spectaculaire, mais l’observation patiente des choses modestes — un quai, un vélo, un chat, une lumière matinale.
# Mizuwari
Je vous présente Mizuwari, un livre de Bruno Labarbère paru aux éditions Hemeria. Ce projet nous plonge dans Tokyo, de nuit, dans ses ruelles, ses bars, ses visages, ses ombres. Labarbère s’y glisse dans les lieux que beaucoup ignorent ou traversent sans voir : quartiers animés, troquets cachés, quartiers de salarymen, venelles éclairées par des néons. (Source : fiche Hemeria)
Le terme “mizuwari” désigne la façon japonaise de diluer un alcool (whisky, shōchū, umeshu…) avec de l’eau. Dans ce livre, ce mot devient métaphore : diluer, prolonger l’ivresse de la ville, prolonger le temps, étirer la nuit, rendre visible ce qui se glisse entre deux instants. (Source : Bookshop et autres)
Labarbère prend le parti du noir et blanc profond, de la simultanéité entre banalité et singularité : des scènes de rue ordinaires, mais traitées proches, intimes, pour qu’elles deviennent témoins d’un monde urbain complexe. Il fréquente les bars de quartiers comme les zones de Golden Gai, Yurakuchō ou Shibuya, suit les regards, scrute les corps au petit matin, observe l’ombre et le flou, bien plus que le décor net. (Sources : Phototrend, Bookshop, Hemeria)
Le livre fonctionne comme un récit visuel de la ville qui ne dort jamais, mais aussi de la fatigue, de l’attente, de la temporalité différente : les instants de transit, de reflux, de solitude au milieu de la foule. On y trouve la photographe qui ne cherche pas la scène “grandiose”, mais le moment “inaperçu” qui dit beaucoup.
# Gunkanjima, l'île cuirassée
Paru en 2013 chez Steidl, Gunkanjima, l’île cuirassée est un projet photographique d’Yves Marchand et Romain Meffre consacré à l’îlot Hashima, au large de Nagasaki.
Son surnom, “Gunkanjima”, signifie littéralement “l’île cuirassée” : un bloc de béton planté dans la mer, à la silhouette de navire de guerre.
L’histoire de cette île est singulière. Hashima a longtemps appartenu à Mitsubishi, qui y exploitait une mine de charbon. Sur moins d’un kilomètre carré, vivaient plus de cinq mille personnes : mineurs, familles, enfants, logés dans des immeubles d’habitation qui montaient à flanc de roche. C’était une ville verticale, dense, autonome : école, temple, cinéma, commerces, tout tenait dans cette enclave minérale battue par les vents.
En 1974, la mine ferme. Les habitants partent, laissant tout derrière eux. Depuis, la mer et le temps s’en chargent.
Entre 2008 et 2012, Marchand et Meffre obtiennent l’autorisation d’y photographier. Leur approche, fidèle à celle de Détroit – Ruins of Detroit, repose sur une observation lente, méticuleuse. Le livre alterne les vues d’ensemble et les plans plus resserrés : les façades rongées par le sel, les couloirs d’immeubles, des escaliers qui ne mènent plus nulle part, des salles de classe effondrées, des lits d’hôpital tordus.
Chaque image semble suspendue entre deux temps : celui de la vie passée et celui, immobile, de la ruine.
La lumière joue un rôle central. Elle entre par les fenêtres béantes, découpe les murs, adoucit parfois la poussière. Les couleurs sont sourdes : gris, rouille, vert humide, bruns salins. Rien d’effrayant pourtant ; le regard reste calme, presque contemplatif. On sent que le sujet ici n’est pas seulement la destruction, mais la mémoire des lieux.
Le livre suit un mouvement narratif subtil : on aborde l’île de loin, comme un navire approchant un bastion abandonné ; puis on traverse les quartiers, on entre dans les bâtiments, on découvre la vie quotidienne figée – une table, un jouet, un lavabo plein de coquillages. Enfin, on ressort vers la mer, vers la lumière, comme une respiration finale.
Ce qui frappe, c’est la maîtrise de la composition : chaque photographie joue avec la verticalité, la géométrie, le rythme répétitif des fenêtres. Pourtant, rien de froid. La précision technique est au service d’une émotion silencieuse : celle d’un lieu que l’homme a bâti pour vivre, puis laissé à son propre effondrement.
Gunkanjima n’est donc pas un livre sur la ruine, mais sur le cycle de la vie industrielle : naissance, apogée, disparition. Marchand et Meffre ne documentent pas l’effroi, ils observent l’après. Ils montrent la beauté fragile de ce qui reste quand tout est parti.
Feuilleter Gunkanjima, c’est remonter à la surface d’un monde englouti. Une architecture fantôme, une mémoire collective pétrifiée dans le béton, que la photographie révèle une dernière fois avant qu’elle ne s’efface.
Merci à tous, 10 outils, abo, like.
# Mise en ligne IA
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# Retranscription

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