« Moi aussi je peux le faire » : l’erreur qui prouve que vous ne savez pas regarder.
« C’est juste de la flotte, je fais pareil avec mon iPhone. »
C'est la réflexion type devant un Seascape de Sugimoto. Pourtant, s'arrêter à la technique, c'est passer à côté de l'essentiel. Si copier une image est à la portée de n'importe quel touriste à Palavas, avoir une intention et une vision est un tout autre sport.
Dans cette vidéo, je vous propose de sortir de l'analphabétisme du regard en utilisant une grille de lecture précise : la méthode IRECO.
Intention : Pourquoi cette image existe-t-elle ?
Réalisation : La technique est-elle un outil ou une erreur ?
Expérimentation : Où sont les limites repoussées ?
Cohérence : L'image s'intègre-t-elle dans une démarche globale ?
Originalité : Quelle est la part de vécu et de vision propre ?
Apprendre à critiquer la photographie, ce n'est pas juger la difficulté technique, c'est comprendre ce que l'auteur a voulu dire. On en discute.
« C’est juste de la flotte, je fais pareil avec mon iPhone. »
C'est la réflexion type devant un Seascape de Sugimoto. Pourtant, s'arrêter à la technique, c'est passer à côté de l'essentiel. Si copier une image est à la portée de n'importe quel touriste à Palavas, avoir une intention et une vision est un tout autre sport.
Dans cette vidéo, je vous propose de sortir de l'analphabétisme du regard en utilisant une grille de lecture précise : la méthode IRECO.
Intention : Pourquoi cette image existe-t-elle ?
Réalisation : La technique est-elle un outil ou une erreur ?
Expérimentation : Où sont les limites repoussées ?
Cohérence : L'image s'intègre-t-elle dans une démarche globale ?
Originalité : Quelle est la part de vécu et de vision propre ?
Apprendre à critiquer la photographie, ce n'est pas juger la difficulté technique, c'est comprendre ce que l'auteur a voulu dire. On en discute.
Oui, moi aussi je peux le faire. Ça c'est la phrase préférée d'un photographe qui a jamais ouvert de bouquins de sa vie quand il tombe sur la première fois sur un des six escape de Suji moto. C'est ça. Oui, c'est juste de la flotte champion. Moi, je fais la même chose en 2 secondes avec mon appareil photo. Gnag gag g. Sauf qu'en disant ça, mon petit pote, tu ne t'attaques pas à l'artiste, tu avoues que tu es un analphabète du regard. C'est possible. Si tu veux arrêter de juger comme un incel au salon du mariage, il te faut une grille de lecture cohérente. Moi, j'utilise Ireco i R E C O. Je vais t'expliquer ce que c'est. Alors, dans cette grille de lecture, tu es pas obligé de marquer le score max à tous les points, mais ça te permet de savoir si la personne a un peu bossé ou se fout clairement de ta gueule. I, c'est pour intention. Qu'est-ce que le type voulait raconter ? Parce que si c'est juste pour faire joli, c'est souvent de la merde à peu près. R, c'est pour la réalisation. Est-ce que la technique sert le propos ? Si c'est flou parce que tu sais pas faire une photonette, c'est un peu nul. Si c'est flou parce que tu voulais souligner le mouvement, bah là c'est cool. Le E c'est pour l'expérimentation. Super simple. Est-ce que ça repousse les frontières de ce qui existe déjà ou est-ce que c'est du réchauffer de ce qu'on a déjà vu ? Et encore une fois, il y a pas besoin d'être fort dans toutes les catégories. Le C c'est pour la cohérence. Est-ce que cette image, ce projet s'intègre bien dans le corpus global de l'auteur ou est-ce qu'on passe sans cesse du cockalan comme une partie fine à la ferme ? Typiquement une séquence paysage, une séquence portrait, une séquence macro, une séquence couchée de soleil et cetera. J'aurais peut-être dû mettre du boudoir dans la séquence. Il y a toujours du boudoir dans ce genre de séquence. Et le haut c'est pour l'originalité. Alors là, je te parle pas de faire un truc bizarre évidemment, mais de faire quelque chose qui reflète ta vision propre, ta personnalité, ce que tu es à l'intérieur, ce qui toi te touche. Et ça de le mettre sur la table, dans tes images. Quand tu dis "Moi aussi, je peux le faire", tu parles de la partie réalisation technique et évidemment que c'est facile de copier une recette. C'est même la partie la plus facile en vrai, mais tu ne peux pas voler l'intention de l'auteur. Tu ne peux pas copier son vécu ou sa cohérence dans son travail. Et sur ça, on va pas se mentir, Sujimoto nous met à tous la misère. Copier une photo, c'est toujours très facile, mais avoir quelque chose à dire et le tenir sur la durée, là c'est un autre sport.
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