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Presets Fujifilm

Hello,

Vous avez vu une vidéo sur YouTube où j’ai parlé des presets Fujifilm ? Vous êtes au bon endroit.

Voici la version 2 : les 161 presets de 2022, 14 nouvelles recettes mesurées sur mon X-T4 et les sept profils que j’ai gardés dans mon boîtier, le tout converti pour les boîtiers Fujifilm courants.

Rentrez votre mail, et je vous envoie tout dans la minute.

Amusez-vous bien 😊


Le Discord sur lequel je traîne est assez actif sur ce sujet : si vous avez besoin, vous y trouverez sûrement de l’aide.

Les presets Fujifilm, version 2

Mise à jour d’octobre 2026.

Ces presets dataient de 2022. Quatre ans plus tard, je les ai repris avec une autre méthode : au lieu de régler une recette à l’œil, j’ai laissé mon X-T4 développer lui-même mes photos avec des milliers de réglages différents, et j’ai gardé ceux qui collent le mieux au film que je visais.

Le mail vous envoie maintenant la version 2 : les 161 presets de 2022, les 14 nouvelles recettes, mes sept profils et le tableur, dans le même fichier, pour tous les boîtiers courants.

Ce qu’il y a dedans

  • Les 161 presets de 2022, à charger dans X RAW Studio.
  • 14 nouvelles recettes mesurées sur le X-T4 : Tri-X, HP5, FP4, Portra, quatre variantes de Classic Chrome, Provia, Ektar, Pro 400H, Velvia, Ektachrome et Kodachrome.
  • Mes sept profils, prêts pour les réglages perso C1 à C7 : quatre nouvelles recettes, et trois recettes de 2022 qui font mieux.
  • Tous ces fichiers convertis pour les autres boîtiers courants : la liste est plus bas.
  • Un petit outil pour Mac qui écrit une recette directement dans C1 à C7, sans passer par X RAW Studio.
  • Ce que fait chaque réglage du boîtier, mesuré : simulations, tons, couleur, Color Chrome, balance, filtres noir et blanc, grain. Tout est plus bas.

Des exemples

Voici cinq de mes sept profils sur les mêmes photos. Tout sort directement du boîtier, sans aucune retouche, et le nom de chaque profil est écrit sous sa photo. Cliquez sur une image pour la voir en grand.

Sur les fleurs, regardez les rouges et les jaunes : ce sont eux qui bougent le plus d’un profil à l’autre.

À Florence, c’est le ciel qui fait la différence : le bleu change plus que le marbre.

Même chose au bord de la mer : le Velvia pousse le bleu bien plus loin que les trois autres.

Sur la cascade, tout se joue dans les rochers et les feuilles : l’eau reste blanche partout.

Sur la voiture, regardez le jaune de la carrosserie, et le bleu de la neige à l’ombre.

Les deux derniers profils, Portra 400 et HP5 Plus, ne sont sur aucune de ces images : ils demandent une correction d’exposition à la prise de vue, +1/3 et +2/3 IL, et ces rendus ne l’appliquent pas.

Comment ça marche

Un boîtier Fujifilm garde des réglages de rendu dans sept emplacements, C1 à C7 : une simulation de film, les hautes lumières et les ombres, la couleur, le grain, la balance. Une recette, c’est une liste de ces réglages, pensée pour rappeler un film ou un rendu.

Saisir une recette à la main prend du temps, et en essayer des dizaines encore plus. C’est de là qu’est partie l’idée en 2022 : X RAW Studio, le logiciel gratuit de Fujifilm, range ses profils dans de petits fichiers .FP1. Mon tableur fabrique un fichier par recette. Une fois copiés dans le bon dossier, tous les presets apparaissent dans X RAW Studio, sans rien saisir.

Ensuite, boîtier branché, vous développez vos RAW avec chaque preset pour les comparer, et vous copiez vos préférés dans C1 à C7. Sur le terrain, il ne reste qu’à choisir l’emplacement dans le menu.

La version 2 garde tout ça. Ce qui change, c’est la façon de fabriquer les recettes : elles ne sont plus réglées à l’œil, elles sont mesurées. Et elles peuvent aller directement dans le boîtier.

Comment j’ai mesuré les recettes

Branché en USB, le X-T4 sait développer un fichier RAW avec son propre processeur. C’est ce que fait X RAW Studio. Je m’en suis servi pour lui faire développer mes photos avec des milliers de réglages, l’un après l’autre, et comparer chaque rendu au film visé, zone par zone.

Pour chaque film, il fallait une cible. Pour la Tri-X et la Portra, c’est un preset acheté que j’aimais beaucoup ; pour la HP5, mes propres scans ; pour la FP4, la fiche technique d’Ilford ; pour le Classic Chrome, la LUT officielle de Fujifilm, avec un peu plus de couleur parce que je l’aime plus punchy ; et pour la Provia, l’Ektar, la Velvia, l’Ektachrome et la Kodachrome, un modèle de film : film modeling powered by spektrafilm. Une réserve pour l’Ektachrome : le film est froid et neutre, mais sa simulation sort un peu chaude. Ma recette colle à cette simulation, pas forcément au film.

Pour ne pas me raconter d’histoires, chaque recette a été cherchée sur une partie de mes photos, puis notée sur 20 photos qu’elle n’avait jamais vues. Et je l’ai comparée à la meilleure des 161 recettes de 2022 sur ces mêmes photos. Sur les 14, 3 gagnent à chaque contrôle (HP5, Provia, Velvia), 3 gagnent probablement (FP4, Ektar, Kodachrome), et pour les 8 autres, une recette de 2022 fait aussi bien ou mieux. C’est pour ça que je ne les ai pas toutes mises dans le boîtier.

  • Le boîtier ne sait pas tout faire. En noir et blanc, par exemple, il n’a pas de mélangeur de couches : un film qui voit beaucoup de bleu ne se reproduit donc jamais tout à fait.
  • La plage dynamique se choisit à la prise de vue : au développement, on ne peut que la baisser.

Mes sept profils

Après avoir comparé les rendus sur mes photos, voici ce que j’ai mis dans mon X-T4, tout en DR100 : quatre nouvelles recettes et trois recettes de 2022. Les sept profils sont prêts, à ces noms, dans le fichier que vous recevez par mail. Un réglage perso ne garde pas la correction d’exposition : c’est pour ça que +1/3 et +2/3 sont écrits dans le nom.

  • C1, Classic Chrome punchy : une recette de 2022, le Classic Chrome en plus coloré et plus punchy.
  • C2, Portra 400 +1/3 : une recette de 2022 pensée pour l’Ektar, passée en DR100. Malgré son origine, c’est elle qui colle le mieux à ma cible Portra, nettement mieux que ma nouvelle recette Portra. Pensez à exposer à +1/3 IL.
  • C3, Provia 100F : une nouvelle recette, sur une base Classic Chrome et non Provia, parce que c’est ce qui colle le mieux à ma cible.
  • C4, Ektar 100 : une nouvelle recette, sur une base Classic Chrome aussi, avec la couleur à +4 et le Color Chrome fort.
  • C5, Velvia 100 : une nouvelle recette, cette fois sur une base Provia, avec la couleur à +3.
  • C6, Tri-X 400 : une recette de 2022 à base d’Acros, passée en DR100. C’est le noir et blanc de tous les jours, contrasté, et il fait un peu mieux que ma nouvelle recette Tri-X.
  • C7, HP5 Plus +2/3 : une nouvelle recette, plus douce, telle que je l’aime sur mes scans. Pensez à exposer à +2/3 IL.

Quelle recette choisir ?

Chaque nouvelle recette a été comparée à la meilleure de mes 161 recettes de 2022, sur 20 photos qu’elle n’avait jamais vues :

  • elle gagne à chaque contrôle : HP5 Plus, Provia 100F, Velvia 100 ;
  • elle gagne probablement : FP4 Plus, Ektar 100, Kodachrome 64 ;
  • une recette de 2022 fait aussi bien ou mieux : Tri-X 400, Portra 400, Pro 400H, Ektachrome E100 et les quatre variantes de Classic Chrome.

Les autres restent à portée de main pour remplacer un emplacement quand l’envie vous prend : une recette Eterna de 2022 pour la Pro 400H (à exposer à +1/3 IL), Kodachrome 64, Classic Chrome I et FP4 Plus. Pour l’Ektachrome, la plus proche de ma cible est Classic Chrome punchy, déjà en C1, mais cette cible est douteuse.

Une recette s’inspire de sa cible, elle ne la copie pas : l’écart à la cible est du même ordre que l’écart entre deux recettes. Le mieux reste de les essayer sur vos photos.

Les mettre dans le boîtier

Avec X RAW Studio, rien ne change : copiez les fichiers .FP1 dans son dossier, branchez le boîtier, et les recettes apparaissent dans la liste. X RAW Studio sait aussi copier un profil dans un réglage perso du boîtier. C’est ce que montre la vidéo plus bas (elle date de 2022 : elle ne parle pas encore des nouvelles recettes, ni de l’outil).

Le dossier, sur Mac
~/Library/Application Support/com.fujifilm.denji/X RAW STUDIO/

Le dossier, sous Windows
C:\Users\<votre-nom>\AppData\Local\com.fujifilm.denji\X_RAW_STUDIO\

Le mode du boîtier
PARAM.CONNEXION > MODE DE CONNEXION > REST RETR/CONV RAW USB (USB RAW CONV./BACKUP RESTORE en anglais)

Ces chemins ont été relevés en 2022 : ils peuvent changer selon la version et votre système.

Sans X RAW Studio, sur Mac : j’ai écrit un petit outil, xt4_recettes, qui envoie une recette directement dans C1 à C7 par le câble USB, puis relit l’emplacement pour vérifier que tout est bien passé. Il se lance dans le Terminal, et le lien vers le pas à pas est dans le mail. Comme il écrit dans votre boîtier, quelques précautions avant de l’essayer :

  • il ne marche que sur Mac, et que sur un X-T4 (firmware 2.12, le seul que j’ai testé) ;
  • je l’ai vérifié sur mon boîtier seulement : les sept emplacements, écrits puis relus par USB après extinction et rallumage, sans aucun écart ;
  • faites d’abord une sauvegarde de vos réglages avec l’application de Fujifilm, écrivez un emplacement à la fois, et vérifiez-le dans le menu ;
  • éteignez le boîtier avec son interrupteur avant de le débrancher : c’est à l’extinction qu’il enregistre ses réglages.

L’outil est gratuit et fourni tel quel, sans garantie. Si quelque chose ne marche pas chez vous, n’hésitez pas à en parler sur le Discord.

Vous n’avez pas de X-T4 ?

Pas de souci : j’ai régénéré tous les fichiers pour tous les boîtiers courants. Ils sont dans le dossier « Autres boitiers » du fichier que vous recevez par mail : X-T2, X-T3, X-T20, X-T30, X-T5, X-H1, X-S10, X-E3, X-Pro2, X-Pro3, X100F, X100V, GFX 50R, GFX 50S et GFX 100.

Je n’ai pu tester que sur mon X-T4, et les nouvelles recettes n’ont été mesurées que sur lui. Certaines simulations n’existent pas sur les boîtiers plus anciens : ces presets-là ne s’y appliqueront pas. Et les boîtiers sortis depuis (X-H2, X-S20, X-T50, X100VI…) n’y sont pas encore. Ce que je dis plus bas des réglages vaut sans doute pour les boîtiers de la même génération, mais je ne l’ai vérifié que sur le mien.

Ce que fait vraiment chaque réglage

Que fait vraiment « Ombres +2 » ? Sur quelles couleurs agit le Color Chrome ? Pourquoi le décalage de balance ne remplace-t-il pas un filtre en noir et blanc ? En faisant tourner le boîtier pour chercher les recettes, j’ai fini par mesurer chacun de ses réglages : sur quelles couleurs il agit, dans quels tons, et de combien. Voici les réponses, avec des mesures plutôt qu’avec des impressions.

Comment je l’ai mesuré. Mon X-T4 a développé lui-même les mêmes fichiers RAW des milliers de fois, en changeant un seul réglage à la fois. J’ai comparé chaque JPEG au précédent, zone par zone (1 000 zones par photo), en clarté (L*), en saturation (chroma C*) et en teinte, dans l’espace CIELAB. Au total : 21 658 développements de 16 photos variées, plus une série d’illustrations sur des photos sans personne.

Ce que valent les chiffres. Ce sont des médianes : sur une photo donnée, l’effet peut s’en écarter un peu. Pour l’échelle, un écart de 1 en L* se devine à peine, 3 se voit côte à côte, 10 saute aux yeux. Je n’ai mesuré que le X-T4 : les boîtiers de la même génération (capteur X-Trans 4, processeur X-Processor 4) ont les mêmes réglages et se comportent probablement de la même façon, sans que je l’aie vérifié. À chaque fois, je précise si un chiffre est vérifié (mesuré directement) ou calculé (tiré des mesures par un calcul).

1. Où agit chaque réglage, en un tableau

Si vous ne deviez lire qu’une chose, ce serait ce tableau. Le détail suit, réglage par réglage.

RéglageCe qu’il toucheCe qu’il laisseAmpleur au maximum
Simulation de filmsaturation, teintes par famille de couleur, courbe de base ; en N&B, le mélange des couleursrien : c’est le réglage le plus largechroma × 0,54 (Classic Neg.) à × 1,35 (Velvia) par rapport au Provia
Hautes lumièresla clarté au-dessus de L* 60 environtout ce qui est sous L* 45, la teinte−6 / +11 L* (de −2 à +4)
Ombresla clarté sous L* 45 environtout ce qui est au-dessus de L* 60, la saturation−15 / +8 L*
Couleurla saturation, partout, en proportionla clarté, presque toute la teinte× 0,80 à × 1,20
Color Chrome Effectassombrit les couleurs saturées, dans les ombres et les tons moyensles gris, les bleus, tout ce qui est au-dessus de L* 45jusqu’à −5 L* (fort)
Color Chrome FX Blueassombrit les bleus, d’autant plus qu’ils sont saturéstoutes les autres couleursjusqu’à −26 L* sur les bleus très saturés (fort)
Balance des blancs (Kelvin, préréglages)la teinte de toute l’imagela clarté (±1 L*)b* de −42 (2 500 K) à +25 (10 000 K) par rapport à Auto
Décalage R / Ben couleur, une dominante sur toute l’image (et un peu de clarté pour R) ; en N&B, une expositionen N&B, le mélange des couleursdominante de 20 à 33 unités de a* ou b* à ±9
Virage (N&B)la teinte de toute l’imagela clarté (moins de 0,4 L*)a* ou b* de 11 à 14 à ±9
Plage dynamiqueles hautes lumières, retenues, si elle est choisie à la prise de vueles tons moyens (±0,6 L*)hautes lumières −1,4 à −3,7 L* de DR100 à DR200, −5 à −7 de DR100 à DR400
Clartéle contraste local (la texture)les tons et les couleurs moyens des zonesmoins de 0,4 L* sur les moyennes, hors noirs profonds
Netteté, réduction du bruit, grainle détail finles tons et les couleurs

2. La courbe de base

Avant de toucher à quoi que ce soit, le Provia neutre (tout à 0) place les tons comme ceci, en IL autour du gris moyen de la scène (calculé, sur les 16 photos) :

Scène−2 IL−1 ILgris 18 %+1 IL+2 IL+3 IL
Provia, L* rendu233754688496
Acros213654698597
Classic Neg.223457769198

Un gris de 18 % sort à L* 54, un peu plus clair que dans la scène (L* 50), et les hautes lumières se tassent doucement au-dessus de +2 IL. Classic Neg. éclaircit nettement les tons moyens et les hautes lumières (+4 à +8 L*) : à exposition égale, l’image paraît surexposée de 1/3 à 1/2 IL (calculé). Sous −2 IL, mon estimation de la scène n’est pas assez fiable pour que je la publie.

3. Les simulations de film

Une simulation, c’est un ensemble : une saturation, des glissements de teinte par famille de couleur, et une courbe. Voici chacune par rapport au Provia, tous les autres réglages égaux (médianes de 120 à 136 paires de développements, calculé) :

SimulationSaturation (chroma)TonsTeintes
Velvia× 1,26 à × 1,35ombres plus denses (−3 L*)oranges vers le jaune (+7°), bleus vers le violet (+8°)
Astia× 1,04 à × 1,13douce : hautes lumières −1, ombres −2oranges vers le jaune (+5°), verts vers le jaune (−4°)
Classic Chrome× 0,71 à × 0,81ombres plus denses (−3 à −2), tons clairs +2bleus vers le cyan (−13°), jaunes vers l’orange (−5°)
Pro Neg. Hi× 0,93 à × 0,97plus de contraste dans les ombres (−4 à −3)rouges, verts et magentas légèrement déplacés (±4°)
Pro Neg. Std× 0,81 à × 0,91douce, ombres +1rouges vers le magenta (−6°)
Eterna× 0,70 à × 0,79la plus plate : ombres +4, hautes lumières −3bleus vers le cyan (−6°)
Classic Neg.× 0,54 à × 0,71 (le plus fort sur les couleurs peu saturées)tons moyens et clairs +4 à +7, ombres −3rouges vers l’orange (+14°), verts vers le cyan (+18°), magentas vers le rouge (+18°)

Pour lire les teintes : l’angle de teinte tourne du rouge vers le jaune, le vert, le cyan, le bleu, le magenta, puis revient au rouge ; « +13° » est un pas dans ce sens.

J’ai aussi mesuré chaque simulation contre la scène, et non plus contre le Provia : seule, tout le reste à 0, sur 16 photos (calculé). Le contraste est la pente de la courbe autour du gris, de −1 à +1 IL de scène ; la saturation, le rapport entre la chroma rendue et celle de la scène, famille par famille (1 = la saturation de la scène) :

Simulation, contre la scèneContraste (L* par IL autour du gris)Saturation : rouges ; jaunes ; verts ; bleus
Eterna Bleach Bypass22,00,41 ; 0,58 ; 0,48 ; 0,26
Classic Neg.21,10,72 ; 0,96 ; 0,75 ; 0,36
Classic Chrome17,30,80 ; 1,00 ; 0,83 ; 0,52
Pro Neg. Hi15,90,79 ; 1,11 ; 1,06 ; 0,79
Provia15,70,96 ; 1,25 ; 1,18 ; 0,79
Astia15,60,95 ; 1,34 ; 1,14 ; 0,86
Pro Neg. Std15,50,72 ; 1,00 ; 0,99 ; 0,69
Eterna15,40,68 ; 0,88 ; 0,79 ; 0,54
Velvia14,71,06 ; 1,53 ; 1,41 ; 1,25
Acros, Monochrome (avec ou sans filtre), Sépia15,8 à 16,9noir et blanc
  • Eterna Bleach Bypass est la plus contrastée et la moins saturée, dans toutes les familles : le tirage sans blanchiment dont elle porte le nom.
  • Classic Neg. la suit de près en contraste (21,1) et, contre la scène, tourne les rouges et les bleus de +18 à +20°.
  • Les bleus sont la famille la moins saturée dans presque toutes les simulations ; seul le Velvia les sature.
  • Sépia suit la courbe de Monochrome (15,8 contre 15,9).

Ce que j’en retiens

  • Classic Chrome ne fait pas qu’éteindre les couleurs : il tourne les bleus vers le cyan, d’où ses ciels si reconnaissables.
  • Classic Neg. est la simulation qui transforme le plus. Elle éclaircit, désature fortement les couleurs déjà ternes, et fait tourner trois familles de couleur à la fois.
  • Eterna est la seule qui relève les ombres et baisse les hautes lumières en même temps : une courbe de cinéma, faite pour être retouchée.
  • Velvia sature fort (× 1,3) et ne tourne presque pas les rouges (+3°).

4. Hautes lumières et ombres

Ce sont deux réglages qui ne se chevauchent pas. Hautes lumières n’agit qu’au-dessus de L* 60 environ, Ombres qu’en dessous de L* 45. Entre les deux, les tons moyens (L* 45 à 60) ne bougent presque pas (vérifié). Les chiffres qui suivent sont des médianes de 48 à 712 paires de développements selon le cas (calculé).

Voici l’écart de clarté (L*) par tranche de clarté de l’image, en couleur. D’abord les hautes lumières :

Hautes lumières−2−1+1+2+3+4
L* 45 à 60−0,10+0,1+0,2+0,4+0,6
L* 60 à 75−3,0−1,4+2,3+4,3+7,5+10,3
L* 75 à 90−6,0−2,8+3,1+5,8+8,3+10,6
L* 90 à 100−4,0−2,0+1,4+2,7+3,5+4,3

Puis les ombres :

Ombres−2−1+1+2+3+4
L* 0 à 15+7,8+4,1−2,8−5,0−6,2−7,1
L* 15 à 30+8,0+4,1−3,8−7,7−10,8−13,7
L* 30 à 45+4,0+2,1−2,9−6,0−10,2−14,7
L* 45 à 60000000

Ce que montrent ces deux tableaux

  • Les valeurs positives durcissent, les négatives adoucissent, dans les deux cas : Hautes lumières +4 éclaircit les clairs, Ombres +4 fonce les sombres.
  • Le blanc pur et le noir pur bougent peu (L* 90 à 100 : 4 au plus) : la courbe se plie au milieu de sa moitié, pas aux extrémités.
  • Les couleurs gardent leur saturation : sur les zones claires et saturées, Hautes lumières +4 éclaircit autant que sur les gris (+10,7 contre +11,2) et ne retire que 2,6 de chroma. Le boîtier agit sur la clarté, pas canal par canal (calculé).
  • En noir et blanc, l’effet est un peu plus faible (Hautes lumières +4 : +7 au lieu de +10,6).
  • Les demi-crans (+1,5) passent. Les valeurs hors de −2 à +4 sont ignorées : le rendu est le même qu’à 0, la valeur n’est pas ramenée à la borne.

5. Couleur

Le réglage Couleur multiplie la saturation, d’environ 5 % par cran, sans toucher à la clarté (calculé, 40 à 248 paires) :

Couleur−4−2+2+4
Chroma× 0,80× 0,90× 1,10× 1,20
  • Le facteur est le même de L* 0 à 90 (× 1,16 à × 1,20 à +4) : c’est une saturation proportionnelle, pas un « vibrance » qui ménagerait les couleurs déjà fortes.
  • Les couleurs très saturées montent moins (× 1,11 à +4) : elles touchent la limite du sRGB.
  • La teinte bouge à peine : les jaunes glissent de 1,4° vers l’orange à +4, les bleus et les rouges d’environ 1°.
  • La clarté ne change pas (moins de 0,7 L*).

6. Color Chrome Effect et Color Chrome FX Blue

Le Color Chrome Effect assombrit les couleurs saturées ; il ne les sature pas (calculé, 192 paires). Sur les zones de chroma supérieur à 25 :

L* 0 à 1515 à 3030 à 4545 à 60au-dessus
faible−1,3−0,8−0,800
fort−3,5−4,7−4,7−0,30
  • Le chroma ne bouge pas (+0,04) : c’est de la densité, comme une couleur imprimée plus épaisse.
  • Il ne touche ni les gris, ni les bleus, ni les tons clairs. Par famille, en fort : jaunes −5,3, rouges −2,3, verts −1,8, oranges et magentas −1,5, bleus 0.
  • Le faible est discret (moins de 1,5 L*) ; c’est le fort qui se voit.

Le FX Blue ne touche que les bleus (calculé sur 32 paires seulement : ces chiffres sont moins sûrs). Il les assombrit d’autant plus qu’ils sont saturés :

Chroma du bleu10 à 2525 à 4040 à 60plus de 60
faible−1,3−4,0−9,8−13,0
fort−2,7−8,1−19,8−25,7
  • Les autres couleurs saturées : 0. Les magentas proches du bleu : −0,8 (faible), −1,9 (fort).
  • Les bleus gagnent un peu de saturation (+0,5) et glissent d’un demi-degré vers le violet.

Un ciel bleu profond fonce donc beaucoup en fort ; un ciel pâle, presque pas. Sur Florence, dont le ciel est très saturé, le FX Blue fort se voit tout de suite :

En noir et blanc, ni l’un ni l’autre n’a d’effet (vérifié, écart nul dans toutes les familles de couleur), même si le fichier de la recette les note.

7. Balance des blancs et décalage R / B

En couleur, le décalage pose une dominante sur toute l’image. Sur les gris (calculé, 40 paires ; dans chaque case, la valeur pour + puis pour −) :

Décalage±3±6±9
R : a* (rouge + / vert −)+3,5 / −4,0+9,5 / −9,3+21,9 / −19,7
B : b* (bleu = b* négatif)−4,1 / +5,6−10,9 / +14,7−24,2 / +33,4
  • L’effet n’est pas linéaire : les trois premiers crans sont discrets, les derniers forts. ±1 à ±3 corrige, ±6 à ±9 colore.
  • R éclaircit aussi l’image (+3 L* à R +9, −3 à R −9) ; B touche à peine la clarté.
  • B tire aussi vers le magenta (B +9 : a* +10), et R un peu vers le jaune.

En noir et blanc, le décalage n’est pas un filtre (vérifié). R ±9 change la clarté de ±3 à ±5 L*, B ±9 de −2 à +1, presque autant pour toutes les couleurs. Le décalage agit comme une exposition (plus fort dans les tons moyens), pas comme un mélange des couches. Pour changer le rendu des rouges ou des bleus en noir et blanc, il faut un filtre : je les détaille juste après.

La balance en Kelvin, en noir et blanc, fait de même (vérifié, 5 photos). De 10 000 K à 2 500 K, l’image s’assombrit de 4 à 6 L*, surtout dans les hautes lumières. Par rapport aux gris, l’effet sur le mélange reste faible : jaunes −1,2, bleus −1,4, rouges 0.

La balance des blancs du profil, en couleur (Classic Chrome neutre ; calculé). Par rapport à la balance Auto, sur l’image entière et sur les zones neutres de la vue en Auto (4 435 zones ; en Auto, a* +0,2 et b* −2,4) :

Balance du profilImage entière, contre Auto : ΔL* ; Δa* ; Δb*Zones neutres : a* ; b*
2 500 K−1,1 ; +14,9 ; −42,5+14,3 ; −32,6
Incandescent−1,1 ; +9,5 ; −34,3+7,5 ; −23,7
4 000 K−1,0 ; +3,1 ; −21,5+2,0 ; −14,2
Lumière du jour−0,8 ; +0,1 ; −10,8+0,2 ; −7,9
5 500 K−0,6 ; −0,8 ; −6,5−0,1 ; −5,4
Ombre−0,6 ; −3,0 ; −2,0−0,6 ; −3,1
7 500 K+0,1 ; −3,4 ; +10,2−0,3 ; +0,7
10 000 K+0,8 ; −4,3 ; +24,8−0,1 ; +6,2
  • La balance change la teinte de toute l’image (b* de −42 à +25), presque pas sa clarté (±1 L*).
  • Sur cette vue, 7 500 K tombe presque neutre et 5 500 K reste un peu plus froid que l’Auto. Lumière du jour se place près de 5 500 K, Incandescent entre 2 500 et 4 000 K.
  • Mes recettes n’utilisent pas de Kelvin. En noir et blanc, je l’ai mis en duel (Tri-X, HP5, FP4, de 3 200 à 6 500 K, choisi sur une moitié des photos, noté sur l’autre) : aucun Kelvin ne gagne 0,3. Elles restent en Auto, avec des décalages R / B.

8. Le noir et blanc : Acros, Monochrome, filtres, virage

Le mélange de base. En Acros, à clarté de scène égale (L* 40 à 70), chaque famille de couleur sort ainsi par rapport à sa clarté réelle (calculé) :

rougesorangesjaunescyansbleusmagentasgris
Acros−6,3−5,6+1,3−3,9+5,2+11,0+1,8
Monochrome−7,2−6,1+0,9−3,3+4,7+8,5+1,4

Sans filtre, le X-T4 rend donc les rouges plus sombres et les bleus plus clairs qu’on ne les voit, comme un film panchromatique sensible au bleu. C’est pour cela qu’un ciel bleu pâlit sans filtre. (Pour estimer la clarté réelle, je passe par un calcul de la scène, juste à 1,4 de ΔE près sur une mire.)

Acros contre Monochrome : Acros fonce les tons clairs (−3,4 L* de L* 60 à 75, −1,7 de 75 à 90), un peu plus les bleus (−2,3), et éclaircit à peine les ombres (+0,5 à +0,8). Il est plus dense et plus contrasté dans les clairs.

Les filtres, par rapport à la même simulation sans filtre (Acros et Monochrome se comportent pareil ; calculé, 496 à 667 paires) :

Filtrerougesorangesjaunesvertscyansbleusmagentas
Jaune (Ye)+5,0+4,1+4,6+0,8−1,9−3,6−1,4
Rouge (R)+9,8+7,9+8,8+1,3−3,7−6,8−0,7
Vert (G)−5,1−4,3−4,50+0,4−0,2−3,2
  • Le filtre rouge double le filtre jaune, dans les deux sens : rouges et jaunes éclaircis, bleus foncés.
  • Le filtre vert fonce les rouges et les jaunes sans éclaircir les verts : il sert d’abord à densifier les tons chauds (la peau, les briques).
  • Les gris bougent à peine (moins de 1 L*) : un filtre ne change pas l’exposition générale.

Le virage (chaud / froid, magenta / vert) teinte l’image entière sans toucher aux tons. Mesuré en Acros, sur les zones de L* 20 à 90 (calculé) :

Virage, en Acros−9−6−3+3+6+9
chaud / froid : b*−11,1−6,8−4,2+4,5+9,2+14,3
magenta / vert : a*+12,6+8,5+4,5−3,7−7,1−12,1
  • Chaque cran de chaud / froid vaut environ 1,5 de b* ; chaque cran de magenta / vert environ 1,4 de a*, vers le vert quand on monte.
  • Chaque virage tire aussi un peu sur l’autre axe (chaud / froid : a* de −2,4 à +3,8 ; magenta / vert : b* de −6,0 à +6,1).
  • La clarté ne bouge pas (moins de 0,4 L*). Aucune de mes recettes n’utilise le virage.

9. Plage dynamique

En DR200 et DR400, le boîtier sous-expose le capteur de 1 ou 2 IL à la prise de vue, puis relève la courbe au développement pour retrouver la même clarté moyenne. Les hautes lumières gagnent ainsi 1 ou 2 IL de marge (vérifié : biais d’exposition du RAW de −1,7 / −2,7 IL en DR200 / DR400, contre −0,7 en DR100).

Développer en DR200 ou DR400 un RAF pris en DR100 ne montre donc pas ce que ferait la prise de vue : en noir et blanc, cela relève fortement les tons moyens (+10 L* en DR200, +28 en DR400) ; en couleur, l’image vire au vert-jaune. Et on ne peut pas monter au-dessus de la DR de la prise de vue : un RAF pris en DR200 et développé en DR400 sort vert (a* −37 et b* +33 en médiane sur cette ville, contre +1,0 et +0,4 en DR100). La DR se choisit à la prise de vue ; au développement, on ne peut que la baisser (vérifié).

Sur des RAF pris en DR200 (7 vues, dont cette ville), développés en DR100 contre DR200 (vérifié) :

  • les tons moyens ne bougent pas : médiane de L* à ±0,6 près, et −0,4 à −0,7 sous L* 60 ;
  • les hautes lumières sont plus claires en DR100 : +1,4 à +3,0 L* entre L* 75 et 90, +2,0 à +3,7 au-dessus ;
  • les blancs purs (L* au-dessus de 97) sont bien plus nombreux en DR100 : 39 % des zones contre 26 % sur la ville, 35 % contre 18 % sur une autre vue ;
  • sur un RAF pris en DR400, développé en DR100, les hautes lumières montent de +5,0 L* entre 75 et 90 et de +7,2 au-dessus.

Une DR plus haute ne change donc que les hautes lumières : elle les retient. La priorité D-Range, elle, est une courbe de compression. Sur des RAF pris en DR100, en noir et blanc, elle relève les ombres de +14 (faible) à +29 L* (fort) et baisse les hautes lumières de 2 à 3. Sur les RAF pris en DR200 :

  • faible : ombres (L* 0 à 30) +3,7 à +8,3, hautes lumières (75 à 90) −5,7 à −9,3 ;
  • fort : ombres +16 à +22, hautes lumières −3,3 à −7,5, et les noirs (L* sous 5) disparaissent presque (0 à 1,4 % des zones, contre 0 à 22,5 %).

Mes recettes restent en DR100. J’avais fixé la règle avant de mesurer : DR200 ou DR400 seulement avec un gain moyen d’au moins 0,3, sur 2 scènes sur 3, prises au trépied à DR100, 200 et 400. Aucune recette ne passe ; la Pro 400H gagne sur les deux scènes valables, mais de 0,12 seulement. Même test pour les recettes de 2022 retenues dans mes emplacements : aucune ne passe, RR Acros Push Process compris, d’origine en DR200. C2 et C6 sont donc en DR100 eux aussi. La DR Auto ne se mesure pas ici, mais même avec le meilleur choix possible à chaque scène, le gain resterait sous 0,3.

10. Clarté, netteté, réduction du bruit, grain

La clarté ne change ni les tons ni les couleurs moyens (calculé : moins de 0,4 L* sur les moyennes de zones, sauf −1,4 dans les noirs à +4 en noir et blanc). Elle agit sur le contraste local, la texture, à une échelle que mes moyennes par zone ne voient pas : la figure le montre mieux qu’un chiffre.

Le grain s’ajoute par-dessus tout le reste (vérifié, mesuré dans un cercle de 48 µm ramené au 24 × 36, l’ouverture de la granularité des fiches Kodak) :

Grainfaible, petitfaible, grosfort, petitfort, gros
σ de L* ajouté0,33 à 0,410,45 à 0,460,64 à 0,690,86 à 0,92

La réduction du bruit ne retire pas le grain : à −4, elle laisse passer un peu de bruit du capteur (0,23), qui ne s’ajoute presque pas au grain fort.

La netteté −4, elle, en retire un peu (0,87 au lieu de 0,92).

Même au plus fort, le grain du boîtier reste 2,5 fois plus faible que celui d’une Tri-X 400 à la même échelle (2,34). Le grain d’un film argentique ne s’imite pas tout à fait.

11. Ce que le boîtier ne sait pas faire

  • Pas de courbe des tons moyens. Hautes lumières et Ombres s’arrêtent à L* 60 et L* 45 ; seule l’exposition déplace les tons moyens.
  • Pas de mélangeur de couches en noir et blanc : quatre choix (sans filtre, jaune, rouge, vert), rien entre eux. Ni la balance ni le décalage ne s’y substituent.
  • Une seule saturation pour toute l’image : Couleur ne vise aucune teinte, Color Chrome ne vise que les couleurs saturées sombres, FX Blue que les bleus.
  • Pas de valeurs cachées : au-delà des bornes de l’écran (Hautes lumières +5, Couleur +6), la valeur est ignorée, et le rendu revient à 0.
  • Un grain plus fin qu’un film, comme on vient de le voir.

12. Ce que j’en tire pour écrire une recette

Le conseil : avant de toucher à un réglage, demandez-vous ce qu’il touche vraiment. Voici ce que j’applique maintenant :

  • Tons moyens trop clairs ou trop sombres : c’est l’exposition, pas Hautes lumières ou Ombres. Mes recettes mesurées donnent une consigne d’exposition quand elle aide.
  • Classic Neg. éclaircit d’environ 1/3 d’IL : une correction de −1/3 IL le compense.
  • Ciel trop clair en noir et blanc : filtre rouge (bleus −6,8) ou jaune (−3,6) ; pas de décalage B, qui assombrit tout.
  • Peau ou briques plus denses en noir et blanc : filtre vert (rouges −5,1).
  • Rouges et jaunes profonds sans saturer davantage : Color Chrome fort. Ciel bleu plus dense en couleur : FX Blue, faible d’abord, car l’effet monte vite avec la saturation du bleu.
  • Décalage de balance : ±1 à ±3 pour corriger, ±6 à ±9 pour un parti pris ; les crans ne sont pas réguliers.
  • Saturer moins sans tout éteindre : Couleur −2 retire 10 %, partout pareil.

J’ai fait ces mesures en octobre 2026, sur mon X-T4 au firmware 2.12.


Si jamais vous avez atterri là par hasard, la vidéo où je présente ces presets et la façon de s’en servir est ici :

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