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title: 'Vilém Flusser &#8211; Pour une philosophie de la photographie'
date: '2025-06-12T16:01:04+02:00'
modified: '2026-09-15T12:13:56+02:00'
type: youtube_video
summary: '📸 Dans cette vidéo, je vous parle de Pour une philosophie de la photographie de Vilém Flusser, un essai percutant et trop peu connu, qui interroge la place des images techniques dans notre civilisation. Flusser y développe des concepts puissants – comme le dispositif, le…'
tags:
  - Livres
  - Réflexion
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published: true
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# Vilém Flusser &#8211; Pour une philosophie de la photographie

📸 Dans cette vidéo, je vous parle de Pour une philosophie de la photographie de Vilém Flusser, un essai percutant et trop peu connu, qui interroge la place des images techniques dans notre civilisation. Flusser y développe des concepts puissants – comme le dispositif, le fonctionneur ou encore le programme – pour penser la photographie autrement : non pas comme une simple représentation du monde, mais comme un langage qui change notre façon de le percevoir. On y parle aussi de la magie de la photographie, de sa dimension temporelle, de sa valeur, et du rôle de l'appareil photo comme "black box" qui façonne notre regard. C’est dense, c’est brillant, et j’espère que ça vous donnera envie de lire le livre.

Je vous partage aussi ce que j’ai aimé dans l’ouvrage, les limites que j’y ai vues, et pourquoi il me semble fondamental pour mieux comprendre notre époque visuelle.

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🕒 Chapitres  

00:00 Introduction : pourquoi parler philo et photo ?  

01:03 Qui est Vilém Flusser ?  

02:00 Les concepts clés (dispositif, fonctionneur, programme, image technique)  

03:40 Lire une image : plurivocité et scanning  

05:02 La photographie en 4 dimensions  

06:02 La "magie" de la photographie : rupture de la causalité  

07:49 L'appareil photo : complexe structurellement, simple fonctionnellement  

09:20 Photographies informatives vs redondantes  

10:34 Photographie et écriture : une rupture dans l’histoire  

12:00 Image technique vs image sensible  

13:20 Le rôle du dispositif dans le sens de l’image  

14:41 La valeur de la photographie : artistique, politique, commerciale  

15:55 Conclusion : pourquoi lire Flusser aujourd’hui ?  

16:50 Ressources pour aller plus loin + bonus

🔽 Et pour dégoter des livres en promo, utilisez le Chineur :

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📸 Dans cette vidéo, je vous parle de Pour une philosophie de la photographie de Vilém Flusser, un essai percutant et trop peu connu, qui interroge la place des images techniques dans notre civilisation. Flusser y développe des concepts puissants – comme le dispositif, le fonctionneur ou encore le programme – pour penser la photographie autrement : non pas comme une simple représentation du monde, mais comme un langage qui change notre façon de le percevoir. On y parle aussi de la magie de la photographie, de sa dimension temporelle, de sa valeur, et du rôle de l’appareil photo comme « black box » qui façonne notre regard. C’est dense, c’est brillant, et j’espère que ça vous donnera envie de lire le livre.

Je vous partage aussi ce que j’ai aimé dans l’ouvrage, les limites que j’y ai vues, et pourquoi il me semble fondamental pour mieux comprendre notre époque visuelle.

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03:40 Lire une image : plurivocité et scanning  

05:02 La photographie en 4 dimensions  

06:02 La « magie » de la photographie : rupture de la causalité  

07:49 L’appareil photo : complexe structurellement, simple fonctionnellement  

09:20 Photographies informatives vs redondantes  

10:34 Photographie et écriture : une rupture dans l’histoire  

12:00 Image technique vs image sensible  

13:20 Le rôle du dispositif dans le sens de l’image  

14:41 La valeur de la photographie : artistique, politique, commerciale  

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Bonjour à tous, ici Thomas Hammoudi, et je viens vous parler de photographie. Aujourd’hui, on va être dans le dur : on va parler de philosophie autour de la photo, mais vous allez voir, ça va être passionnant. Ça faisait un petit moment que je n’avais pas publié une vidéo très orientée philosophie et, pour cause, ce n’est ni le sujet préféré des philosophes — on trouve quand même une bibliographie beaucoup plus restreinte que pour les grands sujets de société, comme l’amour, l’art, etc. — ni un sujet très vulgarisé : on a droit aux essais, et c’est tout. Et puis les grands penseurs de l’histoire de la philosophie, Platon, Socrate, Aristote, Voltaire, Rousseau et j’en passe, ne se sont jamais penchés, dans leurs écrits, sur la photographie ; c’est bien dommage. Pour l’anecdote, j’étais à Madagascar il y a quelques années quand j’ai lu le livre dont je vais vous parler ici. J’ai pris une partie de mes notes dans un petit carnet, dans un taxi qui m’emmenait au boulot, et comme, à Madagascar, il n’y a ni feux de circulation, ni stops, ni rien qui ressemble à un code de la route, c’était un peu compliqué à déchiffrer au retour. Donc voilà, une petite vidéo qui vous revient en partie de l’autre bout de la planète. Il sera donc question de l’ouvrage suivant : « Pour une philosophie de la photographie » de Vilém Flusser. L’ouvrage est un long essai portant sur la photographie, comme son nom l’indique subtilement. Il se lit plutôt bien, surtout si on le compare à du Hegel, bien que la dernière partie, sur le rôle des images dans la société, soit un peu plus ardue. Le fait qu’il n’y ait pas trop de notes de bas de page rend aussi la lecture assez fluide. Je vous mets à l’écran une photo de Vilém Flusser : c’est un philosophe à double lunettes ; il est donc deux fois plus dangereux qu’un philosophe standard, il gagne deux fois plus d’XP par publication et il inflige 15 % de dégâts en plus grâce à son artefact pipe. L’auteur est donc Vilém Flusser, un philosophe d’origine tchèque des Sudètes. Son nom est assez peu connu du grand public français, mais son œuvre est célèbre dans les pays germanophones, car les médias se sont emparés de son travail. Il a principalement vécu dans son pays d’origine, puis au Brésil, dont il obtient la nationalité, et en France. Ses essais sont courts, provocants et lucides, dans un style proche d’articles de journaux. Il ne s’est pas contenté de publier ses textes : il a beaucoup été sur le terrain. Il a notamment été conférencier à l’École d’Arles, a tenu des chroniques dans Artforum et European Photography, et a été curateur de la douzième Biennale de São Paulo en 1973. Vivant en Provence, il a aussi participé plusieurs fois aux Rencontres d’Arles, notamment entre 1982 et 1984. Maintenant que le contexte est posé, on va pouvoir démarrer. Comme dans ma vidéo sur Roland Barthes, il s’agira surtout de lister et d’expliquer les principales idées de l’ouvrage, sans se substituer à sa lecture assidue et méticuleuse — de préférence dans un endroit calme, si vous en croyez mon expérience — mais lisez-le quand même. Dans son texte, Flusser développe un lexique de termes utiles pour penser la photographie contemporaine, les technologies numériques de l’image et leurs usages en ligne. On va donc commencer par les présenter. Le « dispositif » : un outil qui change le sens du monde, en opposition aux outils mécaniques qui changent le monde lui-même. Le « fonctionneur » (functionary) : le photographe, ou l’opérateur, contraint par les réglages de l’appareil. Le « programme » : ce que peut l’appareil et la manière dont il le fait. L’« image technique » : une image produite mécaniquement, et non directement par la main de l’homme, comme la peinture. Passons aux caractéristiques de la photographie. Première caractéristique : la lecture des images. Un coup d’œil donne une lecture superficielle, mais, pour décrypter entièrement une photo, l’œil doit entrer dans la composition, analyser les éléments et leurs interactions. Flusser appelle ça le scanning. Une photo est plurivoque : il y a au minimum deux intentions, celle du photographe et celle du spectateur. Exemple : une photo de pommes peut être vue comme simple nature morte, comme critique de la consommation ou comme souvenir d’enfance. Flusser dit aussi que la photo est en quatre dimensions : hauteur, largeur, profondeur et temps. Ce temps n’est pas juste la vitesse d’obturation, mais le message qu’il porte. Passons à la magie de la photographie. La photo est magique parce qu’elle casse la causalité scientifique : elle montre cause et conséquence en même temps — le soleil et le coq se signifient mutuellement, par exemple. Cette boucle sans fin crée une forme d’éternel retour, donc de magie. À propos de l’appareil photo : il est structurellement complexe, mais fonctionnellement simple. Il y a beaucoup d’électronique, d’optique, d’informatique ou de chimie, mais, en pratique, on tourne une molette et on appuie sur un bouton. En photo comme aux échecs, on cherche de nouveaux coups. Mais beaucoup de gens s’émerveillent de l’appareil sans pousser la pratique, d’où la profusion de contenus sur le matériel plutôt que sur le travail photographique. « L’appareil fait ce que veut le photographe et le photographe doit vouloir ce que peut l’appareil. » L’appareil a un nombre fini de possibilités. Les photos sont soit informatives, soit redondantes. Informative n’est pas synonyme de bonne ; redondante n’est pas synonyme de mauvaise. Images et histoire : avant la photo, on déchiffrait le texte pour trouver l’image ; la photo inverse le rapport. Texte et image se nourrissent mutuellement et changent tout le temps. Flusser distingue les images pré-techniques — gravures, peintures, estampes — des photographies. Les premières sont décodables : on voit la main du peintre. Les secondes dépendent du programme du dispositif, qui façonne l’image. Valeur de la photo : trois canaux de diffusion, artistique, politique, commercial, mais pas de valeur intrinsèque. Les photos sont reproductibles à l’infini, presque gratuitement ; le pouvoir appartient à celui qui produit l’information, pas à celui qui possède un tirage. Voilà pour le résumé. Je trouve ce livre passionnant, dense et fondateur, malgré quelques concepts encore flous, comme les « catégories ». Il est facile à trouver et se lit bien, donc lisez-le. Si la vidéo vous a plu, laisse un pouce bleu, abonnez vous, partagez. Je t’offre un guide « 10 outils indispensables pour ton projet photo », lien en description. On se retrouve dans quinze jours. D’ici là, prends soin de toi, lis des livres, fais des images et cherche de nouveaux coups. C’était Thomas Hammoudi. À la prochaine. [Musique]

