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title: 'Le Baiser de l&rsquo;Hôtel de Ville de Doisneau : une scène pas si spontanée'
date: '2026-10-15T14:08:43+02:00'
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tags:
  - Histoire
  - Shorts
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# Le Baiser de l&rsquo;Hôtel de Ville de Doisneau : une scène pas si spontanée

📖 Le portrait complet de Robert Doisneau est sur le Blog :

[https://thomashammoudi.com/robert-doisneau-le-faussaire-qui-a-fabrique-le-paris-quon-croit-connaitre/](https://thomashammoudi.com/robert-doisneau-le-faussaire-qui-a-fabrique-le-paris-quon-croit-connaitre/)

Un baiser pris sur le vif, en pleine rue ? Pas vraiment. En 1950, Robert Doisneau répond à une commande du magazine Life et compose chaque détail : le décor, les vêtements, le geste des mains.

On regarde comment on fabrique une image « spontanée ».

📖 Le portrait complet de Robert Doisneau est sur le Blog :

> [Robert Doisneau : le faussaire qui a fabriqué le Paris qu’on croit connaître](https://thomashammoudi.com/robert-doisneau-le-faussaire-qui-a-fabrique-le-paris-quon-croit-connaitre/)

Un baiser pris sur le vif, en pleine rue ? Pas vraiment. En 1950, Robert Doisneau répond à une commande du magazine Life et compose chaque détail : le décor, les vêtements, le geste des mains.

On regarde comment on fabrique une image « spontanée ».

Cette photo, vous l'avez sûrement déjà vu en carte postale ou en poster. Robert Duoano l'a prise à Paris vers 1950. Un baiser pris sur le vif en pleine rue, pas vraiment. Presque rien dans cette scène n'est aussi spontané qu'il n'y paraît. Le magazine américain Life veut une série de photos sur les amoureux de Paris au printemps. Nous sommes début 1950 et le délai est très court. Douano choisit alors de mettre en scène chaque photo décor après décor dans plusieurs quartiers de la capitale. Derrière le couple, une masse floue se découpe. L'hôtel de ville, l'un des monuments les plus reconnaissables de Paris. Ce flou suffit à planter le décor. On devient un passant attais ouverte et large foulard pour lui, cardigan déboutonné pour elle, aucun chapeau sur la tête, rien de gindé dans leur allure. Autour du couple, Paris continue de courir flou et pressé. Eux n'en tiennent visiblement pas compte. Ils s'embrassent en plein milieu du mouvement de la ville. Ce baiser vend une idée bien précise de la France. Un pays romantique, un peu naïf, à milieu de la pudeur américaine. Aux États-Unis, en pleine guerre froide, sous la chappe du maccartisme, cette image légère faisait l'effet d'une bouffée d'air, une carte postale au bon moment. Trois gestes organisent le coup. Lui entoure l'épaule de la jeune femme, elle laisse pendre son bras sans résistance et entre les doigts de la main, à lui une cigarette. Une pose de dur, rassurante et possessive à la fois. Ensemble, ces détails ne montrent pas un instant volé. Il composent une idée de Paris fabriquée décor après décor pour donner à un magazine américain l'image qu'il attendait de la ville. Publié le 12 juin 1950, la photo tombe vite dans l'oubli. Puis en 1986, un éditeur la ressort en poster. 410000 exemplaires vendus. Elle finit punaiser dans les chambres d'étudiants du monde entier, juste devant l'affiche du parrain. Une leçon pour vos propres photos ? N'ayez pas peur de composer une scène. Ce qui compte, c'est que chaque détail du décor reste vrai jusqu'au vêtement, au gestes des mains et à l'endroit choisi. Les deux amoureux étaient deux élèves acteurs payés 500 francs pour poser dans plusieurs décors parisiens. Des décennies plus tard, un couple a réclamé de l'argent en se disant sur la photo débouté. Et le procès a fait sortir de l'ombre à la vraie jeune femme Françoise Bornet. Le procès qui a suivi et ce que sont devenus les deux acteurs ainsi que le prix payé bien plus tard pour le tirage originel, c'est dans mon article sur le blog. Oh.

