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title: Les NFT sont une immense arnaque (4 ans après)
author:
  name: Thomas Hammoudi
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  - Internet
  - Polémique
  - Réflexion
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# Les NFT sont une immense arnaque (4 ans après)

Il y a quatre ans, je terminais un article de douze mille mots sur les NFT par une phrase un peu désinvolte :

> On en reparle dans 10 ans.
> Moi-même, *Les NFT sont une immense arnaque*, septembre 2022

Bon. On va en reparler dans quatre. Je suis impatient, c’est un défaut (parmi d’autres). Mais surtout, tout le monde est mort avant l’échéance, et je ne vais pas poireauter jusqu’en 2032 pour faire l’autopsie.

Devinez qui est de retour.

En 2022, je vous annonçais l’heure des tartes. Cette fois, je viens compter les morceaux.

Et que ce soit clair, ce n’est pas pour faire un tour d’honneur. Un tour d’honneur, ça se court quand on a gagné quelque chose, et je n’ai rien gagné du tout : les gens qui ont acheté ces images ont perdu leur argent, ceux qui les ont vendues sont passés à autre chose en sifflotant, et moi j’ai passé six mois de ma vie à me disputer sur Twitter avec des inconnus qui avaient un singe en photo de profil (le même singe, souvent, à la casquette près). Personne ne sort grandi de cette histoire.

Non, si je remets le couvert, c’est pour une raison précise : **cette fois, je peux prouver.**

En 2022, je faisais de l’opinion documentée : des captures d’écran, des rapports, un site qui calculait les empreintes carbone. C’était honnête, mais c’était du témoignage (avec mes yeux, mes biais et mon agacement, qui était considérable). Aujourd’hui, tout ce que ces gens ont fait est gravé dans un registre public que personne ne peut modifier, effacer ni maquiller. Chaque vente, chaque frais payé, chaque euro sorti, chaque image restée sur l’étagère. **Ils ont signé eux-mêmes le procès-verbal de leur naufrage**, il n’y avait plus qu’à le lire.

Savourez l’ironie avec moi : l’argument de vente numéro un des NFT, la transparence totale et l’inaltérabilité de la chaîne, **est exactement l’outil qui permet aujourd’hui de documenter leur échec.** Vous vouliez de la traçabilité éternelle ? Vous l’avez. Y compris pour les moments gênants.

Alors j’ai passé une partie de l’été à écrire un outil qui remonte l’historique complet d’un portefeuille, date chaque transaction, la convertit en dollars au cours du jour, et repère où l’argent est sorti (oui, mes vacances sont passionnantes, merci pour elles). Puis je l’ai pointé sur les gens dont je parlais en 2022. Tous.

![Sortie du script wallet.py resume sur le portefeuille magnumphotos75.eth](https://thomashammoudi.com/wp-content/uploads/2026/08/nft-outil-wallet-terminal-01.png)*L’outil en action sur le portefeuille de Magnum. Une adresse entre, un relevé daté et valorisé sort.*

Ce qui suit, ce sont les résultats. Et je vous préviens : certains m’ont surpris moi-même.

Et si vous n’avez jamais acheté un jeton de votre vie, restez quand même. Cette histoire n’est pas une histoire de crypto-monnaie, c’est une histoire de photographie : celle de ce qui arrive quand un métier entier se persuade qu’une nouveauté est son avenir, et de ce qu’il en reste quatre ans plus tard, une fois que les gens qui le juraient sont passés à autre chose. **Ce qui compte ici n’est pas de savoir qui avait raison en 2022. C’est de savoir à quoi ressemblent les preuves, pour la prochaine fois.** Et il y aura une prochaine fois.

> [Les NFT sont une immense arnaque](https://thomashammoudi.com/les-nft-sont-une-immense-arnaque/)

```
PS : Cet article se lit tout seul, mais il est la suite de « Les NFT sont une immense arnaque », publié le 25 septembre 2022. Vous n'avez pas besoin de l'avoir lu : la section suivante vous donne, en cinq minutes, tout le vocabulaire nécessaire. Si en revanche vous voulez le détail de la preuve de travail, du wash trading ou du droit d'auteur appliqué aux jetons, c'est là-bas que ça se trouve, et je ne vais pas le refaire ici.
```

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## Un NFT, c’est quoi ? (rappel express)

Si vous avez lu l’article de 2022, ou si le mot « *gas fee* » vous est familier, sautez directement à la section suivante (et toutes mes condoléances).

Pour les autres, et j’écris ça pour vous : il y a exactement **cinq notions** à connaître pour suivre tout ce qui suit. Cinq. Après ça, vous saurez lire n’importe quel relevé de cet article, et vous pourrez vous disputer sur internet en connaissance de cause, ce qui est quand même la moindre des politesses.

**Un. La blockchain est un cahier.** Un grand cahier public où les transactions s’écrivent à la queue leu leu, où personne ne peut effacer une ligne déjà écrite, et dont des milliers de gens possèdent une copie identique. En 2022, je comparais ça à un collier de perles qu’on allonge sans jamais pouvoir en retirer une : l’image tient toujours. La seule différence avec le cahier de votre banque, mais elle est énorme, c’est que celui-là, **n’importe qui peut le lire**. Moi compris, quatre ans après. C’est très exactement le sujet de cet article.

**Deux. L’ether est la monnaie de ce cahier-là.** Il existe des centaines de chaînes, la plus connue étant celle du bitcoin, mais tout ce dont je vais vous parler vit sur une chaîne qui s’appelle Ethereum et se paie en ether (abrégé ETH). Son cours bouge en permanence, et retenez bien ça, parce que c’est la source de la moitié des malentendus du secteur : **un même objet peut rapporter 24 000 dollars en novembre et 17 000 en janvier pour la même quantité d’ether.** On verra que c’est arrivé, à un photographe belge, en deux mois.

**Trois. Un portefeuille est un compte, et sa vitrine est ouverte.** Il porte une adresse, une longue suite de caractères qui commence par `0x`. Tout ce qui entre sur cette adresse et tout ce qui en sort est visible par la terre entière, définitivement. C’est l’inverse exact d’un compte en banque : le solde est en devanture, seul le nom du titulaire est masqué (et encore, vous allez voir que pas toujours).

**Quatre. Un NFT est un reçu, pas une image.** Le sigle veut dire « jeton non fongible », ce qui est une manière savante de dire « pas interchangeable » : un euro vaut n’importe quel autre euro, alors qu’un jeton est censé être unique. Mais voici le point qui commande toute cette histoire, et je vous demande de le garder en tête jusqu’au bout : **le jeton ne contient pas la photo.** Une photo est bien trop lourde pour tenir dans un cahier pareil. Le jeton contient **un lien** vers une image hébergée ailleurs, sur un serveur qui appartient à quelqu’un. Pensez à une carte grise : elle décrit la voiture, le modèle, le propriétaire, mais ce n’est pas la voiture, c’est son titre de propriété. Vous achetez la carte grise, pas la voiture. Et dans notre cas, la voiture est garée chez quelqu’un d’autre.

![Schéma : la chaîne contient un jeton, le jeton contient un lien, l](https://thomashammoudi.com/wp-content/uploads/2026/09/nft-schema-jeton-lien-image-04.png)*Le jeton ne contient pas la photo, seulement l’adresse d’un fichier qui vit ailleurs. Le schéma qui commande tout le reste de cet article : la partie éternelle est à gauche, la partie fragile est à droite.  
Schéma : structure standard d’un jeton ERC-721, telle qu’on la lit dans les métadonnées des contrats cités ici.*

**Cinq. Écrire dans le cahier coûte de l’argent.** Chaque opération paie une commission au réseau, appelée le *gas* (le carburant). C’est un péage, avec une particularité désagréable : **vous payez même quand l’opération échoue.** Fabriquer un jeton se dit *minter*, du verbe anglais « frapper une monnaie ». Un photographe qui met dix images en vente paie donc dix péages avant d’avoir encaissé le moindre centime.

Voilà. C’est tout. Vous en savez assez.

Avec ces cinq notions, vous pouvez lire un relevé de compte, comprendre pourquoi une collection peut coûter une fortune à fabriquer sans jamais rien rapporter, et surtout saisir ce qui arrive le jour où le serveur qui héberge les images s’éteint. Ce jour est arrivé, en avril dernier, et c’est le moment le moins drôle de cet article.

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## La méthode

**Déplier : comment j’ai compté, et ce que ça ne prouve pas**

Commençons par le plus ennuyeux, histoire de s’en débarrasser (c’est toujours la partie que je préfère écrire et celle que tout le monde saute). Si vous vous fichez de savoir comment j’ai obtenu ces chiffres, sautez à la section suivante. Mais je préfère poser la méthode d’abord, parce que tout le reste en dépend, et parce que je voudrais que vous puissiez refaire les calculs vous-même si l’envie vous prend.

En 2022, ma méthode tenait en trois clics. Je prenais l’adresse d’un contrat, je la collais dans un site nommé Carbon.FYI qui me rendait une empreinte carbone, et j’allais vérifier les montants sur Etherscan. C’était rustique mais ça marchait (comme un Zenit : pas beau, pas précis, mais ça sort une image).

**Carbon.FYI n’existe plus.** Ce qui est une première leçon en soi : les outils qui servaient à surveiller cet écosystème sont morts avant l’écosystème lui-même. Le contrôle disparaît toujours avant la chose contrôlée (retenez celle-là, elle resservira ailleurs).

J’ai donc dû reconstruire. L’outil fait quatre choses :

- Il remonte l’historique complet d’une adresse. Toutes les transactions, depuis la première, avec leur date à la seconde près.

- **Il convertit chaque montant en dollars au cours du jour de la transaction.** C’est le point critique, et c’est là que 90 % des analyses que vous lirez ailleurs se plantent : convertir un gain de 2021 au cours d’aujourd’hui n’a aucun sens. J’ai constitué pour ça un historique quotidien du cours de l’Ethereum depuis 2016 (3 773 journées, une ligne par jour).

- Il repère les décaissements, c’est-à-dire les moments où quelqu’un envoie ses gains vers une plateforme d’échange pour les transformer en vrai argent. J’y ai embarqué une liste de 413 adresses connues de Coinbase, Binance, Kraken et consorts (ces adresses sont publiques, c’est tout l’intérêt du système).

- Il calcule le gas consommé et son équivalent carbone, en distinguant strictement ce qui a été émis avant le 15 septembre 2022 de ce qui vient après. On verra pourquoi cette date compte énormément.

Le tout sans aucune clé payante, uniquement sur des sources publiques et gratuites. C’était une contrainte que je me suis imposée : si vérifier ces chiffres coûte de l’argent, personne ne vérifiera jamais rien (et c’est très exactement comme ça que meurent les contre-pouvoirs).

### Les limites, parce qu’il y en a

Je reprends ici l’avertissement que je posais déjà en 2022, parce qu’il reste vrai : **ces chiffres sont des planchers, jamais des plafonds.**

J’analyse au contrat et à l’adresse. Si une image est vendue par A à B, je vois tout. Si B la revend ensuite à C, puis C à D, cette partie m’échappe. Il faudrait suivre chaque jeton individuellement à travers toutes ses reventes (il y en a 146 rien que chez Magnum), ce qui est faisable mais représente un travail de fourmi que je n’ai pas fait sur l’ensemble du corpus (il faut bien dormir).

Deuxième limite, plus subtile, et c’est le piège de ce genre d’analyse : **ce qui entre sur une adresse n’est pas un revenu.** Quand vous ouvrez un portefeuille, vous commencez par y déposer votre propre argent pour pouvoir payer les frais. Cet argent apparaît dans la colonne « entrées » exactement comme une vente. Confondre les deux, c’est transformer quelqu’un qui a perdu de l’argent en quelqu’un qui en a gagné. C’est l’erreur la plus facile à commettre sur ces relevés, et la plus trompeuse.

Enfin, un portefeuille ne dit rien de ce qui s’est passé à côté : les ventes de gré à gré, les conférences payées pour venir expliquer le web3, les formations vendues à des photographes. Tout ça existe et n’apparaît nulle part dans mes tableaux (et représente peut-être, chez certains, l’essentiel du gain réel).

```
PS² : Quand j'écris qu'un portefeuille « a vu passer » une somme, c'est volontaire. Ce n'est pas un chiffre d'affaires, ce n'est pas un bénéfice, c'est le total de ce qui a transité. Je pèse mes mots ici parce que ce sont des gens réels et que la différence entre les deux, c'est la différence entre une information et une calomnie.
```

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## Magnum Photos, quatre ans après

Reprenons là où on s’était arrêtés (vous pouvez garder votre ticket, la file n’a pas bougé).

En 2022, [Magnum Photos](https://www.magnumphotos.com/) était la pièce maîtresse de mon dossier. L’agence fondée par [Henri Cartier-Bresson](https://thomashammoudi.com/henri-cartier-bresson-voyage-dans-loeuvre-du-monstre-sacre-de-lhistoire-de-la-photographie/), [Robert Capa](https://thomashammoudi.com/robert-capa-le-photographe-qui-a-fabrique-sa-legende-pour-mieux-courir-vers-lhistoire/), [David Seymour](https://apps.thomashammoudi.com/photographe/david-chim-seymour) et [George Rodger](https://fr.wikipedia.org/wiki/George_Rodger) s’était lancée dans les NFT pour ses 75 ans, avec deux community managers et un chef de projet à plein temps sur un Discord, un discours écologique impossible à vérifier, et une modération qui déplaçait poliment toute critique en messages privés (là où personne ne la lit).

Si le nom ne vous dit rien : Magnum, c’est l’agence qui a photographié la guerre d’Espagne, le Débarquement, Mai 68 et à peu près tout le reste du vingtième siècle. C’est la maison la plus prestigieuse de la profession, celle dont les photographes servent de référence dans les écoles. Quand elle se met à vendre des liens vers des fichiers, ce n’est pas un fait divers technologique : c’est le sommet du métier qui valide la mode. C’est très exactement pour ça que je m’y étais intéressé en 2022, et pourquoi je commence par là.

J’avais relevé deux adresses à l’époque, sans savoir les relier. Il se trouve que celle que je donnais comme un simple exemple de « à quoi ressemble une adresse de contrat », `0xD8D005F6…`, était en fait celle de Magnum. Je l’ai vérifiée dans les deux sens (le nom renvoie à l’adresse, l’adresse renvoie au nom). On va donc l’ouvrir.

![Un homme fouille des tiroirs d](https://thomashammoudi.com/wp-content/uploads/2026/09/giphy.gif)*Moi, cet été, en rouvrant le dossier. [Source](https://giphy.com/gifs/896NyHxKgOwc8UoIar)*

### Tout s’est joué en six mois

Voici l’intégralité de la vie financière du programme NFT de Magnum Photos, de la première transaction le 21 juin 2022 à aujourd’hui.

| Année | Transactions | ETH encaissés | Valeur au cours du jour | ETH sortis |
| --- | --- | --- | --- | --- |
| 2022 | 276 | 104,57 | 131 338 $ | 67,79 |
| 2023 | 21 | 2,85 | 4 604 $ | 37,02 |
| 2024 | 1 | 0,17 | 577 $ | 0,00 |
| 2025 | 4 | 1,15 | 4 822 $ | 0,00 |
| 2026 | 11 | 6,95 | 13 323 $ | 0,00 |

*Portefeuille `magnumphotos75.eth`, relevé en septembre 2026.*

Au total : **115,69 ETH encaissés, soit 154 664 dollars**[1](#7008bce8-0923-5a47-a621-2c964d143147) valorisés au cours du jour de chaque encaissement.

Dont 104,57 sur la seule année 2022. **Quatre-vingt-dix pour cent de tout ce que Magnum a jamais gagné avec les NFT tient dans les six premiers mois.**

Ce n’est pas un déclin. Un déclin, ça descend (parfois longtemps, parfois mollement, mais ça descend). Ça, c’est un interrupteur. Quelqu’un a éteint la lumière en partant, et personne n’est revenu dans la pièce.

![Graphique des ETH entrés chaque année sur le portefeuille Magnum Photos, 2022 à 2026](https://thomashammoudi.com/wp-content/uploads/2026/09/nft-mpa75-flux-annuels-03.png)*Les entrées d’ETH du portefeuille Magnum, année par année. 90 % du total sur la seule année 2022.  
Source : transactions du portefeuille magnumphotos75.eth (0xd8d005f6…6ee1) lues sur Blockscout, dollars au cours du jour de chaque transaction (bougies Coinbase).*

Et je précise tout de suite l’ordre de grandeur, parce qu’il compte : 154 664 dollars sur quatre ans, pour une agence de cette envergure, avec trois personnes salariées dessus pendant des mois (deux community managers et un chef de projet, d’après ce qu’on m’avait dit à l’époque). Dans mon article sur [le prix des tirages](https://thomashammoudi.com/combien-ca-coute-un-tirage/), je montrais qu’un seul grand nom peut atteindre plusieurs dizaines de milliers de dollars sur une vente physique. **Magnum a mobilisé une équipe pendant six mois pour un montant qu’un de ses photographes fait en quelques tirages.**

### Le robinet coule, personne ne vide le seau

Regardez la dernière colonne du tableau. Celle des sorties.

**Plus un centime n’est sorti de ce portefeuille depuis le 15 mai 2023.**[2](#fc734d83-543f-59b3-ac70-45d3ea4512d5) Zéro en 2024, zéro en 2025, zéro en 2026. Alors que l’argent, lui, continue d’arriver chaque année.

Il y a aujourd’hui 11,37 ETH qui dorment sur cette adresse, soit environ 27 800 dollars au cours de septembre 2026. Personne n’est venu les chercher depuis trois ans et quatre mois.

![Fiche Blockscout du portefeuille Magnum Photos : 11,37 ETH dormants](https://thomashammoudi.com/wp-content/uploads/2026/08/nft-mpa75-portefeuille-blockscout-01.png)*Le portefeuille, aujourd’hui. 11,37 ETH au guichet, et personne pour venir les chercher. [Source](https://eth.blockscout.com/address/0xd8d005f66296068a2efc240f7e5910af52a86ee1)*

Je ne sais pas pourquoi, et je ne vais pas prétendre le savoir. Peut-être que la personne qui détenait les clés est partie. Peut-être que plus personne, en interne, ne sait que ce compte existe. 🤷🏻‍♂️ Peut-être que vingt-huit mille dollars ne valent plus le coût administratif de les déclarer (ce qui, quand on y pense, est une façon élégante de dire que ça ne vaut pas le déplacement). Ce que je constate, c’est qu’une des institutions les plus prestigieuses de la photographie mondiale a de l’argent qui tombe sur un compte, **et que personne ne va le chercher.** On appelle ça un projet abandonné (le terme technique, chez les banquiers, serait « compte dormant »).

Petit détail au passage, pour les amateurs de traçabilité : **aucun de ces fonds n’est jamais parti vers une plateforme d’échange identifiée.** L’argent a transité par des portefeuilles multisignatures, ces coffres à plusieurs clés qu’utilisent les organisations pour leur trésorerie. C’est cohérent avec une structure d’entreprise : une trésorerie, pas un portefeuille personnel. Je le note parce qu’en 2022 je taquinais [Johan Lolos](https://fr.wikipedia.org/wiki/Johan_Lolos) sur la flat tax, et que ça ressemble ici à une gestion normale, rien de plus.

### Cent quarante-six images, vingt-neuf acheteurs

Maintenant, le chiffre qui m’a le plus arrêté.

La collection s’appelle « Magnum Photos 75 ». Elle compte **146 pièces**. Ces 146 pièces sont réparties entre **29 adresses**.[3](#99bd956b-cb38-5fe1-a9f3-eebd52ff8b4d)

Vingt-neuf. Le nombre d’élèves d’une classe de sixième. Un anniversaire un peu ambitieux. Pour l’agence de Cartier-Bresson, Capa, [Koudelka](https://thomashammoudi.com/josef-koudelka-lexil-la-rigueur-et-la-poesie-du-monde-en-noir-et-blanc/) et [Depardon](https://thomashammoudi.com/raymond-depardon-du-fils-de-paysan-au-monument-de-la-culture-visuelle/). Il y a des photographes amateurs (dont certains me lisent, salut à vous) qui vendent des tirages à plus de vingt-neuf personnes différentes.

Mais ce n’est pas le pire. Voici comment ces 146 pièces se répartissent :

| Détenteur | Pièces |
| --- | --- |
| **Le contrat de la place de marché elle-même** | **66** |
| Un coffre de collectionneur | 22 |
| Les deux coffres d’un musée privé | 9 |
| Quatre adresses qui en détiennent de 4 à 6 chacune | 20 |
| 21 adresses restantes, dont 15 n’ont qu’une seule pièce | 29 |

*Répartition des détenteurs du contrat MPA75, septembre 2026.*

**Soixante-six pièces sur cent quarante-six, soit 45 % de la collection, sont toujours détenues par le contrat de la place de marché.** Elles ne sont jamais arrivées chez un acheteur. Elles sont restées sur l’étagère (une étagère qui consomme de l’électricité, ce qui n’est pas le cas de la mienne).

Je veux être précis sur ce point, parce que la nuance a son importance : sur cette plateforme, une pièce mise aux enchères est mise sous séquestre dans le contrat le temps de la vente, c’est-à-dire confiée à la plateforme, qui la garde le temps des enchères comme un notaire garde les clés. Ces 66 pièces sont donc soit invendues, soit encore listées quelque part. Dans les deux cas, **elles n’ont jamais trouvé preneur.**

Et ça, c’est très exactement ce que j’écrivais en 2022 :

> Des centaines (milliers ?) de NFT sont créés mais ne sont jamais vendus. Le plus intelligent serait sans doute d’attendre que le NFT soit vendu pour le créer.
> Moi-même, *Les NFT sont une immense arnaque*, septembre 2022

Quatre ans plus tard, sur la collection de l’agence la plus prestigieuse du monde, **presque une image sur deux** a été fabriquée, inscrite dans la chaîne, payée en frais et en électricité, pour finir sur une étagère où personne n’est venu la chercher. Le carbone a été brûlé pour rien. Pas métaphoriquement : littéralement pour rien.

![Fiche Blockscout du contrat Magnum Photos 75 : 29 détenteurs, 495 transferts](https://thomashammoudi.com/wp-content/uploads/2026/08/nft-mpa75-contrat-blockscout-01.png)*La fiche du contrat MPA75, aujourd’hui : 29 détenteurs pour 146 pièces. Et en guise de sponsor, un casino en ligne (on ne choisit pas ses voisins). [Source](https://eth.blockscout.com/token/0xe628b59D34F42B16C53F4d697f1FfD4d8d987b91)*

### Le réveil de 2026, ou l’histoire d’un seul homme

Vous avez remarqué la dernière ligne du premier tableau ? 2026 est la deuxième meilleure année de l’histoire du programme. 6,95 ETH encaissés, plus de treize mille dollars, après trois années à l’agonie.

Un renouveau ? C’est ce que dit le tableau. Regardons de plus près, parce que c’est là que cette histoire devient intéressante.

**Le 5 août 2026, entre 15h48 et 15h50, six virements d’exactement un ETH chacun tombent sur le compte de Magnum.**[4](#c2ea5790-b21d-5c93-ba0a-48be39dffa13) Six paiements identiques en deux minutes (à la seconde près : 15h48’11, 15h48’47, 15h49’11, et ainsi de suite). J’ai remonté les jetons correspondants : six images sortent du contrat de la place de marché ce jour-là, et elles partent toutes vers **la même adresse**.

Une semaine plus tard, le 12 août, cinq de ces six images sont reversées dans deux autres coffres. Qui appartiennent à la même personne.

Et non, ce n’est pas du wash trading : le motif y ressemble (acheter, puis transférer aussitôt vers ses propres adresses), mais les trois portefeuilles sont revendiqués publiquement par la même personne, qui range simplement ses achats dans ses coffres.

Cette personne, c’est un collectionneur pseudonyme connu sous le nom de [punk6529](https://nftnow.com/art/punk6529-launches-open-metaverse-project-with-nft-museum-district/), qui a monté son propre musée d’art numérique et collectionne sérieusement depuis des années.

Autrement dit : **la totalité du « réveil » de Magnum Photos en 2026, c’est un monsieur qui achète six photos et les range dans son musée.**

Le marché des NFT de Magnum Photos, en 2026, c’est un client (et il est très bien, ce client, ce n’est pas le sujet).

Et là, je suis obligé de me citer une deuxième fois, parce que je n’en reviens toujours pas. En 2022, je terminais ma typologie des acheteurs par une quatrième catégorie, les collectionneurs sincères, ceux qui connaissent tous les problèmes et achètent quand même parce qu’ils croient à la chose :

> Peut-être qu’une fois que toutes les arnaques se seront effondrées, tous les projets rentrés dans tous les murs et que la poussière sera retombée, ce seront eux qui continueront de faire vivre le secteur de façon confidentielle.
> Moi-même, toujours, septembre 2022

Je pensais écrire une hypothèse un peu généreuse pour finir la section sans taper sur tout le monde. **C’est devenu une description exacte de l’état du marché.** Il reste un collectionneur sincère, et il fait à lui seul le chiffre d’affaires annuel de Magnum Photos.

Franchement, si quelqu’un m’avait dit en 2022 que ma phrase la plus conciliante serait celle qui vieillirait le mieux, j’aurais ri (jaune, mais j’aurais ri).

```
PS³ : L'empreinte carbone du seul portefeuille de Magnum, sur la période où l'Ethereum fonctionnait encore en preuve de travail, s'élève à environ 1 198 kg de CO₂. En 2022, j'expliquais qu'imprimer une photo et la poster coûte 2,3 kg. Ça fait 521 tirages envoyés par la poste.
```

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## L’éternité, c’est le 27 avril 2027

On arrive au moment où cette histoire cesse d’être drôle.

Putain, de bordel, de merde (pardon, mais vous allez voir, c’est mérité).

Magnum a vendu 100 % de ses NFT sur une plateforme qui s’appelait Foundation. Le 27 avril 2026, ses trois fondateurs ont publié une lettre ouverte.[5](#9b58852a-9761-50df-bd32-fad15768a5fe) Elle est toujours en ligne, elle est même désormais la seule chose qui reste sur le site. En voici le cœur :

> *« This is both a financial and operational reality. The team that built and maintained Foundation is no longer in place. »*
> Kayvon Tehranian, Elpizo Choi et Matthew Vernon, lettre de fermeture de Foundation, 27 avril 2026

Traduction : la vente de la plateforme à un repreneur a échoué, l’équipe est partie, et le site restera hors ligne *« indéfiniment »*.

Deux mois plus tôt, le 23 février 2026, Nifty Gateway avait fermé aussi (les retraits sont restés possibles jusqu’au 23 avril).[6](#e88c8603-7384-563d-9d8f-ed7633a0af99) Deux des plateformes les plus en vue du secteur, le même printemps (le hasard, sans doute, faisait sûrement du vélo dans le coin).

Mais ce n’est pas la fermeture qui compte. C’est ce qu’il y a dans le paragraphe suivant de la lettre.

### Le 27 avril 2027

Les fondateurs s’engagent à maintenir leur passerelle de fichiers **jusqu’au 27 avril 2027**. Un an. Après quoi, ils renvoient les détenteurs vers des outils communautaires tenus par des bénévoles (nommément cités dans la lettre), à qui il reviendra de ré-héberger les images.

Prenez trente secondes pour mesurer ce que ça veut dire.

En 2022, j’expliquais qu’un NFT n’est pas une image. C’est un bloc de code qui contient **un lien vers une image hébergée ailleurs**. Je l’écrivais comme une objection technique un peu aride, le genre de point qu’on développe en sachant que la moitié des lecteurs décroche (vous êtes toujours là ? bravo). Les partisans répondaient que ça n’avait aucune importance, que le réseau de stockage était décentralisé, éternel, indestructible.

Et je n’étais pas le seul à le savoir, ni discret sur le sujet. Le 3 février 2022, j’expliquais publiquement le mécanisme, capture d’écran à l’appui, sur une image de Bruce Gilden :

> Première étape, allez sur la page d'une image, au pif : [https://t.co/m7wyC26UTF](https://t.co/m7wyC26UTF) celle ci de [@brucegilden](https://x.com/brucegilden?ref_src=twsrc%5Etfw).Il faut savoir que si le [#NFT](https://x.com/hashtag/NFT?src=hash&ref_src=twsrc%5Etfw) (le contrat) est sur la blockchain, l'image qui lui est liée est elle sur un réseau décentralisé. Il y en a plusieurs, ici c'est un IPFS.— Thomas Hammoudi (@Thomas_HMD) [February 3, 2022](https://x.com/Thomas_HMD/status/1489230340908589056?ref_src=twsrc%5Etfw)

Quatre ans plus tard, c’est exactement cette passerelle-là que Foundation annonce débrancher. Je n’ai pas de mérite particulier à l’avoir vu venir : c’était écrit dans le fonctionnement du truc, il suffisait de lire.

**L’éternité, on connaît sa date : c’est le 27 avril 2027.** Reprenez le schéma du début, celui des trois cases : c’est la case de droite qui s’éteint. La case de gauche, elle, restera intacte pour l’éternité, avec sa ligne qui dit que telle adresse possède le jeton numéro 77. Un reçu parfaitement infalsifiable pour un objet qui n’existe plus. Elle est écrite noir sur blanc, dans un communiqué signé, par les gens qui vendaient l’éternité (trois signatures : directeur général, directeur technique, directeur produit).

Après cette date, ce qui reste dans la blockchain de Magnum Photos reste, effectivement, pour toujours : une ligne indiquant que telle adresse possède le jeton numéro 77. Et le jeton numéro 77 pointera vers un fichier que plus personne ne sert.

**Un certificat de propriété parfaitement infalsifiable, pour un objet qui a disparu.**

![Page d](https://thomashammoudi.com/wp-content/uploads/2026/08/nft-foundation-hors-ligne-01.png)*foundation.app, août 2026. La plateforme qui hébergeait 100 % des ventes NFT de Magnum. [Source](https://foundation.app/)*

Je vous laisse comparer avec l’alternative que je proposais en 2022, et que je continue de proposer : **un tirage dans une enveloppe.** Un tirage correctement fait, conservé à l’abri de la lumière, tient un siècle. On a des épreuves d’Atget qui ont cent vingt ans et qu’on regarde encore (il photographiait le vieux Paris avec une chambre en bois, et ses tirages ont survécu à deux guerres mondiales). Elles n’ont eu besoin d’aucune passerelle, d’aucun bénévole, d’aucun communiqué de fondateurs.

**Le papier a battu la blockchain sur son propre terrain, la conservation, en quatre ans.** Quatre.

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PS⁴ : La lettre précise que les détenteurs doivent aller délister eux-mêmes les pièces encore sous séquestre dans les contrats. C'est-à-dire que les 66 images de Magnum coincées dans la place de marché y resteront, sauf si quelqu'un chez Magnum se connecte pour aller les récupérer. Vu que personne n'est venu chercher vingt-huit mille dollars depuis trois ans, je ne parierais pas dessus.
```

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## Qu’est-ce qu’ils sont devenus ?

Passons aux personnes. C’est la partie que j’appréhendais le plus, parce que c’est facile de taper sur une agence (une agence, ça n’a pas de sentiments) et beaucoup moins rigolo de regarder ce que sont devenus des gens dont j’ai moqué l’enthousiasme.

J’avais une hypothèse en commençant : que tout le monde aurait fait le ménage. Que les bios auraient changé, que les tweets auraient disparu, qu’on ne trouverait plus rien. Cette hypothèse était fausse. Ce que j’ai trouvé à la place est plus intéressant.

### Jonathan Bertin, ou la sélection dans les archives

Rappel pour ceux qui débarquent. En 2022, je citais [Jonathan Bertin](https://fr.wikipedia.org/wiki/Jonathan_Bertin) comme *« sans doute le plus béat des adeptes du moment »*, qui avait fini par publier un tweet de désillusion le 23 janvier 2022. Je lui avais répondu par une pique un peu moqueuse, sans rancune : *« Dit-il après avoir passé des mois à faire la promotion du truc. »*

Aujourd’hui, si vous cliquez sur ce tweet depuis mon article de 2022, vous tombez sur *« Ce post n’est pas disponible »*. Il a été supprimé par son auteur.

![Page X du tweet du 23 janvier 2022 : le message auquel il répond affiche « Ce post n](https://thomashammoudi.com/wp-content/uploads/2026/08/nft-post-indisponible-01.png)**La page du tweet, aujourd’hui.* Ma réponse est toujours là. Ce à quoi je répondais a disparu.*

J’étais donc parti sur l’idée qu’il avait effacé son passage par les NFT. C’est ce que j’aurais écrit si je m’étais fié à mon souvenir. Sauf que j’ai compté.

Sur **2 130 tweets archivés** entre 2021 et 2022, 108 ont disparu, soit 5 %.[7](#f118e6e6-204a-5415-9c47-dd04c07eba14) C’est un taux de suppression parfaitement banal, le bruit de fond normal d’un compte actif (fautes d’orthographe, doublons, blagues qui vieillissent mal en une nuit). Et surtout : **56 tweets de promotion des NFT sont toujours en ligne aujourd’hui.**

**Il n’a pas effacé son enthousiasme.** L’enthousiasme est intact, consultable, daté.

Ce qui a disparu, c’est une poignée de messages très précis : **son tweet de doute. Son annonce de vente. Et celui qui contenait l’adresse de son portefeuille.**

![Capture Wayback Machine du tweet de désillusion de Jonathan Bertin du 23 janvier 2022, supprimé depuis](https://thomashammoudi.com/wp-content/uploads/2026/08/nft-bertin-tweet-supprime-archive-01.png)*Le tweet du 23 janvier 2022, tel que la Wayback Machine l’a figé quatre minutes après sa publication. Il n’existe plus sur le compte. [Source](https://web.archive.org/web/20220123183256/https://twitter.com/jonathanbertin/status/1485318521408086024)*

Relisez cette liste. Elle est remarquable.

**Il a gardé la promotion et supprimé le doute.** Il a gardé les mois où il disait que c’était l’avenir, et retiré le jour où il a dit que ça n’allait pas. Plus, accessoirement, la seule information qui permettait à n’importe qui d’aller vérifier ses chiffres.

Je précise que je ne peux pas dater ces suppressions. Elles peuvent avoir eu lieu il y a quatre ans comme le mois dernier, et je ne prêterai à personne une intention que je ne peux pas prouver. Il est très possible qu’il ait retiré son tweet de doute simplement parce qu’il n’aimait pas s’être exposé, ce qui est humain et ne mérite aucun procès.

Mais le résultat, lui, est là : **l’archive publique de cette période a été nettoyée dans un seul sens.** Celui qui la consultera dans dix ans trouvera un homme enthousiaste qui n’a jamais douté.

Et puis il y a ceci, que j’ignorais moi-même jusqu’à ce mois-ci en dépouillant ces archives : **le titre de l’article de 2022 est né dans une conversation avec lui.** Le 7 décembre 2021, en lui répondant, j’écris pour la première fois les mots « *ça ressemble à une immense arnaque* ». Neuf mois plus tard, c’était le titre.

> Ça ne sert jamais à rien 😊.Le problème c'est ce que je te dis : ça ressemble à une immense arnaque. Mix de théorie du plus grand fou et de la pyramide de Ponzi. En faisant mes recherches, j'ai vu des photographes qui vendaient 13 à 200x plus cher en NFT.— Thomas Hammoudi (@Thomas_HMD) [December 7, 2021](https://x.com/Thomas_HMD/status/1468253685570543624?ref_src=twsrc%5Etfw)

### Et voilà pourquoi l’adresse comptait

Sauf que je l’ai retrouvée, l’adresse. Elle traînait dans le code source d’une page archivée (le web oublie mal). Et le relevé raconte une histoire qui tient en dix mois.

Le 15 avril 2021 au matin, il crée son premier NFT sur Foundation, *Suicide Cliff*, et le met en vente dans l’heure.[8](#900a77c9-3547-5d76-93a1-621fe5975f2f) Huit mois passent. **Le 14 décembre 2021, la pièce est adjugée : 0,85 ETH arrivent sur son adresse, environ 3 282 dollars au cours du jour.**[9](#34843087-ab04-5847-b9bd-a9dc3023f063) C’est sa seule vente établie. Une vente réelle, donc, et pas ridicule.

C’est ce qui rend la suite lisible : il venait de vendre, il y a cru.

> Vraiment je vais faire l’ancien mais, en 2017 je partageais mes photos sur Twitter comme un fou, ça a été mes premiers pas sur les réseaux. Aujourd’hui on est en 2021, en 4 ans j’ai vu le photo game international exploser, et maintenant les NFTs. C’est magique !!— Jonathan Bertin (@jonathanbertin) [October 27, 2021](https://x.com/jonathanbertin/status/1453265277077049350?ref_src=twsrc%5Etfw)

Le 28 décembre 2021, deux semaines après cette vente, entre 13h41 et 16h55, il enchaîne douze opérations pour déployer sa propre collection, créer cinq pièces et les mettre en vente. **Coût de l’après-midi en frais de réseau : 0,233 ETH[10](#e6e51194-16f4-54d9-9f83-6d28fa1d00ac), soit 884 dollars au cours du jour.**

Huit cent quatre-vingt-quatre dollars, en trois heures et quart, pour avoir le droit d’afficher des images sur un site (le prix d’un 35 mm d’occasion en très bon état). Soit un quart de tout ce que sa vente venait de lui rapporter, reparti en frais dans la quinzaine.

Cette collection s’appelle « Atmosphere ». Elle a **un seul détenteur**, et elle n’a plus bougé depuis ce jour-là. Vingt-six jours plus tard, le 23 janvier 2022, il publie son tweet de désillusion. Le portefeuille meurt le 13 juin 2022. Il contient aujourd’hui **deux dollars**.

![Frise chronologique du portefeuille de Jonathan Bertin, d](https://thomashammoudi.com/wp-content/uploads/2026/09/nft-bertin-chronologie-04.png)*Le portefeuille de Jonathan Bertin. Quatorze mois, cinq dates, un solde final de deux dollars. Tout est sur la chaîne.  
Source : transactions du portefeuille 0x0f2478…4287 et du jeton *Suicide Cliff* (Blockscout), dollars au cours du jour.*

Pour être complet : 845 dollars sont entrés sur ce portefeuille en tout, mais l’essentiel tient en deux virements d’avril 2021 par lesquels il alimentait son propre compte pour payer les frais. C’était sa mise, pas sa recette. Sa recette, c’est la vente ci-dessus, et elle est seule.

Il y a aussi, dans le relevé, une transaction du 15 avril 2021 qui a **échoué**, et qui lui a quand même coûté trente dollars.[11](#e9792360-b666-52f8-9f37-587af6be9291) Parce que c’est comme ça que ça marche : sur cette technologie, on paie même quand ça ne fonctionne pas (imaginez un labo qui vous facture les tirages ratés). Essayez d’expliquer ça au vendeur d’agrandisseurs d’occasion du coin.

Voilà. Le photographe le plus enthousiaste de la scène française a brûlé le prix d’un bon objectif d’occasion en une journée, pour une collection qui n’a jamais trouvé qu’un acheteur, et il a fini par retirer le message où il exprimait ses doutes.

Je ne trouve pas ça drôle. En 2022 je me moquais, et j’assume le tweet (il était mérité sur le moment, et je le réécrirais). Mais avec le relevé sous les yeux, ce que je lis, c’est quelqu’un qui a payé de sa poche pour participer à une fête où il n’est venu personne.

```
PS⁵ : Pourquoi lui, et pas un autre ? Parce qu'il était déjà dans l'article de 2022, nommé, cité, avec son tweet et ma réponse, et parce que c'est de très loin la personne de ce dossier avec qui j'ai le plus discuté : 239 de mes tweets le mentionnent ou lui répondent12 entre 2021 et 2022 (90 pour Johan Lolos, 8 pour Gregory Halpern). Ce n'était pas une cible, c'était un interlocuteur : on n'était pas d'accord, on se le disait, publiquement, pendant plus d'un an.
```

### Johan Lolos : la page est toujours là, plus personne ne la regarde

Johan Lolos avait été mon exemple principal en 2022. Photographe de voyage, plusieurs centaines de milliers d’abonnés, un livre vendu à plus de dix mille exemplaires (le double d’un [Martin Parr](https://thomashammoudi.com/martin-parr-lanthropologue-du-kitsch-et-de-la-consommation-de-masse/) des années 2000, comme je le notais à l’époque), et une identité publique entièrement redéfinie autour des NFT. J’estimais à l’époque son portefeuille à environ 37 000 dollars au maximum, au moment où il avait décaissé.

> Les [#NFT](https://x.com/hashtag/NFT?src=hash&ref_src=twsrc%5Etfw), vous en avez déjà entendu parler ?Le [#CryptoArt](https://x.com/hashtag/CryptoArt?src=hash&ref_src=twsrc%5Etfw) est en train de débarquer à vitesse grand V, et il se vend à prix d'or. Du coup je me suis penché sur le sujet afin de savoir quelle est la place de la photo dans ce monde très select. [https://t.co/ShdcLGhLzZ](https://t.co/ShdcLGhLzZ) [pic.twitter.com/mfaiOAeru9](https://t.co/mfaiOAeru9)— Johan Lolos (@johanlolos) [April 25, 2021](https://x.com/johanlolos/status/1386389856742518786?ref_src=twsrc%5Etfw)

Sur toute la durée de vie du portefeuille, l’audit complet donne **21,88 ETH vus passer, soit 74 908 dollars**[13](#eac2f688-e1d1-5501-b129-b37e5800eddc) au cours du jour de chaque transaction. Mon estimation de 2022 était donc dans le bon ordre de grandeur pour l’instantané que je regardais.

**Ce portefeuille est mort le 11 juin 2023. Il y a 1 173 jours. Il contient 89 dollars.**

Mais le détail qui m’intéresse est ailleurs, et il illustre mieux que tout ce que je racontais sur la volatilité :

| Année | ETH encaissés | Valeur au cours du jour |
| --- | --- | --- |
| 2021 | 12,29 | 49 230 $ |
| 2022 | 9,53 | 25 567 $ |
| 2023 | 0,06 | 111 $ |

Regardez bien. En 2022, il encaisse **presque autant d’ETH qu’en 2021, pour moitié moins de dollars.** Le sol se dérobait pendant qu’il vendait (et il n’y pouvait rien, c’est bien le problème).

Ses trois ventes principales, datées sur la chaîne, racontent la même chose en accéléré : le 27 novembre 2021, 5,95 ETH encaissés, soit 24 385 dollars. Le 10 décembre, 6,16 ETH, 24 039 dollars. Le 29 janvier 2022, 6,60 ETH, **17 196 dollars**.[14](#9aa84005-dec4-572f-98f5-fc1e09277783) À chaque fois plus d’ETH, à chaque fois moins d’argent. **Deux mois, trois ventes presque identiques, sept mille dollars évaporés entre la première et la dernière.**

![Les trois ventes de Johan Lolos : plus d](https://thomashammoudi.com/wp-content/uploads/2026/09/nft-lolos-trois-ventes-03.png)*Le marché qui se dérobe en trois ventes. La quantité d’ETH monte, le chèque descend.  
Source : transactions internes du portefeuille johanlolos.eth (Blockscout), dollars au cours du jour (Coinbase).*

Et la chaîne date aussi la sortie : le 24 février 2022 à 22h06, **11 ETH quittent le portefeuille en une seule transaction**, 28 572 dollars ce jour-là. Alors, encaissés ? Non, et je peux le montrer, parce que c’est exactement le genre d’endroit où il ne faut pas se contenter d’un soupçon. L’adresse de destination a été créée ce soir-là (il l’a d’abord testée avec 0,05 ETH, neuf minutes avant, le geste classique de quelqu’un qui déménage vers son propre coffre). Elle n’a jamais envoyé un centime vers une plateforme d’échange. Ses deux seules sorties réelles, en avril et octobre 2022, vont vers l’autre portefeuille de Lolos, celui dont la propriété est établie (voir les notes). Et **7 ETH y dorment encore aujourd’hui**. Ce n’est pas un encaissement, c’est un déménagement : il a rangé ses ETH dans un tiroir, et le tiroir n’a plus bougé depuis 2022.

Un dernier détail de chronologie, parce qu’il dit l’époque : son tout premier tweet sur le sujet, le 14 mars 2021, disait simplement *« Trying to gather as much info as I can about NFT right now »*. Il est toujours en ligne. Huit mois entre la curiosité sincère et le premier mint, trois mois de ventes, et puis plus rien. L’histoire complète tient sur un ticket de métro.

> Dude, I'd love to get one of these invites! Trying to gather as much info as I can about NFT right now. Want to jump in soon. [pic.twitter.com/voEBgYAgyO](https://t.co/voEBgYAgyO)— Johan Lolos (@johanlolos) [March 14, 2021](https://x.com/johanlolos/status/1371138684137963522?ref_src=twsrc%5Etfw)

C’est exactement le point que je faisais en 2022 en comparant avec un tirage de Cartier-Bresson à 35 000 €, dont le prix ne varie pas du simple au double en six mois. Sauf que là, ce n’est plus un argument théorique : c’est une ligne dans un tableau.

Quant à l’effacement : **il n’a rien effacé.** Sa page consacrée aux NFT est toujours en ligne[15](#44bd4380-4e2b-50c4-8a94-9065ca477313), la dernière date qu’on y lit est février 2023. Son projet de plateforme, cette sorte de 500px du web3 dont je me moquais, est toujours debout : le site accepte encore les candidatures de photographes, et il est figé depuis janvier 2022. Sans une seule date affichée nulle part (ce qui est commode : une page sans date ne vieillit jamais officiellement).

![L](https://thomashammoudi.com/wp-content/uploads/2026/08/nft-annuaire-lolos-archive-2021-01.png)**Décembre 2021.* Une image plein cadre, un moteur de recherche, un appel à candidatures. Le 500px du web3.*

![Le même site en août 2026 : page noire, images disparues](https://thomashammoudi.com/wp-content/uploads/2026/08/nft-annuaire-lolos-fige-01.png)**Août 2026.* La même adresse. Le site répond encore, les images ne chargent plus. Personne ne l’a débranché, il s’est éteint tout seul.*

![La page NFT de johanlolos.com en 2026 : Bridging the Physical and Digital](https://thomashammoudi.com/wp-content/uploads/2026/08/nft-lolos-page-nft-01.png)*johanlolos.com/nft, août 2026. La page est toujours là, assumée. [Source](https://www.johanlolos.com/nft/)*

C’est une troisième stratégie, ni l’aveu ni la suppression : **la relégation.** On ne retire rien, on arrête simplement d’en parler et on laisse la poussière faire le travail (c’est de loin la méthode la plus répandue).

### Nicolas Croce, ou la formation qui n’existe plus

Ce jour de décembre 2021, celui qui me met Johan Lolos sous le nez, ce n’est pas Johan Lolos. C’est un autre confrère.

> 2/ [@LeBackpacker](https://x.com/lebackpacker?ref_src=twsrc%5Etfw) que tu cites dans ton article a vendu 2 photos pour environ 30k USD chacune. De quoi acheter quelques livres photos (il a un compte Instagram à ce sujet : [https://t.co/8AsE75gBWZ](https://t.co/8AsE75gBWZ)) et se consacrer à son art pendant quelques temps sans avoir de soucis d'argent.— Nicolas Croce (@nicolascroce) [December 15, 2021](https://x.com/nicolascroce/status/1471060111267409920?ref_src=twsrc%5Etfw)

Nicolas Croce tient un blog photo : des essais numérotés à la suite comme les pages d’un cahier (il en est au 1 557e), quelques livres, et des formations en ligne. Il n’est ni Magnum ni influenceur voyage : il vend de la pédagogie. C’est exactement pour ça qu’il m’intéresse ici, parce que son cas n’est pas celui des trois précédents. **Lui ne vendait pas de jetons. Il vendait la méthode pour en fabriquer.**

Entre le 27 février et le 9 décembre 2021, il publie **dix essais** sur le sujet[16](#5154e741-ca2f-5252-952e-74dd3ec65e87). Le premier s’ouvre sur une phrase qui donne le ton : ces technologies, écrit-il, *« représentent l’avancée la plus importante depuis la création d’Internet »*. On est le 27 février 2021, c’est son essai numéro 1 060.

![L](https://thomashammoudi.com/wp-content/uploads/2026/08/nft-croce-essai-blockchain-01.png)*L’essai no 1 060, publié le 27 février 2021 et toujours en ligne à l’identique. [Source](https://nicolascroce.com/blockchain-et-nft/)*

Le 7 novembre, l’annonce tombe au détour d’un essai sur le choix d’une chaîne : *« Je travaille en ce moment sur une nouvelle formation. Un guide pas à pas, qui vous permettra d’acheter et de vendre vos premiers NFT. »* Deux jours plus tard, la page de vente est en ligne. Elle s’appelle **Crypto-Artiste**, mention *« Beta »* entre parenthèses, et se termine par un appel qui vaut d’être cité tel quel[17](#0f5e7bcf-f080-561c-8bba-016b49f7c4ef) : *« Les NFT et les cryptomonnaies, c’est la promesse d’un avenir meilleur pour les photographes et tous les créatifs qui sauront en profiter, et comme toujours, les premiers seront récompensés. Le futur se construit aujourd’hui. Ne loupez pas le train, il démarre déjà ! »*

![La page de vente de la formation Crypto-Artiste, archivée le 9 novembre 2021](https://thomashammoudi.com/wp-content/uploads/2026/08/nft-croce-formation-beta-01.png)*La page de vente, telle qu’elle était le 9 novembre 2021. La formation n’est pas encore ouverte : on s’inscrit pour être prévenu.*

Sur cette même page, il recommande une place de marché où poser ses images. Il s’agit de Hic et Nunc, une plateforme adossée à la chaîne Tezos (une autre chaîne qu’Ethereum, moins chère et moins gourmande en énergie), qu’il présente comme une *« communauté accueillante et grandissante »*.

**Trois jours plus tard, Hic et Nunc ferme.** Le 12 novembre 2021 au matin, le site n’est plus accessible et son compte affiche un seul mot : *« Discontinued »*. C’est la première grande plateforme de ce marché à s’éteindre, et elle s’éteint la semaine où il vient de la recommander.

Le 19 novembre, il en fait un essai. Sur le mécanisme, il n’a pas tort : le site n’était qu’une interface, les jetons vivent dans le cahier et pas dans le site, et le code étant ouvert, la plateforme a été relancée sous un autre nom en moins de douze heures. C’est la phrase de conclusion qui pose un problème : *« quand elles sont enregistrées sur la blockchain, elles ne peuvent plus disparaitre, c’est tout simplement impossible »*. On y revient dans trois minutes.

![La place de marché Teia en août 2026, avec des ventes en cours](https://thomashammoudi.com/wp-content/uploads/2026/08/nft-teia-vivant-01.png)**Teia, août 2026.* Le site communautaire né de la fermeture tourne toujours, et les pièces continuent de s’y vendre.*

![Le domaine hicetnunc.art en août 2026 : une page qui promet une réouverture](https://thomashammoudi.com/wp-content/uploads/2026/08/nft-hicetnunc-ressuscite-01.png)**hicetnunc.art, août 2026.* L’adresse de la relance de 2021, elle, ne vend plus rien : elle propose de vous prévenir quand les portes rouvriront.*

La formation ouvre en janvier 2022 et trois articles la vendent, coup sur coup : *« Pourquoi devriez-vous vendre vos photos en NFT ? »* le 12, *« Flux de travail, éditing et NFT »* le 13, puis le 17 un récapitulatif qui liste sept nouvelles leçons : qui possède les clés, les frais de transaction, la fiscalité, l’éditing, les collections, le nombre d’éditions, et une dernière intitulée *« Les photos pour vivre et les photos qui restent »*. C’est un cours structuré, et il est vendu comme tel.

![L](https://thomashammoudi.com/wp-content/uploads/2026/08/nft-croce-argumentaire-01.png)*L’argumentaire du 12 janvier 2022. Deux preuves y sont convoquées : Bruce Gilden et Cath Simard.*

L’argumentaire du 12 janvier repose sur deux exemples. Cath Simard, *« plus d’un million de dollars sur la vente de ses 18 premières photos »*. Et un photographe de Magnum dont *« les 8 premières images proposées à la vente sont parties pour 65 000 dollars environ »*. Ce photographe, c’est Bruce Gilden. Vous allez lire dans deux paragraphes ce que l’aventure lui a coûté en péage de réseau.

Reste la question que je me pose pour tout le monde dans cet article, et que je me pose donc aussi pour lui : pendant qu’il expliquait aux autres comment vendre, qu’est-ce que ça lui a rapporté ?

Son propre essai donne la réponse, puisqu’il y avait posé le lien vers son profil. J’ai suivi le lien, remonté jusqu’à son compte, et lu le relevé[18](#7b0175eb-e6f5-5841-9c3b-f23fcb56fb3d). **Soixante-douze pièces créées**, de mars 2021 à mars 2022. Et **139,87 tez encaissés en tout, soit 611 dollars** au cours du jour de chaque encaissement, sur dix-sept mois.

![Ce que Nicolas Croce a encaissé mois par mois de février 2021 à août 2022 : 611 dollars en tout](https://thomashammoudi.com/wp-content/uploads/2026/09/nft-croce-publier-encaisser-03.png)*Ce qui est réellement entré sur son compte, mois par mois. Le meilleur mois est mars 2021, avant le premier essai de vulgarisation et huit mois avant la formation. Après l’ouverture de celle-ci, plus rien ne remonte.  
Source : entrées du compte tz1ecAtwNdrs…5WTW venant des places de marché (tzkt.io), relevées en septembre 2026, au cours XTZ/USD du jour.*

Regardez où tombe la plus haute barre. En mars 2021, sur une plateforme qu’il quittera ensuite, avant le moindre article pédagogique. Ensuite, la courbe des ventes descend pendant que celle des publications monte. La formation ouvre en janvier : ce mois-là, il encaisse 37 dollars.

Il y a plus parlant encore. Le 19 novembre 2021, le jour même où il publie l’essai sur la mort de Hic et Nunc, il met en vente une photographie intitulée *Alix in a field*. Prix demandé : **999 tez**, soit 5 177 dollars ce jour-là. Personne ne l’a achetée. Elle est toujours affichée, au même prix, quatre ans et neuf mois plus tard. Sauf qu’entre-temps le tez est passé de 5,18 à 0,23 dollar : la même étiquette annonce désormais 225 dollars.

![La page objkt de la photographie Alix in a field, affichée à 999 tez depuis novembre 2021](https://thomashammoudi.com/wp-content/uploads/2026/08/nft-croce-alix-999tez-01.png)*Le prix n’a pas bougé depuis novembre 2021, sa valeur si. 999 tez valaient 5 177 dollars ce jour-là, ils en valent 225 aujourd’hui.*

La suite se raconte en quatre dates. Dernière pièce créée : 9 mars 2022. Dernier encaissement : 6 août 2022. Dernier essai sur le sujet : 9 décembre 2021, essai no 1 331. Et le 16 août 2026, il publiait son essai no 1 557. **Deux cent vingt-six essais plus tard, aucun ne parle de NFT.** Il n’a pas arrêté d’écrire, loin de là. Il a arrêté d’écrire sur ça.

Et la formation ? Son adresse répond encore, mais elle ne mène plus à rien : elle renvoie vers le catalogue photo, où les mots NFT, crypto et blockchain n’apparaissent pas une seule fois. Le blog qui la vendait, lui, a purement et simplement disparu[19](#b3667da6-b628-52c7-8589-0e943085bd33).

Ce qui m’amène à la phrase de tout à l’heure. Pour expliquer que la fermeture de Hic et Nunc n’était pas grave, il avait pris une comparaison : *« c’est un peu comme si vous aviez un blog, et que votre fournisseur d’accès à Internet faisait faillite »*. Son blog est en 404.

![Trois requêtes : la page de vente répond 301, le blog 404, l](https://thomashammoudi.com/wp-content/uploads/2026/09/nft-croce-codes-http-02.png)*Trois adresses interrogées le même jour, en septembre 2026. La page qui vendait la formation renvoie ailleurs, le blog qui la vantait n’existe plus, l’essai qui expliquait que rien ne disparaît est intact.*

Alors soyons précis, parce que sa promesse avait deux moitiés et qu’une seule a tenu. **La moitié technique tient** : j’ai testé ses soixante-douze images une par une[20](#922f695e-092f-586b-adc9-b1d2192ae81d). Elles répondent toutes. 2,82 gigaoctets de fichiers, 39,7 mégaoctets pièce en moyenne, cinq ans après, sans que personne ne paie de facture d’hébergement. Là où les images de Magnum se sont évaporées le jour où leur plateforme a éteint ses serveurs, les siennes sont exactement là où il disait qu’elles seraient.

L’autre moitié, c’est-à-dire tout ce qui permet à un être humain de retrouver ces images, est en morceaux. Et le plus beau, c’est que ça se mesure **dans les jetons eux-mêmes**.

Quarante-sept de ses soixante-douze pièces portent, dans leur description, un lien vers son site. C’est la ligne censée dire à l’acheteur de quelle série vient l’image et où voir le reste du travail. **Trente-deux de ces liens renvoient un code 404**[21](#ed093b21-1740-5601-a38d-cdcd8c8a7248). Vingt-sept d’entre eux pointent vers la même adresse : la page de la collection *Valencia*, celle qui porte le gros de ses images. Son portfolio est pourtant toujours en ligne, avec quatre collections bien vivantes. *Valencia* n’en fait plus partie.

![Le portfolio de Nicolas Croce en août 2026, sans la collection Valencia](https://thomashammoudi.com/wp-content/uploads/2026/08/nft-croce-portfolio-2026-01.png)*Le portfolio, août 2026. Humains, Nature, Quotidien, Endroits. Vingt-sept de ses jetons renvoient vers une cinquième collection qui n’est plus là.*

Et il ne peut pas les réparer. C’est exactement ce que veut dire « inscrit sur la chaîne » : l’adresse morte est gravée, définitivement, dans l’objet censé garantir l’œuvre. L’immuabilité, qui était l’argument de vente, est devenue le problème.

Faites maintenant le compte de ce qui relie encore un lecteur à ces images. Le lien vers son profil, celui qu’il avait posé dans l’essai pour prouver que rien ne disparaît, affiche *« Utilisateur introuvable »*. La page qui vendait la formation renvoie ailleurs. Le blog qui la vantait n’existe plus. La place de marché qu’il recommandait propose de vous prévenir quand elle rouvrira. Et le jeton lui-même pointe vers une page morte.

![Le lien du profil posé dans son essai de 2021 affiche aujourd](https://thomashammoudi.com/wp-content/uploads/2026/08/nft-croce-profil-lien-mort-01.png)**Le lien de son essai, en 2026.* Celui-là même qu’il avait posé pour montrer que rien ne disparaît de la chaîne.*

![Le profil objkt de Nicolas Croce en août 2026, quarante pièces encore en vente](https://thomashammoudi.com/wp-content/uploads/2026/08/nft-croce-objkt-profil-01.png)**Le vrai profil, pour qui connaît l’adresse.* Quarante pièces, toujours en vente, à partir d’un tez. Aucun lien publié par lui n’y mène plus.*

Le fichier existe. Pour l’atteindre, il faut connaître une adresse de trente-six caractères, savoir interroger une base de données en GraphQL, en extraire un identifiant de quarante-six caractères, et le confier à une passerelle tenue par un tiers. C’est ce que j’ai fait pour écrire ces paragraphes, avec des scripts. Ce n’est pas ce qu’on appelle, chez les gens, une œuvre accessible.

**Rien n’a disparu, et tout est devenu introuvable.** Pour un objet vendu sur la promesse de l’éternité, la nuance est plus mince qu’elle n’en a l’air.

Dernière chose, et elle compte : il n’a rien effacé. Ses dix essais sont en ligne, aux mêmes adresses, sans une ligne de mise à jour ni un mot de repentir. Ses messages de décembre 2021 aussi, tous. Après avoir passé des semaines à documenter des tweets supprimés, je trouve que ça mérite d’être dit.

### Bruce Gilden : treize mille dollars de frais

Côté Magnum, [Bruce Gilden](https://thomashammoudi.com/de-la-rue-des-fleurs-et-du-flash/) s’était lancé avant l’agence. Son portefeuille est identifiable de façon solide : le nom, l’adresse et ses profils publics concordent.

Trois cent vingt-cinq transactions. **Trois cent quinze d’entre elles ont eu lieu en 2022.** Dernière activité : 29 décembre 2023. Solde actuel : trois dollars.

![Transactions par an des portefeuilles Magnum, Gilden et Lolos](https://thomashammoudi.com/wp-content/uploads/2026/09/nft-interrupteur-activite-03.png)*Transactions par an et par portefeuille. Trois portefeuilles, le même profil. L’activité ne décline pas, elle s’arrête.  
Source : listes de transactions des trois portefeuilles (Blockscout), relevées en septembre 2026.*

Et un chiffre qui mérite qu’on s’arrête : **4,24 ETH de frais de réseau payés, soit 13 293 dollars.**[22](#cce6c32a-3ce1-52d8-a87f-60df1adca36e) Treize mille dollars de péage (soit, à la louche, un très bon boîtier moyen format et deux optiques). Pas de commission de galerie, pas d’encadrement, pas d’impression : du péage. De l’argent versé au réseau pour avoir le droit d’écrire des lignes dedans.

Son empreinte carbone sur la période où le réseau fonctionnait encore en preuve de travail : **environ 2 021 kg de CO₂.**[23](#0fc9b632-ce88-5266-97f1-186187d899b3) Deux tonnes. Pour un seul photographe (et pour des images qu’il avait déjà, puisqu’elles existaient avant). C’est-à-dire, très précisément, la cible d’émissions annuelles par personne que les Accords de Paris fixent pour 2030, cible que je rappelais dans l’article de 2022.

Un homme, un an, son budget carbone individuel de 2030 entièrement consommé pour vendre des photos qu’on peut voir gratuitement en ligne.

### Gregory Halpern : là où je m’arrête

[Gregory Halpern](https://apps.thomashammoudi.com/photographe/gregory-halpern), c’est le photographe à qui j’écrivais le 1er janvier 2022 : *« I’m so disappointed to see you dig into this. »*

Ce jour-là, la conversation a continué, et je la ressors parce qu’elle dit mieux que moi ce que j’essaie de faire dans cet article :

> I mean, man, I LOVE your work. Really. I've bought your books, made articles about them. It's totally great. But there are other ways to add value, without participating in speculation, scams and Ponzi money laundering. Especially when we consider your notoriety.— Thomas Hammoudi (@Thomas_HMD) [January 4, 2022](https://x.com/Thomas_HMD/status/1478364431092494341?ref_src=twsrc%5Etfw)

> And finally: you are a Magnum photographer, thousands of people follow your work and are inspired by it. Undeniably, you have influence and like Spiderman, the responsibilities that go with it. Is getting into [#NFT](https://x.com/hashtag/NFT?src=hash&ref_src=twsrc%5Etfw) the best way to use it?— Thomas Hammoudi (@Thomas_HMD) [January 4, 2022](https://x.com/Thomas_HMD/status/1478365349779320833?ref_src=twsrc%5Etfw)

*« J’adore votre travail, j’ai acheté vos livres, j’ai écrit des articles dessus »*, puis : *« vous êtes un photographe Magnum, des milliers de gens vous suivent, vous avez de l’influence et, comme Spiderman, les responsabilités qui vont avec »*. Ce n’était pas une attaque, c’était une inquiétude. Elle n’a jamais reçu de réponse.

Il existe bien une adresse au nom de `gregoryhalpern.eth`, et pendant un moment j’ai cru tenir quelque chose. Puis j’ai regardé ce qu’elle contient : des jetons de singes, une collection nommée *SHIBABEAST*, des cartes d’un club appelé *Council of Kingz*, et du jeton publicitaire non sollicité. **Ce portefeuille n’a jamais créé une seule œuvre.** C’est un compte de spéculation sur des jetons à la mode, qui porte ce nom sans que rien ne le relie au photographe (acheter le prénom-nom d’une personne connue est un petit commerce courant). Je l’écarte, et ça valait le détour : c’est exactement le genre d’adresse qu’un article pressé aurait publiée.

Ce qui existe, en revanche, c’est son travail. Le 22 décembre 2021, il annonce sur X, qu’il vient d’ouvrir pour l’occasion : *« cannot wait to drop my first NFTs ever »*. Huit jours plus tard, il publie son tout premier message, une image tirée de *ZZYZX*, son livre de 2016. C’est ce livre qui part en jetons.

**Le 4 janvier 2022, soit trois jours après mon tweet, 67 pièces intitulées « ZZYZX by Gregory Halpern » sont créées sur la chaîne**, par la plateforme qui l’accueille et non par lui.[24](#de3db72d-9e9a-536c-b133-ca0d5c9a2c45) Voilà pourquoi je ne trouvais pas son portefeuille : chez cet éditeur, l’artiste ne mint pas, il confie. Les jetons naissent dans un coffre à plusieurs clés qui appartient à la plateforme, et c’est elle qui les distribue.

Quatre ans plus tard, ces 67 pièces sont réparties entre **douze détenteurs**, et **l’un d’eux en possède quarante et une à lui seul**. Le dernier mouvement date de janvier 2026. C’est le même motif que chez Magnum, à une autre échelle : une œuvre découpée en soixante-sept, qui finit concentrée dans une poignée de coffres.

Ce que je ne dirai pas, en revanche, c’est ce que ça lui a rapporté. Le produit des ventes transite par le coffre de la plateforme et je ne peux pas isoler sa part sans deviner : **une somme mal attribuée, c’est une accusation adressée à quelqu’un.** Le reste est public, et vous pouvez le vérifier.

Ce que je peux dire de lui est ailleurs, et c’est peut-être plus intéressant. Il n’a jamais pris publiquement position sur les NFT depuis janvier 2022, ni pour, ni contre, ni pour dire qu’il s’était trompé. Et depuis juin 2025, **il est co-président de Magnum Photos**, reconduit en juin 2026.[25](#18a9f1d9-0797-5430-96e6-dea2df06eeb3)

À ses côtés, Lorenzo Meloni, qui fut l’un des huit photographes commissionnés pour produire des œuvres en NFT dans le programme de 2022.

**Deux des trois co-présidents de Magnum Photos en 2026 viennent du programme NFT.** Le sujet n’a manifestement pesé sur rien. C’est justement ce qui est notable. Le fiasco n’a eu aucune conséquence, pour personne. On n’a même pas eu à s’excuser : il a suffi d’attendre.

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PS⁶ : Détail que je n'invente pas. Magnum a envoyé Thomas Dworzak photographier le Salvador, alors devenu le premier pays à faire du bitcoin une monnaie légale, pour un reportage intitulé « Bitcoin Nation » vendu en NFT. En janvier 2025, le Salvador a abrogé cette obligation en échange d'un prêt du FMI. Le reportage sur la nation bitcoin est hébergé sur une plateforme morte, et la nation bitcoin n'existe plus.
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### Le Discord, ce mausolée

Il me reste à vous parler du Discord de Magnum, celui où deux community managers passaient leurs journées à écrire *« gm »* et *« l’enchère se termine bientôt »*, et où l’on m’a expliqué que soulever la question écologique relevait du *« FUD »*.

Il existe toujours. Et je vous jure que ça vaut le détour.

**446 membres. Sept à treize connectés selon l’heure où l’on regarde. Zéro contribution payante.**[26](#732ca487-9324-5d9e-a31b-773bf487b98e) Le serveur a été créé le 1er mars 2022 et Magnum continue de payer pour en conserver l’adresse personnalisée et le badge de vérification.

![Page d](https://thomashammoudi.com/wp-content/uploads/2026/08/nft-discord-serveur-invite-01.png)*La porte d’entrée du serveur, au moment où j’écris ces lignes. Sept personnes connectées sur 447 inscrits, et la bannière est toujours là.*

Si vous y descendez, voilà ce qu’il en reste. Je vous laisse regarder les dates :

![Fil du Discord de Magnum : des messages « gm » espacés d](https://thomashammoudi.com/wp-content/uploads/2026/08/nft-discord-gm-espaces-01.png)*Le fil du serveur, tel quel. 15 août, 19 septembre, 2 octobre, 20 octobre, 17 décembre 2023, puis 19 mars, 31 mai, 20 juin 2024. Des gens qui se disent bonjour dans une pièce vide, à des mois d’intervalle.*

La fameuse communauté, celle qui était *« trop bien, utile, offrant du soutien et tout le tintouin »*, la voilà. Une salle éclairée où dix personnes restent connectées sans rien se dire.

![Discord de Magnum : accueil de nouveaux membres et présentation d](https://thomashammoudi.com/wp-content/uploads/2026/08/nft-discord-accueil-oeuvre-01.png)**Octobre 2023.* On accueille les arrivants, on republie une commande de 2022.*

![Discord de Magnum : un message de mars 2024, puis un dernier message de décembre 2025](https://thomashammoudi.com/wp-content/uploads/2026/08/nft-discord-dernier-message-01.png)**Mars 2024, puis décembre 2025.* Vingt mois entre deux messages, et le dernier est quelqu’un qui vient vendre son propre lien.*

Chez Obscura, la plateforme partenaire qui avait commandé les huit reportages, c’est encore plus soigné : le site est debout, les huit projets sont affichés, tous marqués *« SOLD OUT »* avec un *« merci à nos collectionneurs »*. Un cimetière très bien tenu. Et le lien vers leur propre Discord, encore affiché sur leur page, **pointe dans le vide** : l’invitation est morte.

Personne n’a pris la peine de retirer le lien. Voilà, bel avenir.

![Page Obscura de la commission Magnum, marquée SOLD OUT, bouton d](https://thomashammoudi.com/wp-content/uploads/2026/08/nft-obscura-commission-soldout-01.png)*obscura.io, août 2026. « SOLD OUT », « Buy Magnum Pass », et un lien vers un marché secondaire qui n’existe plus. [Source](https://obscura.io/commissions/magnum)*

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## Les chiffres, et l’excuse qui ne tient plus

Bon. Sortons des cas individuels et regardons les chiffres du marché entier. Et commençons par tuer l’argument que vous allez me sortir en commentaire, parce qu’il arrive à tous les coups.

L’argument, c’est : *« les NFT n’ont pas baissé, c’est juste que la crypto-monnaie dans laquelle on les paie a baissé. »* C’est habile, parce que c’est vaguement vrai en apparence et que ça demande deux minutes de travail pour être vérifié (c’est la définition d’un bon sophisme). Faisons ces deux minutes.

Il faut regarder les prix planchers **dans les deux unités à la fois** (le prix plancher, c’est le tarif de la pièce la moins chère d’une collection à un instant donné : le prix d’entrée, en somme, celui qu’on regarde pour savoir si un marché est vivant) : en ETH et en dollars. Si l’effondrement était un effet de change, l’écart entre les deux colonnes serait énorme. Voici ce que ça donne.

![Prix planchers de BAYC, CryptoPunks et Twin Flames mesurés en ETH depuis leur sommet, relevés de septembre 2026](https://thomashammoudi.com/wp-content/uploads/2026/09/nft-planchers-collections-04.png)*Mesuré en ETH, pour neutraliser la baisse de la monnaie. Ce qui reste, c’est la perte propre aux collections.  
Sources : API CoinGecko et NFT Price Floor, relevés de septembre 2026, recoupés. Sommets : BAYC 153,7 ETH (mai 2022), CryptoPunks 125 ETH (août 2021), Twin Flames 79 ETH (septembre 2021, chiffre rapporté par la presse).*

| Collection | Plancher au pic | Plancher aujourd’hui | Chute en ETH | Chute en dollars |
| --- | --- | --- | --- | --- |
| **Bored Ape Yacht Club** | 153,7 ETH | 6,85 ETH | **−95,5 %** | −96,1 % |
| Doodles | 23,95 ETH | 0,292 ETH | −98,8 % | −98,9 % |
| Azuki | 31,8 ETH | 0,665 ETH | −97,9 % | −98,5 % |
| Moonbirds | 38,5 ETH | 0,509 ETH | −98,7 % | −98,9 % |
| World of Women | 13,37 ETH | 0,077 ETH | −99,5 % | −99,5 % |
| **CryptoPunks** | 125,0 ETH | 29,35 ETH | **−76,5 %** | −82,2 % |

*Relevé en septembre 2026, deux sources indépendantes concordantes.*

Moins d’un point d’écart entre les deux colonnes, dernière ligne mise à part. **L’effondrement est dans l’actif lui-même.**

Et pour enfoncer le clou : sur la même période, l’ETH est passé de 2 824 $ à 2 445 $. **Moins treize pour cent.** Pendant que les singes faisaient moins quatre-vingt-quinze.[27](#0bc6c191-d581-5d78-a31b-86eebbd64872)

La monnaie a tenu (relativement : elle reste 46 % sous son record de 2021). C’est ce qu’on achetait avec qui ne valait rien.

### Deux exceptions, et elles sont instructives

Vous avez vu la dernière ligne du tableau. CryptoPunks ne perd « que » 76 %[28](#a5d7bf64-801b-5a4e-a635-a369732a9bbb), quand tout le reste est entre 95 et 99. C’est la seule collection du lot qui se comporte comme un objet de collection plutôt que comme un jeton spéculatif. Et il se trouve qu’en 2025, elle a été cédée à une fondation de conservation.

La deuxième exception concerne directement la photographie, et je la donne parce qu’elle contredit en partie ce que j’aurais parié.

Twin Flames, la série de portraits de jumeaux de Justin Aversano, le projet photo NFT le plus cher de l’histoire, affiche aujourd’hui un plancher de **22 ETH, soit 54 340 dollars**[29](#5c9f805f-cc8f-52b4-af7b-44df1aaa305c). C’est une chute de 72 % par rapport à son sommet de septembre 2021. C’est violent (une pièce de la série s’est vendue 871 ETH à l’époque, environ 2,5 millions de dollars). Mais c’est nettement moins violent que les singes, et le plancher est toujours à cinq chiffres.

**En photographie, ce qui ressemblait à une œuvre a mieux résisté que ce qui ressemblait à un jeton.** Cent portraits, un projet, une démarche, un auteur identifiable (des paires de jumeaux photographiées une par une, ce qui suppose de les trouver, de les convaincre et de les éclairer). Face à dix mille variations automatiques du même dessin de singe. Le marché, avec quatre ans de retard, a fini par faire la différence que n’importe quel amateur d’art faisait dès le premier jour (une œuvre, ça a un auteur et une intention).

Ça ne rend pas l’opération recommandable pour autant. Quelqu’un qui a acheté au sommet a perdu près des trois quarts de sa mise, et l’autre grande série photo de l’époque, *Where My Vans Go* d’Isaac Wright, est à moins 92 % avec une seule pièce listée sur cent vingt-cinq. Mais la nuance est là, et elle est chiffrée.

### Le segment qui nous concerne

Les gros titres parlent du marché NFT dans son ensemble, ce qui mélange les jeux vidéo, les cartes à collectionner et les avatars. Le segment qui nous intéresse ici, c’est celui de l’art. Le voici :

| Période | Volume « Art NFT » | Traders actifs |
| --- | --- | --- |
| 2021 | 2,9 milliards de dollars |  |
| 2022 |  | 529 101 |
| 2024 | 197 millions de dollars |  |
| 1er trimestre 2025 | 23,8 millions de dollars | 19 575 |

De 2,9 milliards à 197 millions.[30](#c35cb8d5-2d82-5680-b746-c1dc0f37b0c5) Et le nombre de personnes qui achètent ou vendent de l’art sous cette forme passe de **529 101 à 19 575, soit moins 96 %.**

**Dix-neuf mille personnes dans le monde entier** (acheteurs et vendeurs confondus, donc encore moins d’acheteurs). C’est la fréquentation d’une bonne exposition parisienne sur un week-end (et encore, un week-end de pluie).

Le chiffre que je préfère, cela dit, c’est celui d’octobre 2025 : **546 millions de dollars de volume pour 10,1 millions de ventes.**[31](#8707ff01-6449-5659-9da9-bb604751b272) Faites la division. **Cinquante-quatre dollars le NFT**, contre 2 044 dollars en 2021.

Et attention, parce que c’est le genre de chiffre qu’un partisan vous ressortira comme la preuve d’un rebond : dix millions de ventes, ça a l’air énorme. Sauf que l’analyste qui publie ce chiffre explique lui-même d’où il vient. Ce sont **des gens qui s’échangent des jetons sans valeur entre eux pour remplir des quotas**, dans l’espoir de recevoir gratuitement le futur jeton d’une plateforme.

Ce n’est pas un marché de l’art qui redémarre. C’est une salle d’attente où les gens tamponnent des tickets (et le distributeur de café est en panne).

### Le wash trading, mesuré cette fois

En 2022, je consacrais une section au wash trading, cette technique qui consiste à se vendre une œuvre à soi-même sous plusieurs identités pour faire monter artificiellement son prix. Je l’expliquais avec un petit schéma et les personnes A, B, C et D (A, B et C étant la même personne, c’était tout le principe). Je n’avais aucun moyen de mesurer l’ampleur du phénomène, et je le disais.

Depuis, des chercheurs s’y sont collés. Les chiffres : **94,5 % du volume de la plateforme LooksRare et 84,2 % de celui de X2Y2 relèvent du wash trading.**[32](#898329c4-c1a1-5b99-b6b5-7987a1850c16)

**Quatre-vingt-quatorze virgule cinq pour cent.** Sur une plateforme qui, en 2022, se présentait comme le concurrent sérieux d’OpenSea et qu’on nous vendait comme l’avenir du marché. Autrement dit : sur cent euros qui passaient sur cette plateforme, quatre-vingt-quatorze étaient des gens qui se serraient la main à eux-mêmes en se félicitant du prix.

Aujourd’hui, le jeton de cette même plateforme capitalise **95 157 dollars.**[33](#39374a7d-03c2-5602-b931-1b50cb544683) Pas millions : dollars. L’entreprise qui devait détrôner le leader du marché vaut moins qu’un deux-pièces à Lille (j’ai vérifié les annonces, c’est vexant).

Sept jetons de places de marché NFT ont été mesurés. Ils sont tous entre **−95,8 % et −99,998 %** de leur sommet.

```
PS⁷ : Un signal faible qui vaut son pesant de cacahuètes. DappRadar, l'un des principaux fournisseurs de données du secteur, n'a plus rien publié depuis le 2 avril 2026 et n'a pas sorti de rapport trimestriel depuis le troisième trimestre 2025. Quand ceux qui vivent de compter un marché arrêtent de le compter, c'est rarement bon signe.
```

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## Les royalties, l’argument que j’avais expédié en une ligne

Ici, il a fallu que je relise mes propres archives, parce que ma mémoire m’avait joué un tour.

Dans l’article de 2022, le mot « royalties » n’apparaît pas (j’ai cherché, variantes comprises, avant que vous ne me le demandiez). Mais neuf mois plus tôt, dans un article sur le prix des tirages, j’avais réglé l’argument en une phrase : le droit de suite existe déjà, il est déjà appliqué, *« donc, les NFT n’apportent strictement rien »*[34](#eed2f3e2-06e1-5899-855d-c6dc0dde1a8d). J’avais raison sur le droit, et je m’étais arrêté là. Ce que je n’avais pas regardé, c’est ce que la promesse allait devenir dans les faits. Or c’était l’argument de vente numéro un adressé aux artistes.

Vous vous en souvenez, de cet argument ? Il était partout. *« Avec les NFT, l’artiste touche un pourcentage à chaque revente, pour toujours. Fini le système où le peintre crève de faim pendant que le marchand s’enrichit sur les reventes. »* C’était joli, c’était juste, ça touchait un point réellement douloureux du marché de l’art (le droit de suite existe en France, mais il est plafonné et ne concerne pas grand monde). Et c’est l’argument qui a convaincu le plus de photographes.

Alors : qu’est-ce que ça a donné ? (Vous sentez venir le truc, hein. Vous avez raison.)

### Quarante-huit heures

Le 15 février 2023, une nouvelle place de marché nommée Blur arrive avec une idée simple : rendre le paiement des royalties facultatif.[35](#1cbed4df-c04d-5093-8c36-c67ddb63d439) L’acheteur choisit s’il veut rémunérer l’artiste. Devinez ce qu’il choisit (indice : pas de suspense).

OpenSea, le leader du marché, celui qui se posait en défenseur des créateurs, a tenu quarante-huit heures avant de s’aligner. En août 2023, il abandonnait définitivement l’outil technique censé faire respecter les royalties. À partir de février 2024, plus aucune place de marché majeure n’en impose.

Les chiffres de l’effondrement, maintenant, et je voudrais que vous regardiez les deux lignes ensemble, parce que c’est leur écart qui démontre quelque chose :

- Les volumes de 2023 représentent **50,6 %** de ceux de 2022.

- Les royalties versées en 2023 représentent **14,7 %** de celles de 2022.[36](#34177c19-e369-5a14-8d0b-b08a93ddad8c)

- Le taux effectivement payé aux créateurs passe de 2,5 % à 0,6 %.

- Le pic mensuel de royalties versées dans le monde passe de 269 millions de dollars à 4,3 millions.

Voilà pourquoi l’écart compte. **Si le krach avait tué les royalties, les deux courbes seraient tombées ensemble.** Elles ne sont pas tombées ensemble. Le marché a continué de tourner à moitié régime pendant que la rémunération des artistes tombait à un dixième.

Ce n’est pas la crise qui a emporté la promesse. **C’est le marché qui l’a retirée, volontairement, parce qu’il pouvait.**

Et il pouvait pour une raison que personne n’avait envie d’expliquer aux photographes en 2021 : **les royalties n’ont jamais été dans la blockchain.** Elles n’ont jamais été une règle inscrite dans le jeton, inviolable et automatique, comme on le laissait croire. C’était une politique commerciale de plateforme (une case dans un tableau de bord, littéralement). Une case à cocher dans les conditions générales d’un site web, exactement comme chez n’importe quel intermédiaire du monde physique.

La technologie censée supprimer les intermédiaires reposait, pour sa promesse principale, sur la bonne volonté d’un intermédiaire.

Il a suffi qu’un concurrent propose de ne plus payer pour que tout le monde arrête de payer. En quarante-huit heures (le temps d’un week-end).

Si vous êtes photographe et qu’on vous a vendu les NFT sur cet argument, vous savez maintenant ce qu’il valait. En 2021, je disais qu’il n’apportait rien de plus que le droit existant. En 2023, le marché a montré qu’il apportait moins.

![En 2023, les volumes d](https://thomashammoudi.com/wp-content/uploads/2026/09/nft-royalties-2023-03.png)*L’année 2023 en pourcentage de 2022. Volume divisé par deux, royalties divisées par sept. L’écart entre les deux barres, c’est la promesse retirée.  
Source : Nansen Research, « A Nansen Look at NFT Royalties ».*

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## Et les musées ?

Il reste un argument dont je n’ai pas parlé, et c’était le plus efficace de tous auprès du monde de l’art : *« les institutions s’y mettent, donc c’est sérieux. »*

C’était vrai. Le Centre Pompidou, le British Museum, l’Ermitage, les Offices, le Belvédère, le LACMA, Christie’s, Sotheby’s : tout le monde y est allé. Regardons ce qu’il en reste.

### Le meilleur indicateur du monde tient en un mot compté quatre fois

Chaque année, Art Basel et UBS publient le rapport de référence sur le marché de l’art mondial. C’est un gros PDF que tout le secteur lit (ou dit avoir lu, ce qui revient au même dans les dîners). Il suffit d’y compter le[37](#c9a7f0a5-7abb-5057-9af5-393c64b01429)s occurrences du mot « NFT » :

| Édition | Occurrences du mot « NFT » |
| --- | --- |
| 2023 | **193** |
| 2024 | 44 |
| 2025 | 58 |
| **2026** | **1** |

*Comptage effectué sur les quatre PDF officiels.*

Cent quatre-vingt-treize, puis une. **Et cette unique occurrence de 2026 est au passé, à propos de 2021.** Les mots « web3 », « on-chain » et « token » n’apparaissent pas du tout. Les sections qui leur étaient consacrées ont disparu.

C’est le genre de mesure que j’aime, parce qu’elle ne demande aucune interprétation. Le marché de l’art ne dit pas que les NFT ont échoué. Il a simplement arrêté d’en parler, comme on cesse de mentionner un cousin qui a mal tourné (personne n’annonce qu’on n’en parle plus : on n’en parle plus, c’est tout).

![Occurrences du mot NFT dans le rapport Art Basel et UBS, de 193 en 2023 à 1 en 2026](https://thomashammoudi.com/wp-content/uploads/2026/09/nft-art-basel-mentions-03.png)*Le mot « NFT » compté édition par édition. En 2026, une seule occurrence, au passé.  
Source : *The Art Basel and UBS Art Market Report*, éditions 2023 à 2026, comptage plein texte.*

### Le Baiser en dix mille morceaux, dont sept mille quatre cents invendus

Mon cas préféré, parce qu’il est chiffré par l’institution elle-même.

Pour la Saint-Valentin 2022, le musée du Belvédère à Vienne a découpé *Le Baiser* de [Gustav Klimt](https://apps.thomashammoudi.com/photographe/gustav-klimt) en 10 000 fragments numériques vendus à l’unité. Offrez un bout du Baiser à l’être aimé (rien ne dit « je t’aime » comme un fragment de jpeg). L’idée avait fait le tour du monde (comme accroche marketing, c’est bien trouvé).

**2 600 fragments ont trouvé preneur.** **7 400 sont restés sur les bras du musée.**[38](#45682c43-cd1f-546f-99cb-fe26792b19fd) Vingt-six pour cent de l’édition écoulée, pour 4,4 millions de dollars encaissés. Le chiffre vient du directeur financier du musée.

Le partenaire technique qui avait monté l’opération ? Son site renvoie une erreur 404 (le baiser est éternel, le prestataire moins).

![Le site thekiss.art du Belvédère en 2026, bouton Buy your NFT toujours actif](https://thomashammoudi.com/wp-content/uploads/2026/08/nft-thekiss-belvedere-02.png)*thekiss.art, août 2026. « Own a piece of its legacy for 1 850 € » : la boutique est toujours ouverte, quatre ans après. [Source](https://thekiss.art/)*

### Christie’s ferme le rideau

Christie’s avait lancé en septembre 2022 une plateforme dédiée à l’art numérique, en grande pompe. **La maison a fermé son département d’art numérique en septembre 2025.**[39](#9b5bed58-fe04-5d86-b9ed-e9fbb84b3895) Sur onze ventes organisées, aucune n’a jamais dépassé 400 000 dollars, ce qui, pour Christie’s, est une somme qu’on fait sur un seul lot un mardi après-midi (ils ont vendu un Léonard 450 millions). Le communiqué explique que ces ventes sont désormais *« reformatées »* au sein de l’art des XXe et XXIe siècles.

Chez Sotheby’s, l’opération est encore plus limpide, et elle est visible techniquement : l’adresse du département « metaverse » redirige aujourd’hui vers un département nommé « Digital Art ». La bascule a eu lieu entre janvier et mars 2025.

**Personne n’a fermé quoi que ce soit : on a changé la plaque sur la porte.** C’est plus discret qu’un enterrement, et ça évite d’avoir à inviter la presse qui avait couvert le baptême.

### Et le Centre Pompidou ?

C’était l’annonce qui avait fait le plus de bruit en France, début 2023 : une vingtaine d’œuvres numériques entraient dans la collection nationale.[40](#99f899ea-6efa-51b8-8f14-18367779d512)

Deux précisions qui ont peu circulé à l’époque. D’abord, les deux pièces vedettes sont des dons, offerts par les sociétés qui les avaient créées et qui avaient un intérêt évident à voir leurs produits entrer au Centre Pompidou. Ensuite, elles ont été exposées une fois, pendant neuf mois.

Depuis, le bâtiment est fermé pour travaux **jusqu’en 2030**. Ce qui, pour le coup, n’est la faute de personne (les tuyaux du Centre Pompidou ont cinquante ans, il faut bien les changer).

Deux entrées supplémentaires depuis, toutes deux du même artiste, Robert Alice : une donation en 2024, puis un achat en mars 2025, un jeton livré avec son caisson lumineux[41](#6436ac96-b8bf-53c1-8af9-396f65d37c70). Le sujet n’est donc pas totalement clos côté français.

### L’argument qui me gêne, et que je vous donne quand même

Il y a un fait qui complique mon tableau, et si je vous le cachais je ferais exactement ce que je reprochais aux community managers du Discord.

Le MoMA a fait entrer huit CryptoPunks et huit œuvres d’art génératif dans sa collection en décembre 2025, par donation.[42](#9655c60a-8dff-5453-8393-7fd3dd50eb3c) Il les a rangés dans son département Médias et performance, à côté de la vidéo et des arts numériques, pas dans une vitrine « NFT ». La même année, le M+ de Hong Kong faisait entrer des œuvres de [Harold Cohen](https://fr.wikipedia.org/wiki/Harold_Cohen), le pionnier de l’art par ordinateur, dont le programme AARON dessinait tout seul dans les années 1970, avec des machines moins puissantes qu’une calculatrice actuelle.

Ça, ce n’est pas de la spéculation, c’est un travail de conservation. Ces musées ne rachètent pas la hype : ils constituent une histoire de l’art numérique dans laquelle la parenthèse 2021 est un chapitre parmi d’autres, entre Cohen et la suite. Art Basel a d’ailleurs lancé fin 2025 un nouveau secteur dédié à ces pratiques.

**Le mouvement continue donc, mais sous un autre nom, avec d’autres gens, et sur une autre échelle de temps.** Ceux qui restent sont ceux qui parlaient d’art avant 2021 et qui en parleront après 2030. Les autres sont partis.

Un dernier chiffre pour ceux qui voudraient croire à un simple creux de cycle. Fin 2024, le Bitcoin double de valeur. Le segment des objets de collection numériques repart légèrement. **Le segment de l’art, lui, ne bouge pas d’un millimètre.**

Quand la marée remonte et qu’un seul bateau reste posé sur le sable, ce n’est pas la marée le problème.

### Je leur ai posé la question

Un bilan qui ne fait que lire des registres reste un bilan à sens unique. Alors début septembre 2026, j’ai envoyé le même courriel à cinq adresses : Magnum Photos, Sotheby’s, Christie’s, le Belvédère et le Centre Pompidou. Trois questions, une ligne de réponse suffisait. Avez-vous mis en vente ou acquis de nouveaux NFT depuis 2023 ? Est-ce prévu ? Sinon, pourquoi ?

Un seul a répondu, en moins de deux jours : le Belvédère. Celui-là même dont je viens de compter les fragments invendus. Sa réponse tient en trois points, que je reproduis intégralement, et que le musée demande d’attribuer à l’institution plutôt qu’à la personne qui les a écrits.[43](#b648bc50-36ee-5145-be1f-a7ebfcca83a6)

> *« The Belvedere has not launched any new NFT editions since The Kiss in 2022. No further NFT editions are currently planned. The Kiss was conceived as a special, one-off edition rather than as the first in an ongoing series. The existing project remains active. However, separate projects may be considered once the current project has been completed. »*
> Le Belvédère, service de presse, septembre 2026

Traduction : aucune nouvelle édition depuis 2022, aucune de prévue, et *Le Baiser* n’était pas le premier chapitre d’une série mais une opération unique. D’autres projets pourront être envisagés, un jour, quand celui-ci sera terminé.

Et c’est la phrase du milieu qui mérite qu’on s’arrête : *« The existing project remains active. »* Le projet existant reste actif. C’est rigoureusement exact. La boutique n’a jamais fermé, et les 7 400 fragments dont personne n’a voulu sont toujours en vente, au même prix qu’à la Saint-Valentin 2022. Un projet qui reste actif, c’est aussi la définition d’un stock qui ne s’écoule pas.

Magnum Photos a répondu aussi, le même jour, et sa réponse mérite d’être citée parce qu’elle dit quelque chose : *« Après examen, nous ne souhaitons pas participer à cette initiative et ne répondrons pas aux questions que vous nous adressez. »*[44](#6b63e8d1-0fa5-531d-8c80-e69fd25623f8) Suivait une demande : leur transmettre avant publication les éléments factuels concernant l’agence, afin qu’ils puissent en vérifier l’exactitude.

J’ai décliné, et je vous dis pourquoi, parce que la raison vaut pour tout le reste de cet article. Une relecture avant publication, c’est un droit de regard. Il se justifie quand un travail repose sur des propos qu’on vous a tenus ou sur des documents qu’on vous a confiés. Ici, il n’y a ni propos ni documents. Il y a 313 transactions publiques, lues une par une, sur une adresse que Magnum a rendue publique elle-même en 2022, et que l’agence peut consulter avec exactement les mêmes outils que moi, avant tout le monde et sans me demander la permission.

C’est même, à bien y regarder, la scène la plus résumante de ce dossier. Une agence de photojournalisme demande à vérifier des faits avant publication, ce qui est une démarche que je comprends parfaitement. Sauf que ces faits-là sont horodatés, publics et immodifiables depuis quatre ans, sur une chaîne qu’elle a choisie précisément pour ça.

Je leur ai répondu tout ceci, en laissant la porte ouverte et cette fois sans date limite : s’ils souhaitent réagir, y compris après publication, leur réponse sera ajoutée ici intégralement et sans commentaire de ma part.

Les trois autres n’ont jamais répondu. Ni Sotheby’s, ni Christie’s, ni le Centre Pompidou : pas un accusé de réception, pas un « nous revenons vers vous », rien, une fois passée la date que j’avais indiquée. Je ne vais pas surinterpréter un silence (un service de presse reçoit des centaines de courriels par semaine, et un blog photo n’est pas le *Financial Times*).

Mais notez la symétrie. Entre 2021 et 2023, ces trois maisons publiaient des communiqués sur leurs NFT sans que personne ne leur demande rien. En 2026, on leur pose la question, et il n’y a plus personne au guichet. Le bilan des cinq courriels tient donc en une ligne : **une réponse, un refus, trois silences.** La proposition faite à Magnum vaut pour eux aussi : toute réponse, même tardive, sera ajoutée ici telle quelle.

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## Ce que j’avais loupé

En préparant cette suite, j’ai aussi ratissé ce que je n’avais pas vu à l’époque. Parce qu’un bilan qui ne relit que sa propre liste de 2022, c’est un peu facile : il fallait aussi regarder qui d’autre s’était lancé pendant que je m’écharpais sur le Discord de Magnum. Il y a quatre histoires qui valent le détour, et la première m’a fait tomber de ma chaise.

### Salgado l’a fait, et c’est le seul qui a réussi

[Sebastião Salgado](https://thomashammoudi.com/sebastiao-salgado-leconomiste-qui-a-change-le-monde-par-limage/). Oui, lui. L’homme qui a replanté une forêt.

Le 12 octobre 2022, deux semaines après mon article, l’Instituto Terra lançait avec Sotheby’s « Amazônia » : 5 000 photographies de Salgado vendues 250 dollars pièce[45](#cf199bc4-e201-5c7b-b13f-3977ccd750b0), intégralement au profit de son ONG de reforestation. J’avais formulé ma recherche en supposant un refus de sa part. C’est l’inverse qui est sorti.

Et avant de ricaner, regardez les détails, parce qu’ils sont tous signifiants :

- **Il a attendu le Merge.** Le lancement est postérieur d’un mois exactement au passage de l’Ethereum en preuve de possession. L’argument avancé par Sotheby’s était explicitement celui-là : la chaîne était devenue *« compatible avec les principes »* de Salgado. Autrement dit, il a attendu que l’objection écologique tombe avant de signer. C’est très exactement ce qu’aucun des vendeurs de 2021 n’avait fait.

- **Tout partait à la reforestation.** Pas de discours sur l’avenir de la photographie, pas de communauté, pas de roadmap : une collecte de fonds avec un objet numérique en reçu.

- **Et ça a tenu.** J’ai vérifié le contrat sur la chaîne : la collection compte aujourd’hui **1 068 détenteurs**, et des échanges avaient encore lieu **la veille du jour où j’écris ces lignes**. Pour situer : la collection de Magnum compte 29 détenteurs et un acheteur actif. C’est la seule collection photo de tout ce dossier qui soit encore vivante.

![Fiche Blockscout du contrat Amazonia de Sebastiao Salgado : 1 068 détenteurs](https://thomashammoudi.com/wp-content/uploads/2026/08/nft-salgado-contrat-blockscout-01.png)*Le contrat Amazônia, aujourd’hui : 1 068 détenteurs, des échanges la veille de ce relevé. La seule collection photo encore vivante de tout ce dossier. [Source](https://eth.blockscout.com/token/0xf1f036cebb4b64f138e4f57754edbceb64fb80fc)*

Je ne vais pas transformer ça en éloge du NFT, ce serait absurde au vu de tout ce qui précède. Mais ce qui distingue ce cas de tous les autres tient en une phrase : **Salgado n’a pas vendu un avenir, il a vendu un don.** Les gens n’achetaient pas un placement, ils finançaient des arbres, et le jeton n’était que le ticket de caisse. Quand on retire la spéculation de l’équation, il reste une campagne de charité qui fonctionne. C’est à la fois la seule réussite du dossier et la démonstration finale : ce qui marche là-dedans, c’est précisément ce qui n’a rien à voir avec un marché.

![Femme Yawanawá photographiée par Sebastião Salgado, série Amazônia](https://thomashammoudi.com/wp-content/uploads/2026/05/salgado-amazonia-yawanawa.jpg)**Amazônia* (2021). La série dont chaque NFT financait l’Instituto Terra.*

![Membre du peuple Suruwahá photographié par Sebastião Salgado, série Amazônia](https://thomashammoudi.com/wp-content/uploads/2026/05/salgado-amazonia-suruwaha.jpg)**Amazônia* (2021). Sept ans de travail dans la forêt brésilienne.*

### L’AFP a vendu la même photo deux fois, en papier puis en jeton

Pendant que l’AP américaine se prenait les pieds dans le tapis (on y vient), l’AFP a fait quelque chose de plus discret et de bien plus instructif. En 2021, elle vend aux enchères des tirages de ses archives : **297 000 euros**, et la meilleure enchère, **15 600 euros**, va à [Serge Gainsbourg](https://fr.wikipedia.org/wiki/Serge_Gainsbourg) brûlant un billet de 500 francs sur le plateau de *7 sur 7*. En novembre 2022, elle remet ça chez Ader : 200 tirages à nouveau, plus **3 NFT**, les premiers de son histoire. Et parmi les trois, la même image de Gainsbourg.

C’est une expérience de laboratoire involontaire : la même photo, la même agence, un an d’écart, en tirage puis en jeton.

![Page du lot 201 de la vente Ader du 5 novembre 2022 : NFT de Serge Gainsbourg brûlant un billet, adjugé 3 900 euros](https://thomashammoudi.com/wp-content/uploads/2026/09/nft-afp-ader-lot201-01.png)*Le lot 201 chez Ader, 5 novembre 2022. Estimation 800 à 1 200 euros, adjugé 3 900. Un an plus tôt, le tirage de la même image faisait 15 600. [Source](https://www.ader-ep.com/lot/128634/19210730)*

Résultat : **3 900 euros pour le jeton Gainsbourg**[46](#118d2731-2c6d-53cf-8399-9165026ea97b), quatre fois moins que le tirage l’année précédente. Et encore : le lot comprenait un tirage signé, des rencontres avec les photographes et un accès aux archives. Le « NFT » était surtout un tirage avec des options. Les trois jetons ont totalisé 13 390 euros, le mieux vendu étant Bernie Sanders et ses moufles, à 7 410 euros : c’est, je le précise pour être complet, le lot le plus cher de cette vente-là, devant le premier tirage papier à 2 990 euros.

![La photo de Serge Gainsbourg par Philippe Wojazer : 15 600 euros en tirage en 2021, 3 900 euros en NFT en 2022](https://thomashammoudi.com/wp-content/uploads/2026/09/nft-afp-gainsbourg-deux-ventes-02.png)*Serge Gainsbourg brûlant un billet de 500 francs (Philippe Wojazer, 1984), vendu aux enchères par l’AFP en tirage en 2021, puis en NFT accompagné d’un tirage signé en novembre 2022, prix frais compris. Même photo, même agence, même maison de ventes ou presque. Ce qui a changé entre les deux, c’est le mot « NFT » sur l’étiquette.  
Sources : France 24 / AFP, 22 octobre 2022 (vente de 2021) ; Ader, vente du 5 novembre 2022, lot 201.*

Un tirage nu à 15 600 euros en 2021 ; la même image en jeton, avec un tirage dedans, à 3 900 l’année suivante. Aucun de mes tableaux de planchers ne dira jamais les choses aussi proprement que ces deux ventes-là.

### Le jour où le photojournalisme a failli vendre la souffrance

Le 24 février 2022, l’Associated Press, qui venait de lancer sa place de marché NFT, annonce sur Twitter la vente d’une vidéo de **migrants à la dérive dans une embarcation surchargée en Méditerranée**, filmée par son photographe Felipe Dana.

La levée de boucliers est immédiate, et elle vient des photojournalistes eux-mêmes : monétiser en jetons spéculatifs l’image de gens en train de risquer leur vie. L’AP supprime le tweet et annule la vente en quelques[47](#bb8a35c8-9c17-58ef-8e61-9b89f6de78ed) heures, avec un communiqué d’une sobriété remarquable : *« This was a poor choice of imagery for an NFT. »* Un mauvais choix d’image, en effet.

Ce jour-là, le 24 février 2022, était aussi celui de l’invasion de l’Ukraine. La question de ce qu’une image de détresse vaut, et pour qui, allait se poser à toute la profession dans les heures qui suivaient. Cette petite polémique effacée en un après-midi est, rétrospectivement, le moment où le photojournalisme a touché la limite morale de l’exercice : **on ne fractionne pas la souffrance en jetons.** L’AP a fini par fermer sa place de marché, qui affiche aujourd’hui *« This service is discontinued »*. Il n’y a pas eu de deuxième essai.

### Et la « première plateforme NFT de photographie d’art » est devenue un casino

Je garde celle-là pour la fin parce qu’elle résume tout le dossier en une seule adresse web (et parce que franchement, on ne peut pas inventer mieux).

Le 28 septembre 2022, trois jours après mon article, se lançait en France **Rhapsody Curated**, présentée dans la presse photo comme *« la première plateforme de NFT dédiée à la photographie d’art&[48](#8e13519d-fa05-5041-94f0-fe1323aa3c8c)nbsp;»*. Un vrai projet, avec une vraie ambition curatoriale : des saisons, des expositions numériques, trois à cinq photographes toutes les trois semaines, des noms sérieux au lancement. Des gens de métier, qui n’ont rien fait de mal.

![rhapsodycurated.com en août 2026 : un casino en ligne russe](https://thomashammoudi.com/wp-content/uploads/2026/08/nft-rhapsody-devenu-casino-01.png)*rhapsodycurated.com, août 2026. L’adresse de la « première plateforme française de photographie NFT » sert désormais un casino en ligne russe. [Historique du domaine](https://web.archive.org/web/20220728000000*/rhapsodycurated.com)*

Dix semaines plus tard, le domaine se mettait à rediriger ailleurs. Et aujourd’hui, si vous tapez l’adresse, vous tombez sur : *« Вавада официальный сайт »*. **Le domaine de la première plateforme française de photographie d’art en NFT sert désormais de miroir à un casino en ligne russe.** J’ai fait le relevé moi-même, le titre de la page est dans le code source, la Wayback Machine date la bascule.

Les expositions, les œuvres, les pages des photographes : rien n’a été archivé, rien n’a été transmis, rien n’existe plus. La « galerie du futur » a eu la durée de vie d’un yaourt, et sa succession a été réglée par un revendeur de noms de domaine.

Voilà pour le rattrapage. J’aurais pu allonger la liste : Platon vendant des iris de célébrités à 111 dollars, [Anne Geddes](https://fr.wikipedia.org/wiki/Anne_Geddes) lançant sa collection pour la fête des Mères, [Ellen von Unwerth](https://apps.thomashammoudi.com/photographe/ellen-von-unwerth) sur une plateforme dont le nom de domaine ne résout même plus, [Yann Arthus-Bertrand](https://apps.thomashammoudi.com/photographe/yann-arthus-bertrand) pour l’Ukraine (une fois, pour une cause, jamais depuis : le même schéma que Salgado, en plus petit). [Vincent Munier](https://apps.thomashammoudi.com/photographe/vincent-munier), lui, n’a rien fait du tout, et c’est documenté par son absence. Mais vous avez compris le motif : **tout le monde a essayé une fois entre fin 2021 et fin 2022, et plus personne n’a réessayé.** Un marché où personne ne revient, ça porte un nom : une déception.

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PS⁸ : Mise à jour judiciaire au passage. En 2022, je ne pouvais pas encore vous parler du délit d'initié chez OpenSea : un chef de produit achetait les collections juste avant de les mettre en page d'accueil. Il a été condamné en mai 2023, ce qui a été célébré comme la première condamnation pour délit d'initié sur des NFT. Sauf que la condamnation a été annulée en appel le 31 juillet 2025. La « première condamnation NFT » n'existe plus juridiquement. Même les sanctions de cette époque n'ont pas tenu.
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## Le cimetière

Un tour rapide de ce qu’il reste des grands projets de l’époque. Pas pour l’inventaire : pour le ton. Chacun a sa façon de mourir, et c’est instructif.

L’Associated Press, l’agence de presse mondiale, avait lancé une place de marché dédiée au photojournalisme en NFT. Aujourd’hui, si vous allez à l’adresse, vous trouvez le logo de l’agence et une phrase, une seule :[49](#647b8401-fb5e-56fe-8005-72aba8762e15) *« This service is discontinued. »* Ce service est arrêté. Une pierre tombale, avec le nom du défunt en haut et l’épitaphe en dessous (six mots, c’est sobre).

![Place de marché NFT de l](https://thomashammoudi.com/wp-content/uploads/2026/08/nft-ap-marketplace-morte-01.png)*La place de marché photo de l’Associated Press, août 2026. Trois lignes, pas une de plus.*

Le magazine TIME avait monté un programme ambitieux. Il est figé depuis janvier 2023, avec un bandeau signalant un incident technique que personne n’a jamais levé.[50](#788600d0-3498-591c-9c1c-0cf3df9b49e0) Le message d’erreur a maintenant trois ans et demi (à ce stade, ce n’est plus une panne, c’est du mobilier).

National Geographic a fait plus fort : le lien depuis leur site pointe encore vers un déploiement technique qui a été supprimé.[51](#e059bca2-80d3-5e11-981c-06281e134ee5) Un lien vers rien, laissé là.

KnownOrigin, l’une des premières plateformes d’art, rachetée par eBay en fanfare, affiche désormais une page mémorial avec deux dates, comme sur les monuments aux morts : 2018-2024.[52](#dea255ce-a7f4-557a-95e1-674b45fdc49a)

![Page mémorial de KnownOrigin, dates 2018-2024](https://thomashammoudi.com/wp-content/uploads/2026/08/nft-knownorigin-memorial-01.png)*knownorigin.io, août 2026. Deux dates, une œuvre en fond, et le ton de l’oraison funèbre. Au moins, eux, ont débranché proprement.*

Et NFT Paris, le grand rendez-vous européen du secteur, celui qui remplissait le Grand Palais et où défilaient les conférenciers, a annulé son édition 2026 à un mois de l’ouverture.[53](#cf1aed9e-8b10-5810-92a2-a9b73f30945f)

Ce qui me frappe dans cette liste, ce n’est pas que ces projets soient morts. Tout meurt, et un projet abandonné n’est pas un scandale. C’est que personne n’a pris la peine de débrancher proprement. Les liens pointent dans le vide, les bandeaux d’erreur restent affichés, les invitations mènent à des serveurs inexistants. On a éteint la lumière en partant, et encore, pas partout.

Pour un secteur qui a passé deux ans à nous expliquer qu’il construisait l’infrastructure permanente et incorruptible de la culture humaine, je trouve qu’il y a là une leçon de tenue.

![Terminal d](https://thomashammoudi.com/wp-content/uploads/2026/08/nft-hall-aeroport-vide-01.jpg)*Le secteur, ambiance générale. Photo Elena Soroka (Unsplash).*

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## Les arguments qu’on entendait tout le temps

Voici la section la plus utile de cet article, et la seule qui vous resservira ailleurs.

En 2022, j’avais listé les quatre arguments qui revenaient systématiquement dès qu’on émettait un doute. Quatre ans plus tard, je peux les noter. Et si vous lisez bien, vous allez reconnaître des phrases que vous avez déjà entendues sur un tout autre sujet, parce que **ce ne sont pas des arguments sur les NFT : ce sont les arguments qu’on sort quand on n’en a pas.** Gardez-les sous le coude pour la prochaine mode, ils reviendront mot pour mot.

### « Ce n’est que le début, c’est comme internet en 1995 »

C’était l’argument le plus fréquent. En 2022, je répondais en rappelant des dates : la blockchain date de 2008, les NFT de 2014. J’avais comparé leur trajectoire à celle du smartphone, sorti la même année, et à celle du web qui, huit ans après son invention, avait déjà produit les CD-ROM d’AOL dans les boîtes aux lettres et une bulle spéculative à son nom.

Nous sommes en 2026. Les NFT ont douze ans. La blockchain en a dix-huit. Elle est majeure, elle peut voter, et on attend toujours qu’elle range sa chambre.

Dix-huit ans, c’est l’âge auquel on vote. À dix-huit ans, le web avait déjà donné Google, Amazon, Wikipédia, le haut débit chez les gens et une génération entière qui ne savait plus vivre sans. Le téléphone portable, au même âge, avait déjà changé la façon dont on se donnait rendez-vous.

**À dix-huit ans, la blockchain a produit une monnaie spéculative dont le principal usage documenté est la spéculation**, et un marché de l’art qui compte dix-neuf mille participants dans le monde. Ce n’est plus un début. À un moment, quand la fête dure depuis dix-huit ans et que les invités sont partis, il faut envisager que ce n’étaient pas les préparatifs.

### « Tu n’y comprends rien »

Celui-là, je l’ai beaucoup entendu. Il avait une variante : si j’étais critique, c’est que je n’avais pas fait l’effort de comprendre, parce que comprendre menait forcément à adhérer.

Quatre ans plus tard, j’écris un outil qui lit la chaîne, résout les noms, retrace les flux, convertit les montants au cours historique et identifie les places de marché. Les gens qui me sortaient cet argument, pour la plupart, achetaient un jeton sur un site web en cliquant sur un bouton.

Je ne dis pas ça pour la gloire, il n’y a aucune gloire à savoir lire un registre public. Je le dis parce que cet argument avait une fonction, et une seule : éviter la conversation. Il ne prétendait pas réfuter, il prétendait disqualifier. Et il ne survivait jamais à trois questions techniques précises.

Le test était d’ailleurs simple, et je vous le donne parce qu’il resservira sur d’autres sujets : demandez à quelqu’un qui vous dit « tu ne comprends pas » de vous expliquer précisément ce que vous n’avez pas compris. La réponse arrive rarement (essayez, c’est instructif et ça ne coûte rien).

### « Oui mais le marché de l’art traditionnel aussi »

Le fameux : oui, ça pollue, mais le marché de l’art aussi. Oui, il y a des arnaques, mais il y en a aussi chez Christie’s. Oui, c’est spéculatif, mais la Bourse aussi.

Je l’appelais le whataboutisme, et j’expliquais que c’est l’argument parfait pour ne jamais rien faire, puisqu’on peut toujours trouver pire ailleurs.

Ce que quatre ans ajoutent, c’est un point de comparaison que personne n’avait en 2022. Le marché de l’art traditionnel, avec tous ses défauts que je ne défends pas, a une propriété qu’on lui reconnaîtra : **il est toujours là.** Les tirages vendus en 2021 sont accrochés à des murs. Les galeries qui les ont vendus ouvrent encore le matin (pas toutes, mais c’est un autre sujet). Personne n’a reçu de lettre expliquant que l’accrochage cesserait d’être maintenu le 27 avril 2027.

Comparer deux systèmes, c’est aussi comparer ce qu’ils deviennent quand on les laisse tranquilles quatre ans.

### « Tu fais du FUD »

Je garde le meilleur pour la fin, et j’y reviendrai en conclusion parce que c’est le mot qui résume tout.

Le FUD, donc : *fear, uncertainty, doubt*. Crainte, incertitude, doute. Dans ces communautés, exprimer l’un des trois était une faute sociale sanctionnée par la modération, quand ce n’était pas par l’exclusion.

Sur le Discord de Magnum, j’ai eu droit à la totale : on m’a expliqué que j’avais dû être refusé par l’agence et que je cherchais à me venger, ce qui aurait supposé que j’y postule un jour. On m’a expliqué que je menais une guerre personnelle contre eux. On m’a expliqué que j’étais contre les nouvelles technologies. Et pour finir, quelqu’un a posé la règle du jeu de la plus belle des manières : il ne voulait pas débattre *si on parlait d’écologie*. Un débat sur les NFT où l’on ne parle ni d’argent ni d’écologie, il reste quoi ? Les jpeg ?

Quatre ans plus tard, sur les trois choses interdites, le score est le suivant. La crainte : justifiée pour tous ceux qui ont acheté. L’incertitude : justifiée, la plateforme hôte a fermé. Le doute : justifié, la promesse de rémunération des artistes a été supprimée par ceux-là mêmes qui la vendaient.

Trois sur trois. **Il aurait suffi d’écouter les gens qu’on faisait taire.**

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## Là où je me suis planté

Un article de bilan qui ne trouve que des confirmations est un article raté. J’ai donc cherché mes erreurs avec autant d’énergie que celles des autres. Il y en a quatre, et la première est de taille.

### Mon argument principal a expiré dix jours avant ma publication

L’écologie était mon problème numéro un avec les NFT. Je l’écrivais noir sur blanc : sans la pollution, j’aurais regardé tout ça comme des gens qui s’échangent des cartes Pokémon (activité que je ne juge pas, j’ai eu un classeur).

Le 15 septembre 2022, l’Ethereum a changé de mode de fonctionnement et cessé de faire tourner des fermes de calcul. Mon article est sorti le 25 septembre. J’avais rédigé un encadré prudent pour en tenir compte : *« a priori, la surconsommation énergétique va s’arrêter »*.

Elle ne s’est pas « a priori » arrêtée. **Elle s’est effondrée de 99,988 % en électricité et de 99,992 % en émissions.**[54](#bb68f705-b904-5cb4-ad9d-7100064a6f65) On est passé de 21 à 23 térawattheures par an et environ 11 millions de tonnes de CO₂, à 2 601 mégawattheures et 870 tonnes.

![Consommation électrique d](https://thomashammoudi.com/wp-content/uploads/2026/09/nft-co2-merge-03.png)*Avant, après : la consommation électrique annualisée du réseau. La barre du bas fait trois pixels, et encore, parce que j’ai fixé un minimum.  
Source : Crypto Carbon Ratings Institute (CCRI), indices de consommation d’Ethereum, 2022 à 2026.*

Je n’ai pas été trop dur. **J’ai été trop prudent.** Et il faut dire les choses simplement : toute la partie carbone de mon article de 2022, la méthode, les calculs, les comparaisons en trajets de TGV, **ne s’applique plus à rien de ce qui s’est passé après le 15 septembre 2022.**

C’est pour ça que dans tout cet article, je n’ai donné les empreintes carbone qu’en les bornant explicitement à la période antérieure au Merge. Les 1 198 kg de Magnum, les 2 021 kg de Gilden, les 335 kg de Lolos : c’est de l’ardoise, du carbone déjà émis. Pas une facture qui continue de courir.

Ça ne change rien à l’ardoise, qui est réelle et qui a été contractée en connaissance de cause, après un an et demi d’avertissements. Mais quelqu’un qui vendrait une photo en NFT aujourd’hui ne peut plus se voir opposer cet argument. **Si vous croisez un article qui vous ressort les calculs carbone de 2021 pour condamner un NFT de 2026, il a quatre ans de retard.**

Une nuance quand même, et elle est de taille : **le Bitcoin, lui, n’a jamais changé de méthode.** Il consomme toujours autant, et depuis janvier 2023, on y inscrit aussi des images (le procédé s’appelle l[55](#14f2b3e3-6c96-568b-926a-6865751cdacf)es Ordinals, et il a fait grimper les frais du réseau). Le problème n’a pas disparu, il a déménagé sur la chaîne d’à côté.

### Les deux objections de mes lecteurs

Les objections sérieuses ne sont pas venues des réseaux, elles sont venues des commentaires sous l’article. Deux méritent une réponse quatre ans après, parce qu’elles étaient bien meilleures que celles qu’on me servait sur Twitter.

***« La chaîne de blocs garde un intérêt pour certaines authentifications, la validation de diplômes ou de pièces précises. »*** (Matthieu, 27 septembre 2022.) L’intuition était juste, et c’est effectivement arrivé. Mais pas avec des NFT. Le standard qui s’est imposé s’appelle *Verifiable Credentials* : la chaîne y sert à ancrer une empreinte cryptographique, pas à fabriquer un jeton qui s’échange. Et c’est logique, quand on y pense trente secondes : **un diplôme n’a aucune raison d’être transférable.** Le jour où votre master peut être revendu à quelqu’un d’autre, ce n’est plus un diplôme, c’est un titre au porteur. L’usage existe donc, mais il a gagné en jetant précisément ce qui fait un NFT.

***« La valeur des cryptos et des NFT a décru en fonction de la remontée des taux de la banque centrale américaine, c’est la fin de l’argent gratuit. »*** (Le même commentaire, et c’était l’argument le plus solide qu’on m’ait opposé.) Il avait un mérite énorme : il était testable. Si la chute n’était qu’un effet de la politique monétaire, alors le retour de l’argent facile devait tout relever. Il est revenu, et il a tout relevé : **le Bitcoin a été multiplié par près de quatre depuis mon article.** Le marché de l’art en jetons, lui, est resté couché. On y revient plus bas, chiffres à l’appui, et c’est le fait qui arbitre tout le débat.

Ce qui reste vrai de ma formulation de 2022, en revanche, c’est ce que j’écrivais sur l’absence d’usage réellement adopté. On m’opposait parfois les avatars de Reddit, des millions d’utilisateurs qui, pour la plupart, ignoraient acheter des NFT (ce qui était exactement la condition de leur succès). **Reddit a fermé la boutique en novembre 2025 et débranché les portefeuilles le 1er janvier 2026.**[56](#e7013793-c585-5d0a-b605-eca9d017fab6) Ubisoft a fermé le sien, Starbucks aussi, et Nike a annoncé fin 2024 la fermeture du studio racheté à prix d’or. Ce ne sont pas des projets qui ont manqué de moyens : ce sont les plus grosses entreprises du monde qui ont essayé, avec des budgets illimités, et qui ont toutes débranché.[57](#4a6dbe8a-8b68-5c71-bf29-ce6f239528fa)

### « Ponzi » était le mauvais mot

J’ai consacré une section entière à démontrer que le marché fonctionnait comme une pyramide de Ponzi. Je maintiens la description du mécanisme, mais pas le mot : un Ponzi suppose un organisateur qui promet des rendements et paie les anciens avec l’argent des nouveaux. Ici, il n’y a pas d’organisateur unique, il y a une foule qui se refile un objet en espérant trouver plus optimiste qu’elle. Le jeu du mistigri, autrement dit la théorie du plus grand fou, que je citais aussi. **« Ponzi » était le terme qui fait mouche, pas le terme juste.**

Ce qui est amusant, c’est que **la description exacte est plus accablante que mon approximation.** Une étude de la Banque des règlements internationaux[58](#1392c71a-75a2-51f0-8247-a5cddf279f5c) sur les acheteurs de crypto-actifs le dit sans détour : l’investisseur médian a perdu 431 dollars sur 900 investis, plus de quatre sur cinq sont perdants, et les gros porteurs vendaient pendant que les petits achetaient. La formule des auteurs est d’une élégance cruelle : *les baleines mangent le krill*. Une limite, que je signale : ses données s’arrêtent fin 2022, au plus bas du marché.

### La prédiction qui ne s’est pas réalisée

En 2022, j’annonçais qu’en passant à la preuve de possession, on venait de « filer les clés de la blockchain » à une poignée de gros détenteurs, et je concluais par un « surprise dans quelques années » que je croyais malin. **Il ne s’est rien passé.** Le plus gros acteur a culminé autour de 32 % fin 2023 puis est redescendu vers 23 %, sans le moindre incident. C’était une inquiétude déduite d’un principe, pas d’une observation : exactement le mécanisme que je reprochais aux partisans, prédire l’avenir à partir de ce qui arrange sa thèse.

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## Ce qui a survécu (et pourquoi ce n’est pas la photo)

Voici la partie que j’ai trouvée la plus intéressante à écrire, parce qu’elle m’a fait comprendre quelque chose que je n’avais pas vu en 2022.

Il reste un segment vivant dans cette histoire. Un seul. C’est l’art génératif on-chain : des œuvres produites par un programme, dont l’apparence dépend d’un tirage aléatoire au moment de la création (l’artiste écrit les règles, la machine tire les cartes).

Cette famille-là est toujours debout. Elle a des expositions muséales, elle entre au MoMA, elle a ses collectionneurs, ses critiques et son histoire, qui remonte d’ailleurs bien avant la blockchain, aux années 1960 et aux premiers tracés d’ordinateur ([Vera Molnár](https://fr.wikipedia.org/wiki/Vera_Moln%C3%A1r) traçait déjà ses carrés désordonnés bien avant que le mot blockchain n’existe).

Pourquoi elle et pas les autres ? La réponse est technique, et elle est belle :

**Dans l’art génératif on-chain, le code est l’œuvre, et le code est écrit dans la blockchain.** Il n’y a pas de lien vers un fichier hébergé ailleurs. Il n’y a rien à héberger. Tant que la chaîne existe, l’œuvre peut être régénérée à partir de ce qui y est inscrit (relancez le programme, l’image revient).

**Une photographie, elle, est toujours un pointeur.** Toujours. C’est un fichier, forcément trop lourd pour tenir dans un bloc (un raw de moyen format pèse plus que tout ce qu’on peut raisonnablement écrire dans une chaîne), forcément stocké ailleurs, forcément dépendant de quelqu’un qui paie un serveur.

Voilà pourquoi la mort de Foundation tue les NFT photo et ne fait rien à l’art génératif. Voilà pourquoi la date du 27 avril 2027 est une catastrophe pour Magnum et n’est rien pour les autres.

Et voilà, surtout, mon erreur de cadrage en 2022 : **je traitais « les NFT » comme un bloc unique.** C’en était pas un. Il y avait, dans le même panier, une technologie qui pouvait faire sens pour un art né du code, et une technologie qui n’avait rigoureusement rien à offrir à un art né d’un fichier image.

La photographie n’a jamais été dans la bonne catégorie. Elle ne pouvait pas y être. Ce n’était pas une question de maturité de la technologie, d’adoption ou de pédagogie : **c’était structurel depuis le premier jour.**

Tous ceux qui ont expliqué aux photographes qu’il fallait être patients, que ça allait mûrir, leur vendaient une maturation qui n’avait aucun chemin possible.

![Page d](https://thomashammoudi.com/wp-content/uploads/2026/08/nft-artblocks-vivant-01.png)*artblocks.io, août 2026. Des ventes en cours, des artistes, un programme éditorial. Ça existe encore, et il y a une raison. [Source](https://www.artblocks.io/)*

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## Où est passée la hype ?

Dernière question, et c’est celle qui donne la morale de l’histoire. Si tout ça s’est effondré, où sont partis les gens et l’argent ? (Spoiler : pas vers la sortie.)

![Google Trends sur le mot NFT, 2021 à 2026 : un pic en janvier 2022 puis une ligne plate](https://thomashammoudi.com/wp-content/uploads/2026/08/nft-google-trends-2021-2026-01.png)*Google Trends, « NFT », monde entier, 2021-2026. Je terminais l’article de 2022 sur cette courbe qui commençait à plonger. La voilà finie. [Source](https://trends.google.com/trends/explore?date=2021-01-01%202026-08-27&q=NFT)*

### Le fait qui arbitre tout le débat

Commençons par le chiffre le plus important de cette section, celui que les partisans ne vous donneront jamais et que les détracteurs oublient de regarder.

**Depuis septembre 2022, le Bitcoin a été multiplié par près de quatre.** Il a touché 126 296 dollars en octobre 2025[59](#444917bf-20fa-5c38-94fc-704d7962d27b) (il en vaut aujourd’hui environ 76 000, ce qui reste très au-dessus de 2022). Fonds indiciels autorisés, président élu sur un programme favorable, réserve stratégique d’État : la crypto a gagné, politiquement et financièrement.

![Cours quotidien de l](https://thomashammoudi.com/wp-content/uploads/2026/09/nft-cours-ether-2021-2026-04.png)*L’ether, la monnaie des NFT, de 2021 à aujourd’hui (cours de clôture quotidien, en dollars). Jamais durablement au-dessus de son pic de 2021, pendant que le Bitcoin quadruplait.  
Source : bougies quotidiennes Coinbase Exchange, de janvier 2021 à septembre 2026.*

Maintenant, l’Ethereum. La chaîne sur laquelle vivent presque tous les NFT dont je vous parle depuis le début.

**Son sommet du cycle, en août 2025, dépasse son sommet de novembre 2021 de 1,8 %.** Un virgule huit. Après quatre ans (et un cycle complet, avec tout ce que ça suppose d’euphorie). Et aujourd’hui, il est 46 % en dessous.

Prenez le temps de mesurer ce que ça signifie. **Il y a eu un cycle haussier historique, et la chaîne des NFT n’y a pas participé.** Le bateau est passé, la marée est montée pour tout le monde, et ce quai-là est resté sec (ce qui, pour un quai, pose question).

Ce n’est donc pas un mauvais moment à passer. Ce n’est pas *« le marché est bas en ce moment »*. Le marché a été très haut, ailleurs, sans eux.

### Les mêmes mécanismes, un autre habillage

L’argent et l’attention sont allés vers les memecoins, ces jetons sans le moindre prétexte artistique, achetés dans l’espoir de les revendre plus cher : la théorie du plus grand fou, débarrassée du décorum. La principale usine à en fabriquer a encaissé 1,1 milliard de dollars de commissions[60](#32814e72-65e6-5c11-a677-8586075bac68), avec un record un jour de janvier 2025, une semaine après le lancement du jeton à l’effigie du président des États-Unis. Sur ce seul jeton : **environ 800 000 portefeuilles perdants, pour à peu près 2 milliards de dollars.**[61](#5aa3c5c8-59ad-587f-a5ff-58c9e031414f)

**Le krill continue de se faire manger**, il a juste changé d’aquarium. Au moins, cette fois, personne ne prétend qu’il s’agit d’art ni qu’on soutient des créateurs.

### Et l’intelligence artificielle, alors ?

Je vous vois venir, parce que c’est le raccourci que tout le monde fait : *« après les NFT, l’IA, même bulle, même arnaque. »*

Non. Et je tiens à le dire ici précisément parce que ça affaiblirait tout ce que je viens de démontrer. J’ai consacré [plusieurs articles](https://thomashammoudi.com/tag/intelligence-artificielle/) à mes réserves sur l’intelligence artificielle, et elles sont nombreuses. Mais ce n’est pas la même histoire, et un seul rapport suffit à le montrer :

Au sommet absolu de la folie des memecoins, la principale plateforme comptait environ 260 000 utilisateurs actifs par jour. Un seul assistant d’intelligence artificielle en revendique un milliard par mois.

**Un rapport de un à trois mille.**

On peut détester l’IA, s’inquiéter de ce qu’elle fait à nos métiers, trouver son coût écologique préoccupant : tout ça se discute, et je le discute ailleurs. Mais on ne peut pas dire qu’elle n’est pas adoptée. **Voilà à quoi ressemblent les chiffres d’une technologie dont les gens se saisissent vraiment**, et c’est exactement ce que les NFT n’ont jamais produit, même à leur apogée, même avec Magnum, le Centre Pompidou et Christie’s derrière eux.

### Et dans la photo ?

Il ne se passe plus rien, et c’est mesurable. Sur l’un des plus gros sites d’actualité photo anglophones, le nombre d’articles mentionnant les NFT passe de 50 en 2022 à 7 en 2025.[62](#1b245081-750d-513d-9d0e-fa972a0ea26e) De 1,49 % de leur production à 0,19 %.

En France, la proportion de gens détenant un NFT est passée d’environ 4 % de la population en 2023 à environ 1,5 % aujourd’hui.[63](#5ae2704b-bf42-5088-a80c-aba63fc94082) Je précise que ces deux enquêtes ne posaient pas exactement la même question et que la comparaison est donc indicative, pas rigoureuse. La tendance, elle, ne fait pas débat.

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## Conclusion

Bon.

Je pensais écrire un article satisfaisant, du genre qu’on écrit en se frottant les mains (j’avais même préparé quelques vannes que j’ai fini par couper). J’ai plutôt écrit un article un peu triste, et je ne l’avais pas prévu.

Parce que le tableau final, ce n’est pas une bande d’escrocs qui s’enfuient avec la caisse. C’est **une agence prestigieuse dont personne ne va chercher les vingt-huit mille dollars qui dorment sur un compte oublié**. C’est **soixante-six photographies de Magnum qui ne sont jamais arrivées chez personne et dont le fichier cessera d’être servi le 27 avril 2027**. C’est **un photographe français qui a brûlé huit cent quatre-vingt-quatre dollars en un après-midi pour une collection qui n’a jamais trouvé preneur**, et qui a fini par retirer le message où il disait ses doutes. C’est un Discord où dix personnes restent connectées sans rien se dire.

Il n’y a pas de méchant dans cette histoire (ou alors ils sont partis avant, et ils vendent autre chose aujourd’hui). Il y a des gens qui ont cru quelque chose, qui l’ont dit fort, et qui se sont tus doucement (ce qui, au fond, est l’histoire de la plupart des emballements).

Ce que je retiens vraiment, après ces semaines à lire des relevés de transactions, tient en une observation : **personne n’a menti sur ce qu’était la technologie. Tout était public, vérifiable, inscrit.** Le lien vers un fichier hébergé ailleurs, les frais prélevés à chaque geste, les royalties qui dépendaient du bon vouloir d’une entreprise, les invendus qui s’empilaient : c’était visible dès 2021 par quiconque prenait deux heures pour regarder (deux heures, c’est le temps d’un aller-retour Paris-Lille).

Ce qui manquait, ce n’était pas l’information. **C’était l’envie de la regarder.**

Et c’est bien pour ça que le mot le plus important de toute cette affaire n’était ni « blockchain », ni « jeton », ni « décentralisé ». C’était **FUD** : crainte, incertitude, doute. Ces trois mots que ces communautés avaient réussi à transformer en insulte, alors que ce sont les trois outils de base de n’importe qui qui réfléchit (et de n’importe quel photographe devant une image, d’ailleurs).

Une technologie qui doit interdire le doute pour survivre vous a déjà tout dit d’elle-même. Vous n’aviez pas besoin de comprendre les contrats intelligents. Il suffisait de remarquer qu’on n’avait pas le droit de poser de questions.

Alors la prochaine fois qu’on vous vendra l’avenir de la photographie, ne demandez pas comment ça marche. **Demandez ce qui se passe si l’entreprise qui héberge ferme, et regardez le temps qu’on met à vous répondre.**

Prenez des photos et faites des tirages. Le mien tient un siècle et n’a besoin de la bonne santé financière de personne. ✌

Et à la prochaine.

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Pendant l’écriture de ce billet, j’ai principalement écouté cet album :

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- Relevé complet du portefeuille [0xd8d005f6…6ee1 sur Blockscout](https://eth.blockscout.com/address/0xd8d005f66296068a2efc240f7e5910af52a86ee1), 313 transactions lues une par une, dollars au cours de clôture Coinbase du jour de chaque transaction. [↩︎](#7008bce8-0923-5a47-a621-2c964d143147-link)
- Vérifiable sur la [liste des transactions de l’adresse](https://eth.blockscout.com/address/0xd8d005f66296068a2efc240f7e5910af52a86ee1?tab=txs) : aucune transaction sortante après cette date, uniquement des entrées. [↩︎](#fc734d83-543f-59b3-ac70-45d3ea4512d5-link)
- Fiche du contrat [Magnum Photos 75 (MPA75) sur Blockscout](https://eth.blockscout.com/token/0xe628b59D34F42B16C53F4d697f1FfD4d8d987b91), onglets Holders et Inventory, relevé de septembre 2026. [↩︎](#99bd956b-cb38-5fe1-a9f3-eebd52ff8b4d-link)
- Jetons MPA75 n° 44, 77, 97, 104, 127 et 145, [transferts du contrat MPA75, 5 août 2026](https://eth.blockscout.com/token/0xe628b59D34F42B16C53F4d697f1FfD4d8d987b91?tab=token_transfers). L’acheteur unique est identifié par ses trois coffres revendiqués publiquement (6529.io). [↩︎](#c2ea5790-b21d-5c93-ba0a-48be39dffa13-link)
- La lettre est l’unique contenu servi par [foundation.app](https://foundation.app/) depuis le 27 avril 2026 (constaté et archivé ; capture reproduite plus haut). [↩︎](#9b58852a-9761-50df-bd32-fad15768a5fe-link)
- [Gemini, « Announcing Nifty Gateway’s Closure »](https://www.gemini.com/blog/announcing-nifty-gateways-closure), janvier 2026 : fermeture de la plateforme le 23 février 2026, retraits possibles jusqu’au 23 avril. [niftygateway.com](https://www.niftygateway.com/) sert depuis un message de fermeture. Relevé de septembre 2026. [↩︎](#e88c8603-7384-563d-9d8f-ed7633a0af99-link)
- Recensement par l’index CDX de la Wayback Machine en mode préfixe sur son compte, puis test un par un via l’interface publique d’intégration de X (un identifiant supprimé renvoie « Ce post a été supprimé par son auteur »). Méthode détaillée en fin d’article, validée sur 14 tweets témoins. [↩︎](#f118e6e6-204a-5415-9c47-dd04c07eba14-link)
- Mint le 15/04/2021 à 09h50 ([transaction](https://etherscan.io/tx/0xf191e1cb70ec814a08c82b0addc86ce25f76e787029480fcf1a8b98435088cc7)), mise en vente à 10h39 ([transaction](https://etherscan.io/tx/0x8ccbf79fa3861501b0a141dc3d0c68830dd89f3a37ff93674e74a12225f64142)). [↩︎](#900a77c9-3547-5d76-93a1-621fe5975f2f-link)
- Adjudication du 14/12/2021 à 00h57 : [transaction finalizeReserveAuction](https://etherscan.io/tx/0xd36bcefd8ef124aaa69dd546ad9565f5481bd22b347490fbd537f94ff70cdae6). Le versement est une transaction interne, invisible dans la liste simple : il a été retrouvé en suivant le jeton lui-même. [↩︎](#34843087-ab04-5847-b9bd-a9dc3023f063-link)
- Douze transactions du 28/12/2021, 13h41-16h55, gas recalculé transaction par transaction. Déploiement : [transaction](https://etherscan.io/tx/0xe76e64944fd9c1aa26b22a8f20e6921f45d456a015b574e643c86837c3046361) ; collection Atmosphere : [0x41c9f125…afce](https://etherscan.io/address/0x41c9f125cff3b12590e7359ddefd5541eab1afce). [↩︎](#e6e51194-16f4-54d9-9f83-6d28fa1d00ac-link)
- [Transaction du 15/04/2021 à 09h50, statut « échec »](https://etherscan.io/tx/0x34a78339577e69c2efaa6526faea80373ff5a7a8d6534ecf82d01042e68731f9) : 0,0119 ETH de gas consommés, 30,05 dollars au cours du jour. [↩︎](#e9792360-b666-52f8-9f37-587af6be9291-link)
- Comptage réalisé sur l’intégralité de mes tweets archivés par la Wayback Machine : [7 836 identifiants recensés](https://web.archive.org/cdx/search/cdx?url=twitter.com/Thomas_HMD/status/&matchType=prefix&output=json&fl=original&collapse=urlkey&limit=20000) en mode préfixe sur mon compte, puis 6 848 tweets relus un par un via l’interface publique d’intégration de X. Est compté tout message où son identifiant apparaît en réponse, en mention ou dans le texte, conversations à plusieurs comprises. Mêmes critères pour les autres noms cités : la comparaison est faite à méthode constante, et elle est rejouable. Deux comptages sont donnés : celui des messages contenant explicitement un terme du sujet (21 pour lui), et celui des messages appartenant à un fil sur le sujet (33). Un fil est reconstitué en regroupant les messages adressés à la même personne à moins de six heures d’intervalle, puis en ne retenant que le segment allant du premier au dernier message qui touche au sujet : ce qui se dit avant ou après, dans la même session, n’est pas compté. [↩︎](#6c27c0da-ca9b-5d53-bb19-d2d8243db278-link)
- Relevé du portefeuille [johanlolos.eth sur Blockscout](https://eth.blockscout.com/address/0x21b55deD2Cca7F5531906c07C475F2c0D40E4606), 56 transactions, dollars au cours du jour de chaque transaction. [↩︎](#eac2f688-e1d1-5501-b129-b37e5800eddc-link)
- Les trois encaissements arrivent en transactions internes depuis les contrats de place de marché : [27/11/2021, 5,95 ETH](https://etherscan.io/tx/0x80f000547cc7fada84a1e278268b22c393af3528171e9aa337728951431acc4d) ; [10/12/2021, 6,16 ETH](https://etherscan.io/tx/0x90224c65ea8e1c4e2ba648925f81bd79979ad54609595d52ce0908d6e5a5dbe0) ; [29/01/2022, 6,60 ETH](https://etherscan.io/tx/0xda8b4e9bce3a84ded4878d077b47411555bf472eb6e95743b4caa59c938c0424). [↩︎](#9aa84005-dec4-572f-98f5-fc1e09277783-link)
- [johanlolos.com/nft](https://www.johanlolos.com/nft/), en ligne en septembre 2026 ; 18 captures Wayback ininterrompues depuis juin 2023, [dernière du 22 avril 2026](https://web.archive.org/web/20260422115802/https://johanlolos.com/nft/). [↩︎](#44bd4380-4e2b-50c4-8a94-9065ca477313-link)
- Les dix essais, dans l’ordre : [Blockchain et NFT](https://nicolascroce.com/blockchain-et-nft/) (27/02/2021), [La bulle des crypto-monnaies](https://nicolascroce.com/la-bulle-des-crypto-monnaies/) (20/08), [Quelques réflexions au sujet des crypto-monnaies](https://nicolascroce.com/quelques-reflexions-au-sujet-des-crypto-monnaies/) (21/08), [Le monde des cryptomonnaies vous intéresse-t-il ?](https://nicolascroce.com/le-monde-des-cryptomonnaies-vous-interesse-t-il/) (24/08), [Choisir une blockchain pour vos NFT](https://nicolascroce.com/choisir-une-blockchain-pour-vos-nft/) (07/11), [La cryptographie expliquée simplement](https://nicolascroce.com/la-cryptographie-expliquee-simplement/) (14/11), [Web 1, web 2, web 3](https://nicolascroce.com/web-1-web-2-web-3-quest-ce-que-cest-et-quest-ce-que-cela-signifie-pour-les-creatifs/) (16/11), [Le cas Hic Et Nunc](https://nicolascroce.com/le-cas-hic-et-nunc/) (19/11), [La blockchain expliquée simplement](https://nicolascroce.com/la-blockchain-expliquee-simplement-qu-est-ce-qu-une-blockchain-et-comment-cela-fonctionne/) (02/12) et [Les NFT expliqués simplement](https://nicolascroce.com/les-nft-expliques-simplement-qu-est-ce-qu-un-nft-et-comment-cela-fonctionne/) (09/12). Liste établie en interrogeant l’index de son propre site sur les mots « NFT », « crypto », « blockchain », « Tezos », « Ethereum » et « web3 », puis relue une par une pour écarter les pages où le mot n’est qu’une incise. Les dix affichent une date de dernière modification identique à leur date de publication : aucune n’a été retouchée depuis. [↩︎](#5154e741-ca2f-5252-952e-74dd3ec65e87-link)
- Page de vente relevée dans la copie du [9 novembre 2021 conservée par la Wayback Machine](https://web.archive.org/web/20211109/https://www.universite.photo/crypto-artiste), seule copie complète existante. Les trois articles de lancement sont archivés eux aussi : [Pourquoi devriez-vous vendre vos photos en NFT ?](https://web.archive.org/web/2022/https://blog.universite.photo/pourquoi-devriez-vous-vendre-vos-photos-en-nft/) (12/01/2022), [Flux de travail, éditing et NFT](https://web.archive.org/web/2022/https://blog.universite.photo/flux-de-travail-editing-et-nft/) (13/01) et le [récapitulatif du 17 janvier](https://web.archive.org/web/20220117/https://blog.universite.photo/fiscalite-des-nft-nombre-deditions-frais-de-transaction-presenter-vos-projets-la-formation-crypto-artiste-sameliore-encore/), d’où est tirée la liste des sept leçons. [↩︎](#0f5e7bcf-f080-561c-8bba-016b49f7c4ef-link)
- Compte `tz1ecAtwNdrsABBKa7Bvn9ZEq1Ze1EvS9WTW`, identifié par les deux bouts : le lien qu’il pose lui-même dans son essai du 19 novembre 2021 pointe vers son profil, et ce profil déclare publiquement son site et son compte X. [Relevé complet du compte sur tzkt.io](https://tzkt.io/tz1ecAtwNdrsABBKa7Bvn9ZEq1Ze1EvS9WTW/operations). J’ai retenu les seules sommes réellement entrées sur le compte en provenance des places de marché (Kalamint et objkt), ce qui exclut les prix affichés et les enchères sans preneur, et converti chacune au cours XTZ/USD du jour de l’opération (bougies quotidiennes Coinbase). Résultat : 51 encaissements, 139,87 tez, 611 dollars. Le détail par mois est dans [son profil public](https://objkt.com/users/tz1ecAtwNdrsABBKa7Bvn9ZEq1Ze1EvS9WTW), qui affiche encore quarante pièces en vente. [↩︎](#7b0175eb-e6f5-5841-9c3b-f23fcb56fb3d-link)
- Vérifié en septembre 2026 : `universite.photo/crypto-artiste` répond un code 301 (« déplacé de façon permanente ») vers `formations.nicolascroce.com/photo`, page où les mots « NFT », « crypto » et « blockchain » n’apparaissent pas une seule fois. `blog.universite.photo`, qui portait les trois articles de lancement, répond un code 404. Le catalogue de formations actuel en compte cinq, toutes consacrées à la photographie. [↩︎](#b3667da6-b628-52c7-8589-0e943085bd33-link)
- Test mené fin août 2026 puis rejoué en septembre sur les 72 adresses de fichiers inscrites dans ses jetons, interrogées une par une sur une passerelle IPFS publique. Les 72 ont répondu (en août, la dernière avait demandé un deuxième essai, simple dépassement de délai de la passerelle). Poids cumulé : 2,84 Go, soit 39,5 Mo par fichier en moyenne. À comparer avec le sort des images de Magnum quelques sections plus haut. [↩︎](#922f695e-092f-586b-adc9-b1d2192ae81d-link)
- Décompte fait fin août 2026, revérifié en septembre, sur les descriptions des 72 jetons, telles qu’elles sont enregistrées dans leurs métadonnées, puis chaque adresse interrogée une par une : `art.nicolascroce.com/valencia` (inscrite dans 27 jetons) et `nicolascroce.com/NFT` (5 jetons) répondent un code 404, `art.nicolascroce.com/quotidien` (8) et `/nature` (7) répondent normalement. Les 25 autres pièces ne portent aucun lien. Sur ce portfolio, la première adresse sert la page d’accueil malgré son code d’erreur : le visiteur n’a même pas l’écran qui lui dirait qu’il s’est perdu. Et ces liens sont figés, puisque les métadonnées sont désignées par une adresse `ipfs://` qui est le résultat d’un calcul sur leur contenu : en changer une lettre produirait une autre adresse, que le contrat ne connaîtrait pas. [↩︎](#ed093b21-1740-5601-a38d-cdcd8c8a7248-link)
- Relevé du portefeuille [brucegilden.eth sur Blockscout](https://eth.blockscout.com/address/0x00668305A5DABe522F7340842E318A8B5C5609ff), 325 transactions, gas cumulé converti au cours du jour de chaque transaction. [↩︎](#cce6c32a-3ce1-52d8-a87f-60df1adca36e-link)
- Gas consommé avant le 15/09/2022 × 6,85 × 10⁻⁵ kgCO₂ par unité de gas, facteur dérivé de McDonald (2022), [arXiv:2112.01238](https://arxiv.org/abs/2112.01238) (22,9 TWh/an, 442 gCO₂/kWh). Détail de la méthode en fin d’article. [↩︎](#0fc9b632-ce88-5266-97f1-186187d899b3-link)
- Contrat `ZZYZX by Gregory Halpern` : [0x11665F3F…C502](https://eth.blockscout.com/token/0x11665F3FDEfFF375D32Ee7fefE96Af56cA0cC502), ERC-721, 224 transferts et 12 détenteurs en septembre 2026. Les 67 pièces ont été créées le 4 janvier 2022 vers [0x51ff544c…a2b5](https://eth.blockscout.com/address/0x51ff544cb7fe2b41bee9240cd30c612dbb50a2b5), un coffre multisignature qui a également reçu les 200 pièces de la collection August Sander du même éditeur : c’est donc l’adresse de la plateforme, pas celle de l’artiste. L’adresse portant le nom `gregoryhalpern.eth` (`0xCA3d4560…0a31`) n’a créé aucun jeton : elle ne détient que des collections spéculatives sans rapport avec la photographie, ce qui suffit à l’écarter. [↩︎](#de3db72d-9e9a-536c-b133-ca0d5c9a2c45-link)
- Comptes rendus officiels des assemblées générales de Magnum : [78e AGM, juin 2025](https://www.magnumphotos.com/newsroom/updates-from-magnums-78th-annual-general-meeting/) (co-présidents Gregory Halpern, Lorenzo Meloni, Newsha Tavakolian) et [79e AGM, juin 2026](https://www.magnumphotos.com/newsroom/magnums-79th-annual-general-meeting/). [↩︎](#18a9f1d9-0797-5430-96e6-dea2df06eeb3-link)
- Chiffres servis par l’API publique de Discord : [invitation « magnumphotos » avec compteurs](https://discord.com/api/v9/invites/magnumphotos?with_counts=true), relevés d’août et de septembre 2026. La date de création du serveur est encodée dans son identifiant. [↩︎](#732ca487-9324-5d9e-a31b-773bf487b98e-link)
- Planchers relevés en septembre 2026, croisés entre [NFT Price Floor](https://nftpricefloor.com/) et l’API [CoinGecko](https://www.coingecko.com/) : BAYC 6,85 ETH contre un sommet de 153,7 ETH (01/05/2022), soit −95,5 % en ETH. Fin août 2026, le même relevé donnait 7,98 ETH. [↩︎](#0bc6c191-d581-5d78-a31b-86eebbd64872-link)
- Plancher de 29,35 ETH en septembre 2026 (32,44 fin août) contre un sommet de 125 ETH (29/08/2021), mêmes sources. La cession de la propriété intellectuelle à une fondation de conservation date de mai 2025. [↩︎](#a5d7bf64-801b-5a4e-a635-a369732a9bbb-link)
- API CoinGecko, relevé de septembre 2026 (15 ETH, soit 37 738 dollars, fin août : sur une collection de cent pièces, une seule annonce déplace le plancher). Le pic de 79 ETH (septembre 2021) est rapporté par la presse spécialisée, la collection n’étant pas indexée par NFT Price Floor : il n’a pas pu être vérifié on-chain. [↩︎](#5c9f805f-cc8f-52b4-af7b-44df1aaa305c-link)
- DappRadar, [« NFT Art’s Shocking Collapse: From $2.9 Billion Boom to $23.8 Million Bust »](https://dappradar.com/blog/nft-arts-shocking-collapse-from-2-9-billion-boom-to-23-8-million-bust-what-went-wrong), 2025. [↩︎](#c35cb8d5-2d82-5680-b746-c1dc0f37b0c5-link)
- DappRadar, [State of the Dapp Industry, T3 2025](https://dappradar.com/blog/state-of-the-dapp-industry-q3-2025) et données mensuelles d’octobre 2025. [↩︎](#8707ff01-6449-5659-9da9-bb604751b272-link)
- « The Dark Side of NFTs: A Large-Scale Empirical Study of Wash Trading », [arXiv:2312.12544](https://arxiv.org/pdf/2312.12544). [↩︎](#898329c4-c1a1-5b99-b6b5-7987a1850c16-link)
- Capitalisation du jeton LOOKS, [CoinGecko](https://www.coingecko.com/en/coins/looksrare), relevé de septembre 2026 (171 825 dollars fin août). [↩︎](#39374a7d-03c2-5602-b931-1b50cb544683-link)
- [« Combien ça coûte, un tirage ? »](https://thomashammoudi.com/combien-ca-coute-un-tirage/), 15 décembre 2021, passage sur Gursky et le droit de suite : « le droit de suite existe déjà et est déjà appliqué […] Donc, les NFT n’apportent strictement rien ». [↩︎](#eed2f3e2-06e1-5899-855d-c6dc0dde1a8d-link)
- Lancement de Blur et bascule du marché : [Decrypt, « OpenSea Makes Creator Royalties Optional »](https://decrypt.co/152878/opensea-make-creator-royalties-optional-nft-trades) ; abandon de l’outil d’application en août 2023 : [Cointelegraph](https://cointelegraph.com/news/opensea-disable-on-chain-royalty-enforcement-tool). [↩︎](#1cbed4df-c04d-5093-8c36-c67ddb63d439-link)
- Nansen Research, [« A Nansen Look at NFT Royalties »](https://research.nansen.ai/articles/a-nansen-look-at-nft-royalties-1) : volumes 2023 à 50,6 % de 2022, royalties à 14,7 %, taux effectif passé de 2,5 % à 0,6 %. [↩︎](#34177c19-e369-5a14-8d0b-b08a93ddad8c-link)
- Comptage plein texte sur les quatre PDF officiels : [2023 (193)](https://theartmarket.artbasel.com/download/The-Art-Basel-and-UBS-Art-Market-Report-2023.pdf), [2024 (44)](https://theartmarket.artbasel.com/download/The-Art-Basel-and-UBS-Art-Market-Report-2024.pdf), [2025 (58)](https://theartmarket.artbasel.com/download/The-Art-Basel-and-UBS-Art-Market-Report-2025.pdf), [2026 (1)](https://theartmarket.artbasel.com/download/The-Art-Basel-and-UBS-Art-Market-Report-2026-by-Arts-Economics.pdf). [↩︎](#c9a7f0a5-7abb-5057-9af5-393c64b01429-link)
- Chiffres donnés par Wolfgang Bergmann, directeur financier du Belvédère, dans un entretien à l’American Alliance of Museums : [« Sealed with a Kiss », février 2024](https://www.aam-us.org/2024/02/09/sealed-with-a-kiss-a-qa-on-gallery-belvederes-multimillion-dollar-nft/). Le site de vente [thekiss.art](https://thekiss.art/) est toujours en ligne, bouton d’achat compris. [↩︎](#45682c43-cd1f-546f-99cb-fe26792b19fd-link)
- [The Art Newspaper, « Christie’s shuts down pioneering digital art department »](https://www.theartnewspaper.com/2025/09/09/amid-a-slump-for-nfts-christies-closes-digital-art-department), septembre 2025. [↩︎](#9b5bed58-fe04-5d86-b9ed-e9fbb84b3895-link)
- Centre Pompidou, [« Le Centre Pompidou passe à l’heure NFT »](https://www.centrepompidou.fr/fr/pompidou-plus/magazine/article/le-centre-pompidou-passe-a-lheure-nft), février 2023 ; fermeture pour travaux jusqu’en 2030 : [dossier officiel de rénovation](https://www.centrepompidou.fr/fr/le-centre-pompidou-se-metamorphose/le-projet-de-renovation-centre-pompidou-2030). [↩︎](#99f899ea-6efa-51b8-8f14-18367779d512-link)
- Louis Jebb, [« Digital Art Acquisitions in 2025 »](https://www.rightclicksave.com/article/digital-art-acquisitions-in-2025-moma-whitney-centre-pompidou), Right Click Save, 29 décembre 2025 : *382181_Garden City* de Robert Alice, acquis par achat en mars 2025. [↩︎](#6436ac96-b8bf-53c1-8af9-396f65d37c70-link)
- [ARTnews, « MoMA Acquires CryptoPunks and Chromie Squiggles »](https://www.artnews.com/art-news/news/moma-cryptopunks-chromie-squiggles-acquisitions-1234768035/), 2025. [↩︎](#9655c60a-8dff-5453-8393-7fd3dd50eb3c-link)
- Réponse du service de presse de l’Österreichische Galerie Belvedere, reçue par courriel en septembre 2026, reproduite intégralement et attribuée à l’institution à sa demande (« *Please attribute these answers simply to the Belvedere* »). Question envoyée début septembre 2026 aux services de presse de Magnum Photos, Sotheby’s, Christie’s, du Belvédère et du Centre Pompidou. [↩︎](#b648bc50-36ee-5145-be1f-a7ebfcca83a6-link)
- Réponse de Magnum Photos reçue par courriel en septembre 2026, deux jours après l’envoi de la question. Citation intégrale du passage de refus. L’agence n’a fourni aucune réponse aux trois questions posées. [↩︎](#6b63e8d1-0fa5-531d-8c80-e69fd25623f8-link)
- Lancement du 12 octobre 2022 avec Sotheby’s : [Forbes Brasil](https://forbes.com.br/forbesesg/2022/10/instituto-terra-de-sebastiao-salgado-cria-nfts-para-reflorestamento/) ; contrat vérifié on-chain : [Amazonia (SLG) sur Blockscout](https://eth.blockscout.com/token/0xf1f036cebb4b64f138e4f57754edbceb64fb80fc), 1 068 détenteurs fin août 2026, 1 070 en septembre. [↩︎](#cf199bc4-e201-5c7b-b13f-3977ccd750b0-link)
- Vente Ader du 5 novembre 2022, [catalogue « De l’argentique à l’iconique »](https://www.ader-ep.com/catalogue/128634), résultats frais compris : [lot 200, première dépêche de 1944, 2 080 €](https://www.ader-ep.com/lot/128634/19210729) ; [lot 201, Gainsbourg par Philippe Wojazer, 3 900 €](https://www.ader-ep.com/lot/128634/19210730) ; [lot 202, Bernie Sanders par Brendan Smialowski, 7 410 €](https://www.ader-ep.com/lot/128634/19210731). Chaque lot comprenait un tirage signé 30 × 24 et des avantages (rencontres, archives). Premier tirage papier de la vente : lot 188, Zidane, 2 990 €. Chiffres de la vente de 2021 (297 000 €, tirage Gainsbourg 15 600 €) : [France 24 / AFP, 22 octobre 2022](https://www.france24.com/fr/info-en-continu/20221022-entre-actualit%C3%A9-et-art-l-afp-met-aux-ench%C3%A8res-200-photos-et-trois-nft). [↩︎](#118d2731-2c6d-53cf-8399-9165026ea97b-link)
- [CoinDesk, « AP Cancels Sale of Migrant Video NFT After Backlash »](https://www.coindesk.com/business/2022/02/25/associated-press-cancels-sale-of-migrant-video-nft-after-backlash), 25 février 2022. [↩︎](#bb8a35c8-9c17-58ef-8e61-9b89f6de78ed-link)
- Fisheye Magazine, [« Rhapsody Curated : une plateforme de NFT consacrée à la photographie vient d’être lancée »](https://www.fisheyemagazine.fr/decouvertes/actu/rhapsody-curated-une-plateforme-de-nft-consacree-a-la-photographie-vient-detre-lancee/), 28 septembre 2022. L’historique du domaine (premier archivage le 28/07/2022, redirections dès décembre 2022, casino depuis) est lisible dans [l’index de la Wayback Machine](https://web.archive.org/web/20220728000000*/rhapsodycurated.com). [↩︎](#8e13519d-fa05-5041-94f0-fe1323aa3c8c-link)
- [apmarket.xooa.com](https://apmarket.xooa.com/), relevé de septembre 2026 : « This service is discontinued ». [↩︎](#647b8401-fb5e-56fe-8005-72aba8762e15-link)
- [Le programme TIMEPieces](https://time.com/collection/timepieces-nft/) et son site dédié, relevés en septembre 2026. [↩︎](#788600d0-3498-591c-9c1c-0cf3df9b49e0-link)
- [natgeo.snowcrash.com (archive de janvier 2023)](https://web.archive.org/web/20230118173453/https://natgeo.snowcrash.com/), relevé de septembre 2026 : le déploiement Vercel a été supprimé. [↩︎](#e059bca2-80d3-5e11-981c-06281e134ee5-link)
- [knownorigin.io](https://knownorigin.io/), relevé de septembre 2026. Rachat par eBay en juin 2022. [↩︎](#dea255ce-a7f4-557a-95e1-674b45fdc49a-link)
- [ARTnews, « NFT Paris and RWA Paris Shelved With One Month Notice »](https://www.artnews.com/art-news/news/nft-paris-and-rwa-paris-shelved-with-one-month-notice-due-to-crypto-and-nft-market-collapse-founder-says-1234768992/), 2026. [↩︎](#cf1aed9e-8b10-5810-92a2-a9b73f30945f-link)
- Crypto Carbon Ratings Institute (CCRI), indices de consommation du réseau Ethereum : [carbon-ratings.com](https://carbon-ratings.com/) ; synthèse : [Consensys, 2022](https://consensys.io/blog/ethereum-blockchain-eliminates-99-99-of-its-carbon-footprint-overnight-after-a-successful-merge-according-to-new-report). [↩︎](#bb68f705-b904-5cb4-ad9d-7100064a6f65-link)
- Consommation du réseau Bitcoin : [Cambridge Bitcoin Electricity Consumption Index](https://ccaf.io/cbnsi/cbeci). Elle dépend du hashrate, pas du nombre d’inscriptions : le facteur Ethereum ne s’y transpose pas. [↩︎](#14f2b3e3-6c96-568b-926a-6865751cdacf-link)
- [Coin Edition, « Reddit Sunsets Digital Collectibles »](https://coinedition.com/reddit-sunsets-digital-collectibles-users-must-export-keys/), décembre 2025. [↩︎](#e7013793-c585-5d0a-b605-eca9d017fab6-link)
- Ubisoft Quartz : [Forbes](https://www.forbes.com/sites/paultassi/2022/04/06/ubisoft-ends-ghost-recon-breakpoint-support-congratulates-defunct-nft-owners/) ; Starbucks Odyssey : [Decrypt](https://decrypt.co/221967/starbucks-shutting-down-odyssey-nft-rewards-program) ; RTFKT : [Business of Fashion](https://www.businessoffashion.com/news/technology/nike-sold-rtfkt-in-december/). [↩︎](#4a6dbe8a-8b68-5c71-bf29-ce6f239528fa-link)
- BIS Bulletin n° 69, [« Crypto shocks and retail losses »](https://www.bis.org/publ/bisbull69.pdf), février 2023. [↩︎](#1392c71a-75a2-51f0-8247-a5cddf279f5c-link)
- Bougies quotidiennes Coinbase Exchange (BTC-USD et ETH-USD), série reconstituée du 01/09/2022 à septembre 2026 : BTC ×3,79 (×3,97 fin août), sommet le 6 octobre 2025. [↩︎](#444917bf-20fa-5c38-94fc-704d7962d27b-link)
- Revenus de pump.fun mesurés à la source via l’API DefiLlama (série quotidienne complète) : [defillama.com/protocol/pump.fun](https://defillama.com/protocol/pump.fun). Record quotidien : 15,46 millions de dollars le 24 janvier 2025. [↩︎](#32814e72-65e6-5c11-a677-8586075bac68-link)
- Analyses Chainalysis pour le New York Times (813 000 portefeuilles en perte au 30/01/2025), relayées par Fortune le 11/02/2025. Les revenus de la famille (plus de 1,4 milliard de dollars crypto pour 2025) viennent de la déclaration publiée par l’Office of Government Ethics le 01/07/2026. [↩︎](#5aa3c5c8-59ad-587f-a5ff-58c9e031414f-link)
- Comptage via l’interface de publication du site (API REST publique), requêtes par année sur le mot-clé, rapportées à la production totale. [↩︎](#1b245081-750d-513d-9d0e-fa972a0ea26e-link)
- Études KPMG/ADAN/Ipsos (mars 2023 : 4 % des Français) et baromètre ADAN 2026 (14 % des détenteurs de crypto-actifs, soit ≈ 1,5 % de la population). Les deux enquêtes ne posent pas la même question : l’ordre de grandeur seul est significatif. [↩︎](#5ae2704b-bf42-5088-a80c-aba63fc94082-link)

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## Notes et sources

Un mot avant les notes. J’ai mené cette enquête en août 2026, puis j’ai mis près d’un mois à écrire ce que vous venez de lire. Un mois, sur un sujet pareil, c’est long. Alors juste avant de publier, en septembre 2026, **j’ai tout rejoué une dernière fois** : les portefeuilles, le contrat de Magnum et ses 29 détenteurs, les empreintes carbone (recalculées par un second chemin d’accès aux données, même résultat à l’unité de gas près), les sites morts et les sites vivants, le Discord, les 72 fichiers de Nicolas Croce, les 2 130 tweets archivés de Jonathan Bertin.

Sur la chaîne, rien n’a bougé : pas une transaction de plus sur aucun des portefeuilles, pas un détenteur de plus pour Magnum. C’est assez logique, c’est à la fois tout l’intérêt d’un registre qu’on ne peut pas modifier et tout le problème d’un marché où il ne se passe plus rien. Ce qui a bougé, ce sont les prix, et je les ai mis à jour : en trois semaines, tous les planchers du tableau ont encore baissé, le jeton de LooksRare a perdu près de la moitié de ce qui lui restait, et le Discord de Magnum a perdu un membre (courage aux 446 autres). Seule hausse du lot, et elle va dans le sens de ce que j’écris plus haut : *Twin Flames*, la série photo.

Ça ne me rend pas infaillible. Douze mille mots, des centaines de chiffres, un seul auteur : s’il reste une erreur, elle est de moi, et je veux la connaître. Chaque chiffre de cet article a une source publique et une méthode rejouable, décrites ci-dessous. Si vous en refaites une et que vous ne trouvez pas comme moi, **dites-le-moi**, en commentaire ou par courriel. Je vérifierai, je corrigerai, et j’indiquerai ici ce qui a été corrigé et quand.

**Comment cet article a été fabriqué**

Tout ce qui est affirmé ici repose sur une méthode que vous pouvez rejouer vous-même, sans aucun compte ni clé payante. La voici, poste par poste.

- **Les relevés de portefeuilles** proviennent de l’API publique de Blockscout ([eth.blockscout.com](https://eth.blockscout.com)), un explorateur Ethereum open source. Les noms ENS ont été résolus dans les deux sens (nom vers adresse, adresse vers nom) via l’API ENS Ideas et un nœud RPC public. Chaque transaction citée a un identifiant (hash) consultable publiquement : tapez l’adresse dans n’importe quel explorateur et vous verrez les mêmes lignes que moi.

- **Les conversions en dollars** sont faites au cours de clôture du jour de chaque transaction, jamais au cours actuel, à partir des bougies quotidiennes de l’API publique de Coinbase Exchange (3 773 journées, du 18 mai 2016 à septembre 2026). Marge d’écart avec les agrégateurs comme CoinGecko : environ 1 %.

- **Les empreintes carbone** ne couvrent que la période antérieure au Merge (15 septembre 2022, 06h42 UTC). Facteur retenu : 6,85 × 10⁻⁵ kgCO₂ par unité de gas, dérivé de l’estimation de Kyle McDonald (22,9 TWh/an et 442 gCO₂/kWh, rapportés au gas consommé par le réseau). Après le Merge, ce calcul n’a plus d’objet, et il ne se transpose pas au Bitcoin, dont la consommation dépend du hashrate et non du nombre d’inscriptions.

- **Les sites « morts » ou « vivants »** ont tous été testés fin août 2026, puis retestés en septembre avant publication, par requête HTTP directe, avec relevé du code de réponse et du titre de page. Les dates de disparition sont établies par la Wayback Machine d’Internet Archive (API CDX), avec un contrôle systématique : avant de conclure qu’une page n’a jamais existé, la même requête est validée sur une cible dont on sait qu’elle a des archives.

- **Les chiffres du Discord de Magnum** (447 membres fin août 2026, 446 en septembre, entre sept et treize en ligne, serveur créé le 1er mars 2022) viennent de l’API publique de Discord, qui renvoie ces compteurs pour toute invitation permanente. La méthode a été contrôlée sur un code d’invitation invalide, qui renvoie bien une erreur et non des chiffres.

- **Le comptage du mot « NFT » dans les rapports Art Basel & UBS** a été fait sur les quatre PDF officiels (éditions 2023 à 2026), téléchargés depuis le site de l’éditeur, convertis en texte et comptés mécaniquement. Vous pouvez le refaire en dix minutes avec les liens donnés en bibliographie.

- **Le comptage des articles « NFT » dans la presse photo** a été fait via l’API de publication du site concerné (interface REST standard de WordPress), en comptant les articles contenant le terme, année par année. Les sites de presse photo francophones bloquent ces requêtes : le comptage n’existe donc que pour la presse anglophone, et je le présente comme un ordre de grandeur.

**Sur les 11 ETH sortis du portefeuille de Johan Lolos**

- **Le transfert du 24 février 2022 (11 ETH) n’est pas un encaissement.** La démonstration tient en quatre transactions publiques : l’envoi test de 0,05 ETH à 22h03 ([tx](https://etherscan.io/tx/0x43caaca63006eb8cab62fdceb4fae7965a5615e6edc029cb278e0006ea2735e6)), les 11 ETH à 22h06 vers la même adresse fraîchement créée ([tx](https://etherscan.io/tx/0xdcab2e1ec20f95b0509932621bd0efb9210dbbbf33c8d65302c20d3d49738b8c)), puis les deux seules sorties réelles de cette adresse, 3 ETH en avril ([tx](https://etherscan.io/tx/0xa1f57426cad58464c14c476e365f718dfe83b5a3b199d8c1b1d113dffc9f7071)) et 1 ETH en octobre 2022 ([tx](https://etherscan.io/tx/0x77cbafe482db58fb12b899d9c38768d317ba0219c4930bad6909ef46fd17b4e0)), toutes deux vers `lebackpacker.eth`. Aucun transfert vers une plateforme d’échange, jamais, et 7 ETH y dorment encore en septembre 2026.

- **La propriété de `lebackpacker.eth` par Johan Lolos** est établie par recoupement public : le 22 août 2021, cette adresse reçoit le jeton 0N1 Force numéro 1552, et cinq heures plus tard, Lolos publie sur son compte « *Got mine and it couldn’t suit me more than this one #1552* » ([tweet toujours en ligne](https://twitter.com/johanlolos/status/1429395412801269762)). Le numéro cité publiquement est celui reçu le matin même par l’adresse. S’y ajoutent cinq virements directs depuis `johanlolos.eth` entre 2021 et 2022.

**Sur les tweets supprimés de Jonathan Bertin, en particulier**

![Deux requêtes à l](https://thomashammoudi.com/wp-content/uploads/2026/09/nft-tweet-supprime-preuve-02.png)*La vérification, rejouable telle quelle : la même requête sur deux messages du même compte. En haut son tweet d’enthousiasme de mars 2021, en bas son tweet de doute de janvier 2022. L’interface publique d’intégration de X renvoie le texte du message, ou une pierre tombale.*

C’est l’affirmation la plus sensible de l’article, donc voici exactement comment elle est établie, pièce par pièce.

- La Wayback Machine conserve **2 130 tweets archivés** de son compte pour la période 2021-2022 (API CDX d’Internet Archive, interrogée en août puis en septembre 2026). Sur ce corpus, 108 URL de tweets renvoient aujourd’hui une page de suppression, soit 5 % : c’est un taux de fond normal pour un compte actif, pas un nettoyage.

- **56 tweets faisant la promotion des NFT sont toujours en ligne** au moment où j’écris, vérifiés un par un. La vérification vivant/supprimé utilise l’interface publique d’intégration de X (celle qui sert à embarquer un tweet sur un site) : elle répond pour un tweet existant et renvoie une erreur pour un tweet supprimé. La méthode a été validée avant usage sur quatorze tweets témoins, neuf vivants et cinq supprimés, sans une erreur. Je n’en liste pas l’intégralité ici pour ne pas transformer une vérification en pilori ; les URL sont dans le dossier de travail et vérifiables sur simple demande.

- Le tweet de doute du 23 janvier 2022 a été capturé par la Wayback Machine **quatre minutes après sa publication**. La capture est publique : [web.archive.org/web/20220123183256](https://web.archive.org/web/20220123183256/https://twitter.com/jonathanbertin/status/1485318521408086024). L’URL d’origine affiche aujourd’hui, chez X même, la mention « Ce post a été supprimé par son auteur ». C’est X qui le dit, pas moi.

- Son adresse de portefeuille provient du code source de sa page Foundation, archivée le 30 décembre 2021 par la Wayback Machine (bloc de données techniques de la page, champ « publicKey »), recoupée par un tweet de mars 2021 toujours en ligne. Le relevé de cette adresse est public et consultable par n’importe qui.

- **La date des suppressions est inconnue et inconnaissable** : il n’existe aucune capture postérieure de ces URL. Toute affirmation sur le moment ou le motif de ces suppressions serait une invention, et vous n’en trouverez pas ici.

Chaque événement daté des chronologies de cet article (mint, vente, sortie de fonds, tweet) est adossé à une preuve individuelle : un identifiant de transaction consultable sur n’importe quel explorateur, ou une capture d’archive horodatée. Le dossier complet, avec un lien par événement, est conservé et vérifiable.

Enfin : mes propres tweets cités dans l’article de 2022, les dix, sont toujours en ligne. Je n’y ai pas retouché : vérifiez, c’est le jeu.

**Bibliographie**

**Données et registres publics**

- Blockscout. (2026). [*Ethereum Mainnet explorer & API*](https://eth.blockscout.com) [base de données].

- Coinbase Exchange. (2026). [*Market data API, bougies quotidiennes BTC-USD et ETH-USD*](https://api.exchange.coinbase.com/products/XTZ-USD/candles?granularity=86400) [données de marché].

- CoinGecko. (2026). [*NFT collections API*](https://www.coingecko.com) [données de planchers, relevé de septembre 2026].

- NFT Price Floor. (2026). [*Projects API*](https://nftpricefloor.com) [données de planchers, relevé de septembre 2026].

- DefiLlama. (2026). [*Fees and revenue, pump.fun*](https://defillama.com) [données].

- Internet Archive. (2026). [*Wayback Machine, API CDX*](https://web.archive.org) [archives web].

**Études et rapports**

- Cornelli, G., Doerr, S., Frost, J., & Gambacorta, L. (2023, 20 février). [*Crypto shocks and retail losses*](https://www.bis.org/publ/bisbull69.pdf) (BIS Bulletin n° 69). Banque des règlements internationaux.

- Crypto Carbon Ratings Institute. (2022, septembre). [*The Merge : Implications on the electricity consumption and carbon footprint of the Ethereum network*](https://carbon-ratings.com).

- Ethereum Foundation. (2026). [*Ethereum energy consumption*](https://ethereum.org/en/energy-consumption/).

- Gherghelas, S. (2025, 27 mars, mis à jour le 8 avril 2026). [*NFT art’s shocking collapse : From $2.9 billion boom to $23.8 million bust*](https://dappradar.com/blog/nft-arts-shocking-collapse-from-2-9-billion-boom-to-23-8-million-bust-what-went-wrong). DappRadar.

- DappRadar. (2025, 6 novembre). [*Over 10 million NFTs sold as web3 moves beyond JPEGs*](https://dappradar.com).

- Chainalysis. (2022, février). [*Crime and NFTs : Chainalysis detects significant wash trading and some money laundering in this emerging asset class*](https://www.chainalysis.com/blog/2022-crypto-crime-report-preview-nft-wash-trading-money-laundering/).

- KPMG, ADAN, & Ipsos. (2023, 20 avril). [*Web3 et crypto en France et en Europe*](https://www.adan.eu) [enquête, 1 976 répondants].

- McAndrew, C. (2023, 2024, 2025, 2026). [*The Art Basel and UBS Art Market Report*](https://theartmarket.artbasel.com) [éditions annuelles]. Art Basel & UBS.

- McDonald, K. (2022). [*Ethereum emissions : A bottom-up estimate*](https://arxiv.org/abs/2112.01238). arXiv.

- Nansen. (2023, juillet). *A Nansen look at NFT royalties*. [Étude retirée du site de l’éditeur ; chiffres cités d’après CoinDesk, 5 juillet 2023, et The Block, juillet 2023.]

- La Morgia, M., Mei, A., Mongardini, A. M., & Nemmi, E. N. (2022, décembre). [*A game of NFTs : Characterizing NFT wash trading in the Ethereum blockchain*](https://arxiv.org/abs/2212.01225). arXiv.

- [Auteurs multiples]. (2023, novembre). [*Can AI detect wash trading ? Evidence from NFTs*](https://arxiv.org/abs/2311.18717). arXiv.

- [Auteurs multiples]. (2024, mars). [*Unveiling wash trading in popular NFT markets*](https://arxiv.org/abs/2403.10361) [25 millions de transactions, 4 places de marché]. arXiv.

**Documents institutionnels et communiqués**

- Tehranian, K., Choi, E., & Vernon, M. (2026, 27 avril). [*Foundation is offline*](https://foundation.app) [lettre ouverte]. Foundation.

- Magnum Photos. (2022, 4 février). [*Magnum Photos and Obscura collaborate to create new collections of NFTs*](https://www.magnumphotos.com/newsroom/magnum-photos-and-obscura-collaborate-to-create-new-collections-of-nfts/).

- Magnum Photos. (2022, 29 novembre). [*Magnum’s second NFT drop is live*](https://www.magnumphotos.com/newsroom/magnums-second-nft-drop-is-live/).

- Magnum Photos. (2025). [*Updates from Magnum’s 78th Annual General Meeting*](https://www.magnumphotos.com/newsroom/updates-from-magnums-78th-annual-general-meeting/).

- Magnum Photos. (2026). [*Magnum’s 79th Annual General Meeting*](https://www.magnumphotos.com/newsroom/magnums-79th-annual-general-meeting/).

- Museum of Modern Art. (2025). [*Digital art acquisitions*](https://press.moma.org) [communiqués de presse].

- Parlement européen & Conseil de l’Union européenne. (2023, 31 mai). [*Règlement (UE) 2023/1114 sur les marchés de crypto-actifs (MiCA)*](https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX%3A32023R1114). EUR-Lex.

- Sotheby’s. (2022). [*Sebastião Salgado : Amazônia*](https://www.sothebys.com/en/digital-catalogues/sebastiao-salgado) [catalogue numérique].

- Ader Entreprises & Patrimoine. (2022, novembre). [*De l’argentique à l’iconique : 200 photographies issues du fonds AFP et 3 NFT*](https://www.ader-ep.com/catalogue/128634-vente-live-de-largentique-a-liconique-200-photographies-issues-du-fonds-afp-et-3-nft) [catalogue de vente].

- Ubisoft. (2021, 7 décembre). [*Ubisoft Quartz : What you need to know*](https://news.ubisoft.com/en-us/article/6as5XUADxpbBblHxFVhhzg/ubisoft-quartz-what-you-need-to-know).

**Presse**

- Business Wire. (2022, 2 mai). [*Anne Geddes brings her artistry and creativity to NFTs for the first time with her Mothers Day 2022 collection*](https://www.businesswire.com/news/home/20220502005269/en/) [communiqué].

- CNEWS. (2022, 15 avril). [*Le premier NFT de Yann Arthus-Bertrand mis en vente au profit de l’Ukraine*](https://www.cnews.fr/vie-numerique/2022-04-15/le-premier-nft-de-yann-arthus-bertrand-mis-en-vente-au-profit-de-lukraine).

- Coëffet, A. (2022, 28 septembre). [*Rhapsody Curated : une plateforme de NFT consacrée à la photographie vient d’être lancée*](https://www.fisheyemagazine.fr/decouvertes/actu/rhapsody-curated-une-plateforme-de-nft-consacree-a-la-photographie-vient-detre-lancee/). Fisheye Magazine.

- Ferro, E. (2023, 7 avril). [*AFP : une collection de 10 NFT de photographies iconiques mis aux enchères*](https://phototrend.fr/2023/04/afp-vente-aux-encheres-collection-nft/). Phototrend.

- Forbes Brasil. (2022, octobre). [*Instituto Terra, de Sebastião Salgado, cria NFTs para reflorestamento*](https://forbes.com.br/forbesesg/2022/10/instituto-terra-de-sebastiao-salgado-cria-nfts-para-reflorestamento/).

- France 24 / AFP. (2022, 22 octobre). [*Entre actualité et art, l’AFP met aux enchères 200 photos et trois NFT*](https://www.france24.com/fr/info-en-continu/20221022-entre-actualité-et-art-l-afp-met-aux-enchères-200-photos-et-trois-nft).

- American Alliance of Museums. (2024, 9 février). [*Sealed with a kiss : A Q&A on gallery Belvedere’s multimillion-dollar NFT*](https://www.aam-us.org/2024/02/09/sealed-with-a-kiss-a-qa-on-gallery-belvederes-multimillion-dollar-nft/).

- CoinDesk. (2023, 5 juillet). [*NFT creator royalty payments hit two-year low : Nansen*](https://www.coindesk.com/web3/2023/07/05/nft-creator-royalty-payments-hit-two-year-low-nansen).

- CoinDesk. (2026, 7 janvier). [*Nike sells its NFT and virtual sneakers amid lack of digital art market interest*](https://www.coindesk.com/web3/2026/01/07/nike-sells-its-nft-and-virtual-sneakers-amid-lack-of-digital-art-market-interest-report).

- Decrypt. (2024, mars). [*Starbucks shutting down Odyssey NFT rewards program*](https://decrypt.co/221967/starbucks-shutting-down-odyssey-nft-rewards-program).

- Forbes. (2022, 6 avril). [*Ubisoft ends Ghost Recon Breakpoint support, congratulates defunct NFT owners*](https://www.forbes.com/sites/paultassi/2022/04/06/ubisoft-ends-ghost-recon-breakpoint-support-congratulates-defunct-nft-owners/).

- PetaPixel. (2022, 29 juin). [*Magnum has launched its first NFT collection*](https://petapixel.com/2022/06/29/magnum-has-launched-its-first-nft-collection/).

- The Block. (2023, 17 août). [*OpenSea disables royalty enforcement tool, makes creator fees optional*](https://www.theblock.co).

- The Block. (2024, décembre). [*Nike-owned NFT wearables startup RTFKT is winding down*](https://www.theblock.co).

- White, M. (2022-2026). [*Web3 is going just great*](https://www.web3isgoinggreat.com) [chronique documentaire].

Adresses auditées : `magnumphotos75.eth`, le contrat de collection `MPA75` (`0xe628…7b91`), `brucegilden.eth`, `johanlolos.eth`, le portefeuille associé à la collection « Atmosphere », et le contrat « Amazonia – Sebastiao Salgado » (`0xf1f0…80fc`). Relevés d’août 2026, rejoués en septembre 2026 avant publication.

